• Aujourd'hui

    Dominique Fabre

    • Fayard
    • 6 Janvier 2021

    Un homme mûr revient dans la banlieue de son enfance et de son adolescence, revoir un ami malade et enfermé chez lui. Dès le train, plus confortable qu'autrefois, il se met sans le vouloir à faire le compte de ce qui a changé et de ce qui ne changera jamais. Les wagons sont neufs, mais les rails sur lesquels ils roulent suivent toujours le même trajet.
    S'agit-il de renouer les fils d'une histoire ancienne  ? Peut-être. Il s'agit de se souvenir, d'exprimer ce qui a compté autrefois, ce qui fait une vie, même invisible.
     
    Chant d'amour mélancolique à la banlieue, Aujourd'hui est aussi une ode aux anonymes, à «  ceux qui ne sont rien  » quand on les croise sans les voir dans le hall d'une gare, et qui pourtant, pour peu qu'on s'y attarde et s'y intéresse, forment le coeur vibrant de notre humanité.
     
     
    Dominique Fabre est romancier, poète et nouvelliste. Salués par la presse française, plusieurs de ses livres ont été traduits et très bien accueillis à l'étranger.

  • « Je n'ai pas pensé tout de suite à lui proposer de boire un verre. Elle n'aurait sans doute pas le temps. Elle n'avait jamais eu de temps pour moi. Je ne lui en voulais plus, c'était même quelque chose de bizarre, au bout du compte, et que je n'ai jamais compris tout à fait. Comment admettre que les gens dont nous avons été si proches n'inspirent plus que de la bienveillance, avec le temps ? »Jean, à 58 ans, vient de perdre son emploi. Il entreprend de mettre un peu d'ordre chez lui, l'occasion de plonger dans les photographies accumulées lorsqu'elles étaient sa passion et son métier. Ses amours et ses pertes, ses amis, ses déambulations urbaines, ses regrets, ses espoirs : c'est sa vie tout entière qui soudain se révèle à lui.Mais ce dévoilement laisse intacte la part de mystère qui demeure en lui comme en chacun de nous. Roman de l'inachèvement, Photos volées nous rappelle que l'évocation du passé peut rendre le présent moins volatil.

  • « Il portait une chemise blanche, un jean bleu nuit, il était très élégant. Quand je suis arrivé, son père lisait le journal dans la grande pièce, le double living. Je pense à ma mère en disant cela : un double living, ça lui plaisait. Au bout d´un certain nombre d´années, tous les mots vous font penser à des gens, et les gens disparaîtront, mais pas les mots. Les mots ne disparaîtront jamais tout à fait. » Ces disparus, ces paroles enfouies persistent à éclairer notre route, à nous montrer le chemin : il faut continuer d'aimer, malgré les abandons et les chagrins. Que lisiez-vous en 1983, Duras ou Albertine Sarrazin? Étiez-vous fan des Pink Floyd ou de Keith Jarrett? Fréquentiez-vous le pub Renault? Et ces autres miracles de nos vies ordinaires.
    Il faudrait s´arracher le coeur nous murmure que notre jeunesse est éternelle: tout un monde qu'on croyait enseveli réapparaît. En fait, il n'avait jamais cessé d'exister.
    Dominique Fabre a notamment publié Moi aussi, un jour j´irai loin (Maurice Nadeau, 1995 ; Points, 2012), Ma vie d´Edgar (Le Serpent à Plumes, 1998) et plus récemment J´aimerais revoir Callaghan (Fayard, 2010).

  • « J'ai connu Richard à 13 ans, à l'internat de banlieue où nous sommes restés jusqu'au bac. Nous avons continué de nous fréquenter toute notre vie. Il était notre ami plus que le mien seulement. L'amitié entre nous tous a été notre boussole bien souvent.
    Ce livre parle de Richard vissé à son lit d'hôpital, de moi réduit à l'impuissance, aussi de l'addiction et de la périphérie ouest de Paris où nous avons grandi, ensemble.
    Nous avons tous perdu des amis, mais je n'avais jamais ressenti si intensément la violence de cet arrachement au monde avant sa disparition. »

  • " Il ne faisait pas encore jour. D'habitude, dans les contes, ce sont les oiseaux qui donnent le signal du départ. Il a posé son manteau à lui en plus du sien à elle sur les épaules de Mathilde; elle était fatiguée. " Dans les années 80, un étudiant désoeuvré et sans le sou, fréquentant davantage les bars que la fac, est invité à une fête dans la banlieue chic, à Sèvres. Le jeune homme découvre une petite société de personnes qui boivent, bavardent, flirtent et dansent dans une ambiance où les problèmes de la vie quotidienne semblent ne plus exister. Fasciné par l'atmosphère qui règne dans la grande maison de Sèvres, il reviendra et se mêlera à ce monde qui est à l'opposé du sien. Dominique Fabre convoque et ressuscite une époque à jamais disparue. L'émotion est là, à fleur de peau, fugitive, capturée par son écriture sensible.

