• La Résistance : le chapitre le plus romanesque de notre roman national. Il commence par une catastrophe militaire sans précédent. Table rase. Chacun, chacune face à soi-même. Entrer en résistance, c'est s'autodésigner à la torture et à la mort. Jamais l'héroïsme ne fut si quotidien ; jamais la trahison ne fit couler tant de sang et de larmes.
    La bicyclette contre les tractions avant ; la Sten contre la Das Reich ; le Lysander, libellule nyctalope, contre les Messerschmitt. Du rouge avec l'Affiche, l'Orchestre et Guingouin, mais aussi du bleu avec une flopée de Camelots du roy, dont le grand Jacques Renouvin. Qui s'aventure dans cette histoire avec un oeil sectaire est assuré de n'y rien comprendre. Unité fusionnelle ? Certes pas. Mais tous acceptent de mourir au même poteau. Point de médiocres. Les médiocres sont à Vichy ou nulle part. Et des femmes si nombreuses à faire preuve d'héroïsme qu'on ne pourra plus, à la Libération, leur refuser le bulletin de vote.

  • Christian Ranucci, 22 ans, a été guillotiné le 28 juillet 1976 à 4 h 13 dans la cour de la prison marseillaise des Baumettes.

    Etait-il coupable ou innocent ?

  • Pour guider sa petite-fille dans l'exploration du pays judiciaire, terre de contrastes que se disputent une Justice rêvée et la justice vécue par les justiciables, Gilles Perrault dispose d'atouts précieux.
    Très jeune, au début des années 1950, il s'inscrit au Barreau de Paris. Pendant le temps passé sous la robe noire, il ne plaide aucun " grand procès " mais devient l'un des soutiers de l'institution judiciaire à laquelle sont confrontés les justiciables ordinaires. Son départ du barreau ne signifie nullement désintérêt pour la scène judiciaire. En 1978, la publication du Pull-over rouge, ouvrage consacré à l'affaire de Christian Ranucci, jeune homme de 22 ans condamné à mort et exécuté le 28 juillet 1976 à la prison marseillaise des Baumettes, lui fait reprendre le chemin des palais de justice. C'est pour s'assoir, non plus sur le banc de la défense mais sur le banc d'infamie. En ces années-là, il conquiert avec vélocité, entre Marseille et Aix- en Provence, le titre de champion de France de la condamnation pour diffamation de la police (en l'occurrence, la sympathique police marseillaise).

  • A l´occasion du trentième anniversaire de son accession à la présidence de la République, Valéry Giscard d´Estaing, invité à commenter une vingtaine de photos prises durant son septennat, tombe sur celle de Christian Ranucci. L´ex- Chef de l´Etat et nouvel académicien appuie sur le couperet en 2004 : " En 1976, je n´ai pas gracié Ranucci et je ne le regrette pas. " Au vu des arguments invoqués par cette belle conscience pour se soulager, Gilles Perrault s´est senti bouillir. Il n´a pu retenir ce livre, long cri d´indignation d´un formidable écrivain. Il fait écho à ceux de Robert Badinter sur la peine de mort et, comme eux, fera date.

  • La nouvelle, genre dans lequel Gilles Perrault excelle, sans doute à cause de son expérience scénaristique, trouve à se couler superbement dans ses décors et ses thèmes de prédilection. Décors ou la vie est de passage, l´amour en état d´escale : équipage nomade (un couple et un enfant en vacances en camping car), train (bondé, menacé de contrôles, propice à la promiscuité), hôtels (le Lutetia à la Libération, un établissement de bord de mer en toute fin de saison), paquebot de croisière (les ponts stratifiés comme sont les classes et origines sociales des touristes), avion (un Messerschmidt volé)... Thèmes de la guerre, du sexe, de la violence, entretissés à ceux de la nostalgie, de la complicité, chez des personnages à qui la vie réserve ses mauvais coups - femme menacée de viol collectif par des braconniers au Québec, type dénoncé aux Allemands par sa femme, lignée à contresens de l´histoire, etc.- mais aussi ses espiègleries (petit personnel hôtelier chargé de récupérer les rupins fin saoûls de leurs nuits parisiennes) et ses épilogues où la mémoire rabâche les jours qui ne veulent pas se faire oublier (retrouvailles entre un ancien agent du KGB en fauteuil roulant et l´ex-agent de la DST qui avait mission de le démasquer).



