• L'ete grec

    Jacques Lacarrière

    L'histoire d'un éternel promeneur solitaire, Jacques Laccarière : une liaison heureuse de plus de vingt ans avec une terre, un peuple et une histoire.
    C'est sous les portiques de l'Agora d'Athènes où la foule de ses auditeurs, abritée du soleil, venait écouter Hérodote relater ses voyages, que l'on aimerait lire, ou mieux encore entendre lire, L'été grec.
    Car ce livre est une approche vivante, un témoignage passionné, l'histoire d'une liaison heureuse de plus de vingt ans avec une terre, un peuple et une histoire.
    L'originalité de l'approche de Jacques Lacarrière réside, littéralement, dans sa démarche. Tels ces ascètes en quête d'un "homme différent", vivant - ivres de Dieu - aux frontières de la mort.
    Et il devient alors évident que ce que cherche sans relâche sur la terre hellène ce promeneur solitaire, il l'a déjà trouvé en lui-même.
    A travers le quotidien, les gestes et la langue populaires, dans un style impressionniste où se retrouvent l'harmonie de Sophocle, les chants médiévaux de Digenis, les mémoires du général Makryannis et les Kleftika, ces chants épiques de la guerre d'indépendance, nous passons tout naturellement de l'autre côté du miroir pour retrouver le fil qui relie Eschyle à Séféris, Homère à Elytis et Pindare à Ritsos.
    A la manière enfin dont on a dit du printemps 68 français qu'il fut "chaud", on peut parler de la chaleur et du souffle libertaire de L'été grec.
    Mais le plus rare peut-être en ce beau livre est que l'exceptionnelle érudition de l'auteur n'ait en rien entamé l'étonnement, la jeunesse et l'acuité de son regard.
    Grand Prix de Littérature de l'Académie Française pour l'ensemble de son oeuvre.

  • " Rien ne me paraît plus nécessaire aujourd'hui que de découvrir ou redécouvrir nos paysages et nos villages en prenant le temps de le faire. Savoir retrouver les saisons, les aubes et les crépuscules, l'amitié des animaux et même des insectes, le regard d'un inconnu qui vous reconnaît sur le seuil de son rêve. La marche seule permet cela. Cheminer, musarder, s'arrêter où l'on veut, écouter, attendre, observer. Alors, chaque jour est différent du précédent, comme l'est chaque visage, chaque chemin.
    " Ce livre n'est pas un guide pédestre de la France, mais une invitation au vrai voyage, le journal d'un errant heureux, des Vosges jusqu'aux Corbières, au coeur d'un temps retrouvé. Car marcher, c'est aussi rencontrer d'autres personnes et réapprendre une autre façon de vivre. C'est découvrir notre histoire sur le grand portulan des chemins. Je ne souhaite rien d'autre, par ce livre, que de redonner le goût des herbes et des sentiers, le besoin de musarder dans l'imprévu, pour retrouver nos racines perdues dans le grand message des horizons. "
    J. L.

  • "Helléniste, connaisseur des anciens, Jacques Lacarrière était l'homme idéal pour mettre ses pas dans ceux d'Hérodote, voyageur infatigable et premier "grand reporter" de l'Histoire. Cheminant à ses côtés, l'interrompant à la pause d'utiles commentaires et de lumineux rapprochements, il propose de ce Grec illustre et mal connu une traduction coulante, plus fidèle qu'aucune autre à l'esprit d'un conteur dont la tradition prétend qu'il aimait à lire son oeuvre en public sur l'agora."
    Matthieu Galey, L'Express.

  • Un inventaire personnel et passionné de lieux, thèmes, objets, personnages réels ou légendaires de la Grèce.

    Un dictionnaire amoureux ? L'amour peut-il vraimant s'épeler de A à Z ou, lorsqu'il s'agit d'un dictionnaire amoureux de la Grèce, d'alpha à oméga ? Qu'auraient dit en leur temps Artémise, Aphrodite, Cléopâtre, Ismène et Théodora si je leur avais murmuré : vous êtes l'alpha ou vous êtes l'oméga de ma vie ? J'imagine déjà leur rire olympien ! Et pourtant, depuis que j'ai entrepris l'écriture de ce dictionnaire, j'ai rarement éprouvé un tel plaisir à construire, inventer un livre en choisissant amoureusement les mots qui
    lui conviennent. A l'inverse de l'essai, du récit ou du roman, le dictionnaire n'implique aucune continuité dans son parcours et l'on peut parfaitement - ce qui fut mon cas - rédiger un texte sur Pégase sans être obligé pour autant de continuer par Périclès ! Ce type de livre procure donc une liberté à la fois totale et révélatrice. Totale dans la mesure où l'on est seul juge des mots à dire - ou en l'occurrence à écrire - et libératrice en cela qu'il permet de s'attarder sur des mots inconnus, oubliés, voire intimes et d'éviter, de refuser tout sujet stéréotypé, tout guide académique ou parcours universitaire. Cela devient et cela est un inventaire personnel, c'est à dire subjectif, de lieux, thèmes, objets, personnages réels ou légendaires, êtres et amis aimés. Il y a donc fatalement des absences qui ne sont pas des manques puisqu'elles sont volontaires et des présences inattendues.
    En conclusion, je dirai que le principe du dictionnaire m'a permis de revisiter la Grèce et ma mémoire d'une façon totalement neuve. Pour moi, un tel ouvrage n'est pas fait de mots disant la vie, mais de vie traduite par des mots. J.L

