• L'histoire racontée dans ce roman, publié en 1926 et réédité ici pour la première fois, augmenté d'un chapitre inédit, a son origine dans la construction à Paris, aux lendemains de la Grande Guerre, d'un "Collège Panmahométan" érigé à l'intention des travailleurs musulmans en France. Ledit Collège suscite les réactions les plus diverses - et les plus extrêmes- chez les Parisiens.

  • 'Ce livre est composé à sa manière, qu'on trouvera peut-être bizarre. Le lyrisme et l'érudition l'animent tour à tour. C'est qu'il part d'une expérience personnelle pour aboutir à des généralisations abstraites. Le moi est ici la condition du nous.
    D'autre part, l'ouvrage est bâti sur deux thèmes qui se succèdent et s'entrelacent : celui du génie méditerranéen, incarné par Ulysse, et celui d'Ulysse, figure de l'homme universel. La Méditerranée était la condition du héros de l'intelligence qui apparaît au bout de cet essai.
    Enfin, il arrive que les mêmes sujets soient traités à diverses reprises, mais sous un éclairage et avec une dialectique différents. Qu'on soit bien sûr qu'il n'y a là nulle inadvertance : la démonstration qu'il me fallait faire et les conclusions où je devais aboutir ont entraîné ce système de charnières ou de paliers. C'est un effet de mes propres nécessités, encore qu'on les puisse juger critiquables, et que l'ouvrage eût pu se développer autrement.'
    Gabriel Audisio.

  • "Ce livre est né d'une occasion : l'auteur a été invité à se rendre en Tunisie, à voir, à sentir, et à dire ce qu'il aurait éprouvé, librement.
    L'occasion est une bonne chose quand elle est la goutte qui fait déborder le vase : celui de l'auteur ne demandait qu'à déborder.
    L'occasion fait aussi le larron : l'auteur a trouvé la Tunisie baignée par les eaux du souvenir où il a re-pêché tous ses poissons, subrepticement."

  • "Au plus chaud de juillet, envahie de matelots permissionnaires, la gare de Toulon devient un centre d'abordage ; les wagons y ressemblent à des bateaux menacés par la flibuste ; chaque portière est un sabord où surgissent des visages exaltés par le soleil et par la délivrance."

  • En octobre 2002 se tenait à Aix-en-Provence un colloque international sur « Religion et pouvoir », dont le présent volume publie les actes. Il s'agit de concentrer le regard sur une composante de cette grande institution judiciaire ecclésiastique que fut l'Inquisition et, qui jusqu'ici, a été peu observée : son rapport au pouvoir. Celui-ci peut s'exprimer dans trois directions : le pouvoir au sein de l'Inquisition ; les rapports de celle-ci avec les divers pouvoirs (politique, économique, ecclésiastique, social) ; le pouvoir de l'Inquisition sur l'imaginaire. L'Inquisition est envisagée ici sous ses trois formes (médiévale, ibérique, romaine), du Moyen Âge à nos jours et dans l'aire méditerranéenne, à savoir les « quatre soeurs » latines (France, Espagne, Italie, Portugal) ainsi que leurs dépendances. Cette réflexion nouvelle de la recherche internationale s'insère dans ce champ de l'histoire toujours en renouvellement. Elle s'adresse aussi bien aux spécialistes qu'aux lecteurs intéressés et curieux.

  • Depuis 1993, un groupe interdisciplinaire réunit à l'Université de Provence d'Aix des chercheurs travaillant tous sur le XVIe siècle et dans des domaines différents : histoire, littérature française, histoire des arts, littérature italienne, littérature espagnole. Ils livrent ici leurs regards croisés sur le thème « Prendre une ville au XVIe siècle ». Il ne s'agit pas d'un traité d'art militaire ou de poliorcétique, mais d'une réflexion sur un champ vaste qui va du factuel à l'imaginaire : une façon de rompre le carcan du cloisonnement en disciplines et de restituer, si possible, la richesse d'une réalité toujours difficile à saisir et toujours grosse de promesses : ne reste-t-il pas encore bien des citadelles à prendre ?