    Cursive, retenue mais vigoureuse, sans chemins de traverse mais ne dédaignant ni l´humour ni le suspense, l´écriture de Gilles Perrault

  • Les gens d'ici

    Gilles Perrault

    • Fayard
    • 4 Juin 1997

    Il s'appelle Sainte-Marie-du-Mont, village posé au bord de la Manche, à la base de la presqu'île du Cotentin. C'est le personnage de ce livre. La plage est commode. En l'an 900, le Viking Vieul Aux Epaules y jeta ses drakkars. Dix siècles plus tard, l'Américain Eisenhower lança sur elle ses barges; depuis, on la nomme Utah Beach.
    Juché sur la colline, le bourg essuie depuis toujours les tempêtes magistrales: guerre de Cent Ans, guerres de religion, révolutions, occupations... Il n'est pratiquement pas d'événement majeur qui n'ait laissé sa trace sur ce coin de bocage enclavé dans ses haies, de sorte que la chronique communale ne cesse de renvoyer à l'histoire de France.
    Mais aujourd'hui comme hier, les gens d'ici vivent à leur pas, car l'Histoire est peu de chose, au bout du compte, auprès des histoires qui tissent la trame des jours ordinaires.

    Gilles Perrault s'est installé à Sainte-Marie-du-Mont le 1er mai 1961. Il raconte ici sa plus longue enquête, roman vrai d'une commune de France. Cette nouvelle édition mise à jour va jusqu'en 1997.

  • Go !

    Gilles Perrault

    • Fayard
    • 30 Octobre 2002

    « J'avais l'air d'un con. Partant pour l'armée, partant pour la guerre, je voyageais léger. Un sac de sport bleu pétrole, la couleur à la mode cette année-là. Non point l'un de ces fourre-tout obèses que les sportifs trimballent aujourd'hui, mais le petit sac d'époque, quarante centimètres de profondeur et vingt de diamètre (je le possède toujours), qui se fermait par un lacet passant dans des oeillets en métal. J'y avais entassé un chandail, mon rasoir électrique, une brosse à dents, du papier à lettres, des photos et sans doute quelques bricoles dont j'ai perdu le souvenir. » Après Les Jardins de l'Observatoire, où il racontait son enfance dans Paris occupé et les aventures de ses parents résistants, Gilles Perrault évoque ici ses vingt ans et la guerre d'Algérie.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Qui était Henri Curiel, abattu à Paris le 4 mai 1978 par deux tueurs non identifiés ? - « Le patron des réseaux d'aide au terrorisme » à la solde du KGB comme le magazine Le Point l'annonça en couverture ? - Un agent des services israéliens, comme l'a écrit l'agence de presse soviétique Novosti ? - Un agent français, comme le croient aujourd'hui encore les services cubains ? La réalité est plus passionnante. Elle mena ce fils d'un banquier juif milliardaire du Caire, élevé chez les jésuites, du palais paternel aux prisons et aux camps de concentration de Farouk, roi d'Égypte, puis à l'exil forcé en 1950. Il avait ressuscité le parti communiste égyptien, fondé le parti communiste soudanais. Mais les camarades italiens le tiennent à distance et les communistes français procèdent froidement à son exécution politique. Clandestin en France, renié par tous sinon par une cohorte de fidèles insensibles aux pires diffamations, Henri Curiel rejoint en 1957 le réseau de soutien au FLN et le dirige à la suite de Francis Jeanson. Arrêté sans être jugé, libéré sans être expulsé, il crée et dirige en France, pendant plus de quinze ans, une extraordinaire Université de lutte clandestine ouverte aux mouvements de libération du tiers monde. Ce livre raconte comment Henri Curiel transmit au Caire, en 1956, les plans de la désastreuse expédition de Suez, comment il avait obtenu pour son ami Ben Barka une audience à l'Élysée à laquelle le leader marocain se rendait lorsqu'il fut enlevé, comment Henri Curiel fit s'asseoir à la table de la paix d'anciens terroristes israéliens et palestiniens... Une vie romanesque au service d'une foi inébranlable. Pourquoi a-t-il suscité à ce point haine et passion ? Comment a-t-il pu, pendant tant d'années, influencer de manière aussi décisive la vie de tant d'êtres ? Gilles Perrault a fait plus que rendre justice à un homme exceptionnel : pour chacun de ses lecteurs, il lui aura rendu vie.

