Omnibus

  • On imagine mal ce que pouvait être l'existence journalière des gens de naguère, bien avant que la machine ne vienne améliorer leur condition. Souvent on naissait sans être vraiment désiré ; on grandissait comme une mauvaise herbe et sitôt les dix ans, avec plus de force en bras que de jugeote en ciboulot, on se louait pour gagner sa croûte loin des jupes rassurantes d'une mère trop occupée à torcher les puînés. On apprenait le boulot sur le tas, en regardant faire les anciens qui n'étaient pas avares en coups de pied au cul. Ils ne sont plus légion, ceux qui peuvent encore évoquer ces duretés qu'ils ont endurées. Les années ont coulé. Ils sont partis les uns après les autres, sans bruit, le plus simplement du monde. Avec eux ont disparu les derniers témoins d'une époque à jamais révolue. Gérard BOUTET En quarante ans, de 1920 à 1960, la vie quotidienne dans nos campagnes a subi plus de transformations que pendant les vingt siècles qui ont précédé. Conscient de la disparition progressive d'un savoir-faire rural devant les assauts de l'urbanisation et de la mécanisation, Gérard Boutet a arpenté nos campagnes à la rencontre de ces gens de peu, les gagne-misère, et a rapporté sans nostalgie le récit de leur vie quotidienne avant qu'ils ne s'éteignent, et avec eux la mémoire de nos campagnes. Préface de l'auteur


  • Plus de 120 métiers des artisans de nos campagnes, d'aiguillier à zingueur, tels que nos ancêtres les exerçaient. Les coutumes, les expressions, les légendes, les récits... l'outillage, les gestes, le savoir-faire, tout ce qui fait l'histoire et la richesse de ce patrimoine.

    Jusqu'au milieu du XXe siècle, chaque village et bourg de France abritait une cohorte d'artisans qui participaient à la vie quotidienne d'une population encore très rurale et étaient indispensables à la bonne marche de la communauté. Puisant dans la somme encyclopédique de La France en héritage, Gérard Boutet a réalisé ce petit dictionnaire dans lequel on trouvera des métiers que l'on attend (maréchal-ferrant, charpentier, chaudronnier, sabotier, tonnelier...) et d'autres aujourd'hui insolites, tels que l'épinglier (qui fabriquait des épingles), le fleuristier (fabricant de fleurs artificielles pour les modistes ou les couronnes mortuaires), voire le patenôtrier (fabricant de chapelets et colifichets de piété) ou l'oribusier (fabricant de chandelles de résine). Chacun des 120 métiers, qu'il soit de petite industrie ou de petite main, est défini en prenant en compte les caractéristiques régionales, sans oublier les aspects historique et anecdotique.

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