  • Beaucoup pensaient, voici quelques années, que la religion allait déclinant ; l'exclusion, jadis relativement acceptée, paraît aujourd'hui une injustice ; pourtant elle est couramment pratiquée, parfois seulement de façon plus subtile. Quant à l'exclusion au nom de la religion a-t-elle vraiment disparu ? Le présent ouvrage est issu des interventions effectuées dans le cadre de l'Agora d'été, tenue annuellement de 1988 à 1997. D'orientation nettement historique, principalement consacré aux minorités et visant un public non spécialiste, ce livre peut aider à comprendre la complexité du monde actuel.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Une hirondelle, deux hirondelles, trois hirondelles, et ainsi de suite : un esprit fort voulait savoir exactement quand serait fait, enfin, le printemps. Dix hirondelles, cent hirondelles, et il ne voyait toujours pas le printemps. Mille hirondelles et il comptait encore. Il en était à Dieu sait combien de mille, quand toutes les hirondelles se rassemblèrent et partirent vers le sud : c'était l'automne.

  • Contretemps, la nouvelle oeuvre de Gabriel Audisio, se situe dans l'exacte réalité de la France au cours des années 1941-1944. L'Occupation, la Résistance, la Gestapo, la Libération de Paris, sur quoi le livre s'achève, sont la trame des péripéties, forment le milieu qui détermine les actions des personnages, créent le climat fatal qui agit sur leurs caractères. Le drame psychologique se joue surtout dans l'âme du principal protagoniste, le docteur Gorli, lequel est atteint de ce mal mental que l'auteur appelle le « gorlisme » ; c'est, si l'on veut, le complexe de l'âne de Buridan, de l'homme qui est sans cesse assis entre deux chaises, qui ne sait pas, qui ne peut pas choisir, qui balance entre l'amour et la mort, entre l'indifférence et l'enthousiasme, condamné à devenir héros malgré lui. Autour de Gorli, s'animent des personnages que le destin a d'abord réunis pendant une nuit tragico-comique où ils passaient en fraude la Ligne de démarcation ; ils se retrouveront mêlés aux mêmes aventures, d'une façon insolite qui n'était pas invraisemblable en temps de guerre. Parmi eux, on trouve Bernard, le chef d'un réseau de la Résistance, qui a su choisir son parti sans hésiter ; deux Juifs qu'on ne reverra jamais plus ; le petit gars parisien, qui sera soldat de la victoire ; l'épouse adultère, qui se rachète en devenant patriote martyre ; la fille de petite vertu, qui a des trésors de dévouement... Il y a aussi l'écoeurant « collabo », que les Occupants utilisent en le méprisant ; inversement, il y a l'officier autrichien, antihitlérien, défaitiste, ami des Français, qui sera bêtement tué, par maldonne ; il y a enfin, mystérieuse, la belle artiste surnommée « Rameuse », que son art met au-dessus des passions politiques, qui est l'amie des Occupants, tout en ne leur accordant rien, et qui mourra cruellement le jour de la Libération, avec Gorli dans ses bras. Ces deux-là seront enfin réunis dans la mort, parce qu'ils étaient des amants introuvables, hors du temps, toujours à contretemps. Dans l'oeuvre d'essayiste et de poète de Gabriel Audisio, Contretemps montrera une nouvelle facette de son talent. L'auteur d'Ulysse ou L'intelligence a mis, au service d'un roman réaliste, la lucidité et le sens dramatique qui l'ont classé parmi les grands écrivains contemporains.

  • Le titre de ce livre indique bien qu'il s'agit là d'histoires extraordinaires. En effet, toute la première partie est fabuleuse : des contes de poètes pour adultes émerveillés. Oui, mais on trouve ensuite une série de portraits, gravés à l'acide, qui, pour être réalistes n'en sont pas moins extraordinaires ! Reste à savoir si les récits fabuleux du début ne sont pas aussi réalistes, à leur manière, que les récits réalistes de la fin sont fabuleux d'autre façon. C'est qu'en vérité, il s'agit toujours de réalités secrètes et on remarquera vite que tous les récits traitent ces trois grands problèmes de l'homme : l'amour, la fuite des jours, la mort.