  • Checkpoint Charlie

    Gilles Perrault

    • Fayard
    • 3 Septembre 2008

    Le 16 mai 1969, la DST arrête à Paris Hans Voelkner, agent des services est- allemands. Ses parents, membres du fameux réseau Orchestre rouge, ont été guillotinés par les nazis. Comment ne pas tout faire pour accélérer l´échange de leur fils ? Au même moment, en Pologne, une violente campagne antisémite pousse les Juifs à l´exil. Mais Leopold Trepper, ancien chef de l´Orchestre rouge, est retenu pour " raison d´état ". Comment ne pas agir pour lui permettre de sortir de la prison qu´est devenue pour lui son pays ? Le jeune avocat Daniel Soulez Larivière défend devant la Cour de sûreté de l´État un agent sexagénaire des services français, poursuivi pour trahison. Il est condamné. Son défenseur est convaincu de son innocence. Comment rester inerte face à une révoltante erreur judiciaire ? Ces trois affaires vont précipiter Gilles Perrault et Daniel Soulez Larivière dans la paranoïa de la guerre froide, leur faire prendre maintes fois le chemin de Checkpoint Charlie et les faire soupçonner, à Paris, de travailler pour les services soviétiques, à Varsovie pour les services israéliens, à Berlin pour les services français...
    Quatre années remplies de péripéties souvent dramatiques (quand, par exemple, le directeur de la DST accuse Trepper d´avoir collaboré avec la Gestapo...), parfois cocasses, toujours intenses, et dont la réconfortante conclusion pourrait être que le pot de terre, parfois, fait voler en éclat le pot de fer.

  • L'erreur

    Gilles Perrault

    • Fayard
    • 18 Août 2008

    2 juillet 1969, 8 h du matin : en arrivant à son bureau de la Centrale du S.D.E.C.E., Eugène Rousseau, fonctionnaire depuis 1945 du service de renseignement français, est convoqué d'urgence chez le colonel Lillois, chef de la Sécurité. On l'accuse d'avoir, treize ans plus tôt, alors qu'il occupait le poste de secrétaire de l'attaché militaire adjoint à l'ambassade de France en Yougoslavie, trahi son pays en livrant aux Yougoslaves des documents confidentiels. Rousseau croit à un malen-tendu. Les interrogatoires se succèdent. 20 avril 1970 : Rousseau comparaît devant la Cour de Sûreté de l'État. Il est condamné à quinze ans de prison. Condamner un homme de soixante deux ans à quinze ans de détention, c'est grave, c'est tuer en lui la vie. Mais il est bon que justice soit faite. Or, Eugène Rousseau n'est pas coupable.
    Alors c'est le scandale, et c'est ce scandale que dénonce Gilles Perrault.

    Gilles Perrault, vous le connaissez. Ancien avocat, ancien journaliste, écrivain. Qui mieux que lui s'entend à démêler les fils d'une affaire, si enchevêtrés soient-ils ? Rappelez-vous : Le Secret du jour J, L'Orchestre rouge, Le Dossier 51 ; la minutie de l'enquête, la rigueur du raisonnement, cette extraordinaire faculté de comprendre de l'intérieur, de démonter et remonter le mécanisme d'une affaire, d'une situation. Nul mieux que lui ne pouvait jeter sur la vie d'Eugène Rousseau ce projecteur implacable, comme est implacable sa conclusion : il y a erreur judiciaire. Vous l'avez compris : cet ouvrage est un appel à la justice, un cri de protestation, qu'aucun homme digne de ce nom n'a le droit d'ignorer. A travers l'affaire Rousseau, ce sont toutes les innocentes victimes passées, présentes et à venir, de l'appareil judiciaire, qui demandent réparation.

