• Alexandre Koreïko est en apparence un fonctionnaire soviétique ordinaire. Nul ne sait qu'il cache, dans le casier d'une gare, une mallette contenant les centaines de milliers de roubles qu'il a amassés au cours de sa carrière corrompue. Mais l'histoire de cet étrange millionnaire est parvenue aux oreilles d'Ostap Bender, et celui-ci ne rêve que d'une chose : s'exiler à Rio de Janeiro... Dans cette seconde aventure, l'escroc sympathique et sa nouvelle équipe sillonnent à bord de leur flamboyante voiture la Russie soviétique et l'Asie centrale pour voler le voleur. Plus dense, plus profond que Les Douze Chaises, le Veau d'or est avec son humour acide la grande satire du système communiste.
    Traduction intégrale d'Alain Préchac, 2013.
    EXTRAIT
    On doit aimer les piétons.
    Les piétons représentent la plus grande partie de l'humanité. Et non seulement la plus grande, mais la meilleure. Ce sont les piétons qui ont créé l'univers. Ce sont eux qui ont construit les villes, édifié des immeubles à plusieurs étages ; qui ont posé des canalisations et des conduites d'eau ; eux qui ont pavé les rues et les ont éclairées au moyen d'ampoules. Ce sont eux qui ont implanté la civilisation dans les cinq parties du monde, qui ont inventé l'imprimerie, imaginé la poudre ; qui ont jeté des ponts au-dessus des fleuves, déchiffré les hiéroglyphes, lancé le rasoir de sûreté, mis fin à la traite des nègres et établi qu'on pouvait préparer à partir des graines de soja cent quatorze plats savoureux et nourrissants.
    Et quand tout fut prêt et que notre planète-mère eut pris un aspect plus ou moins décent, alors les automobilistes firent leur apparition.
    Il convient de noter que l'automobile a elle aussi été inventée par les piétons. Mais il semblerait que les automobilistes l'aient oublié, car ils ont aussitôt entrepris d'écraser les piétons, êtres dociles et policés. Créées par les piétons, les rues ont été accaparées par les automobilistes. Les chaussées ont doublé de largeur, tandis que les trottoirs se rétrécissaient aux dimensions d'un paquet de cigarettes. Et les piétons effrayés se sont mis à raser les murs...
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Ilia Ilf et Evguéni Pétrov sont deux auteurs satiriques soviétiques ayant écrit « à quatre mains » et publié sous l'appellation collective de Ilf et Pétrov. Ils furent extrêmement populaires en Union soviétique dans les années 1920 et 1930.

  • Sur son lit de mort, une riche dame dévoile à son gendre qu'elle a caché ses diamants dans l'un des douze sièges de son ancienne maison, réquisitionnée depuis des années par l'administration soviétique et transformée en hospice. Une vaste chasse au trésor à travers la Russie commence... Parodie de roman d'aventures et satire humoristique, peu de livres ont connu en Russie autant de succès que ce roman de 1928 qui rendit célèbre son duo d'auteur, Ilya Ilf (1897-1937) et Evguéni Petrov (1902-1942).
    Traduction d'Alain Préchac, 2005.
    EXTRAIT
    Il y avait dans la petite ville de *** (chef-lieu de district) tant de salons de coiffure et de bureaux de pompes funèbres que les habitants ne semblaient naître que pour se faire raser, couper les cheveux, frictionner le cuir chevelu et aussitôt mourir. En réalité, on naissait, mourait et se rasait assez rarement à ***. La vie s'y écoulait toute tranquille. Ce printemps-là les soirées étaient grisantes, la boue des rues brillait au clair de lune comme de l'anthracite et toute la jeunesse locale était si amoureuse de la secrétaire du Syndicat des services municipaux que celle-ci ne parvenait pas à recouvrer ses cotisations.
    L'amour et la mort n'étaient pas de nature à troubler Hippolyte Matvieïévitch Vorobianinov, quoique ce fussent précisément là les questions dont il avait à connaître de par la nature de ses fonctions, et ce, tous les jours de 9 heures à 17 heures, avec une pause d'une demi-heure pour le déjeuner.
    À PROPOS DES AUTEURS
    Ilia Ilf et Evguéni Pétrov sont deux auteurs satiriques soviétiques ayant écrit « à quatre mains » et publié sous l'appellation collective de Ilf et Pétrov. Ils furent extrêmement populaires en Union soviétique dans les années 1920 et 1930.

  • Dans ces trois nouvelles écrites entre Les Douze Chaises et Le Veau d'or sous le pseudonyme de F. Tolstoïevski, Ilf et Petrov utilisent cette fois-ci le fantastique pour tourner en dérision le système communiste de la fin des années 1920 : un homme, devenu invisible malgré lui, devient toujours malgré lui héros de la lutte anti-corruption ; les chroniques de la ville imaginaire de Kolokolamsk fourmillent des prouesses et des merveilles accomplies par ses braves habitants ; et la Schéhérazade moderne, pour échapper aux licenciements causés par la lutte épique entre les camarades-chefs Sataniouk et Fanatiouk, conte chaque jour ouvrable d'édifiantes aventures d'employés soviétiques.
    Traduction, notes et postface d'Alain Préchac, 2003.
    EXTRAIT DE KOLOKOLAMSK
    Le docteur Letonnerre revint en septembre de Moscou, où il s'était rendu pour affaires. À son arrivée à Kolokolamsk, il boitillait et, au lieu de regagner à pied son domicile, comme il avait accoutumé de faire, prit un fiacre à la gare. La citoyenne Letonnerre fit, en le voyant, preuve d'un considérable étonnement. Celui-ci s'accrut encore lorsque la citoyenne aperçut sur la chaussure gauche de son mari la claire rayure d'un pneu.
    - Je me suis fait écraser, déclara gaiement ce dernier. Ensuite, j'ai porté plainte.
    Et notre docteur habile en affaires entreprit de conter à sa femme, en l'enrichissant d'une foule de détails inutiles, l'histoire de son bonheur.
    À PROPOS DES AUTEURS
    Ilia Ilf et Evguéni Pétrov sont deux auteurs satiriques soviétiques ayant écrit « à quatre mains » et publié sous l'appellation collective de Ilf et Pétrov. Ils furent extrêmement populaires en Union soviétique dans les années 1920 et 1930.

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