  • « Ville la plus aimée, ville la plus haïe, combien de fois n'ai-je pas voulu te fuir, combien de fois suis-je revenu vers toi... » Comme toi, nous l'aurons chérie, Alger-la-Blanche, Alger-la-Cruelle, Alger de nos rêves et de notre jeunesse... Ce paradis que tu éclaires de biais, d'une lumière rasante aux ombres couchées, nous l'avions vu autrement. Le trait dont il était percé, nous ne savions pas qui l'avait lancé. Nous ne pouvions pas deviner, à l'époque où les petits cireurs applaudissaient l'entrée du cheval de La Juive dans les coulisses de l'opéra, les batailles qui se préparaient. Restons-en à 1930, à l'odeur des brochettes et au parfum du jasmin, aux vendeurs de cartes postales obscènes sous les palmiers de la Régence et du café d'Apollon. « Présent au rendez-vous, vaisseau fantôme, galère subtile qui navigue sans équipage, le premier Mustapha resurgi du fond de l'enfance m'emporte dans la nuit », écris-tu. Ressaisis-toi. Si Alger ne vit plus pour nous, pour d'autres elle continue de resplendir. Répète ton cri : « Lève-toi, soleil ! » C'est le matin qu'il faut revoir notre Alger, dans toute sa gloire. C'est le matin aussi qu'il faut partir, avec cette épée plantée dans le coeur.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Heliotrope

    Gabriel Audisio

    Il n'y a qu une mer : la Méditerranée.
    Après cela il y a des mers, des océans, de l'eau.
    Mais moi, je parle de la Mer, l'Unique, la mienne. Ou la nôtre, j'y consens. Car je suis provençal, sarde, catalan; je suis, peu m'importe, de tous les rivages de cette mer où j'ai vécu, où je vivrai, qui vivra et survivra, qui m'a mordu la peau, mis du sel aux crins, rougi les yeux, celle des poètes, des savonneries, des mangeurs de coquillages, celle qui ne connaît jamais cette honte : les marées basses, où les côtes restent seules pendant des heures, toutes nues, pleines de cheveux gras, de poux sautillants et les pieds dans la vase. Je suis de la mer qui sourit à toutes les races du monde, qui montre son beau ventre de déesse largement plissé, et qui couche avec l'univers navigateur depuis Bizerte jusqu'à Port-Bou, d'Algésiras à La Spezia.

  • À la recherche du passé, amateurs et spécialistes sont de plus en plus nombreux à vouloir remonter dans le temps, jusqu'à l'Ancien Régime, soit les XVIe XVIIe et XVIIIe siècles. En France, en Belgique, en Suisse comme au Québec mais aussi en Allemagne, aux Pays-Bas et en Italie, bien des manuscrits de cette période sont écrits en français. Pourtant, ils paraissent illisibles. De fait, les scribes d'alors, constituant une minorité lettrée de la société, s'étaient dotés d'un système d'écriture particulier, destiné certes à économiser du papier et à gagner du temps, mais aussi à les valoriser puisque, de cette façon, ils étaient les seuls à pouvoir lire et écrire. La difficulté que nous rencontrons aujourd'hui était déjà celle de la majorité de la population à cette époque. Pourtant, il suffit de posséder le code pour réussir à lire les textes. Le présent ouvrage se veut un manuel de paléographie. La paléographie étant la science de l'écriture ancienne et le manuel un livre pratique, il vise, à l'aide de nombreux exemples, à initier le débutant à l'écriture manuscrite française des XVe-XVIIIe siècles. En découvrant et en apprivoisant la forme particulière de certaines lettres, les ligatures, les déformations dues à une écriture de plus en plus cursive, les abréviations des mots les plus usités, chacun peut maîtriser cette « science » qui n'est qu'une « technique » et lire le français d'hier. Cette cinquième édition a été revue, corrigée et augmentée d'un chapitre sur le « moyen français » et de trois nouveaux documents « très difficiles ».

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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