  • De la guerre du feu à une possible guerre nucléaire, en passant par les guerres mondiales et les guerres qui ravagent le tiers-monde, les hommes semblent toujours choisir le massacre pour régler leurs conflits. En discutant avec des enfants de 11-12 ans, Gilles Perrault s'efforce de comprendre avec eux pourquoi les choses se passent ainsi. Y aura-t-il toujours des guerres ? Sont-elles le résultat de forces auxquelles on ne peut résister ? Le déséquilibre toujours croissant entre pays riches et pays pauvres n'est-il pas, par exemple, une menace permanente pour la paix ? La pulsion de violence n'est-elle pas en chacun de nous ? Gilles Perrault et ses jeunes interlocuteurs cherchent ensemble des solutions. Et ce livre, base de discussion et de réflexion pour tous, s'ouvre sur l'espoir.

  • Trente ans durant, de par la volonté de Louis XV et sous la direction du prince de Conti, puis du comte de Broglie, un service secret _ le Secret du Roi _ fonctionne à l'insu des ministres et de la cour. Son objectif? Asseoir Conti sur le trône de Pologne, seul trône électif en Europe. Dans un deuxième temps, après le désastreux traité de Paris qui conclut la guerre de Sept Ans, il s'agit d'organiser la revanche contre l'Angleterre, notamment en préparant un débarquement sur la côte anglaise.
    Si l'on s'intéresse à l'Histoire, et aux affaires secrètes, comment ne pas se passionner pour ce réseau clandestin dont quelques agents s'appellent Vergennes, d'Eon, Breteuil, autour duquel gravitent un Beau-marchais ou un Dumouriez, et qui aura pour adversaires acharnés la marquise de Pompadour et Choiseul? Techniquement, le Secret du Roi fait entrer la France dans l'ère du renseignement moderne: réseau nombreux, strictement cloisonné, à vocation européenne, poursuivant des objectifs à long terme. Nous sommes loin des missions ponctuelles confiées, par exemple, à l'excellent agent que fut Voltaire. Aussi bien les péripéties qui scandent l'histoire du Secret sont-elles de même sorte que celles qui ébranlent nos services contemporains: lutte toujours recommencée entre chiffreurs et casseurs de codes adverses, morts suspectes, défections imprévisibles, retournement d'agent, avec, pour les chefs du Secret, la hantise permanente - hélas, trop souvent justifiée... - d'être "lâchés" par l'autorité suprême, en l'occurrence Louis XV.
    Il n'était pas aisé d'écrire une histoire imbriquée à ce point dans la grande Histoire: comment raconter l'action souterraine du comte de Broglie et de ses agents sans évoquer la politique française officielle, qu'ils avaient le plus souvent mission de neutraliser, voire de contrecarrer? En revanche, la chronique mouvementée du Secret est plus facile à reconstituer que celle de n'importe quel autre service passé ou présent, car tout était écrit (ordres de Louis XV, directives de De Broglie, rapports des agents), et les archives, à quelques déficits près, nous sont parvenues intactes.
    Voués de leur vivant à l'obscurité, les hommes des services en sont rarement tirés par la postérité. On a tenté de faire revivre ici les figures de quelques personnages remarquables par le courage, l'intelligence et le dévouement, qui tentèrent, en s'y brisant le plus souvent, de modifier le cours de l'Histoire.

