• De l'extrême-droite à l'extrême-gauche, une idole affole le monde politique : le Peuple. Or quel est ce fétiche dont les porte-paroles veillent à ne jamais définir les contours ? Loin d'être une réalité identifiable, le mot de Peuple n'est qu'un vent de bouche que des blablateurs propulsent à plein poumons du haut de leur podium pour ratisser large en période électorale. N'importe quelle foule se prend désormais pour le Peuple et exprime ses frustrations et bouffées paranoïaques sur les nouvelles agoras digitales. En ligne de mire : des « élites »... qui ne sont pas davantage définies et auxquelles on promet pourtant un mauvais sort. Dans un essai bref et incisif, Frédéric Schiffter signe un acte de résistance face à la servitude intellectuelle.

    Frédéric Schiffter vit à Biarritz depuis son enfance et se définit lui-même comme « philosophe balnéaire ». Il est l'auteur d'une quinzaine d'essais salués par la critique, et le lauréat du Prix Décembre 2010 pour Philosophie sentimentale (Flammarion/J'ai lu) ainsi que du Prix Rive Gauche à Paris 2016 pour son récit autobiographique On ne meurt pas de chagrin (Flammarion). En 2020 est paru son premier roman : Jamais la même vague (Flammarion).

  • Échoué depuis des années à Biarritz où il jouit sans entraves de ses temps morts, Frédéric Schiffter, le "philosophe sans qualités ", selon sa carte de visite, a tout loisir de noter des cogitations, des souvenirs et des humeurs dont l'acidité, même diluée dans les larmes, n'épargne rien, ni le monde ni son ego.

  • De A comme Aliénation ou Amour jusqu´à W comme Woody (Allen) , dont il apprécie l´art et la pensée, en passant par D comme Devoir de mémoire ou N comme Nihilisme, Frédéric Schiffter revisite les figures imposées de la philosophie, qu´il confronte à sa Weltanschauung dandy, mêlant entrées classiques ou buissonnières.
    On y trouvera tout aussi bien des réflexions parfois polémiques sur l´existentialisme, Guy Debord ou Michel Onfray, que des concepts plus inattendus et chers à l´auteur, tels que le « blabla », le « gnangnan », le « cafard » ou l´« anarchisme franchouillard ». Un portrait de Schopenhauer voisine avec une citation de Cioran et l´évocation des jeunes femmes en bikini.
    Dans la lignée de Philosophie sentimentale (prix Décembre 2010) et du Charme des penseurs tristes, Frédéric Schiffter, écrivain tout autant que philosophe, partage ses passions et ses lecture dans ce dictionnaire stylé, tout à la fois pensif et jouissif, qui a tout du gai savoir.

  • Depuis le temps que prophètes, savants et philosophes s'ingénient à donner quelque consistance à ce grand lieu commun qu'est la réalité, l'humanité, crédule par nature, réaliste par idéal et, pour tout dire, friande de faits divers, continue à se persuader de l'existence même de la réalité. Amusé par ce puissant empire du qu'en-dira-t-on ontologique, Esnaola ne voit dès lors nulle inconvenance à colporter, lui aussi, ses propres ragots métaphysiques, dont la souriante lucidité n'épargne ni le monde, ni les arrière-mondes, encore moins ceux qui y adhèrent. Qu'on en juge plutôt avec cet échantillon : "Le créateur est celui qui nomme, qui invente un langage, mots, images, formes, sons... Je croirai en Dieu quand on retrouvera ses planches, textes, moulages et partitions pour la création du monde."

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