• Mémoires d'outre-mère

    Guy Bedos

    • Stock
    • 23 Mars 2005

    Évidemment, ce ne sont pas des mémoires. Pas de souvenirs d´acteur, pas de traversée du demi-siècle, tout le monde n´est pas beau, tout le monde n´est pas gentil. Pour la première fois, Guy Bedos écrit à la première personne l´histoire de la personne la plus importante de sa vie : sa mère. Leur histoire, leur lien. Sa haine et son amour. Il a peut-être deux ans, trois tout au plus, en Algérie, et il voit sa mère frapper son père avec un marteau. Le livre commence comme ça, dans cette brutalité. Aujourd´hui, le petit garçon de deux ou trois ans en a soixante-dix. Et sa mère est toujours, à quatre-vingt-dix ans, terriblement vivante, terriblement présente. Guy aimerait autant qu´elle disparaisse avant lui. Il n´en est pas très sûr. D´où ce besoin d´écrire ce livre-là, retenu sans doute depuis très longtemps. Ce livre qui raconte tout ce qu´il n´a jamais osé raconter de son enfance et son adolescence, de sa jeunesse mais de sa vie d´homme aussi.
    C´est un livre où Guy Bedos s´est tout permis, tout autorisé, sans le moindre scrupule mais sans aucune complaisance. C´est un livre qui plaira à tous ceux qui l´aiment mais aussi à ceux qui ne l´aiment pas. Mémoires d´outre-mère nous font découvrir un homme écorché à vie, un blessé grave qui n´a pas trop envie de guérir et surtout et enfin, ce n´est pas lui qui le dira, un écrivain.

  • Le jour et l'heure

    Guy Bedos

    Il a beau être cinéaste et non pas acteur ni humoriste, le narrateur du Jour et l´heure ressemble à Guy Bedos comme deux gouttes de fiel et deux pincées d´arsenic. Son succès est derrière lui, il en veut à la terre entière, n´est plus tout jeune et songe sérieusement à en finir bientôt avec la vie. Sa seule condition : choisir le jour et l´heure. Mais il n´a pas prévu qu´en laissant traîner les pages où il exprime sa colère et son ressentiment, ses pulsions suicidaires et ses dernières pensées amoureuses, chacun de ses enfants aura le loisir à tour de rôle de les découvrir, de les lire, de lui répondre.

    Pour son premier roman, aussi décapant et incorrect que l´on pouvait l´espérer, sinon l´imaginer, Bedos a donc choisi le livre à plusieurs voix : un père, son fils, ses filles.

    Oui, ce personnage attachant et insupportable, terriblement lucide sur le monde qui l´entoure, proche et lointain, possède bien le ton et la force de son auteur, mais aussi bien sûr, et surtout, un vrai désespoir de juif new-yorkais qui serait né accidentellement en Algérie, avant-guerre.

  • Plans rapprochés

    Guy Bedos

    Comment se raconter en racontant les autres ?
    Comment choisir les meilleurs moments de sa vie, les plus doux et les plus durs, les plus joyeux et les plus graves ?
    Comment se découvrir ? Comment livrer des secrets toujours enfouis ?
    Le défi était à la hauteur du personnage : Guy Bedos.L´homme nous surprendra toujours, l´auteur qui s´affirme de livre en livre depuis Mémoires d´outre-mère prouve ici, en traçant le portrait de vingt-cinq personnes attendues ou inattendues, que ses choix ne sont pas dus au hasard, qu´en réunissant la distribution idéale, il nous révèle non seulement qui sont ses amis et ses ennemis, ses amours et ses colères mais surtout qui il est, lui, inclassable et irrésistiblement drôle, comme il l´a toujours été.D´Aragon à Signoret, de Sagan à Coluche, d´Isabelle Adjani à Michel Rocard, de Jean-Loup Dabadie à sa chère Sophie Daumier, on se dit en refermant ce portrait de groupe que seuls les absents ont vraiment tort de ne pas y figurer.

  • Comme beaucoup d'entre nous, Guy Bedos avait suivi la dernière campagne de gauche, celle de François Hollande, avec espérance. Mais son regard sur ce quiquennat décevant, il l'a résumé en une phrase assassine : "Nous sommes toutes et tous des Valérie Trierweiler." À l'heure où l'extrême droite se projette au pouvoir, où tous les pronostics sont mis à mal par les rebondissements de l'actualité, il se livre de nouveau à son exercice favori : la revue de presse. Libre comme il l'a toujours été, il porte les coups et se moque des puissants tout en donnant un éclairage cruel au théâtre politique. Dans ce journal de campagne, où l'on rit parfois de bon coeur, parfois jaune, l'auteur tente de mobiliser des électeurs assoupis avec cet esprit vif et corrosif qui est sa marque de fabrique.