  • Un enfant assiste à l´installation d´un camp de Gitans sur le terrain vague près de son école ; un cancre enrôlé dans l´armée demande à ses copains, depuis le front libanais où la guerre fait rage, de lui envoyer leurs cours de philosophie, changeant insensiblement l´histoire de sa vie ; un jeune garçon réalise son éducation sentimentale en s´immisçant dans l´intimité de son père ;
    Une bande de lycéens se retrouve trente ans après leur dernier rendez-vous...

    Des drames minuscules se nouent, des voix résonnent et se répondent, et parfois n´en font qu´une ; voix des faibles et des petits, voix des amours et des chagrins mal effacés.

    Dominique Fabre met à nu les désarrois du quotidien, le menu chaos des passions adolescentes et, jouant d´une écriture où la suggestion prime l´effet, il nous redit comment la vie se désunit en nous, reprend, pour n´être plus que souvenirs.

  • « La dernière fois que je l'ai vu, mon voisin le jardinier portait de grosses lunettes noires. Je n'ai pas fait le rapprochement tout de suite, tellement dans ce quartier de la rue du Château des Rentiers, il fait partie de nos vies. Sauf qu'il ne s'approche plus des femmes pour leur dire qu'elles sont belles et leur offrir ses fleurs. Il ne peut plus s'occuper de son jardin parce qu'il n'y voit plus rien. Une mauvaise cataracte. Il évite le plein jour, il ne voit plus ce qu'il fait. Vraiment : pas mal de gens mériteraient des vies meilleures. Je ne vois plus l'Africaine qui dormait dans le photomaton du métro porte d'Ivry. Beaucoup des Roumains de l'avenue ont disparu. Mendiants sans bras, sans dents, estropiés de nulle part, sans rien du tout. Mal nés. »La singularité de ce récit tient au regard que Dominique Fabre pose sur son village urbain, ses mutations et révélations saison après saison. S'y dévoile toute une comédie humaine, des gens de partout repoussés vers la périphérie, des réfractaires aux beaux quartiers.

  • J´ai entendu parler du dancing de Lavorel, je devais Dominique Fabre avoir dix ans. Ça fait pas mal de temps que je veux y aller, du coup. Une nuit d´automne, j´ai rêvé que j´y retrouvais tous les gens que j´ai connus depuis mon enfance. Ils étaient encore tous là pour moi. Je suis allé chez Lavorel avec elle, les lui présenter. Bien sûr nous avons dansé, mais, surtout, ils m´ont parlé, j´ai dû noter tout cela. Nous nous serons beaucoup aimés, dans la vie. Je t´emmènerai danser chez Lavorel évoque cet amour-là. D.F. Enfance abandonnée, mélancolie des banlieues et de ceux qui se sentent condamnés à errer à la périphérie de la vie, les thèmes qui hantent l´oeuvre de Dominique Fabre trouvent dans sa poésie une expression poignante de sincérité et de simplicité qui révèle plus que jamais ses espoirs et sa soif d´amour.Dominique Fabre est romancier, poète et nouvelliste. Salués par la presse française, plusieurs de ses livres ont été traduits et très bien accueillis à l´étranger.

  • De la nation moderne, telle que le siècle des Lumières l'engendre, ont été retenus deux actes fondateurs. Le premier ancre l'appartenance dans des références communes, une tradition reconnue, un patrimoine. Le second écarte plus ou moins de ce partage les non-originaires, voire les citoyens de second rang. Engendrer ses ancêtres et désigner ses étrangers sont les gestes qui inscrivent la nation au coeur de nos sociétés. Pourtant, dans l'Europe du xxe siècle, que de différences dans la mise en oeuvre de cette forme commune. Sous l'universalité du modèle national se dessine, dans la façon de traiter du patrimoine ou de l'étranger, une large diversité d'histoires et de cultures. Aujourd'hui, les bouleversements qui touchent l'Europe ont soudain ravivé un débat dans lequel l'ethnologie se trouve forcément embarquée. Ses mots les plus courants - « culture », « ethnie », « tradition », « patrimoine » - ne sont-ils pas parfois devenus des armes ? Venus de six pays, ethnologues et historiens de la culture ont dressé un bilan, ouvert un dialogue, et tracé les perspectives d'un nouveau chantier de l'ethnologie dont ce livre témoigne.

