• Un événement singulier vient troubler la vie brillante de David, pianiste de concert installé à Londres avec Salman. C'est un télégramme de la mère de David. Elle lui annonce qu'elle va venir l'entendre ce soir jouer une ballade de Gabriel Fauré. Seulement David ne se souvient pas de sa mère, il avait effacé de sa mémoire celle qui l'avait abandonné à sa naissance. Pourquoi viendrait-elle l'écouter ce soir ? D'ailleurs elle ne viendra pas et suivront, après ce télégramme, une succession de messages, de rendez-vous manqués, d'appels téléphoniques étranges. Salman se fera passer pour David et devient amoureux de la mère de son ami. David ne peut croire qu'il a à nouveau une mère, et maintenant qu'elle existe ne supporte pas de ne pas la connaître. Après une multitude d'errances et de rendez-vous manques, il part à sa recherche, là où elle l'avait mis au monde, dans un ghetto de Bohême. Et là tout bascule.

  • De son coeur ou de son ventre, qui est le plus malade ? En remontant jusqu'à la source de ses larmes, on devine, parfois au fil de son regard fixe, une barque errante dans laquelle dort son fils perdu. Combien de fois n'a-t-elle pas décidé de partir à sa recherche ? Inlassablement, en rêve, elle le poursuivait dans les rues de sa ville natale sur les bords de la Moldau, jusque dans les églises et les synagogues où elle lui déposait des offrandes. À présent, à quoi bon le rejoindre ? se demande-t-elle, alors qu'elle regarde son flacon d'urine encore marqué des noms de femmes mortes avant son arrivée. Mais cela ne l'effraie pas, car si loin que porte son regard, elle n'aperçoit plus que son ventre sous la couverture. Elle est minuscule, la tête enfouie dans l'oreiller. Prise au piège. Ne pas bouger, ne pas se retourner, attendre que la douleur revienne et, quand elle revient, c'est à peine si elle la reconnaît. Une sorte de musique traverse l'espace, qui sépare son coeur de son ventre malade. Il lui semble entendre des incantations qui remontent à l'époque de sa jeunesse.

empty