• " Dans la poésie ", nous dit Henri Heinemann, il y a "une part d'inné. On ne devient pas poète, on l'est". Dans ce recueil, L'auteur nous offre un ensemble dense, d'une sensibilité de créateur d'emblée reconnue. Chants d'opale est le dernier des titres, dans l'oeuvre d'Heinemann, romancier, poète, critique, conteur et diariste d'envergure.

  • Le Voyageur éparpillé, tome V du journal d'Henri Heinemann, court de 1987 à 1991, les quasi-dernières années d'une fin-de-siècle au cours desquelles l'Europe prendra le chemin de son affranchissement. Dans ce passionnant itinéraire, le diariste nous promène en Europe, en Afrique, en Asie, en Guadeloupe. L'Éternité pliée est le chef-d'oeuvre d'un écrivain altier qui a publié des romans, des nouvelles, des recueils de poésie.

  • Après L'Éternité pliée, La Rivière entre les doigts, Graine de lumière, voici le quatrième tome du journal monumental d'Henri Heinemann, Dialectique de l'instant. Comme dans ses précédents volumes, l'auteur fait défiler une France si proche et, déjà, sur le point de sauter une fin de siècle dont nous connaissons l'impact sur notre vie actuelle, quels qu'aient été les changements foudroyants opérés par le début du XXIe siècle. Heinemann nous conte un quotidien que traversent réflexions, voyages, lectures.

  • Jeunesses

    Henri Heinemann

    Jeunesses est le récit d'un homme qui jette un regard sur son enfance et son adolescence, mais c'est aussi la peinture d'un temps, au siècle passé, dans un Paris tout proche et déjà lointain. Nous retrouvons, dans cet ensemble, l'écrivain Henri Heinemann, son écriture claire, sobre, son style classique - qualités qui font le prix de son monumental journal, L'Éternité pliée (six volumes prévus ; les cinq premiers ont été publiés, Orizons, 2008-2015).

  • C'est une aventure originale et attachante que celle de ce Roger-Hubert, lancé dans la course d'une existence heurtée, à laquelle - dès l'abord - on s'intéresse et qui, d'avatar en avatar, touchera le lecteur de la même façon qu'elle m'a touchée. Un vieillard court. Sa course, comme saisie au vol par un appareil photographique, raconte - dans sa fixité soudaine - la suite de moments exemplaires, dont le vieillard lui-même n'a guère conscience, parce qu'il les a sur l'instant oubliés, mais qu'il porte bel et bien. La course est une histoire d'homme, avec sa genèse, sa chute, ses douleurs et sa résurrection. C'est une histoire que j'ai lue avec plaisir, avec émotion. Créer un personnage, lui insuffler la vie, le rendre si présent qu'il va vous manquer la dernière page tournée : c'est le miracle de l'écriture. Celle d'Henri Heinemann est rigoureuse. Pourtant, la chanson ténue du poète s'insinue entre les lignes, ajoute son charme et sa douceur mélancolique au classicisme du romancier.

  • C'est une aventure originale et attachante que celle de ce Roger-Hubert, lancé dans la course d'une existence heurtée, à laquelle - dès l'abord - on s'intéresse et qui, d'avatar en avatar, touchera le lecteur de la même façon qu'elle m'a touchée. Un vieillard court. Sa course, comme saisie au vol par un appareil photographique, raconte - dans sa fixité soudaine - la suite de moments exemplaires, dont le vieillard lui-même n'a guère conscience, parce qu'il les a sur l'instant oubliés, mais qu'il porte bel et bien. La course est une histoire d'homme, avec sa genèse, sa chute, ses douleurs et sa résurrection. C'est une histoire que j'ai lue avec plaisir, avec émotion. Créer un personnage, lui insuffler la vie, le rendre si présent qu'il va vous manquer la dernière page tournée : c'est le miracle de l'écriture. Celle d'Henri Heinemann est rigoureuse. Pourtant, la chanson ténue du poète s'insinue entre les lignes, ajoute son charme et sa douceur mélancolique au classicisme du romancier.

  • Un jour, je transgressai la loi que je m'étais assignée, poussai loin mon audace, suivis la rue d'Alésia, frôlai le mur crépi de mon école d'autrefois, m'avançai rue de Gergovie, attendri, mais non chagrin. Première à droite. Au seuil du 75, j'appuyai sur le loquet de la porte, crus entendre discuter les marchands de couleurs, contempler la petite fille des boulangers, qui lançait et relançait sa balle au-dessus d'elle en chantonnant la rengaine de toutes les petites filles : « à la balle, Charlemagne... », humer le bon café que grillait mon ami l'épicier, et même passer les chèvres et le chevrier qui, une fois l'an, jouait du piccolo et vendait ses fromages. Une cloison vitrée m'interdisait l'escalier. Il fallait montrer patte blanche pour gravir cinq étages, presser le bouton devant un nom : Mademoiselle K. Je m'en allai, tournai et retournai, pareil aux rescapés qui hantent les villages en ruine, dans ce quartier trop longtemps renié qu'habitaient forcément d'autres enfants heureux. Mes fantômes pouvaient-ils pleurer ? Bien sûr que non. C'est alors que surgit l'idée de raconter pour qui la voudrait écouter, l'histoire unique de mon Moulin-Vert.

