• Dans une grande ville au bord de la Méditerranée nommée Marsègue, la situation est délétère. Les élites politiques sont corrompues et incompétentes, la voirie a cessé d'exister, les rats règnent en maîtres et la disette est permanente... une petite Apocalypse qui n'a pas l'air de déranger grand monde. Un Maire à vie règne sur cette cité décadente et simule un débat politique avec ses adversaires et complices. Vision, fantasme ou réalité, cet ordre désordonné va être mis en question à l'initiative de Sofiane, jeune dealer et trafiquant qui va solliciter le concours d'un dénommé Testard, véritable ermite de cité HLM qui passe son temps à écrire un interminable polar. Ce couple soudain activé par les catastrophes continuelles va se lancer, sans trop s'en rendre compte, à la conquête de Marsègue et sceller des alliances avec d'autres énergies comme la Légion des Ratepenades ou deux fadas des rues marséguais (Samson Derrabe-Farigoule et Frédo le fada)... Le combat de ces insurgés les portera au pouvoir et ouvrira - peut-être - une ère du changement sous la férule de Testard Ier, roi de Marsègue. "La Conquête de Marsègue" est un récit épique et comique où l'on retrouvera des références à la situation marseillaise et aux prochaines élections municipales, sans que cela soit pour autant un livre à clés. Cette saga drolatique, préfacée par Jean Contrucci, deux fois lauréat du Prix des Marseillais, et très colorée, synthétise en partie l'oeuvre overlittéraire de Gilles Ascaride et se réfère également à "La conquête de Plassans" d'Emile Zola avec un parfum de "Seigneur des Anneaux".

  • Marseille n'aime pas seulement imiter ses cartes postales, elle aime aussi dévorer ses propres enfants. Un seul refuse de se plier à cette malédiction millénaire : Samson Derrabe-Farigoule. Sa grande gueule défie la Grosse Ville en une imprécation flamboyante, vibrante de griefs accumulés. Sous le flot de son verbe vengeur, les murailles de la Ville-Mère se fissurent pour faire apparaître la très puante réalité. Ravi par l'expression « rôtir le balai » trouvée chez Saint-Simon, Stendhal remarque : « La langue dégénère et perd son caractère parce que les vanités et les convenances (qui ont déjà tué la gaieté) empêchent d'employer ces mots. » Et Werner Schwab confirme : « La langue vivante a été détruite par la politique, la bureaucratie et la publicité. Le langage est à présent dressé comme un berger allemand. » Loin de la littérature encagée et des romans policés qui encombrent les librairies, Gilles Ascaride fait un malheur en déchaînant ses grandes orgues marseillaises. Né à Marseille, il a toujours affronté sa ville à mains nues. La grande pécheresse a tenté cent fois de le détruire, il a toujours survécu. L'écriture étant pour lui un sport de combat, elle lui sert de P38 dans ses plus redoutables affrontements. Détesté des élites locales, évadé de différentes fêtes du livre, interdit de dédicaces, mis au ban de la littérature contemporaine, il mène avec une poignée de compagnons hardis une guerre de harcèlement par l'arme du rire, qui le conduira tôt ou tard à l'échafaud de la critique locale et nationale.

  • Dans ce livre ? Marseille au coeur de l'Histoire avec une bande de minots qui jouent avec le destin de Maurice Thorez, de l'antimilitarisme pas primaire du tout, les « trois jours » à Tarascon et l'insupportable attente du tampon « exempté », un candidat aux élections dont on se cague, un bras de fer féroce avec Hassan II, la vérité cachée sur la misère sexuelle de Mai 68, de la harangue révolutionnaire en prouvençaou postmoderne, de l'engatsade contre l'OM, un superhéros écrivain (ou l'inverse) et une préface du célèbre Vladimir Ilitch Mostegui Jr. À travers le temps et l'espace, depuis Marseille et dans le monde entier, l'overlittérature se fait historique et sociale... overpolitique. On ne présente plus Gilles Ascaride, il ne vaut mieux pas. D'abord il n'est jamais content, et ensuite le personnage est infréquentable. Cet écrivain, qui semble le produit des amours infâmes de Fantômas et de Calamity Jane, a mille visages. Tous terrifiants. Marseillais renégat, Docteur en sociologie de bazar, voyageur hypocondriaque, séducteur poussif, visionnaire myope, comédien de banlieue, révolutionnaire en peau de lapin, mégalomane de second choix... On trouve dans ses romans, ses nouvelles et son théâtre du rire, du sexe, des villes, des femmes et des rois. Avant que les hommes en blouse ne s'emparent enfin de lui pour le neutraliser, il a créé le premier Festival d'Overlittérature en 2011 à Septèmes-les-Vallons, qui en est la capitale mondiale, et a juré de récidiver, ce qu'il fit en 2013.

  • On nous serine tous les jours qu'ici la vie serait « plus belle ». A voir. Car à quoi bon beugler qu'on est « fier d'être marseillais » quand cette ville-patchwork pullule de fantômes d'enflures ou de bordilles bien réelles ? Reste que Marseille ne laissera jamais indifférent, et que derrière les clichés éculés, la tendresse fait des miracles. Au ras du bitume ou des hauteurs de la colline de la Garde, au travers d'émouvants récits ou de pulsionnelles harangues, Gilles Ascaride scrute la Ville sous toutes ses coutures, mêlant la nostalgie à la diatribe. Récits de bas d'immeuble, contes aux fumets de cuisine échappés des fenêtres ouvertes, portraits au couteau, vérités bonnes à dire (ou pas), légendes et faits avérés, souvenirs de briques et de broques. Marseille, face à la vue de dos (formule de l'auteur qui aurait pu être le titre de ce livre...). Gilles Ascaride est né à Marseille contre sa volonté. Sa mère n'a rien voulu entendre. Il ne lui a jamais pardonné. Il n'aime pas le football, ne boit pas de pastis, ne pêche pas le gobi. Il a vainement essayé d'être célèbre en étant comédien, en écrivant des chansons et des lettres anonymes. Rien n'y a fait. Il a ainsi simulé une soutenance de thèse pour faire croire aux gogos qu'il était un éminent sociologue. Comme certains l'ont cru, il a pu ainsi vivre longtemps aux crochets de l'État. Assoiffé de notoriété, il s'emploie à écrire des romans que personne ne lit et des pièces que personne ne joue. Il n'est le frère de personne. Sacré « Roi de l'Overlittérature » par Sa Sainteté le Pape Henri-Frédéric Ier, il se moque de tout, sauf des dieux, dont il craint le regard.

  • Une nouvelle collection. Ici, se croisent et se décroisent 7 personnages dans une ville du midi de la France. 7 irréductibles aux aventures cocasses et graves à la fois. De leur rencontre, naîtront des chocs, des remises en question.

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