• Jeune officier de liaison rallié à la cause bolchevique, Maurice Pennetier arrive en janvier 1920 à Petrograd où il est chargé de veiller sur les intérêts français sous séquestre. Le froid, les épidémies, la famine, ont décimé une population qui tente de vivre de façon précaire, dans un climat de terreur. Dans le décor obsédant de cette ville frappée à mort, des péripéties inattendues vont peu à peu ébranler les convictions de Maurice, et modifier son comportement. Tour à tour, la découverte d'un asile de France à la dérive, où trente vieillards oubliés de tous s'efforcent de subsister ; puis, la rencontre d'une cantatrice de l'ex-théâtre Marienski, qui fait appel à lui car, bien que protégée par le grand Chaliapine, elle se sent victime de menaces dont elle ne comprend pas la raison ; l'amitié enfin, pour deux compatriotes syndicalistes dont il apprendra bientôt la mystérieuse disparition. Cherchant, contre l'avis de tous, à élucider cette dernière affaire, il affronte le chef de la Tchéka locale, Kirilenko, personnage occulte et redouté, et se trouve dès lors entraîné dans un vertigineux labyrinthe en compagnie d'Elena, l'émouvante cantatrice qui a peut-être surpris un secret trop lourd pour elle. Alors que tout les séparait, il se crée entre eux une étrange histoire d'amour, exaltée par la perception grandissante du danger qui les entoure. Mais n'est-il pas trop tard pour Maurice, la partie n'est-elle pas faussée, et la dernière arme dont il dispose - dérisoire comme un jouet d'enfant - lui suffira-t-elle ?

  • 1939. Vincent Villeneuve, 26 ans, de père canadien et de mère française, travaille aux studios Warner et dirige le bout d'essai qui doit permettre de choisir l'héroïne d'une superproduction hollywoodienne, le Prince de bois. Alors que Margit Mariassy, jeune actrice hongroise inconnue, venait de séduire tout le monde, un mystérieux incident se produit, à la suite duquel elle disparaît. L'enquête quasi obsessionnelle que Vincent décide de mener pour la retrouver le conduira de la frontière canadienne à la plage de Dieppe lors du fameux raid manqué des Canadiens en août 1942, puis à Budapest au cours de l'automne 1944 lors de la marche des Croix fléchées pour envoyer les juifs hongrois à la mort. Dans le labyrinthe où il s'engage, tout est piégé. Il est manipulé à son insu, dans un monde où (à l'image des légendes qu'il aimait voir filmées à Hollywood) le réel et l'irrationnel se mêlent étroitement. C'est par David Lipchitz, le producteur du Prince de bois, que le lecteur apprendra ce qui s'était réellement passé sur le tournage, en ce jour d'été 1939. Mais aussi que, même si Margit ne pouvait se trouver là où Vincent l'imaginait, deux êtres s'étaient peut-être, en cette dernière étape, d'une certaine façon enfin retrouvés.

  • Février, 19 heures : le jeune Frédéric Hurel, gendarme de la brigade de Bellegarde dans le haut Jura, doit rejoindre d'urgence son unité au coeur de la forêt ; un avion de la ligne Paris-Genève a disparu des radars alors qu'il amorçait son atterrissage. 19 heures ce même soir, dans l'avion : la violoniste Nelly Calderano, accompagnée d'Yvonne, son professeur, s'apprête à passer à Genève une audition importante pour sa carrière. Les deux femmes sont en désaccord sur le violon de Nelly, dont l'origine semble mystérieuse. A ce moment de l'histoire, nous savons que l'avion va s'écraser ; Nelly en réchappera quelques heures, le temps de se remémorer sa courte vie, l'amour perdu, les illusions, la musique.

  • Septembre 1982. Un jésuite de soixante-dix ans, le père Anselme Bouchard, astrophysicien de renommée mondiale, achève une campagne d'études à l'observatoire de Mauna Kea, aux îles Hawaii. Il a consacré à la recherche fondamentale une vie toute de réclusion et d'austérité qui lui a donné la réputation d'un être hautain et solitaire. En cette dernière nuit qu'il doit passer dans sa coupole isolée à plus de quatre mille mètres, le cours de son existence va pourtant changer totalement. Il devient en effet, à son insu, l'objet d'une machination qui l'entraînera peu à peu dans une situation qu'il ne maîtrisera plus, vers des domaines qu'il avait toujours voulu ignorer, où règnent le dérèglement, la violence et la mort. Au même moment, à Paris, à la suite d'un incident banal dans son travail, la jeune attachée de presse américaine d'une maison de disques, Melissa Harper, se laisse à tel point submerger par de vivaces et obsédants souvenirs qu'elle décide d'abandonner une carrière prometteuse afin de gagner les « pays de tous les dangers » de l'Amérique centrale en proie à la terreur et à la guerre civile. C'est dans cet environnement hostile que le destin du père Bouchard va croiser celui de la jeune femme. Découvrir le secret de cette dernière sera pour le vieux savant une expérience plus marquante que toutes celles qui occupaient jusqu'alors son univers égoïste et ordonné où rien, jamais, n'avait dérapé. Qu'ils se retrouvent dans la solitude d'un grand observatoire, l'animation du milieu du spectacle parisien ou les périls des maquis indiens, les lecteurs des Frères moraves seront surtout captivés, comme ils l'ont été dans les autres romans d'Henri Coulonges, par une envoûtante histoire dont les personnages semblent réaliser leur propre destin à mesure qu'ils s'engagent dans des péripéties qui les dépassent, à l'issue desquelles ils finiront pourtant par trouver leur vérité.