  • Écrit en « françois » mêlé de formes picardes et publiés à Bruges en 1480, Les « Evangiles des quenouilles » ont acquis très vite une grande popularité. Depuis longtemps, ce texte sert de référence à tous les spécialistes du folkore et de l'histoire des mentalités et, pourtant, il n'avait jamais été traduit en français moderne jusqu'à ce jour. Six femmes « sages doctoresses et inventeresses » se réunissent au cours de six veillées pour disserter à tour de rôle sur les maladies, remèdes, recettes, dictons, conseils et interdits de leur vie quotidienne. L'oeuvre anonyme recueille donc un grand nombre de croyances et de superstitions concernant les femmes. Croyances qui ne sont nulllement mortes avec le Moyen Age et dont beaucoup survivent encore dans nos campagnes.

  • Nous sommes en Anatolie, au XIIIe siècle, au temps des sultans seldjoukides et des invasions mongoles. Yunus Emré, derviche errant et poète troubadour, est la figure exemplaire d'un être à la recherche de la vérité. Ce roman, étourdissant voyage au coeur de l'Homme, prend des allures de conte quand il relate les pouvoirs miraculeux et les incroyables prodiges accomplis par les saints errants, sans pour autant nous éloigner du monde actuel par ses constantes réflexions sur les chemins et interrogations de notre époque.

  • Sourates est le résultat de l'écoute du monde environnant, menée sans aucun préalable, a priori, interdit ni censure. L'auteur propose ici une version très enrichie de son texte, à l'occasion de l'hommage qui lui sera rendu tout au long du mois de février 2005 dans le cadre de la Très Grande Bibliothèque.


  • " J'approchai l'arbre vers le soir et d'emblée je le reconnus, inchangé malgré les années. Si les arbres vieillissent autrement que les hommes, c'est qu'ils ont autre chose à nous dire. Sur son tronc, la peau s'écaillait par endroits livrant à l'air la chair à vif. Dans le canal, depuis longtemps désaffecté, lentisques et nénuphars couvaient un monde d'hydromètres, d'araignées d'eau, d'élytres bleus. J'écoutai longtemps ce silence. Puis je fermai les yeux et me glissai sous l'écorce. "
    Qui n'a pas rêvé au moins une fois de se glisser un soir sous l'écorce d'un platane et de devenir tour à tour loir, criquet, hibou, anguille, boa, escargot, grue cendrée, ou ver luisant ? Dans cette première œuvre de fiction parue en 1980, Jacques Lacarrière nous offre une incursion (on pensera à Lewis Carroll, à Michelet, à Calvino, à Fabre) dans le monde des sensations animales.


  • " Il n'est de manque véritable que le vide d'un monde privé de poésie. "

    Dans cette anthologie qu'il avait lui-même composée, Jacques Lacarrière nous livre plus de cinquante ans de voyage dans l'intimité de sa poésie, une poésie nourrie de paysages, de rencontres et de mythes.

