Littérature générale

  • «Un roman exceptionnel. Le meilleur livre sur Haïti. Le plus fort, le plus juste, et peut-être le mieux écrit.» Dany Laferrière

    Résumé
    Retranchées dans des cités qui tirent leur nom de la légende biblique - Puissance Divine, Bethléem - des gangs de bandits pillent, violent et assassinent, en toute impunité. Celia, adolescente, cherche à survivre, tantôt en se prostituant, tantôt en faisant la chronique des femmes de la cité sur les réseaux sociaux, où elle devient influenceuse. Les villages de Dieu dit l'effondrement et la banalité du mal dans cette ville de Port-au-Prince livrée à ses démons.

    Extrait
    Je n'avais pas peur. J'étais habituée au bruit des armes. J'ai grandi dans cette cité où jamais il n'y avait eu de trêves, où la mort circulait à midi comme à minuit. Grand Ma était morte il y a neuf mois, de peur. C'était un soir particulièrement difficile d'un dimanche qui avait calmement commencé, jusqu'à ce que la rumeur circule que des gars du gang de Makenson avaient sifflé sur le passage de la copine d'un des membres influents de celui de Freddy alors qu'elle revenait de l'église. Les deux gangs qui faisaient la loi dans la Cité n'étaient jamais à court de provocations mutuelles, mais il n'y avait jamais eu, jusqu'à ce dimanche soir, d'affrontement direct. Je me rappellerai toujours les yeux exorbités de ma grand-mère, ses mains qui serraient fort mon poignet, et moi qui criais : « Grand Ma, tu me fais mal ! » Elle avait dit dans un râle : « Cécé, Célia, mon enfant, pitit mwen, Cécé, je sens que mon coeur va exploser, je vais mourir. »

    L'auteure
    Née à Port-au-Prince, Emmelie Prophète est romancière poète, et journaliste. Son oeuvre est publiée aux éditions Mémoire d'encrier.

  • Emmelie Prophète fait partie des générations de femmes auteures haïtiennes contemporaines comme Yanick Lahens, Kettly Mars, Evelyne Trouillot, Edwidge Danticat.

    Des personnages figés dans les filets du temps port-au-princien, marqué par la violence, la précarité et l'incertitude. Ce récit testamentaire livre une réflexion sur le temps, l'amitié et la mort.
    Avril 2000, le tonitruant journaliste Jean Dominique est assassiné. Dix ans plus tard, l'enquête piétine. Une jeune femme évoque ce matin d'horreur et de sang. Elle reconstitue l'image de cet homme engagé. Entre elle et lui s'est scellé un pacte, celui de la beauté et de la complicité, exalté par Hugo, Proust, Callas... C'est dans une ville assiégé par la faim, la haine et l'exclusion que Jean Dominique a trouvé la mort ainsi que Jean-Claude, le gardien de la radio. Le roman Le reste du temps raconte également l'histoire de Jean-Baptiste, ce vieux librairie qui, bien que sachant à peine lire, tient avec élégance sa boutique de livres.

    Avec attention et retenue, Emmelie Prophète peint une ville dans la tourmente où l'amitié, la fraternité et le partage aident à vivre - où la quête d'un exemplaire dépareillé de Sodome et Gomorrhe n'est jamais vaine.

    Extrait
    « Nous faisions silence devant les paliers inégaux de l'amitié. Nous n'étions pas suffisamment proches pour nous tenir la main comme le feraient des amis d'enfance ou des amis qui s'aiment tout court. Ce qui nous unissait c'est ce que nous avions en commun. Ces livres lus chacun de son côté. Cette envie secrète de partager nos rêves avec les autres jusqu'à l'impudeur. Je lui permettais d'être quel-qu'un d'autre que lui-même. Il était reconnaissant. Je n'étais pas intéressée à savoir quelles étaient ses relations avec le président, ce qu'il pensait réellement des associations paysannes, des usines. Je l'acceptais avec ses rumeurs et sa mauvaise foi, qui faisaient d'ailleurs partie de sa légende. Nous discutions. Sans nous entendre parfois. Nous nous écoutions avec jubilation. Moi, la fille anonyme, lui le chevalier sans peur et sans reproche sauf ceux qu'on lui adresse aujourd'hui encore, mais que je n'écoute pas, bien ancrée dans cette réalité que nous avions fabriquée rien que pour nous et ces héros de fiction auxquels nous prêtions nos voix. »

    L'auteure
    Née à Port-au-Prince, Emmelie Prophète est poète et romancière. Elle a étudié en littérature, en communication et en droit. Son oeuvre est publiée aux éditions Mémoire d'encrier: Le testament des solitudes, qui lui a valu le Grand Prix littéraire de l'Association des écrivains de langue française (ADELF) 2009, Le reste du temps (2010), Impasse Dignité (2012), Le bout du monde est une fenêtre (2015), Un ailleurs à soi (2018) et Des marges à remplir et autres poèmes(2018).
    Elle vit à Port-au-Prince.

