• Sur la façon dont la déportation des Juifs a été reçue par les médias français et par l'opinion publique, on a écrit beaucoup de choses sans y être allé voir de près. C'est ce qu'a fait Didier Epelbaum, qui a dépouillé tous les journaux des années 1944 et suivantes, épluché les dépêches de l'AFP, écouté les bandes enregistrées des informations, lu tout ce qui a paru alors. Contre toute attente, il en ressort que, dans un premier temps, en 1944, les journaux français ont bien « couvert » l'événement et ont rendu compte de sa spécificité juive. Puis, c'est un grand blanc. Il n'est plus question, en 1945, que des déportés « français », résistants, conformes à la légende d'une France tout entière dressée contre l'envahisseur. Pourtant, les dépêches de l'AFP donnaient tous les renseignements dont on aurait eu besoin, notamment au moment de l'ouverture du camp d'Auschwitz. Mais rien ne filtre dans la grande presse, où il n'est question que des « bons » déportés. Pour donner plus de poids à sa démonstration, l'auteur a également enquêté sur la façon dont les médias ont relaté le génocide du Rwanda. Edifiant.

  • Danny et Howie ont partagé les mêmes jeux d'enfants, des mondes inventés, peuplés de héros et de salauds, jusqu'à ce que Howie plonge dans la dépression suite à un tour sinistre combiné par son cousin. Vingt ans plus tard, les rôles ont été redistribués : Howie a fait fortune alors que Danny accumule les échecs.À la demande de Howie, il le rejoint pour rénover un château médiéval en Europe de l'Est. Dans un climat de paranoïa extrême, coupés du monde extérieur, les protagonistes vont alors rejouer le terrible événement de leur adolescence. Au même moment, depuis la cellule d'une prison américaine, Ray raconte une histoire qui relie étrangement les délits du passé et du présent. Jennifer Egan signe un roman gothique des temps modernes sur le pouvoir et les dangers de l'imagination. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Sylvie Schneiter

  • Alois Brunner, alias Alois Schmaldienst, alias Georg Fischer, alias Ali Mohammed, est le plus grand criminel nazi vivant. À 78 ans, il se terre aujourd'hui en Syrie alors qu'il fait l'objet de cinq demandes d'extradition pour crimes centre l'humanité. De Vienne à Berlin, de Salonique à Drancy, de Nice à la Slovaquie, du Caire à Damas, Didier Epelbaum a reconstitué pas à pas la vie du bras droit d'Adolf Eichmann, sa fuite après guerre, sa carrière en Syrie : la première biographie au monde du petit cafetier autrichien, flic raté devenu l'inventeur de la collaboration juive et l'ingénieur de la haine absolue.

  • Entre l'utopie des origines et la réalité des événements, une confrontation tragique règne désormais et elle s'impose à tous. C'est cette confrontation que l'auteur, journaliste à Télé-Matin, explore ici.

  • Jusqu´au moment où il prend ses fonctions de commandant du camp de Drancy, le 1er juillet 1942, le capitaine Vieux est un gendarme comme tant d´autres, un homme réservé, affable. Certainement pas un tortionnaire.

    Les quelques mois qu´il va passer vont le transformer. Il a été nommé à ce poste en remplacement du capitaine Richard, jugé trop mou par les autorités allemandes. Il va se montrer implacable, violent - il cravache les internés et les traite plus durement que les détenus de droit-commun. Il se fera même rabrouer par un officier de la Gestapo. Il impose des règlements inhumains, notamment après la rafle du 16 juillet qui voit débarquer au camp quantité de femmes et d´enfants : ainsi, il limite à deux personnes à la fois l´accès aux toilettes durant la nuit. En septembre 1942, il est relevé de ses fonctions.

    Le livre suit le parcours du capitaine Vieux avant sa prise de fonctions et après, notamment les suites judiciaires en 1947.

    Mais le livre retrace en même temps l´histoire du camp de Drancy.

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