  • Préparer la revanche sur l'Angleterre après le désastreux traité de Paris (1763): telle est la mission confiée par Louis XV à son " Secret ". Charles de Broglie, chef du service, envoie des espions repérer les côtes anglaises en vue d'un débarquement. Tout s'accomplit à merveille quand le chevalier d'Eon, jusqu'alors impeccable, plonge le roi de France et Broglie dans les angoisses en menaçant de faire défection et de révéler l'entreprise aux Anglais. Il s'ensuit des péripéties qu'un Alexandre Dumas n'aurait pas osé imaginer. Pour la première fois, des hommes du service connaissent les affres de la Bastille...
    Catastrophe en Pologne, qui subit son premier démembrement. Succès en Suède grâce à Vergennes, éminent agent du Secret. Guerre toujours recommencée entre chiffreurs et casseurs de codes. Epuisante guérilla contre la comtesse du Barry qui a pris le relais de feue la marquise de Pompadour et s'ingénie à neutraliser une organisation qui lui échappe. Charles de Broglie parviendra-t-il à conjurer les périls? Pour sauver le Secret, il propose d'employer ses agents à récupérer un pamphlet scandaleux, imprimé à Londres, attaquant la Du Barry sur son passé galant. Mais c'est Beaumarchais, entré à son tour au service secret du roi après de violentes tribulations judiciaires, qui travaillera à sauver la réputation de la favorite.
    Trahi par un ministre dont il croyait à juste titre s'être mérité la reconnaissance, Broglie se trouve bientôt dans une situation si désespérée qu'il envisage de se constituer prisonnier à la Bastille, où l'ont précédé Dumouriez et quelques autres. Louis XV meurt, le 10 mai 1774, alors que le Secret subit le pire désastre de son histoire mouvementée.
    Le troisième tome sera celui de la revanche.

  • Les sanglots longs

    Gilles Perrault

    • Fayard
    • 2 Novembre 1995

    Neuf nouvelles, dont les sujets sont variés. La dernière journée d'un homme et d'une femme avant la descente dans la ville souterraine censée les protéger de l'attaque nucléaire imminente. Les retrouvailles, après la guerre, d'un résistant et de son bourreau allemand. La mort d'un héros. Le rapport d'un sadisme éploré qu'un officier SS adresse à ses supérieurs après le triomphe définitif du nazisme. La quête douloureuse et passionnée d'un garçon de vingt ans pour découvrir la vérité sur la mort de son père, qui appartenait à un réseau de résistance.

    La plupart de ces nouvelles ont donc pour toile de fond la guerre, la résistance, ou leurs réminiscences. Les personnages sont des traîtres ou des héros, avec une ligne de partage parfois bien difficile à tracer. Balzac écrivait : "Un personnage de roman, c'est n'importe qui pris dans la rue et que les circonstances obligent à aller au bout de lui-même." Mais qui peut prétendre savoir ce qu'il découvrira au terme du voyage ?

  • Louis XV meurt le 10 mai 1774. Son petit-fils Louis XVI décide de dissoudre le "Secret", service créé dix-huit ans plus tôt par feu le roi. Le service disparu, ses agents demeurent, et l'on peut compter sur Charles de Broglie pour ne pas assister les bras croisés aux grands événements qui vont secouer le monde. Mais il faut désormais agir dans une stricte clandestinité. L'Amérique bouge. Les Insurgents entament la lutte pour l'indépendance. Tandis que Beaumarchais s'improvise armateur et fournisseur d'armes, l'équipe de Broglie se mobilise pour envoyer aux Américains les cadres militaires indispensables. Gilbert de La Fayette, dix-neuf ans, héros emblématique de l'appui décisif apporté par la France aux jeunes Etats-Unis, aurait-il rencontré son destin sans Charles de Broglie? Broglie lui-même, enfin délivré de la paralysante tutelle royale, a-t-il quelque chance de réussir dans le projet le plus extraordinaire jamais conçu par son ardente imagination? Les longs cheminements décrits dans les deux tomes précédents trouvent dans celui-ci leur point de réunion. La fièvre américaine les emporte tous, de Broglie à Beaumarchais, de La Fayette à Dumouriez. Au-delà des péripéties et des déceptions individuelles, c'est dans le Nouveau Monde que les espérances trop longtemps bridées en Europe vont trouver à s'accomplir.
    Après La Passion polonaise et L'Ombre de la Bastille, voici le troisième et dernier tome du monumental récit historique de Gilles Perrault consacré aux "services secrets" de la monarchie française finissante au XVIIIe siècle (prix Fémina et prix des Lecteurs de La Vie, 1993).