  • Emmelie Prophète fait partie des générations de femmes auteures haïtiennes contemporaines comme Yanick Lahens, Kettly Mars, Evelyne Trouillot, Edwidge Danticat.

    Le bout du monde est une fenêtre interroge la distance entre soi et l'horizon, le jour et la nuit, les êtres et les désirs. À travers la fenêtre d'une maison penchée, Rose et Samuel engagent leurs solitudes dans un dialogue sans mots, plein de folies et de secrets. En écho, les voix des personnages, tous des marginaux, se relaient, dans ce théâtre d'ombres où perce l'envie de vivre et d'habiter le pays.

    Extrait de presse:
    « La noirceur du réel haïtien n'a d'égale que le souci de l'auteur à le peindre calmement, parfois cruellement, en mettant son lecteur à l'épreuve de destins où le mot bonheur ne semble pas avoir été prévu. Si ce n'est dans ces miracles de tendresse qui bouleversent parfois une journée, parfois toute une vie. »
    Valérie Marin La Meslée, Le Point

    L'auteure
    Née à Port-au-Prince, Emmelie Prophète est poète et romancière. Elle a étudié en littérature, en communication et en droit. Son oeuvre est publiée aux éditions Mémoire d'encrier: Le testament des solitudes, qui lui a valu le Grand Prix littéraire de l'Association des écrivains de langue française (ADELF) 2009, Le reste du temps (2010), Impasse Dignité (2012), Le bout du monde est une fenêtre (2015), Un ailleurs à soi (2018) et Des marges à remplir et autres poèmes(2018).
    Elle vit à Port-au-Prince.

  • Emmelie Prophète fait partie des générations de femmes auteures haïtiennes contemporaines comme Yanick Lahens, Kettly Mars, Evelyne Trouillot, Edwidge Danticat.

    Impasse Dignité, c'est le quartier éponyme. Les jeunes ont baptisé leur impasse
    Dignité, par nécessité de citoyenneté. Ils refusent, par ce geste, l'exclusion
    et revendiquent une identité et l'illusion d'habiter un pays. Ensemble, ils vont
    apprendre à faire foule, à brasser la vie, à s'inventer jour après jour des rêves à la
    mesure de leur manque. Ils découvrent l'injustice et l'arrogance sociale de la rue
    voisine habitée par les notables de la ville.

    Extrait
    « José aurait pu marcher les yeux fermés tant il connaissait les moindres recoins
    de cette impasse qu'il n'avait jamais quittée. Il aurait voulu avoir un ancrage, une province où se réfugier de temps à autre pour fuir tout cet incertain qui avait constitué sa vie et celle de Sara. Mais il était né ici. Entre la ravine et la petite ruelle en terre battue que lui, Daniel, Gogo et Jean-Philippe avaient baptisée « Impasse Dignité ». Ils avaient décidé, un après-midi de juillet, après une journée de discussions sur le muret à côté du Bric-à-brac situé en face
    de chez mademoiselle Claire, de nommer l'impasse et d'attribuer un numéro à chacune des maisons. C'était une façon, dans leurs têtes d'adolescents, de pouvoir être identifiés, d'être situés sur une carte, de se donner une adresse. Ils avaient fait la quête auprès des habitants de l'impasse et de ceux qui passaient dans la rue principale. Le projet avait d'emblée enthousiasmé tout le monde. »

    Échos de presse
    « On se rend vite compte que c'est la porte d'à côté Impasse Dignité, tout est à portée d'yeux et d'odorat. De l'ordinaire magnifié par une écriture élégante, une sensibilité et un regard qui nous laissent admiratifs, époustouflés... »
    Daniel Grange

    L'auteure
    Née à Port-au-Prince, Emmelie Prophète est poète et romancière. Elle a étudié en littérature, en communication et en droit. Son oeuvre est publiée aux éditions Mémoire d'encrier: Le testament des solitudes, qui lui a valu le Grand Prix littéraire de l'Association des écrivains de langue française (ADELF) 2009, Le reste du temps (2010), Impasse Dignité (2012), Le bout du monde est une fenêtre (2015), Un ailleurs à soi (2018) et Des marges à remplir et autres poèmes(2018).
    Elle vit à Port-au-Prince.

