• Il est peu de couples qui, au XXe siècle, aient accédé au rang de mythe - surtout de leur vivant. Sartre et Beauvoir sont au nombre de ceux-là ; Elsa Triolet et Louis Aragon, eux, dès leur rencontre un jour de novembre à la Closerie des Lilas, ont placé leur amour au-dessus de tout, commençant déjà de construire sur lui une légende qu'ils entretiendront tout au long de leur vie. Légende fragile, pourtant, d'un amour finalement paradoxal : amour impossible entre le jeune dandy sans illusions, et la petite Russe qui se plaint de n'être aimée de personne ; mais aussi amour complice, jusque dans les compromissions les plus tragiques, jusque dans l'aveuglement d'un mentir-vrai qui, quarante années durant, va régir une vie étroitement liée aux événements historiques et culturels les plus marquants du siècle : le surréalisme et la guerre d'Espagne, la littérature clandestine et l'Occupation, l'engagement politique et intellectuel au côté des communistes. Quelles zones d'ombre, quels différends inavoués se cachent derrière l'image officielle soigneusement entretenue, la statue mythique patiemment érigée ? Pour répondre à ces questions, Dominique Desanti tente de débrouiller l'écheveau des destins entrecroisés d'Elsa-Louis - de la France à la Russie, des trépidantes années du surréalisme, et de Montparnasse aux jours tragiques de l'ère stalinienne -, offrant ainsi le portrait sans artifices d'un couple, à qui l'ambiguïté tenait lieu de règle de vie, et dont les silences - à travers les oeuvres comme à travers les actes - livrent, pour qui sait les entendre, les clés de cette énigme à deux visages.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ariane, photographe célèbre, évoque son tumultueux passé. Pendant près d'un demi-siècle, de 1945 à nos jours, passions politiques et amoureuses se sont mêlées pour elle, son mari Sébastien, architecte, et Xavier, le deuxième homme de sa vie. Tous trois, liés par un « pacte de liberté sans mensonge », voyagent bien au-delà des convenances admises par un monde qu'ils veulent changer. Sébastien croit le rebâtir, Ariane le recomposer et Xavier agir sur lui. Mise à rude épreuve, leur foi en l'action collective s'écroulera. Puisque le monde n'obéit pas aux rêves, le trio choisira la fidélité à ses propres lois. Vulnérables, Ariane, Sébastien et Xavier affronteront pourtant sans faillir les secousses qui menacent leur équilibre. Et cette exceptionnelle histoire d'amour et d'amitié durera jusqu'à la disparition de celui qui disait à Ariane : « Je voudrais que ma mort soit le premier chagrin que je te causerai ». Jamais Dominique Desanti n'a ainsi mêlé le réel et l'imaginaire, l'historique et le quotidien, le public et le privé. Une brillante re-création de notre monde, où le doute le dispute à la nécessité de croire.

  • Marie d'Agoult ? Son nom évoque Franz Liszt, le scandale de leur passion, leurs années d'errance, leurs trois enfants. C'est pourtant après leur rupture que l'histoire, moins connue, de la « divine comtesse » devient fascinante. 1839 : Marie d'Agoult revient à Paris, sans Liszt, le coeur à jamais broyé. Le scandale, le malheur, la beauté attirent vers elle Vigny, Sainte-Beuve, Eugène Sue et le « Napoléon de la presse » Émile de Girardin. Elle les repousse, ne voulant plus être célèbre par un homme mais devenir elle-même : Daniel Stern, écrivain. Elle le devient à travers la révolution de 1848 vécue à l'ombre de Lamartine, dans la rivalité avec George Sand, et la tragédie d'une maternité mal assumée. Ce livre d'Histoire montre les figures majeures du romantisme, de Hugo à Balzac, et du post-romantisme, d'Émile Olivier à Richard Wagner (les gendres de Marie/Daniel). Il présente aussi un reportage sur la vie quotidienne de l'époque dans des milieux très divers, des salons littéraires aux quartiers ouvriers. Cette biographie est le roman vrai d'une séductrice qui refuse l'amour, d'une pionnière qui refuse le féminisme théorique.

