Grasset

  • Panique

    Isabelle Sorente

    • Grasset
    • 24 Mai 2006

    Que se passe-t-il lorsque les gens se mettent à hurler sans raison dans la rue, qu'un artiste projette sur les murs les courbes des émeutes mondiales, qu'un requin, enfermé dans un aquarium au milieu d'une agence de publicité, menace de briser sa prison ? Dans un monde performant, médiatique, où la peur règne de façon confuse, les horloges commencent subrepticement à se dérégler... Jérôme, passionné de mythologie, rêvait d'un destin et d'une existence intense. A vingt-quatre ans, par réalisme, il est en train d'y renoncer. Sa journée de travail achevée, il passe des nuits blanches à tenir son journal, où il écrit sur la panique. Il va jusqu'à l'invoquer. L'irruption de Mandés, un homme énigmatique et provoquant, va bouleverser son existence, mais aussi accélérer le dérèglement des événements... Dans un gigantesque embouteillage, les conducteurs se rendent compte qu'ils ont tous fait le même cauchemar. Un changement de composition de l'atmosphère est annoncé sur des milliers d'affiches... Et la panique advient. Dans un monde rationnel, aveugle à son auto-destruction, la panique règne, omniprésente, embusquée derrière les vies programmées. Celle-ci - nouvelle épreuve initiatique des temps dangereux - révèle les personnages, chacun devant affronter ses propres énigmes. Révélations sentimentales, sensuelles, psychanalytiques, pour toucher enfin, dans une ambiance d'apocalypse jubilatoire, à la créature mythologique qui sommeille en chacun d'entre nous.

  • « Peut-être est-ce le geste de retirer le gant. Il me sembla que les sentiments me traversaient avec un léger décalage, sans que je sois certaine de les éprouver réellement. Je regardais le gant de cuir que je tenais dans la main gauche. Ma main droite était nue, et cette nudité me parut aussi artificielle que le gant noir et lisse. Des images se levaient, propices à l´érotisme. De Fabrice, je m´imaginais la proie. Je jouerai ce rôle-là, pensais-je, il lui plaira. Et cependant que je répétais le geste, d´ôter et remettre le gant, j´éprouvais le même vertige que les enfants qui répètent un mot, femme, femme-femme, jusqu´à ce que ses syllabes perdent leur sens. » Quand tombent les masques d´amoureuse, de mère ou de fille douce, se révèlent des êtres changeants. Dans ce roman-manifeste, Isabelle Sorente explore les secrets des femmes. La géométrie variable du désir. Un féminin en perpétuelle transformation.

empty