• Il y a plusieurs façons de faire revivre l'histoire. Gérard Bouchard s'est acquis une réputation internationale pour ses travaux savants sur la société québécoise et les collectivités neuves. Fondateur du projet Balsac, ce vaste fichier de la population du Québec, il recevait il y deux ans le Prix du Gouverneur général pour Genèse des nations et cultures du Nouveau Monde. Aujourd'hui, Gérard Bouchard a voulu incarner la société qui fait l'objet de ses études depuis de nombreuses années dans un grand roman historique. À partir de l'arrivée au Saguenay des premiers colons originaires de Charlevoix jusqu'à la Grande Guerre, Gérard Bouchard nous raconte l'histoire des Tremblay de Mistouk, et surtout celle du fils aîné, Méo, le géant, celui qui incarnait tous leurs espoirs, toutes leurs forces vives. Mêlant légende et vérité historique, c'est toute une société que Gérard Bouchard fait revivre: sa parole, ses humeurs, ses craintes, ses rêves, son courage. Il nous donne, contrairement à ce qu'on en a dit, l'image non pas d'une société étouffée sous le poids du souvenir et du clergé, mais bien celle d'une société en ébullition, passionnée par son avenir, à qui tout semblait possible et qui était chez elle partout en Amérique. Mais, surtout, Mistouk est une rencontre avec des personnages inoubliables que l'on voit évoluer dans une succession d'épisodes tour à tour drôles, émouvants et tragiques.

  • En confrontant des données relatives au Québec et à la France, les auteurs de cet ouvrage se trouvent placés dans une rare situation d'observation : une même langue pour deux populations dont l'une tire ses origines de l'autre mais qui ont connu des destins forts différents ; des rituels d'origine commune dans un passé lointain mais qui ont évolué de façon singulière de chaque côté de l'Atlantique. Une partie des textes explorent directement ce rapport de filiation ; d'autres contributions élargissent les perspectives et les terrains.

  • La prise en charge de la diversité ethnoculturelle représente un défi pour toutes les nations démocratiques. La réflexion québécoise, sur ce plan, n'est pas récente et elle a fait montre de dynamisme et d'originalité.
    Dans un ouvrage qui s'adresse aussi bien au grand public qu'aux spécialistes, écrit dans une perspective à la fois québécoise et internationale, le sociologue et historien Gérard Bouchard propose ici sa vision de l'interculturalisme comme modèle d'intégration et de gestion de la diversité ethnoculturelle considérée sous toutes ses formes : la diversité qui est apportée par les immigrants, celle des minorités et celle de la majorité. L'interculturalisme, en tant que modèle pluraliste, se soucie autant des intérêts de la majorité culturelle, dont le désir de se perpétuer et de s'affirmer est parfaitement légitime, que des intérêts des minorités et des immigrants. Par rapport aux autres modèles d'intégration, il se présente comme une formule mitoyenne axée sur la recherche d'équilibres.
    En proposant un exposé clair et exhaustif de ce qu'est l'interculturalisme, en soulignant ce qui le distingue du multiculturalisme canadien et en répondant aux diverses objections qui ont été soulevées à son sujet, Gérard Bouchard veut contribuer à contrer l'incertitude ambiante et baliser une voie d'avenir pour tous les Québécois.

  • Depuis deux siècles, la nation a été, en Occident tout au moins, le lieu principal de mouvements sociaux, de conflits, de ruptures et de débats d'où ont émergé les visions du monde, les idéaux et les idéologies qui ont façonné en profondeur les imaginaires et cimenté les peuples. C'était l'époque où, pour le meilleur et pour le pire, les nations savaient rêver. Mais si désormais les nations et les mythes qu'elles ont perpétués voient leur emprise sur la vie des citoyens se relâcher ou même s'effacer, par quoi seront-ils remplacés comme producteurs de sens? Qui seront les acteurs ou les instances appelés à prendre en charge cette fonction primordiale?

    Observateur attentif et informé des imaginaires nationaux, auxquels il a consacré plusieurs ouvrages, Gérard Bouchard entend les voix qui déplorent la fin des récits collectifs et le triomphe du vide symbolique, sans pour autant consentir à ce sombre portrait. Mais qu'on annonce la fin de la nation ou qu'on pense au contraire qu'elle résistera vigoureusement aux forces qui tentent de l'affaiblir, il y aura manifestement des adaptations, des compromis, des virages difficiles à négocier. Ces défis présents et futurs suscitent à la fois l'inquiétude des citoyens et la curiosité des savants. Les uns et les autres partagent une même interrogation : les nations sont-elles encore capables de produire du sens, de nourrir l'imaginaire des citoyens? En d'autres mots : sont-elles encore capables de rêver?

    Après Raison et déraison du mythe, qui proposait une approche sociale du mythe, nous voici sur le terrain des mythes nationaux. On y rencontre les fondements psychiques (archétypes, pulsions, émotions) et les configurations formelles (mythes directeurs, mythes dérivés, archémythes) qui structurent les mythes sociaux en général. Au-delà de la théorie, le livre propose des aperçus empiriques centrés sur les États-Unis, l'Acadie, le Canada anglais et le Québec. À chaque fois, il s'agit de comprendre comment les mythes nationaux opèrent et comment ces sociétés vivent les changements occasionnés par le néolibéralisme, la diversification ethnoculturelle ou les grands courants culturels transnationaux. Au terme de cet ambitieux parcours, le lecteur aura tôt fait de constater que l'enjeu des mythes nationaux est intimement lié à celui de la démocratie.

