• Conçu de manière originale, l'ouvrage d'Édouard Balladur apporte une vision singulière des événements qui, au printemps 68, menacèrent de faire sombrer la France dans le désordre et le chaos. Cette originalité tient sans doute, d'abord, à la personnalité du témoin qui sait toujours raison et humour garder. En aucun moment, il ne s'érige en censeur, ne se veut exemplaire. Elle tient aussi au poste qu'il occupait à Matignon, où il était tout proche de Georges Pompidou. Nous avons affaire ici à un reportage de première main. Elle tient, enfin, à la composition même du récit, au choix délibéré, et de prime abord insolite, d'une chronique alternée. Placé au centre du régime, et de ses appareils de défense, Édouard Balladur aurait pu se contenter de nous faire revivre, heure par heure, la révolte étudiante, les grèves ouvrières, les défilés et les meetings, le tout avec l'oeil du gouvernement. Il n'y manque d'ailleurs pas, et le fait avec le recul nécessaire ; la gravité des nouvelles ne lui cache pas la couleur du soir, ou les ibis des tapisseries. En outre, il mêle aux personnages vrais des personnages inventés, dont on devine qu'ils sont parfois quelqu'un. L'auteur en a imaginé toute une galerie : un étudiant et sa famille, un journaliste, un ancien syndicaliste... attachants et complexes, qui apportent le vent de la rue, le souffle de l'espérance - bientôt détrompée - le flux et le reflux des autres. Ainsi, a-t-on l'impression d'être partout à la fois. Cette démarche de mémorialiste permet, sans déroger au devoir de réserve, de dire davantage, et surtout de dire plus profondément les choses essentielles. On n'oubliera plus le portrait qu'Édouard Balladur trace de Georges Pompidou, sans doute le meilleur qu'il nous ait été jusqu'ici donné de lire. L'arbre de mai avait-il des racines très profondes et, sans ramage, bruissant, multiple ; n'a-t-il pas contribué à nous masquer la forêt ? Au bout d'un mois, tout était rentré dans l'ordre et, cependant, tout avait changé.

  • « La France fut à plusieurs reprises dans son histoire un exemple pour le monde. Au temps de la chrétienté médiévale puis au temps de la monarchie administrative, puis lors de la Révolution quand, la première, elle créa une société de liberté et fonda la République sur des principes toujours vivants. Plus près de nous, au XXe siècle, elle a inventé un modèle de protection sociale et de justice, tout en devenant une nation forte, ambitieuse et prestigieuse, grâce au général de Gaulle dont aujourd'hui tous les Français se reconnaissent les disciples. En ce monde où tout change, alors que notre situation intérieure est elle-même incertaine, à notre tour aujourd'hui de faire à nouveau de la France un exemple. »

  • Que serait un ordre international qui ne reposerait pas sur la stabilité monétaire ? Comment les échanges pourraient-ils être équilibrés quand la valeur des monnaies serait aléatoire ? Quels rapports de confiance les hommes et les communautés pourraient-ils nouer sur des bases taraudées par l'incertitude monétaire ? Des problèmes auxquels sont proposées des mesures concrètes.

  • J'avais quelque chose à dire aux Français, que personne ne pouvait ou ne voulait dire à ma place. Je l'ai dit sans les flatter, sans farder la vérité. Je l'ai dit en parlant un langage qui, par moments, rendait un son nouveau dans notre vie publique. J'avais raison de leur parler le langage de l'espoir, mais aussi celui de la vérité et de l'effort. La France n'a pas seulement besoin d'une autre société ; elle réclame une autre façon de faire de la politique. Dans une démocratie d'opinion, tout l'art de la politique est de faire naître l'espoir sans s'exposer à le décevoir. Il s'agit de gagner tout de suite, mais aussi plus tard, devant la postérité. Aux yeux de celle-ci, qu'est-ce qui compte le plus ? La conquête du pouvoir, ou l'usage qu'on en fait ? Pour moi, rien ne vaut que l'on sacrifie à cette conquête tout ce à quoi l'on croit. Mon langage n'a pas été entendu, ou pas compris. Pas cette fois, pas tout de suite. Mais le sillon est tracé, je ne suis pas seul.

  • Trente méditations sur l'histoire de France, ses problèmes récurrents, le comportement des Français, qui sont autant de leçons sur la manière de gouverner aujourd'hui.

  • Sans nier le danger d'uniformisation induit par la mondialisation, l'ancien Premier ministre montre que celle-ci est également porteuse d'un renouveau des différences. Devant le danger d'une expression violente de ces différences, il met en garde contre les excès de l'égalitarisme et plaide en faveur de la liberté comme trait d'union entre mondialisation et respect de l'altérité.

  • Dans cet appel à une alternance décomplexée, Edouard Balladur, Premier ministre de 1993 à 1995, montre que les propositions de la droite n'auront de chances de retenir l'attention des Français que si elle est elle-même capable de se réformer en fusionnant toutes ses tendances.

  • Édouard Balladur a été un acteur majeur de la Ve République. Alain Duhamel a observé et rencontré tous ceux qui ont fait son Histoire. Dans cet échange de vues, ils retracent soixante ans de vie politique pour finalement répondre à cette question : le régime politique pensé par de Gaulle est-il encore porteur d'espoirs ?
    « Depuis 1958, la Ve République tranche et concilie la réalité d'un exécutif fort et d'une démocratie de plus en plus exigeante. La voici menacée de décadence. Peut-elle y faire face ? Le phénomène Macron en esquisse-t-il une réponse ? Rebat-il les cartes ? À quoi va ressembler la France qui vient ? »
    Alain DUHAMEL
    « La Ve République a eu de grands moments. Depuis, elle a décliné, connu l'instabilité politique, l'inefficacité des gouvernements. L'avenir impose à la France de profondes réformes, le renforcement de l'Europe mais aussi le devoir d'assurer la permanence de la nation. La nécessité d'un pouvoir fort justifie la Ve République. »
    Édouard BALLADUR

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