• Après ses Leçons sur Descartes, Ferdinand Alquié résuma son approche dans l'ouvrage que voici, paru initialement en 1956.

    Présenter "l'homme et l'oeuvre", c'est ne pas séparer la pensée d'un auteur de ses expériences vécues. Cet ouvrage retrace l'oeuvre de Descartes dans son déroulement chronologique, des premières approches scientifiques à l'élaboration d'une métaphysique et aux considérations morales des dernières années de sa vie.

  • Ferdinand Alquié met sa rigueur d'historien de la philosophie à l'épreuve d'une lecture de ses contemporains, livrant ainsi un tableau de la modernité d'une saisissante acuité d'analyse. Il discute notamment du surréalisme, dont il a une profonde compréhension intérieure née de secrètes affinités, mais aussi du travail et de la technique : en s'appuyant sur les meilleures études (G. Friedmann), il remonte aux enjeux anthropologiques et métaphysiques de ces questions. Il traite longuement de Sartre et de Merleau-Ponty, en des pages pleines de générosité herméneutique, prenant acte de l'ambition philosophique de leurs oeuvres. D'autres études sur G. Bachelard ou J. Wahl viennent compléter ce tableau d'une Raison qui, remontant chaque fois à la métaphysique qui la fonde, atteint l'intemporel alors même qu'elle s'exerce ici à analyser notre temps.

  • Ferdinand Alquié n'est pas seulement un spécialiste de Descartes mais de ses héritiers. Parmi eux, Malebranche. Initialement publié en 1977, cet exposé clair et concis des principaux thèmes de sa philosophie (la métaphysique idéaliste, le problème de la communication de l'âme et du corps par la vision en Dieu, les rapports de la nature et de la grâce) se poursuit par un choix de textes de Malebranche sur ces mêmes sujets centraux, éclairés par le commentaire préalable de l'auteur. Enfin, une bibliographie mise à jour permet de faire le point sur les études consacrées à Malebranche.

  • Qu'est-ce que comprendre un philosophe ? Est-ce découvrir la cohérence logique de ses affirmations ? Est-ce retrouver l'expérience métaphysique qui fut la sienne ?
    Si le premier sens du mot « comprendre » est retenu, e philosophie ne semblera plus compréhensible que celle de Spinoza. Mais tout change si l'on s'efforce de retrouver l'expérience que traduit le système. Quel sens donner à l'idée d'un Dieu-Nature ? Comment parvenir à la connaissance du troisième genre ? Et quelle confiance accorder à la promesse spinoziste de nous conduire à la vie éternelle ?
    C'est à de telles interrogations que ce livre veut répondre. Il étudie la genèse de l'Éthique, analyse les démarches par lesquelles ses principaux concepts ont été engendrés. Mais il ne faut pas chercher, à sa source, une volonté de réfutation. L'auteur ne s'est proposé qu'une fin : prenant au sérieux ce que dit Spinoza, il a tenté de découvrir en son oeuvre une voie accessible à l'expérience humaine. Il avoue n'y être pas toujours parvenu.
    Le sage de de l'Éthique « ne pense à rien moins qu'à la mort ». Le spinozisme ne peut donc se constituer qu'en excluant l'angoisse de notre disparition. On peut en conclure que l'idée de la mort est étrangère à la vérité. Si, au contraire, on tient cette idée pour constitutive de notre conscience, il faudra admettre que la raison ne peut suffire à expliquer l'homme. Sur ce point, on doit choisir.

  • «La philosophie n'est pas la science, elle n'est pas un système, ou un ensemble de systèmes, elle est une démarche, et une démarche n'a de sens que parce qu'une personne effectue cette démarche. Ce qui ne signifie pas que cette démarche soit une démarche individuelle, qu'elle n'ait de sens et de valeur que pour un individu situé dans l'espace et dans le temps. La démarche philosophique n'est pas une démarche que l'on puisse comprendre par des raisons psychologiques, ce n'est pas une démarche que l'on puisse comprendre par l'histoire, ou à partir d'un certain état social. La démarche philosophique, c'est celle de l'esprit lui-même, et c'est pourquoi elle est toujours à refaire : car l'esprit a toujours à se sauver... On ne peut comprendre un philosophe sans devenir soi-même un philosophe, sans se faire, à travers l'histoire et malgré l'histoire, le semblable des philosophes, sans retrouver cette éternité qui est celle de la Philosophie.» Ferdinand Alquié.

  • « C'est au printemps 1982 que les responsables du Monde Dimanche (le supplément de fin de semaine du Monde) m'ont demandé de les aider à coordonner la réalisation d'un projet qui paraissait a priori difficile à mettre en place : offrir aux lecteurs du journal douze "leçons de philosophie", rédigées par des philosophes français contemporains et destinées à s'échelonner sur les douze dimanches de l'été suivant, de juillet à septembre. « Que ce projet ait pu finalement être mené à bien et qu'il ait rencontré la faveur du public, le lecteur en a la preuve dans le fait qu'après avoir été réunies en brochure dans la série Dossiers et documents du Monde, brochure rapidement épuisée, ces douze leçons font aujourd'hui l'objet d'une réédition sous forme de livre. « L'ordre des thèmes retenus reflète plus ou moins l'esprit du programme de philosophie de ce qu'on appelle en France la classe Terminale, cette classe étrange et ambiguë située à la charnière de l'enseignement secondaire et de l'enseignement supérieur. Ce programme, comme on sait, va de la conscience vers la société, du psychologique vers le collectif, du pulsionnel vers l'institutionnel ; en un mot, du "subjectif" vers "l'objectif". De même, notre table des matières, reflet de l'ordre chronologique de publication des textes, exprime un mouvement du soi vers l'autre ou des réalités individuelles vers les phénomènes collectifs. »

empty