  • Une villa à Utah Beach, célèbre plage du débarquement. Un homme s'y terre, inquiet des mouvements qui agitent le paysage : un coureur à pied, une Mercedes qui rôde, la tempête qui menace. Son revolver à la main, il tente de calmer ses angoisses en évoquant la trajectoire qui l'a conduit là : son engagement aux côtés des combattants de l'IRA. Qui a trahi le réseau ?

  • Le garcon aux yeux gris

    Gilles Perrault

    • Fayard
    • 10 Janvier 2001

    "Même le physique du garçon la mettait mal à l'aise. Il n'était pas exactement laid. Une tête intéressante, les pommettes hautes, la bouche bien ourlée, la peau appétissante, dorée comme un pain et, sous sa défroque, on devinait une silhouette déliée. Quelque chose n'allait pas. Voilà - à seize ans, il n'avait pas l'air d'un adolescent... " Elle a trente et un ans, deux jeunes enfants avec lesquels elle s'est jetée dans la grande pagaille de l'exode de juin 1940. Arrachée au monde douillet de la bourgeoisie parisienne, elle se retrouve sous les balles des stukas. La rencontre avec le garçon aux yeux gris va ouvrir une étrange parenthèse dans le tumulte de la guerre.

    Gilles Perrault, dont l'oeuvre se trouve rassemblée pour l'essentiel aux éditions Fayard, a publié, entre autres, Le Secret du Roi (3 vol.), Les Jardins de l'Observatoire, La Longue Traque, Les Gens d'ici, Le Pull-Over rouge, Le Dossier 51 et L'Orchestre rouge.

  • Alors que la bataille sous-marine fait rage d'un bout à l'autre de l'Atlantique, un u-boat allemand dépose un jour sur une plage de Martinique un jeune officier allemand victime d'une péritonite.

    Aussi roboratif qu'un " planteur " à base de vieux rhum, aussi échauffant que le piment rouge croqué à belles dents, le roman de la rencontre burlesque et édifiante entre le rejeton d'un régime fondé sur la pureté raciale et le paradis du métissage amoureux. Un cocktail explosif de schnapps et de Négrita.

  • Dans Le Garçon aux yeux gris (adapté au cinéma par André Téchiné, avec Emmanuelle Béart), une jeune femme et ses deux enfants, sur la route de l´exode, se réfugiaient dans une maison inhabitée en compagnie d´un drôle d´adolescent.

    L´action de L´Homme au bout du rouleau se situe dans la même maison campagnarde, mais deux ou trois ans plus tard, cette fois, en pleine guerre.
    Une Delage vient s´y garer. A son bord, Henri, résistant communiste, revenu cardiaque d´un séjour à Moscou ; Renée, une pure et dure du Parti ; et une fille ligotée, Astrid, qu´ils soupçonnent d´avoir dénoncé leur réseau. La maison est propice à toutes les explications, mais aussi au réveil des passions privées, à l´écart des grandes routes de l´Histoire...

    Ce second volet romanesque sera bientôt suivi d´un troisième épisode intitulé La Jeune Femme triste.

  • La jeune femme triste

    Gilles Perrault

    • Fayard
    • 1 Septembre 2004

    " Elle avait lu tant de livres dont le héros, revenant sur les lieux de son enfance, les trouvait étrangement rapetissés, qu´elle s´était préparée à une déception, mais la maison lui apparut telle que dans son souvenir. Tu as l´oeil photographique, lui disait souvent Roland. Les hêtres de l´allée déployaient avec un enthousiasme printanier des flopées de feuilles d´un vert acide. Les persiennes étaient ouvertes, ainsi qu´une fenêtre du rez-de-chaussée. Une petite Triumph décapotable assez cabossée était garée devant le perron. Elle arrêta sa Peugeot 403 derrière elle." En 1964, Sylvie, trente ans, retrouve la maison où, en 1940, elle a vécu quelques jours heureux, à l´écart des tumultes de l´exode, avec sa mère, son frère et un garçon aux yeux gris.