  • Je me souviendrai de tout

    Guy Bedos

    • Fayard
    • 9 Septembre 2015

    Artiste engagé à la plume bien pendue, Guy Bedos évoque son passé, les hommes et femmes qu'il a eu la chance de croiser, de Jacques Prévert à Pierre Desproges en passant par Simone Signoret ou Coluche. Entre la vie qui le rassure et la mort qui le séduit, ce « suicidaire qui s'attarde » promène sa mélancolie et nous invite dans ses souvenirs. Il parle de l'amour, des femmes, de sa famille, de ses enfants avec qui il partage le goût de la scène et de l'écriture. Comme il l'a fait pendant un demi-siècle, il ne peut s'empêcher de passer au crible l'actualité avec un esprit décapant. Il s'en prend à tous, de la gauche de François Hollande à la droite de Nicolas Sarkozy, sans oublier la tribu Le Pen ... Dans ce livre fait d'émotion et d'humour, Guy Bedos évoque ses passions et nous communique son irrépressible envie de rire et de se moquer, y compris de lui-même. © Hélène Pambron

  • Résister par l'insolence et par le rire, Guy Bedos s'y attache, en comédien et en observateur féroce de notre société.

    De sa jeunesse algérienne, il tient l'antiracisme. Du refus de l'indifférence, l'engagement pour les droits de l'Homme. Du goût pour la liberté, l'indocilité face aux pouvoirs. De l'exigence de démocratie, l'appel à l'« insurrection pacifique ».

    Guy Bedos projette son rêve d'une société meilleure dans la jeunesse qui s'indigne et qui agit. Rencontre avec un homme irrésistiblement drôle et tourné vers la vie.

    «À ceux qui me demandent de quoi je me mêle, je réponds que je me mêle de ce que je regarde.» «Vive l'avenir ! Plus qu'un message, c'est un devoir pour l'idéaliste et le père que je suis.» «La Bourse ? Je m'en fous. J'ai choisi la vie.»

  • ... Vous savez pas quoi ? Il y a deux nuits, j'ai rêvé que ma mère prenait le pouvoir, ici, en France. Le cauchemar. J'en ai repissé au lit. ... Mitterrand était exilé à l'île d'Yeu et on ramenait les cendres du maréchal Pétain au Panthéon. On répudiait ma femme, on confiait l'éducation de mes enfants mineurs à Marie-France Garraud, et je me remariais, en quatrième noce, avec Line Renaud. (oh ! non, Maman, ça c'est trop !)... A partir de textes, dont certains sont déjà connus et d'autres inédits, Guy Bedos passe en revue, à sa manière, des moments de sa vie intime et certains événements qui l'ont marqué dans la vie publique. Entre deux éclats de rire, on découvrira dans ce recueil construit comme le précédent, Petites drôleries et autres méchancetés sans importance, à la façon d'un spectacle mais pour la lecture, un homme qui se définit comme un « ancien bébé », inconsolable et gai.

  • 14 juin 1994 « Sous Balladur, Pasqua ; sous Pasqua, Villiers ; sous Villiers, Le Pen. Ce Balladur, tellement distingué, tellement club, c'est un club-sandwich. Pas faim. » 15 septembre 1994 « ... Au point où il en est, il finirait par avouer que c'est Lui qui a dénoncé Jean Moulin à Klaus Barbie, je dirais ben voyons, moi, je le savais depuis longtemps, vous me prenez pour un con ou quoi, il me l'a dit, à moi, en 83, pendant une promenade qu'on faisait tous les deux dans la forêt de Latche... Vous avez remarqué, depuis quelque temps - ça m'énerve ça ! -, on ne rencontre que des gens qui SAVAIENT... Des journalistes, surtout... Et de gauche en plus... "Oh ! qu'il est candide, moi, tout ça, je le savais depuis longtemps ! !..." Ah bon ?... Et pourquoi tu l'as pas dit plus tôt, alors, Ducon ?... »

  • Une mort qui m'a beaucoup impressionné, à l'époque, c'est celle de Jean Gabin. Ce type qui, toute sa vie, a amassé des hectares, des hectares, des hectares. De la terre, de la terre, de la terre. Et au dernier moment, on le brûle et on le fout à la mer... Alors, on me dit : - C'était un marin ! Mais enfin, il était plus connu comme acteur que comme marin. Et puis, je pense à ses enfants s'ils vont à la plage. Un coup qu'ils prennent la tasse : - Oooh ! on a avalé Papa !