  • Quand on survit au pire des massacres, on reprend son souffle, on respire, on aspire à l'éclat, aux musiques sonores, aux couleurs aveuglantes, et la folie s'empare de tout changer : mode de vie, moeurs, et décor. Le mythe de la nouvelle femme précède le changement de décor : sans corset, nuque rase et jupe brève, « La Garçonne », héroïne du roman de Victor Margueritte, revendique l'union libre. C'est le scandale. Choisir ses amours, prévoir l'enfant, ne pas s'enfermer dans ce foyer que l'on voudrait vous voir réintégrer après vous avoir fait conduire des tramways, tourner des obus et coudre des capotes : c'est le rêve de la femme des années 20 ; elle aspire à vivre à 100 à l'heure ; elle prend le volant, fonce dans les carrières d'hommes, reconquiert la haute couture, saute les barrières du barreau et de la médecine, pénètre dans les grandes écoles, dans les laboratoires, sur les stades, et réussit ; Irène et Marie Curie, Schiaparelli et Lanvin, Suzanne Lenglen et Hélène Boucher en témoignent. Conscientes de leurs droits, désormais les femmes les défendent, regroupées autour de la duchesse rouge Edmée de la Rochefoucauld, et de la bouillonnante Louise Weiss. La TSF pénètre dans les familles et dans les ateliers ; le film parle et chante ; Hollywood propose des rêves et des modèles ; on danse le charleston et la biguine ; c'est le triomphe de Joséphine Baker, de Mistinguett et de Cécile Sorel. L'expo des Arts-Déco change le style. En tête des femmes créatrices, Sonia Delaunay transforme murs et vêtements. Sonia est venue de Russie comme Gertrude Stein d'Amérique et Nancy Cunard d'Angleterre ; Paris qui bouge et qui scintille attire les belles étrangères. Ces années-jazz, ces années-changement, ces années-paillettes, Dominique Desanti les raconte avec le souci de l'historienne et le talent de la romancière, parsemant son récit de portraits de femmes connues ou anonymes : Colette, Misia Sert, Maryse Bastié, l'algébriste, La Argentina, Germaine Richier ou la pharmacienne corsicoise. La Femme au temps des Années Folles, est le cinquième livre de l'auteur (après "La Banquière des années folles : Marthe Hanau", "Drieu la Rochelle, le séducteur mystifié", "Sacha Guitry, cinquante ans de théâtre", couronné par l'Académie française, et "Les Clés d'Elsa, Aragon-Triolet" Prix Caze 1984) sur cette époque qu'elle connaît particulièrement bien.

  • Les Argonautes, héros mythiques, s'embarquèrent sur le navire Argo pour conquérir la Toison d'or. Les Aragonautes sont les héros d'une autre mythologie : celle du XXe siècle. Ce sont les femmes et les hommes que Louis Aragon a embarqués sur les six navires successifs, dont il fut le seul gouvernail commun : la nef des provocateurs (1918-1930), où se jouent les aventures dadaïste et surréaliste autour de Breton, Soupault, Éluard, Tzara, Crevel, Drieu La Rochelle, Nancy Cunard ; le voilier rouge (1930-1932) de Maïakovski, Elsa Triolet, Lili Brik, qui tangue entre Montparnasse et Moscou, l'avant-garde littéraire et l'utopie sociale ; le haut-bord des espoirs fous (1933-1939) où communient dans une même fièvre Malraux et Gide, Paul Vaillant-Couturier et Marcel Cachin, Jean Baby et Georges Sadoul, Pierre Herbart et Paul Nizan, Pasternak et Babel, Fadéièv et Ehrenburg ; le sous-marin des nuits noires (1940-1944) en plongée avec Pierre Seghers, Henri Matisse, Jean Paulhan, Jacques Decour, René Tavernier, Francis Carco ; le vaisseau-amiral de la glaciation stalinienne (1944-1956) avec Thorez et Duclos, Pierre Hervé et Laurent Casanova, Maurice Kriegel-Valrimont et Pierre Courtade, Claude Roy et Picasso, André Stil, Pierre Daix et Charles Tillon ; le torpilleur secret de la reconquête bourgeoise (1956-1972)... métamorphosé, dans les dernières années de cette si longue navigation, en un frêle esquif des éphèbes.

  • Zoé, 18 ans, élevée entre surfeurs et gourous, a fui toutes les familles mais cherche qui et comment aimer. Serge, 27 ans, a vécu tragiquement l'après-Mai-68, usine et prison incluses. Vic, 27 ans, cherche inlassablement à établir de nouveaux et vrais rapports entre les êtres. Jam, 55 ans, a connu les siroccos du demi-siècle : Résistance - déportation - communisme - désenchantement. Sans compter, avant-guerre, l'amour-passion pour une pionnière du strip-tease. La génération de Serge, son "non-fils", vit ce qu'il rêvait... Pour aller où, se demande-t-il ? Ceci est un roman. Rien n'y est réel, tout y est VRAI. Rencontres, coïncidences, hasard et aussi nécessité. Que l'on appelle cela destin ou pesanteur, chaque personnage suit son chemin, et son chemin croise souvent celui des autres. Toutes ces voies parallèles ou mêlées, dessinent la carte mouvante, encore incertaine, de ces quarante dernières années. C'est ainsi que Mai 1968 et la contre-culture de 1976 répondent à la guerre d'Espagne, à la Résistance, au stalinisme, et la violence de l'Ouest à celle de l'Est. C'est ainsi que la jeunesse et la maturité s'interrogent et questionnent la vie qui, on le sait, a toujours le dernier mot... Ce monde "imaginaire" nous plonge dans ce qui s'accomplit et que d'ordinaire nous sentons mal, comme par distraction. En tout, treize personnages principaux, dont un sculpteur illustre, un cinéaste américain, la directrice d'un magazine féminin. Une bottelée de petits rôles. Voilà, avec une intrigue de caractère policier, pour faire vibrer le présent dans le Paris d'aujourd'hui et pour que le Montparnasse d'avant-guerre, l'Est européen des années 50, la Californie actuelle, surgissent à chaque détour de page.

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