• Que faut-il conserver ? Quel est le sens d'un héritage ? Comment s'accomplit la transmission, et au nom de quoi ? C'est l'éclatement de l'idée de patrimoine. A la charnière entre l'individu, la famille et la collectivité, le patrimoine reste l'objet de représentations et d'intérêts les plus divers, et sa gestion met en jeu l'avenir des sociétés.

  • Communément, l'arbitraire est honni, quel qu'il soit et d'où qu'il vienne. Cependant, dans un monde où le consensus est universellement requis, ne convient-il pas de tenter l'éloge des humeurs singulières qui ponctuent la moindre de nos actions?

  • Le phénomène publicitaire déborde la seule problématique de la consommation des objets et de la reproduction des besoins pour devenir une modalité de l'échange social. Plus que la répétition des images et des slogans, plus que la fascination compulsive pour un « monde des objets », le langage publicitaire pénètre tous les modes du langage quotidien. Les intonations, les structures visuelles, les tournures linguistiques sont reprises dans les rapports sociaux mais elles deviennent surtout productrices de l'échange et permettent une mise en scène sociale articulée sur les mêmes modèles culturels. La publicité sur les loisirs, sur l'habitat crée une représentation de l'espace réductrice de toute l'ambivalence propre à l'appréhension du corps dans le milieu environnant : la division, le découpage le plus rationalisé coïncident avec la représentation de l'infini, de l'ailleurs ou de l'espace sans limites. Plus que le langage de l'apparence généralisée, le langage publicitaire développe, essentiellement dans sa forme, un rythme obsessionnel de la pratique sociale. Les mots, les images, les sons devenant des choses - ou des représentations de choses - le langage publicitaire pourrait presque se comparer à une activité mentale dominante. Dès lors, le « consommateur », personnage fictif, n'est plus un récepteur harcelé de messages, il n'est que l'alibi d'un langage sans sujet qui s'accomplit dans une véritable compulsion symbolique de l'échange. Le choix du bien de consommation et l'objet de l'échange n'ont plus d'importance : la conscience d'un achat bien déterminé ferait échouer le processus consommatoire. Ainsi le phénomène publicitaire tend-il à simuler l'enjeu d'un désir absolu, dépassant les limites d'une « société de consommation » encore dominée par le culte de l'objet.

  • Le phénomène publicitaire déborde la seule problématique de la consommation des objets et de la reproduction des besoins pour devenir une modalité de l'échange social. Plus que la répétition des images et des slogans, plus que la fascination compulsive pour un « monde des objets », le langage publicitaire pénètre tous les modes du langage quotidien. Les intonations, les structures visuelles, les tournures linguistiques sont reprises dans les rapports sociaux mais elles deviennent surtout productrices de l'échange et permettent une mise en scène sociale articulée sur les mêmes modèles culturels. La publicité sur les loisirs, sur l'habitat crée une représentation de l'espace réductrice de toute l'ambivalence propre à l'appréhension du corps dans le milieu environnant : la division, le découpage le plus rationalisé coïncident avec la représentation de l'infini, de l'ailleurs ou de l'espace sans limites. Plus que le langage de l'apparence généralisée, le langage publicitaire développe, essentiellement dans sa forme, un rythme obsessionnel de la pratique sociale. Les mots, les images, les sons devenant des choses - ou des représentations de choses - le langage publicitaire pourrait presque se comparer à une activité mentale dominante. Dès lors, le « consommateur », personnage fictif, n'est plus un récepteur harcelé de messages, il n'est que l'alibi d'un langage sans sujet qui s'accomplit dans une véritable compulsion symbolique de l'échange. Le choix du bien de consommation et l'objet de l'échange n'ont plus d'importance : la conscience d'un achat bien déterminé ferait échouer le processus consommatoire. Ainsi le phénomène publicitaire tend-il à simuler l'enjeu d'un désir absolu, dépassant les limites d'une « société de consommation » encore dominée par le culte de l'objet.

  • Revue Amplitudes Nouv.

    Le train est-il une « machine à souvenirs » et un « lieu de rencontres inattendues » ? Au cinéma, comme dans la littérature, le train joue souvent le rôle de décor actif, il paraît « donner vie » aux personnages en créant des ambiances. Quelles sont les images et les réflexions qui viennent à l'esprit des voyageurs pendant le temps du trajet ? Comment le territoire est-il appréhendé dans l'imaginaire collectif? Chacun a « ses » histoires avec le train comme si le rythme ferroviaire des déplacements ou des voyages plus lointains forgeait des bribes de récit de la vie. Quant à la vision du train qui entre en gare, quant à la fumée que la machine à vapeur lançait vers le ciel, pareilles images ne quittent pas notre mémoire... Le train sera toujours un mythe.
    Amplitudes propose une rencontre entre des points de vue personnels et des analyses d'experts autour de l'intensité des phénomènes qui se vivent sur les territoires dans la vie quotidienne.