  • Après avoir passé les premières années de sa vie parisienne au Moulin-Vert, l'auteur et sa famille s'installent dans le quartier des Batignolles, plus précisément au 9 de la rue Bridaine. Nous sommes en 1936. Curieux impénitent, le jeune garçon évoque sa famille, des Protestants modestes, puis nous promène dans tous les recoins de son immeuble, nous fait visiter, du pied de la Butte Montmartre au parc Monceau, un univers pittoresque. Nous pénétrons à sa suite dans l'école communale de la rue Truffaut, jouons avec lui dans le square des Batignolles, sourions à ses mésaventures de louveteau maladroit, partons en vacances sur la Côte picarde. Peu à peu, il s'éveille au monde qui l'entoure, un monde qui s'agite. L'année même de son entrée au Lycée Chaptal survient la guerre : guerre en dentelle d'abord, puis vraie débâcle, et durs temps de l'Occupation. Mais on est jeune, on a soif de découvrir, de s'amuser, de rêver, d'aimer. La réalité est cruelle : elle l'est pour les Juifs, pour les villes de banlieue bombardées. Le jeune homme est à l'âge des premières graves questions : religion, politique, engagement... Les combats de la Libération, l'entrée dans la vie active marqueront le passage de l'adolescence à l'âge adulte, et c'est une autre histoire. Les années Batignolles auront été l'occasion, pour le héros, de connaître sa véritable identité, et ce n'est pas le moins attachant de cette autobiographie.

  • Après avoir passé les premières années de sa vie parisienne au Moulin-Vert, l'auteur et sa famille s'installent dans le quartier des Batignolles, plus précisément au 9 de la rue Bridaine. Nous sommes en 1936. Curieux impénitent, le jeune garçon évoque sa famille, des Protestants modestes, puis nous promène dans tous les recoins de son immeuble, nous fait visiter, du pied de la Butte Montmartre au parc Monceau, un univers pittoresque. Nous pénétrons à sa suite dans l'école communale de la rue Truffaut, jouons avec lui dans le square des Batignolles, sourions à ses mésaventures de louveteau maladroit, partons en vacances sur la Côte picarde. Peu à peu, il s'éveille au monde qui l'entoure, un monde qui s'agite. L'année même de son entrée au Lycée Chaptal survient la guerre : guerre en dentelle d'abord, puis vraie débâcle, et durs temps de l'Occupation. Mais on est jeune, on a soif de découvrir, de s'amuser, de rêver, d'aimer. La réalité est cruelle : elle l'est pour les Juifs, pour les villes de banlieue bombardées. Le jeune homme est à l'âge des premières graves questions : religion, politique, engagement... Les combats de la Libération, l'entrée dans la vie active marqueront le passage de l'adolescence à l'âge adulte, et c'est une autre histoire. Les années Batignolles auront été l'occasion, pour le héros, de connaître sa véritable identité, et ce n'est pas le moins attachant de cette autobiographie.

  • Un jour, je transgressai la loi que je m'étais assignée, poussai loin mon audace, suivis la rue d'Alésia, frôlai le mur crépi de mon école d'autrefois, m'avançai rue de Gergovie, attendri, mais non chagrin. Première à droite. Au seuil du 75, j'appuyai sur le loquet de la porte, crus entendre discuter les marchands de couleurs, contempler la petite fille des boulangers, qui lançait et relançait sa balle au-dessus d'elle en chantonnant la rengaine de toutes les petites filles : « à la balle, Charlemagne... », humer le bon café que grillait mon ami l'épicier, et même passer les chèvres et le chevrier qui, une fois l'an, jouait du piccolo et vendait ses fromages. Une cloison vitrée m'interdisait l'escalier. Il fallait montrer patte blanche pour gravir cinq étages, presser le bouton devant un nom : Mademoiselle K. Je m'en allai, tournai et retournai, pareil aux rescapés qui hantent les villages en ruine, dans ce quartier trop longtemps renié qu'habitaient forcément d'autres enfants heureux. Mes fantômes pouvaient-ils pleurer ? Bien sûr que non. C'est alors que surgit l'idée de raconter pour qui la voudrait écouter, l'histoire unique de mon Moulin-Vert.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Dans ce second volume, Henri Heinemann nous offre le journal qu'il tint en ces années-là avec une formidable fluidité dans l'expression et une lucidité extrême. On traverse la France des années Giscard, ses espoirs, ses flambées ; on y rencontre les écrivains de ces années-là. Son document a l'épaisseur des dits humanistes ; il est également la photographie d'une certaine France.

  • Le journal littéraire s'élève à la qualité de chef-d'oeuvre quand son auteur a su associer, à l'écriture quotidienne, la réflexion et le style. Ainsi en est-il de L'Eternité pliée d'Henri Heinemann. Avec ce troisième volume, Graine de lumière, l'auteur élargit les frontières de son continent. De 1979 à 1983, défile une France qui semble lointaine, tant le nouveau siècle a foudroyé quasiment nos anciens réflexes historiques et culturels. D'où l'impression de toucher un édifice que prolongera, en 2011, le tome IV, Dialectique de l'instant (1984-1986).

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Lorsque, semblable en troisième personnage de l'énigme du Sphynx, l'homme se déplace avec une canne, puis en fauteuil, il n'a guère qu'un avenir : l'immobilité. Il devient un rêveur immobile. Et puis... tout continue : hier, aujourd'hui, demain. Henri Heinemann, a publié une oeuvre abondante, qui couvre tous les champs littéraires, de la poésie au roman, des contes aux divers journaux.

  • Le journal d'Henri Heinemann est, par excellence un document littéraire : il en a la sensibilité et, souvent, la beauté. Du mitan au viellissement, il y décline un magnifique don d'observation et d'analyse. Des hommes, des femmes, illustres ou inconnus, traversent son existence. Cependant, l'essentiel de cette matière est fait de l'amour qu'il porte aux livres. Claude martin, l'un des éminents spécialistes d'André Gide, emploie, dans sa préface, le mot de "monument" à propos de L'éternité pliée.

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