  • Etudiant d'origine modeste, sans le sou, Florent Moisan a accepté un offre de stage parmi les Indiens de Uashat, tout prés de Sept Iles.
    Il s'y retrouve un jour d'avril 1954, avec le mandat de dresser un tableau des familles de la Réserve. Il s'attend à un été studieux et paisible qui convient à sa nature fragile et timide. Mais dés son arrivée, c'est le choc. Quel étrange milieu ! Qui sont donc ces gens ? Ils ne ressemble en rien aux " Sauvages " dont on lui a parlé à la petite école, en encore moins aux Blancs qui viennent peupler la ville industrielle voisine alors en plein essor.
    Chaque porte que Florent réussit à ouvrir dévoile une réalité insoupçonnée, déroutante. Alors qu'il se voyait en observateur détaché, il devient malgré lui un acteur important et maladroit dans un enchaînement d'épisodes qu'il comprend mal. Rien ne se déroule comme il l'avait prévu. A travers le regard attentif et innocent de Florent, Gérard Bouchard met en scène dans ce roman la rencontre tragique de deux sociétés.
    Celle du Québec des années 1950, aux prises avec des tensions qui l'obligeront à se réinventer. Et celle de Uashat, menacée de disparition, animée elle aussi par une sourde révolte, mais qui, celle-là, n'aura rien de tranquille.

  • Comment naît une société ? Comment, dans un cadre colonial, se mettent en place l'État, la nation, l'identité ? L'historien Gérard Bouchard nous donne ici un essai de synthèse d'histoire comparée qui confronte l'évolution du Québec avec celle des autres collectivités neuves créées depuis le XVIe siècle en Amérique latine, en Amérique du Nord et en Australasie.

  • Dès l'enfance, Léo sent en lui des forces contradictoires. Son attachement à ses origines indiennes, à sa mère et à ses oncles lui inspire une profonde fidélité, tandis que la vie parmi les Blancs lui donne des envies de bataille et de conquête, suivant l'exemple de son père, dont les êtres et les paysages ne cessent de lui rappeler le souvenir. Pendant toute sa vie, ce Métis cherchera à réconcilier en lui l'Indien et le Blanc.
    Grâce à son intelligence et à sa détermination, Léo réussira à mettre sur pied une grosse entreprise forestière. Très vite cependant, le succès de Léo lui attire l'hostilité de la bonne société de Chicoutimi, d'autant plus que Pikauba, le village peu orthodoxe que notre héros érige au coeur de la forêt, échappe à son emprise. En effet, loin de l'hégémonie de l'Église et des notables, les gens de Pikauba ont tout le loisir de créer un mode de vie à leur (dé)mesure et à leur image. Cela procure l'occasion à Gérard Bouchard d'élaborer une délicieuse utopie de ce que le Québec de cette époque aurait pu devenir si l'esprit pionnier avait pu s'y exprimer en toute liberté, ainsi qu'il le racontait si bien dans Mistouk.
    Sur le mode de la tendresse, de l'humour et de la fantaisie, en même temps que sur un grand fond de vérité, Pikauba se veut donc une réplique à quelques autres utopies auxquelles la littérature québécoise a donné naissance au siècle dernier. Mais ce sont les dons de conteur de Gérard Bouchard qui frappent et séduisent d'abord le lecteur dès les premières pages du livre. Grâce à son art inimitable du dialogue, au plaisir communicatif avec lequel il reproduit la langue populaire, à l'intensité émotive dont il investit ses personnages, Gérard Bouchard signe ici un deuxième roman d'une liberté et d'un charme extraordinaires.
    Et comme dans Mistouk aussi, derrière le pittoresque, la drôlerie et même la folie des personnages et des situations, se profile une émouvante quête d'absolu qui connaît ici un dénouement des plus inattendus.

  • Plaidoyer en faveur de l'Union européenne, ce livre critique néanmoins certains choix culturels qu'elle a faits lors de sa fondation et qui entravent aujourd'hui son intégration. Elle doit rebâtir ses fondements symboliques et redéfinir sa relation avec les nations (à ne pas confondre avec les États). Les orientations culturelles qu'elle a privilégiées à sa naissance lui ont permis de connaître un essor rapide, mais faute de les réviser à temps, elles sont devenues dysfonctionnelles. Or, les tentatives qu'elle a faites ultérieurement pour se donner de nouveaux mythes et une identité continentale ont échoué. Par ailleurs, les leaders de l'Union se sont toujours méfiés des nations et des nationalismes, accusés d'avoir provoqué les horreurs des deux guerres mondiales. Ils ont donc voulu les contourner en instituant une gouvernance par le haut d'où a résulté un déficit démocratique.
    L'Union devra désormais s'employer à se réconcilier avec les nations, en les réhabilitant, et à tirer profit de leurs ressources symboliques pour se doter de mythes ayant une résonance à la fois nationale et européenne.

  • Le thème était audacieux : « Les relations judéo-québécoises : identités et perceptions mutuelles ». Ce colloque, tenu le 25 mars 1999 à Montréal, a connu un vif succès. Il a permis de lever un tant soit peu le voile sur les rapports entre les Juifs et les Canadiens français dans la société québécoise et d´ébranler plusieurs stéréotypes.Il est inhabituel de mettre en parallèle l´histoire de la communauté juive montréalaise et celle des Canadiens français. Cependant, ces deux groupes sociaux partagent une réalité qui rend la démarche intéressante. Chacun constitue une minorité au Canada et en Amérique dont les membres doivent assurer la survivance. Les textes présentés dans ce livre attirent davantage l´attention sur la réalité juive, moins connue que celle des Canadiens français. Les auteurs explorent, outre les rapports judéo-québécois, les liens qu´entretiennent les Juifs entre eux ainsi qu´avec les différents groupes culturels du Québec. Peu à peu, le lecteur verra se tisser une trame culturelle d´une richesse souvent insoupçonnée.

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