• « Sauve ton âme ! » m'avait crié Marijke dans la gare de La Haye, au moment où le train démarrait. Je réalisais tout à coup combien ce souhait correspondait à une vision étriquée de mon devenir. Pouvais-je me contenter d'une seule âme, moi, Cyril, l'éternel assoiffé de résurrections ? C'était dérisoire. Une évidence m'envahissait : j'avais - je pouvais avoir - une multitude d'âmes. Il me fallait tenter de les faire éclore toutes. Parabole ou confession - il est impossible de le savoir exactement - l'ouvrage posthume de Cyril Ferroud, achevé par Hubert de Luze, nous fait assister aux tentatives d'un homme hanté par la crainte d'être unique, pour se détruire et se recréer perpétuellement. Même au risque de sombrer dans l'infamie. Mais peut-on échapper à l'identité ? Devenir, à volonté, une infinité d'autres ?

  • « Sauve ton âme ! » m'avait crié Marijke dans la gare de La Haye, au moment où le train démarrait. Je réalisais tout à coup combien ce souhait correspondait à une vision étriquée de mon devenir. Pouvais-je me contenter d'une seule âme, moi, Cyril, l'éternel assoiffé de résurrections ? C'était dérisoire. Une évidence m'envahissait : j'avais - je pouvais avoir - une multitude d'âmes. Il me fallait tenter de les faire éclore toutes. Parabole ou confession - il est impossible de le savoir exactement - l'ouvrage posthume de Cyril Ferroud, achevé par Hubert de Luze, nous fait assister aux tentatives d'un homme hanté par la crainte d'être unique, pour se détruire et se recréer perpétuellement. Même au risque de sombrer dans l'infamie. Mais peut-on échapper à l'identité ? Devenir, à volonté, une infinité d'autres ?

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