• Clovis, le narrateur, en pleine crise d'adolescence éprouve pour son frère Alain, beau, riche d'imagination et d'autorité, un sentiment à la fois passionné et trouble. Il prend plaisir à se faire battre, à être traité en esclave mais aussi à provoquer. Il faut qu'il ait la même maîtresse et si possible les mêmes amours que son frère. Cependant, cette admiration, cette jalousie, cette passion, ne sont qu'un faux-fuyant. Elles voilent un sentiment autrement plus grave et qu'il n'ose avouer, qui tout au long du récit reste innommé : l'amour qu'il porte à sa mère. Car le véritable chef de ce foyer, c'est la mère. Son mari semble avoir usurpé sa place et son rôle auprès de ses fils ; rôle que Clovis, le narrateur, minimise encore par jalousie, par haine pour cet homme que sa mère a épousé. Mais celui que la mère a véritablement aimé, c'est Ulrich, ancien camarade d'Université du père, et c'est à ce même Ulrich qu'Alain s'attache passionnément, dès la première rencontre. Cet amour d'Alain pour Ulrich coupe les liens qui unissaient les deux frères. Clovis en est si jaloux parce que, pour lui, Alain et sa mère se sont toujours confondus dans son coeur. Alain aimant Ulrich, c'est l'aveu que sa mère aime, ou a aimé Ulrich. Comme tous les jaloux, Clovis se venge. Il sort vainqueur de l'aventure. Mais seul. Et battu. On le voit, ce roman n'est pas commun. Il se meut dans un univers qui reste encore caché aux yeux de la plupart des romanciers. Sans aucune complaisance, l'auteur, rompant avec la convention romanesque, cherche à atteindre une réalité plus essentielle.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ce roman s'étale sur une durée d'un mois, le temps d'un voyage en Espagne. Rachel a accepté d'accompagner Vincent, qui fut son amant, à la condition que ce dernier emmène un jeune garçon, Kaï. Bientôt, cependant, la présence de cet adolescent cesse d'être une protection pour devenir une gêne. Rachel et Vincent observent Kaï, et l'enfant, fasciné par ce couple étrange, l'empêche de se reformer. L'auteur crée, par petites touches, une atmosphère envoûtante. L'oeuvre, à la fois profonde et subtile, est d'une qualité très rare.

  • Une famille, c'est quelquefois une prison. Mais ici, qui donc est prisonnier, sinon d'abord Alby, pour s'être sentie dépossédée d'elle-même par le mariage et la maternité ? Dans cette famille désagrégée dès l'origine, où le père est presque absent, où la mère refuse d'être mère, deux enfants, livrés à eux-mêmes, vivent au coeur d'un étrange abandon. Leur mère trouve son refuge dans le vouvoiement qui marque les distances à l'égard de tous les siens, dans le ressentiment silencieux (ou même explicite), dans l'amour des chats. Et Régis et Agathe auront beau s'efforcer d'y échapper, ils reproduiront dans leur propre destin le destin de leurs parents. Les vraies prisons sont celles que les enfants mal aimés bâtissent dans leur coeur, et tout le drame vient de cette privation d'enfance, que rien ne rachète. La frustration se tourne en révolte, la mauvaise conscience en agressivité et les amours d'Agathe ne seront que prétexte à se défaire d'Alby ; sans l'avoir cherché, elle se venge de sa mère en devenant comme elle... Le plus saisissant de ce livre est la fureur d'un être pris au piège, son désespoir, son aveuglement, sa douleur.

  • Une famille, c'est quelquefois une prison. Mais ici, qui donc est prisonnier, sinon d'abord Alby, pour s'être sentie dépossédée d'elle-même par le mariage et la maternité ? Dans cette famille désagrégée dès l'origine, où le père est presque absent, où la mère refuse d'être mère, deux enfants, livrés à eux-mêmes, vivent au coeur d'un étrange abandon. Leur mère trouve son refuge dans le vouvoiement qui marque les distances à l'égard de tous les siens, dans le ressentiment silencieux (ou même explicite), dans l'amour des chats. Et Régis et Agathe auront beau s'efforcer d'y échapper, ils reproduiront dans leur propre destin le destin de leurs parents. Les vraies prisons sont celles que les enfants mal aimés bâtissent dans leur coeur, et tout le drame vient de cette privation d'enfance, que rien ne rachète. La frustration se tourne en révolte, la mauvaise conscience en agressivité et les amours d'Agathe ne seront que prétexte à se défaire d'Alby ; sans l'avoir cherché, elle se venge de sa mère en devenant comme elle... Le plus saisissant de ce livre est la fureur d'un être pris au piège, son désespoir, son aveuglement, sa douleur.

  • Une jeune femme mariée et mère de deux enfants s'éprend d'une autre femme, plus âgée. Est-ce une "passion contre nature" ? C'est une passion tout court, une faim mal sevrée de tendresse maternelle, et aussi un besoin de consoler. Force et faiblesse s'échangent dans cet amour délirant mais chaste. La femme-enfant est abandonnée par celle à qui elle vouait un culte trop absolu pour n'être pas pesant. Cependant ce ne fut pas une passion inutile.

  • Une jeune femme mariée et mère de deux enfants s'éprend d'une autre femme, plus âgée. Est-ce une "passion contre nature" ? C'est une passion tout court, une faim mal sevrée de tendresse maternelle, et aussi un besoin de consoler. Force et faiblesse s'échangent dans cet amour délirant mais chaste. La femme-enfant est abandonnée par celle à qui elle vouait un culte trop absolu pour n'être pas pesant. Cependant ce ne fut pas une passion inutile.

  • Cela se passe dans l'intervalle d'une journée qui devrait être un jour de fête puisqu'il s'agit d'un mariage. Or, chaque heure de ce jour nous montre que cette union est déjà condamnée. Soit par les sombres lueurs que les personnages ramènent de leur passé, soit par l'éclairage incisif que le présent projette sur l'avenir. Le thème du père : père de Britt, dont celle-ci n'arrive pas à se séparer - absence du père de Wolf - attente du retour du père chez Catherine - apparaît à la fois comme la confirmation des attitudes particulières de chacun de ces personnages, comme une définition de ce qu'ils sont et comme un aspect de leur lutte. Par rapport aux précédents romans d'Irène Monesi (« Althia », « Cet Acte Tendre », « Les Banderilles »), « Les pères insolites » possède à la fois plus d'ambition et de maturité. L'analyse est plus aiguë, l'écriture plus serrée. Dans sa forme et dans son fond, l'oeuvre est achevée.

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