  • « Balayer les rues, peut-être, mais en récitant du Virgile ! » L'injonction prêterait à sourire si elle n'émanait d'un professeur portant si haut sa responsabilité d'éveilleur d'esprits, patriote, franc-maçon, dreyfusard, un libre-penseur à qui la légende familiale attribue trois duels, dont un au moins eut bel et bien lieu. Et qu'il gagna. Un républicain fougueux entièrement dévoué à la cause de ses jeunes élèves, mais dont les méthodes pédagogiques hors-normes et les foucades lui valurent maintes mutations. Un grand-père aimé et admiré des siens, dont le panache et l'esprit de liberté auront fait, plus qu'il ne l'imagine sans doute lui-même, l'auteur de ce livre. Voici, racontée par la plume alerte de l'un de ses petits-fils, l'histoire d'Alexandre Merlot, né en 1862 et mort en 1945, l'un de ces hommes habités par la légende des siècles, traînant dans son sillage l'odeur du bagne et le souvenir de Jean Valjean, l'un de ces obstinés qui ont fait notre République à grands coups de gueule, d'amour et d'engagement.

  • Qui était Henri Curiel, abattu à Paris le 4 mai 1978 par deux tueurs non identifiés ? - « Le patron des réseaux d'aide au terrorisme » à la solde du K.G.B., comme le magazine Le Point l'annonça en couverture ? - Un agent des services israéliens, comme l'a écrit l'agence de presse soviétique Novosti ? - Un agent français, comme le croient aujourd'hui encore les services cubains ? Au terme d'une monumentale enquête qui reconstitue la vie extraordinaire de ce fils d'un banquier juif milliardaire du Caire, élevé chez les jésuites, Gilles Perrault nous fait découvrir une réalité bien plus passionnante. Une vie romanesque au service d'une foi inébranlable. Pourquoi a-t-il suscité à ce point haine et passion ? Gilles Perrault, le célèbre auteur de « L'Orchestre rouge », du « Pull-over rouge » a fait plus que rendre justice à un homme exceptionnel : il lui aura rendu vie.

  • Christian Ranucci a été guillotiné le 28 juillet 1976. Il avait vingt-deux ans. Il n'avait cessé, lors de son procès en Cour d'assises, d'affirmer son innocence. Ses derniers mots, avant qu'il soit livré au bourreau, furent à l'adresse de ses avocats : « Réhabilitez-moi. » Ses dernières lettres à sa mère criaient son innocence, lui demandant de poursuivre jusqu'au bout la révision de l'injuste condamnation qui l'envoyait à la mort. Ce combat fut conduit pendant près de vingt ans. En vain. Innocent, Christian Ranucci ? Sans doute. Mais déclaré coupable au bénéfice du doute, Ranucci a été condamné et guillotiné parce qu'il fallait qu'il le fût. Il fut d'abord suspect, puis présumé coupable, puis coupable à tout prix, puis mis à mort parce que l'opinion publique et l'exemple l'exigeaient. Christian Ranucci a tragiquement résumé sa vie, constatant avant de mourir qu'à la loterie de la vie il avait « tiré le gros lot du malheur ». Mais au-delà de ce destin terrible, l'affaire Ranucci illustre, de manière exemplaire, les mécanismes qui conduisent à l'erreur judiciaire, qui font un suspect, qui font un coupable et qui envoient des innocents à la prison ou à la mort. À quoi sert-il de mener ce combat, de travailler à ce qu'un jour peut-être l'injuste condamnation soit enfin révisée ? Ranucci a été guillotiné. Nulle réparation n'est possible. Sa maman mourra, ayant vécu son calvaire, sans avoir entendu proclamer la vérité. Pourtant ce combat sera poursuivi. Parce qu'avant de monter à l'échafaud Christian Ranucci l'a demandé. Parce qu'il n'est pas possible de se résoudre à l'injustice. Et parce que l'affaire Ranucci porte exemple, et que la lutte est celle de tous ceux qu'a broyés l'erreur.

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