• En 1925, une jeune actrice suédoise effarouchée et émerveillée part à la conquête de l'Hollywood des Années folles. Seize ans plus tard, lorsqu'elle renonce au cinéma, elle emporte avec elle ce nom, Garbo, qui continue, encore aujourd'hui, à nous faire ! rêver. Françoise Ducout ne se contente pas d'étudier, en historienne, la carrière de l'actrice la plus célèbre de l'histoire du cinéma. Elle interroge la légende, essaie de cerner, au-delà des apparences, au-delà des rôles, celle qu'elle appelle la somnambule.

  • Enviés, adulés par les uns, attaqués par les autres, ces couples que vous allez découvrir sont passés à la postérité parce qu'ils se sont aimés avec force, violence, grandeur ou déraison, au-delà de toute logique humaine. De l'ineffable coup de foudre qui liera à jamais l'envoûtante aventurière Wallis Simpson à Edouard VIII en passant par la liaison dangereuse entre Maria Callas et Aristote Onassis, le rêve africain d'une Karen Blixen tombée sous le charme du raffiné et original Denys Finch-Hatton ou la fascination de Lady Edwina Mountbatten pour Nehru, fascination qui se mêle et qui se confond à son amour pour l'Inde, ces êtres sont comme aimantés, irrésistiblement attirés l'un vers l'autre... Ils se soudent en un moment d'éternité. Ainsi en va-t-il pour Louise de Vilmorin et André Malraux, Sonia et Robert Delaunay, où la passion sublimée les unit dans leur art comme dans leur chair. Mais, quand la guerre, le rang, le destin jouent les trublions, les passions se déchaînent alors et entraînent ces couples dans la tourmente. Tels sont les mariages hollywoodiens d'Orson Welles et Rita Hayworth, de Liz Taylor et Richard Burton, dont la flamme crépite comme un éclair dans le firmament avant de mieux les détruire. Un parfum sulfureux se dégage souvent de ces hommes et de ces femmes qui vont jusqu'au bout d'eux-mêmes, s'étouffent et se déchirent : quand Dashiell Hammett rencontre Lillian Hellman, son talent se tarit ; Zelda et Scott Fitzgerald sont emportés par le tourbillon de la folie ; Saint-Exupéry et Consuelo ne savent vivre que dans un état sentimental sinistré ; Diego Rivera, géant mexicain aux insatiables appétits sexuels et picturaux « vampirise » Frida Kahlo, son épouse... Marilyn Monroe a-t-elle perdu la vie parce que sa liaison avec John Kennedy embarrassait le FBI ? Comment l'infirmière Agnes Von Kurowsky a-t-elle su bouleverser le coeur du baroudeur Hemingway ? Marlène Dietrich et Jean Gabin se sont-ils quittés parce que leur amour, qui avait résisté à la guerre, ne supportait pas la paix ? Tels sont les arcanes de ces Grandes Passions amoureuses qui appartiennent à la légende et dont vous allez soulever le voile avec un indicible frisson d'admiration devant ces existences hors du commun.

  • En ce temps-là, Édith Piaf aimait Marcel Cerdan, Lily Pons vocalisait, les étudiants en médecine habitaient dans les chambres de bonne des bourgeois du XVIe arrondissement, de truculentes provinciales donnaient leurs couleurs à Paris et allaient, une fois par semaine, aux bains-douches municipaux, tous les épiciers étaient soupçonnés de s'être livrés au marché noir, les mères étaient souvent soumises, et les pères parfois violents, Ingrid Bergman s'immolait en Jeanne d'Arc dans les cinémas de quartier, Frank Sinatra avait le ventre plat, et le receveur du gaz avait peut-être tué la Polonaise... Ce jour-là, le 28 octobre 1949, une fillette prendrait sa première leçon de douleur, lorsque sa mère et la bonne, bouleversées par la mort de Cerdan dans l'archipel des Açores, en oublieraient de nourrir le mari, le père. À New York et à Paris, le manège s'emballe, et une cohorte de personnages prend place sur le carrousel qui resurgit, des années plus tard, dans la mémoire romanesque d'une enfant.

  • Où commence le rêve ? Où s'achève la réalité ? Où s'achève le rêve ? Où commence la réalité ? Si nul n'est censé échapper à cette double question à la fois simple et ambiguë, Antoine Courdrier, le jeune héros - ou la victime ? - de La curiosité du rêveur devra lui aussi se la poser sans peut-être y répondre. Faible, démuni, c'est vers ceux qui l'ont jusqu'ici précédé qu'Antoine se tournera pour demander de l'aide. Une vieille femme, Madeleine Bestugue, qui est maintenant à l'image de cette ville du Midi de la France où Antoine se souvient avoir vécu, une autre, Maud, jeune, impétueuse, égoïste, Julia, « le cauchemar aseptisé de l'Amérique », vont tour à tour le forcer à sortir de lui-même. Rebondissant comme une balle, du passé au présent, Antoine choisit la fuite : l'Amérique hantée par le fantôme de Custer, le massacreur d'Indiens, et par le détective John Jo-Flapper, gardien de la vertu. La « catastrophe » qui clôt les dernières pages de La curiosité du rêveur indique peut-être qu'Antoine Courdrier a rêvé des événements qui se mêlent et se défont sans ordre apparent. Pour passer du miroir à la réalité, l'adolescent rassemble et fait éclater ses Amériques, ses amours de l'instant, ses souvenirs mal dirigés, et se retrouve, en fin de course, non pas dans la prison étroite de sa peau d'homme, mais dans un domaine autre, prolongement enfin redressé du miroir.

  • La curiosité est, dit-on, un vilain défaut. Mais qui nous retiendrait de plonger notre main dans la bouche de la vérité, qui nous interdirait d'être brûlé, mordu ? Qui pourrait nous prêcher assez fort la sagesse et la patience ? Personne. Pas même le Diable ! Et, curieux, Absinthe, le héros de Les anges dans nos campagnes, l'est. Et égaré, et apatride, et fou par instant, dans cette ville, Lausanne, où la rencontre, un matin à la gare, avec un étrange vieillard, un mystérieux et bavard Zurichois - Fritzbauer - le persuade qu'on peut être dans son temps et ailleurs, ici et à Saint-Pétersbourg, là-bas et à Rome, en 1976 et en 1906, dans un château de la campagne française, où une jeune fille agonise en interpellant le Christ et en dénonçant l'horreur du tombeau. Comment ne pas céder à ce discours magique ? Comment croire au Mal, alors que tant de pouvoirs nous seraient offerts ? Mais les anges, aussi sombres soient-ils, volent en formation et Fritzbauer ne manque pas à la règle. Dans son sillage et dans son ombre, il y a Jonathan Manearth - l'homme de la Terre - qui apparaît et disparaît, en laissant derrière lui le scandale et la révolte. Dottie Nunster, visage d'une enfance trahie et piétinée, visage de ces souvenirs dont, seul, Dieu - ou un Dieu - pourrait être le créateur. Mais Absinthe n'est ni l'un ni l'autre. Il n'est que cette illusion qui écoute les anges. Il joue les étonnés et va vers une vérité qui sera peut-être effrayante. Il bat les cartes et prend la place du mort. Il tombe au milieu des ailes de ces anges qui, en se refermant, deviennent les griffes de l'Enfer, les crampons de la bouche de la vérité où, comme lui, nous brûlerons, nous serons mordus à jamais.

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