  • Au début de 1914 une jeune Irlandaise, Winifred Howard, se retrouve seule au Cachemire pendant que son mari, un ingénieur britannique, s'efforce à trois jours de là d'achever les travaux d'un vaste pont suspendu dans un site hostile. La jeune femme se sent d'autant plus isolée et incomprise au milieu des Anglais qui l'entourent que son oncle, Irlandais comme elle, ne cesse de l'entretenir par lettres de l'imminence de la guerre civile qui risque d'éclater dans son île natale. Il faudra des circonstances exceptionnelles et des rencontres imprévues, en particulier celle d'un jeune cartographe allemand, pour qu'elle parvienne à dénouer sa propre crise en s'échappant avec l'intention de jouer un rôle actif dans l'insurrection qui couve à Dublin. Rentrée en Irlande, elle imagine en effet un plan pour aider le soulèvement et parvient avec l'aide de son compagnon à le faire mettre en oeuvre. Mais dès lors rien ne va se passer pour eux comme elle l'avait prévu. Et lorsque son mari, qui la recherche partout, se trouvera face à face avec son rival au milieu du formidable affrontement de la bataille navale du Jutland, lorsqu'il essaiera de savoir exactement quel a été le rôle de son épouse dans la préparation de l'insurrection de Pâques 1916 et ce qu'elle est devenue, seul un détail infime lui permettra de pressentir que les événements qu'il avait cru vivre depuis le début étaient gouvernés par une autre logique que la sienne et que le jeu avait peut-être été faussé dès le départ. Un grand roman dominé par un inoubliable personnage de femme ; un roman où des êtres emportés par le tourbillon de l'Histoire tentent de réaliser, en dépit de tous les obstacles, leur destin individuel. A l'approche d'un soir du monde est l'un des rares romans français où l'on retrouve le souffle des grands auteurs anglo-saxons et russes avec leur faculté de captiver et d'émouvoir, l'un de ces récits où l'on s'embarque comme pour une longue et belle traversée.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Né en 1936 à Deauville, Henri Coulonges est peintre et romancier. Il est l'auteur, entre autres, de L'Adieu à la femme sauvage (Prix RTL, Grand prix de l'Académie Française), qui fut un grand succès (220.000 exemplaires en librairie), et chez Grasset de La marche hongroise (1992) et de Passage de la Comète (1996).

    Monte Cassino, 1943. Les moines de l'abbaye reçoivent la visite d'un officier allemand qui leur propose de les aider à transférer au Vatican les trésors (incunables, livres précieux, reliques etc...) entreposés là depuis des siècles. En effet, entre le cloître du Bramante et celui des Bienfaiteurs passe la ligne de défense allemande, que les armées alliées ont l'intention d'enfoncer, quitte à bombarder l'édifice ! Les religieux refusent. Au moment de partir, l'officier aperçoit, entre deux ouvrages de théologie, un manuel d'un autre genre : L'histoire naturelle des oiseaux de paradis et des toucans. Que fait-il là ? Mystère...
    Naples, 1943. Biographe frustré du poète Percy Shelley, Larry, officier attaché aux services des renseignements anglais, et son compère Paul, américain chargé de la protection des monuments, sont embusqués au pied du palais de la Riviera di Chiaia, dans une Naples noire et déserte. C'est là que Shelley a vécu de sombres années, tourmenté par le deuil et l'amour, c'est là qu'en pleine guerre, dans une Italie en ruines où les napolitains affamés trafiquent, Larry va tenter de percer l'énigme posée par Shelley. Un avocat marron et sa sauvageonne de fille, la brune Domitilia, vont l'aider, jusqu'à ce que la mort de l'avvocato ne pousse Larry à franchir les lignes ennemies. Que cherche-t-il alors dans les décombres de Monte Cassino ? Que contient de si précieux un manuel d'ornithologie ? Que signifient ces « Six oies cendrées », intrépides voyageuses d'après Byron, dessinées au dos d'une lettre à Shelley ? Quel est leur terrible message posthume ?
    Plaisir du romanesque ! Tissant les fils épars de la guerre en Italie et des amours contrariés de deux officiers, jouant - avec quelle maîtrise ! - des ruses littéraires autour de la biographie impossible de Shelley, s'abandonnant à des personnages coloriés dignes de la commedia dell'arte, l'avocat corrompu, la sauvageonne salace, la française passionnée, les militaires forts en gueule, Henri Coulonges nous donne ici une magnifique fresque romanesque, qui se lit avec frissons. Et délices.

  • À l'âge de vingt et un ans, Georges Coulonges travaillait dans sa natale forêt girondine. Il exerce « tous les métiers des gens sans métier », avant de devenir ce « touche-à-tout-à-succès » qui entre au théâtre pour offrir à Jean-Louis Barrault son triomphal Zadig, donne à la télévision un Pause-café record d'écoute, sans parler des textes de quelque Potemkine chanté par Jean Ferrat, laissés négligemment dans le domaine de la chanson. * Il revenait à cet autodidacte aux oeuvres saluées par la jeunesse de peindre pour nous l'un de ces méconnus Lycées d'Enseignement Professionnel dont les portes s'ouvrent sur la rue, la banlieue, le risque. Mauvaise orientation scolaire, violence, alcoolisme, chômage, délinquance, prostitution sont, pour aujourd'hui ou pour demain, les réalités auxquelles Joëlle Mazart, jeune assistante sociale, est confrontée. Parviendra-t-elle, dans ces difficiles conditions, à sauver ce couple formé avec Lionel, conseiller d'orientation ? * Des personnages, des moeurs, un langage de notre temps. Un regard posé sur ceux que l'on ne veut pas voir. Coulonges leur donne la parole. Et parfois, il gueule avec eux. Pour eux. Joëlle Mazart : un roman qui ne doit pas tomber dans l'oreille d'un sourd.

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