  • Emmelie Prophète fait partie des générations de femmes auteures haïtiennes contemporaines comme Yanick Lahens, Kettly Mars, Evelyne Trouillot, Edwidge Danticat.

    Extrait de la préface:
    « J'ai rencontré les poèmes dans la voix et, dans les yeux de gens qui grignotent chaque jour le malheur, la solitude. Ils sont à eux. C'est grâce à ces souffles que la poésie demeure, transforme le quotidien et donne raison à ces effleurements, ces interprétations qui invitent à regarder la vie par les marges à remplir.
    Il faut faire place au dérisoire, couper, laisser s'envoler les choses et leur encombrante utilité. Essayer de dire
    l'autre parce que l'on entend ses silences malgré l'étendue de la mer, le vacarme des administrations qui forcent à remplir des formulaires dans lesquels il n'y a aucune case pour confirmer son besoin d'amour. »

    Extrait du recueil:
    La rue marche après nous
    Nous sommes des vestiges de chemins de fer
    C'est l'histoire de toute une ville
    Qui nous coule dans les veines
    On a besoin d'un prétexte pour être deux.

    L'auteure
    Née à Port-au-Prince, Emmelie Prophète est poète et romancière. Elle a étudié en littérature, en communication et en droit. Son oeuvre est publiée aux éditions Mémoire d'encrier: Le testament des solitudes, qui lui a valu le Grand Prix littéraire de l'Association des écrivains de langue française (ADELF) 2009, Le reste du temps (2010), Impasse Dignité (2012), Le bout du monde est une fenêtre (2015), Un ailleurs à soi (2018) et Des marges à remplir et autres poèmes(2018).
    Elle vit à Port-au-Prince.

  • Emmelie Prophète fait partie des générations de femmes auteures haïtiennes contemporaines comme Yanick Lahens, Kettly Mars, Evelyne Trouillot, Edwidge Danticat.

    Tout un peuple se prépare à fuir, s'inventant un ailleurs à défaut d'un avenir. Partir est un mythe auquel personne n'échappe. Au Ayizan, chic restaurant de Pétion-Ville, se font et se défont les voyages. Lucie sert les clients le jour et vend son corps la nuit. Maritou fuit la haine de Jeannette et la pitié de Clémence ses demi-soeurs. Elle vomit son angoisse et sa solitude jusqu'à sa rencontre avec Lucie. Elles s'apprivoisent jusqu'à s'aimer. Un ailleurs à soi, miroir où se tissent illusions et voeux de départ.

    Extrait
    « Lucie était la nuit, elle était la lune. Elle était persuadée que personne ne la verrait quand elle aura finalement pris la fuite pour se diriger vers cet horizon qui l'appelait depuis tellement de temps. Elle dormirait dans la rue, elle mangerait n'importe quoi, mais elle serait libre, se disait-elle. Elle perdrait la pesanteur du corps, cet objet de désir insensé, toute cette féminité qui la
    forçait à des combats pour lesquels elle ne se sentait pas prête. »

    Echos de presse :
    « Mieux qu'un long discours politique ou des statistiques économiques, ce roman offre une belle parade à la langue de bois. Un ailleurs à soi touche immédiatement le coeur du lecteur dans sa délectation de
    l'histoire. »
    Wébert Lahens, Le Nouvelliste

    L'auteure
    Née à Port-au-Prince, Emmelie Prophète est poète et romancière. Elle a étudié en littérature, en communication et en droit. Son oeuvre est publiée aux éditions Mémoire d'encrier: Le testament des solitudes, qui lui a valu le Grand Prix littéraire de l'Association des écrivains de langue française (ADELF) 2009, Le reste du temps (2010), Impasse Dignité (2012), Le bout du monde est une fenêtre (2015), Un ailleurs à soi (2018) et Des marges à remplir et autres poèmes(2018).
    Elle vit à Port-au-Prince.

  • Trois femmes. Trois solitudes. Trois destins se rencontrent et se racontent. Comme « l'histoire d'un pays qui dort mal, se réveille mal, et qui ne prend pas le temps d'avoir mal de ses douleurs. »

    Roman exigeant et beau tissé dans un univers féminin : trois générations de femmes soufrent sans paroles et sans témoins. Échouées dans l'errance, la solitude et l'exil, elles se cherchent et se racontent dans l'oubli, le défi et la révolte.

    Paroles de femmes pour qui l'espoir et le bonheur sont des terres inhabitées. L'espace intime éclate, les filles ne parent alors à leur mère que pour rompre la chaîne : « Chère mère, je suis une porteuse de nouvelles. J'ai peur. Je refuse votre héritage de corvées, de servitudes, de solitudes séculaires. Je refuse vos regards tristes, vos résignations, vos peurs. »

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