  • Nouveau Discours amoureux est le récit d'une relation amoureuse entre « il » et « elle ». Mais sous ce pronom se tiennent deux femmes, « deux mondes dans lesquels il se perd au regard de chacune ». Paradoxe d'une indécision déterminée qui est aussi parti pris d'écriture, illustrant la position d'un sujet qui refuse la séparation. Le texte projette tour à tour, comme autant de fragments de vie, réels ou rêvés, la conscience de l'un, la présence de l'une, l'absence de l'autre. Et, dans un temps qui se dilate au profit d'instants d'éternité, la distance flexible du regard porté sur les choses du monde instaure un va-et-vient permanent, à l'image de l'interaction entre ces êtres. Avec ce récit, qui, comme le souligne René Major dans le dialogue que nous publions en fin d'ouvrage, relève tout autant de l'autobiographie, de la fiction et de l'essai, Henri-Pierre Jeudy se fait le « sociologue de l'intime » avec, en creux, une question : l'amour peut-il vaincre l'épreuve de l'autodestruction, de la mort ? Henri-Pierre Jeudy est philosophe et sociologue, chargé de recherche au CNRS. Il a publié une trentaine d'ouvrages dont, aux Éditions Léo Scheer, Fictions théoriques (coll. « Manifeste », 2003). René Major est psychanalyste. Parmi ses dernières publications, citons Derrida pour les temps à venir (Stock, 2007) et L'Homme sans particularités (Circé, 2008).

  • "Quand elle est l'effet d'une sensation,
    la densité reste abstraite,
    elle n'a pas de mesure,
    elle rompt avec les choses
    pour se livrer à une danse de l'apesanteur."



    Après avoir assisté à son propre enterrement, l'auteur revient du cimetière, marche dans un dédale de paysages insolites, pour rejoindre la maison où, parmi les revenants, l'attend Nathanaëlle, figure de la danseuse automate. Près de la grande cheminée, le clown blanc qu'elle a acheté dans une brocante, lui donne chaque jour des « nouvelles de la réalité ». Commence alors une farandole des mondes qui oscille entre le réel et l'imaginaire. L'énigme ne cesse de s'inventer elle-même au fil des fragments de récit pour annoncer chaque fois sa disparition.
    Le chapeau fossilisé fait allusion aux chapeaux du peintre Magritte : évoquant une Vanité, il ne couvre que la silhouette d'un homme vu de dos.

    Voici venir le trop rare Henri-Pierre Jeudy qui livre ici une oeuvre envoûtante et attachante. C'est un grand bonheur d'accueillir l'homme, le sociologue et l'écrivain au sein de Gwen Catalá éditeur.

  • Les mesures de l'attractivité privilégient l'activité économique et la compétitivité. Interviennent de plus en plus les références à la qualité de la vie, à l'habitat, aux services de proximité... Ces valeurs sociales ne demeurent-elles pas soumises à l'impératif économique ? L'invocation actuelle de la décroissance, dans une perspective de « développement durable », suppose-t-elle des changements de « point de vue » sur la reconnaissance même de ce que peut être l'attractivité d'un territoire ? Le système d'égalité républicaine des territoires apparaît-il encore comme une utopie sociale et politique ?


    Amplitudes propose une rencontre entre des points de vue personnels et des analyses d'experts autour de l'intensité des phénomènes qui se vivent sur les territoires dans la vie quotidienne.

  • Il est fréquent de rêver au temps qui passe trop vite, à ce temps qui nous file entre les doigts, ce temps que nous voudrions retarder en lui gardant la couleur d'un « déjà passé ». Cette illusion de « suspendre » ou « d'accélérer » le temps nous tient à coeur car elle est bien là pour nous persuader que nous avons une emprise sur lui. Il nous est difficile d'accepter l'idée que « le temps est un vide ». En disant qu'un « jour est historique », un tel effet d'annonce nous donne l'illusion d'une prise de possession du temps. L'idée même d'histoire, dans la vie quotidienne, ne semble prendre sens que dans une relation de défi entre ce qui arrive - l'événement - et le sentiment de destin. Quel sens a la passion contemporaine de la restauration patrimoniale du passé ? La reconfiguration des paysages obéit à des modèles de plus en en plus identiques comme si notre regard devait se satisfaire de la négation même des métamorphoses naturelles. Face à la contingence du futur, la représentation la plus commune de la continuité temporelle puise sa légitimité dans la sauvegarde acharnée des « mémoires collectives ». Mais une grande crise de la mémoire s'annonce avec la maladie d'Alzheimer - l'ivresse du désoeuvrement de la mémoire.

  • Au fil du temps, à l'insu de toute gestion politique, le développement des métissages culturels entraîne une plasticité des échanges sociaux par la circulation des signes culturels dans l'espace des villes et par l'hospitalité des langues. Comment l'hétérogénéité des signes culturels peut-elle résister au processus d'homogénéisation qu'impose la mondialisation de la consommation culturelle ?

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