• La science de l'homme est, selon Hume, la science première, ce qui signifie que la nature humaine est l'objet même de la philosophie. Mais comment se caractérise cette nature humaine ? C'est une autorégulation qui caractérise chez Hume les principes de la nature humaine. Celle-ci peut être envisagée comme un système autorégulé. C'est aussi une autorégulation qui régit la science de la nature humaine, son corrélat. Telles sont les formulations modernes que ce livre se propose d'appliquer à cette "inventivité" de la nature humaine qui peut effectuer, dans les moments critiques, les "changements de direction" destinés à assurer les rééquilibrages indispensables à sa survie, tant du côté de l'entendement que du côté des passions.

  • Hume a fait de l'expérience la seule base pour une science de la nature humaine. Au sein d'une telle science, la morale ne se réduit pas à la question de la distinction du vice et la vertu. En prenant appui sur l'ensemble des oeuvres de Hume (Le traité, Les enquêtes, Les essais, L'histoire), le présent ouvrage l'aborde, en articulant à la fois les passions humaines, les estimations morales, le droits, l'histoire, les obligations, le langage, les motifs des hommes et leurs caractères. La morale est, en effet, l'oeuvre d'une régulation spontanée plutôt que d'une normativité préconçue ou importée d'autres juridiques - système artificiel de règles de droit, issu de l'inventivité des intérêts partiaux - et l'agencement éthique - point de la correction des estimations partiales. Faire place à cette double genèse d'obligations suppose, en même temps, de démystifier les instances pourvoyeuses de devoirs moraux, notamment la religion et les idéologies politiques partisanes. Une fois libéré le champ d'un échanges social réglé, s'ouvre la possibilité d'une réforme publique et privée, où la tension vers la vertu relève, pour les individus, du raffinement et de l'ajustement, plutôt que de l'imposition violente ou du perfectionnement indéfini.

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