  • Alors que le Code du travail place le contrat de travail à durée indéterminée comme « la forme normale et générale de la relation de travail », le contrat de travail à durée déterminée (CDD) assure, en moyenne, 80 % des recrutements, d?où l?invitation faite aux partenaires sociaux à « trouver des leviers pour que le CDI demeure ou redevienne la forme normale d?embauche », notamment en prenant en considération les coûts induits par les différentes formes de contrat, et en en tirant les conséquences sur la modulation des taux de cotisation, qui aura ensuite vocation à être déclinée dans la convention d?assurance chômage.

    Néanmoins, sa légitimité n?est pas remise en cause et le recours à ce contrat d?exception est, dans bien des situations, inévitable.

    Le présent ouvrage s?attache à faciliter la compréhension des règles qui gouvernent ce contrat.

  • " Il ne faisait pas encore jour. D'habitude, dans les contes, ce sont les oiseaux qui donnent le signal du départ. Il a posé son manteau à lui en plus du sien à elle sur les épaules de Mathilde; elle était fatiguée. " Dans les années 80, un étudiant désoeuvré et sans le sou, fréquentant davantage les bars que la fac, est invité à une fête dans la banlieue chic, à Sèvres. Le jeune homme découvre une petite société de personnes qui boivent, bavardent, flirtent et dansent dans une ambiance où les problèmes de la vie quotidienne semblent ne plus exister. Fasciné par l'atmosphère qui règne dans la grande maison de Sèvres, il reviendra et se mêlera à ce monde qui est à l'opposé du sien. Dominique Fabre convoque et ressuscite une époque à jamais disparue. L'émotion est là, à fleur de peau, fugitive, capturée par son écriture sensible.

  • Ces nouvelles parlent d'enfance. De rêves enfermés dans un dortoir d'internat.
    De mères seules qu'emmènent pour un soir des hommes mariés, sous les yeux plein d'interrogations d'un fils sans père. Ces nouvelles parlent de la certitude précoce que rien ne sera jamais tout à fait facile, jamais tout à fait rose, que les appartements resteront toujours petits, et les trains de banlieue, poussifs. Ces nouvelles parlent d'amour. L'enfance y ressemble à l'apprentissage d'une solitude inéluctable, et pourtant, jamais naturelle.
    L'amour peut résoudre ce paradoxe. Et les personnages de Dominique Fabre l'attendent, le cherchent, l'espèrent. Sans savoir qu'ils l'ont déjà trouvé - chez leur auteur.

  • C'est un garçon de café. Il travaille à Asnières, près du tunnel de la gare. Il voit les voyageurs, toujours pressés, longer le café, parfois ils entrent. " Je ne regarde pas trop dehors, parce que tout ce qui m'importe dans la vie finit toujours par s'installer en face de moi à mon comptoir ".
    Certains clients, Pierre les aime bien. Le jeune homme vêtu de noir qui ne boit que de la bière en lisant Primo Levi, la femme " perdue dans sa beauté " qu'il ne verra qu'une fois, le type qui se met à poil pour aller se jeter dans la Seine quand il a pris une cuite. Et puis il y a la serveuse, Sabrina, une fille courageuse, toujours pimpante pour ses deux gamins qu'elle élève seule. Il aurait pu l'aimer, peut-être, mais il y a si longtemps qu'il n'a pas emmené une femme dans son studio, et la dernière il l'a quittée, va savoir pourquoi...
    Sauf que son comptoir, bientôt, n'accueillera plus les gens du quartier. Les patrons ne vont pas fort en ce moment. Alors, pour le garçon de café, se profile peu à peu la vraie solitude: plus personne à qui prêter l'oreille. Et toutes ces histoires qui vibraient autour de lui, toutes ces vies qui palpitaient se font silence.

  • Dans le triangle des gares ferroviaires de Bécon, Asnières et Bois-Colombe, une sorte de " vie mode d'emploi " où plusieurs histoires, digressives ou minuscules, térébrantes ou consolatrices, forment la geste d'un quartier populaire. Entrelacs d'itinéraires et de voix qui, au point d'intersection, constituent la mémoire collective. "Habileté à exprimer la douleur de manière presque distraite ", " tendresse sans déclamation pour les faibles et les inutiles ", " glorification modeste de l'éphémère ", ainsi évoque-t-on l'oeuvre de Dominique Fabre dans la presse ; d'autres qualifient le talent de ce roman d'un mot : la grâce.

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