• Un recueil dans lequel le poète convoque le militant communiste italien Enrico Berlinguer, Sigmund Freud ou encore François Villon pour faire le procès du monde dans lequel il vit, tout en cherchant à l'améliorer. La vie quotidienne est représentée comme une maladie, traversée d'humeurs contradictoires.

  • Le matin du 29 mai 1453 le sultan Venaille le Magnifique, à la tête de ses janissaires, s'empare de Constantinople. Il en fait « la plénitude de l'Islam ». Mais ce jour de gloire est également lié pour lui à l'horreur : dans une embuscade tendue par sept fuyards chrétiens il est gravement blessé. Aujourd'hui, cinq siècles ont passé, mais celui qui fut l'un des plus grands seigneurs de la guerre de l'Histoire s'interroge encore. Il se sait immortel. Il est l'homme le plus respecté d'Istanbul. Son esprit est à la fois plein de haine et d'amour. Et sa blessure demeure une douleur quotidienne. Le sultan vit entouré de Mehmed le Pieux, son redoutable garde du corps, et du petit noiraud, l'enfant adopté. Il doit affronter les agissements meurtriers des mouettes et les remarques douteuses d'une bande de corbeaux ne pensant qu'à s'enivrer, les pattes dans le Bosphore. Le plaisir de vivre de l'enfant parviendra-t-il à arracher le sultan à la mélancolie ? Quelles sont les causes profondes de son angoisse ? Istanbul, tant aimé, est-il refuge ou prison ? Comment un homme physiquement meurtri envisage-t-il l'existence ? À ces questions graves le livre répond par un humour baroque et une écriture affective.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Essaye de traduire cette impression que la vie n'est qu'une succession de scènes primitives qui nous traversent.

  • Une sorte d'aura accompagne depuis des années l'oeuvre discrète (et introuvable) de Pierre Morhange, dont le nom a attiré, régulièrement, l'intérêt de jeunes poètes, de critiques avertis, de lecteurs curieux. On pourrait parler d'oeuvre au noir, tant la substance même de ce très subtil langage poétique est marquée par le désespoir, la souffrance, le deuil de toutes les illusions politiques des années vingt à cinquante. Frère ennemi des surréalistes, annonciateur d'une grande poésie matérialiste, Pierre Morhange (1901-1972) est, d'évidence, l'inventeur d'une sorte de néoréalisme à la française qui trouverait ses sources du côté de Henri Heine et de Maïakovski. Ce livre présente un choix de textes publiés depuis La vie est unique, mais donne également à lire des poèmes du jeune révolutionnaire qui signait John Brown, appelait à la victoire du prolétariat et, déjà, déçu, amer, blessé par la vie même, rêvait de se pendre !

  • "Ma vie nul ne la prend mais c'est moi qui la donne. Chaque jour je parcours des distances infinies qui me font traverser les anciennes frontières. Mon but ? Aller voir comment fonctionne le monde. J'en reviens à chaque fois brisé. L'état de guerre n'en finit pas. À terre les corps encore, copeaux de chair, lourds sacs, déserteurs aux membres las. Alors que du ciel, le soleil noir, le soleil, aveuglé, tente de s'extirper. Tremblements. La consigne est toujours la même: pas de prisonniers ! Alors le glaive ! Mais que ferai-je de ma vie lorsqu'il sera devenu noir de sang? Dois-je l'avouer ? Je suis désespéré et me retrouve quoi? Enfant ! Que s'est-il passé, autrefois que je n'ai pas compris, jamais admis. Pourquoi ce sang? Le rouge, couleur du combat mené contre les forces du Malin. Mais que les mots parviennent jusqu'à moi. Ils deviendront nos alliés."

    Franck Venaille a choisi de nous emmener loin dans le temps et l'espace pour nous parler d'un sujet qui le hante depuis longtemps. La bataille des éperons d'or est pleine encore des images de la guerre, comme l'étaient Chaos, Ça et C'est à dire de la guerre vécue, celle d'Algérie. Sous les variations des vers et de la prose, dans un style intact, il donne à entendre un tragique sourd et continu que viennent illuminer, par intermittences, des éclairs de beauté foudroyants.

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