  • « Je croyais m'en tirer avec le coup du magnétophone, j'aurais vidé mon sac devant l'intellectuel en chaise longue, on aurait recopié mes grinçantes clowneries sur du papier chic... Eh ben non. » Eh ben non, en effet. Bien que selon lui cela soit « vachement douloureux les accouchements d'homme », Guy Bedos a écrit son livre, tout seul, comme un grand. Un livre doux-amer, sucré-salé, triste-drôle, figue-raisin, une vraie « dragée au poivre », en somme. Qui surprendra. Ça a tellement de choses à dire un rigolo ? Mais oui. Ça peut souffrir un rigolo ? Avoir envie de mourir avant d'avoir mission de faire rire ? Mais oui. Oh ! vous savez, ça mord aussi, ces bêtes-là, c'est méchant parfois, mais seulement avec les méchants, alors... Entre pluie et soleil, entre cour et jardin, voici ses femmes et ses copains. Voilà, parmi d'autres plus anonymes, les ennemis qu'il se crée (Guy Lux, Jean Cau) et les amis qu'il se choisit (Simone Signoret, Jean-Paul Belmondo, Jean-Loup Dabadie). « Oui, dit Guy Bedos, je suis cet animal inconsolable et gai. Mais je ne demande qu'à être consolé. » Son livre est à son image, tendre et caustique, « mélancomique ».

  • Il est drôle, on ne va pas, en plus, lui demander d'être gai ! Guy Bedos le plus « mélancomique » des amuseurs français trouve, en effet, que faire rire ses contemporains est, de nos jours, une entreprise de plus en plus folle, de plus en plus téméraire. Il s'y risque cependant et conserve à ce jeu, l'affection et la fidélité d'un public nombreux qui sait déceler, sous ses flèches de féroce allégresse, des marques constantes de pudeur et de tendresse. C'est le même public qui a fait le succès de Je craque... (250 000 exemplaires vendus) publié en 1976. Guy Bedos y révélait sa capacité à dépasser le constat-sprint qu'est le sketch pour gagner la course de fond (et de forme) que représente un « vrai » livre. Ayant perdu l'innocence heureuse de l'auteur néophyte, mais ayant gagné la liberté lucide d'un écrivain confirmé, Guy Bedos récidive. Ce n'est pas un hasard, c'est une nécessité. Rien ne va mieux autour de lui, autour de nous. Il n'est que temps d'exorciser la peur. Contre elle, une seule arme absolue : l'amour. En attendant la bombe (et en griffant au passage quelques « grands » de rencontre), Guy Bedos parle donc de ceux qu'il aime, sa femme, ses enfants, ses amis. Quoi de plus agaçant que le bonheur des autres ? Rien, sauf lorsque Guy Bedos parle du sien. En attendant la bombe : un hymne à la vie pour éloigner la mort. On est souvent ému, mais - chassez le naturel - on rit beaucoup. Aussi.

  • « Vouloir définir l'humour, c'est prendre le risque d'en manquer », dit Guy Bedos qui, dans la plus pure tradition des moralistes, a toujours cultivé l'art de la formule, le sens de l'aphorisme et le goût de la réplique cinglante. Dans ce livre sont rassemblées les pointes les plus drôles, les plus féroces, les plus piquantes qu'il a essaimées durant toute sa carrière sur scène, à travers ses sketches et dans les médias. Que ce soit lui-même, ses contemporains, dont il dresse dans un dictionnaire acide quelques portraits au couteau, notre société, la politique ou quelques grands thèmes philosophiques, comme l'amour ou la mort, rien ni personne n'est ici épargné. o « J'ai horreur des gens qui parlent pendant que je les interromps. » o « Il ne faut pas prendre les gens pour des cons. Il y a assez de cons qu'on prend pour des gens. »

  • On trouvera dans ce livre les sketches du dernier spectacle de Guy Bedos à l'Olympia, et quelques autres, tous inédits. Ils gardent à la lecture la force comique virulente de la scène. Lisez par exemple La Lettre à sa Sainteté Jean-Paul II et la mise en scène moliéresque de sa propre mort dans Une belle fin. Guy Bedos y a ajouté une revue de presse des événements récents, inédite elle aussi. Ses indignations généreuses et cocasses n'épargnent personne. Ce sont comme de violentes bouffées d'oxygène. On en a besoin.

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