    " Être, à chaque mot, contemporain du premier homme : Adam des mots " : telle aurait pu être la devise de celui qui partagea sa vie entre son amour de l'écriture et sa passion des civilisations anciennes. Plus célèbre pour ses romans et ses récits de voyages, il a toutefois eu un véritable parcours poétique, plus discret mais issu de rencontres déterminantes, parmi lesquelles le surréalisme avec André Breton, la négritude avec Aimé Césaire, les grands classiques de la Grèce antique, avec la traduction de Sophocle ou d'Hérodote ou la peinture de Giorgio de Chirico. S'ajoute à cette liste celle des voyages, des traversées : Patmos, l'archipel des Cyclades, le Mont Athos, mais aussi la France, entre campagne et ville.
    Celui qui chemine au creux de cette anthologie le comprend aussitôt : le tempérament nomade de son auteur imprime à cette poésie le caractère de l'éphémère, du fugitif. Les figures mythologiques, qu'elles soient argonautes, centaures, néréides ou gorgones, affluent sous la bannière de l'Immémorial Orphée - figure éternelle du poète. La contemplation des paysages, qui offre au langage ses états singuliers, cède devant le récit épique des batailles de l'Aurige, ce conducteur de char dont on retrouva la statue à Delphes. Le cri d'Icare tombant dans la mer résonne comme le cri originel de tout être humain. Cette poésie se situe entre un monde de nature et un monde par-delà la nature, empreint de mythe. De chaque mot, de chaque image, se dégage une sagesse infinie, loin de la contingence des époques, légère comme le nuage et solide comme le minéral. Car les éléments - eau, vent, feu, terre - sont partout présents, seules forces à l'épreuve du temps. Ces poèmes apparaissent donc, selon les termes de l'auteur lui-même, " bucoliques, agraires, forestiers, telluriques, aériens, nébuleux ou céréaliers. " Ils font parvenir jusqu'à nous la voix tout à fait singulière d'un bel esprit, généreux et rêveur.
    Le livre paraîtra à l'occasion de la 13e édition du Printemps des poètes (7 au 21 mars 2011), dont le thème, fort opportun, est " Infinis paysages ".



  • Un roman initiatique contemporain porté par une écriture rare.


    Dans la forêt d'Orient, située en Champagne à proximité de la ville de Troyes, un chevalier sans cheval, sans armure, sans épée, sans tournoi ? du nom d'Ancelot ? accompagné d'un perroquet ara du nom de Thoustra croisent les plus improbables personnages issus de différentes époques. On y verra à tour de rôle et dans des circonstances à chaque fois différentes un stylite perché sur sa couronne, une grue cendrée et bégayante (la forêt d'Orient est une des plus importantes réserves nationales d'oiseaux migrateurs), le Grand-Veneur d'une chasse fantôme et fantastique, une mère Lusine s'ébattant dans une vasque d'eau, un transsexuel béat et androgyne, deux jeunes troubadours de retour d'un voyage mouvementé en Orient ? Aucalette et Nicolin ?, un ermite écologiste qui ne parle qu'avec les vents, deux soeurs et deux frères siamois accolés par couples et qui parlent toutes et tous en même temps.
    Ici, les thèmes abordés, aussi contemporains soient-ils, sont traités dans un climat et un mode essentiellement fabuleux, comme une chantefable, et dans une écriture délibérément humoristique.

  • L'itinéraire intellectuel de l'un de nos plus grands hellénistes. Chemins d'écriture est avant tout l'itinéraire autobiographique et littéraire de quelques-uns de mes voyages et des livres auxquels ils donnèrent naissance. Les uns comme les autres ont jalonné ma vie au point d'en être le plus souvent indissociables. Voyages à travers la France avec Chemin faisant, années grecques avec L'Eté grec, séjours dans les déserts d'Egypte.avec Les Hommes ivres de Dieu et Marie d'Egypte, en Tunisie avec Sourates et en Turquie avec La Poussière du monde. Errance et écriture ont été - et sont toujours pour moi - les deux voies majeures menant vers toute rencontre avec les autres et vers toute connaissance de soi-même. Si errer, comme je le dis quelque part dans ce livre, c'est d'une certaine façon s'enraciner dans l'éphémère, écrire, c'est essayer de capturer cet éphémère afin de le fixer et l'enfermer dans la durée, c'est se vouloir et devenir oiseleur du Temps. Chemins d'écriture est le journal de cette fragile et hasardeuse alliance.

  • Homme-oiseau nanti d'ailes artificielles, premier aéronaute de l'espace, shaman ou initié appelé à monter au ciel, homme-papillon qui se brûle au soleil, avorton volant, homme-émissaire sacrifié et précipité dans le vide, homme volatil et sublimé, utopiste manqué et créature surgie des jeux obscurs de mots célestes, Icare est tout cela en même temps.
    Parmi toutes les figures et les clés d'interprétation proposées par Jacques Lacarrière, chaque lecteur aura le choix : cette réflexion sur un mythe inusable est prétexte à un envol aussi savant qu'imaginatif.

  • "Oui, forts et denses, éclairants, lumineux furent finalement ces jours de l'été 1944. Ces jours qui contribièrent si fortement à hâter la fin de mon adolescence. Quand les parents furent de retour, une fois la ville libérée, ils pensaient nous trouver intacts, je veux dire tels que nous étions auparavant. Mais nous avions grandi, mûri, et tant changé que s'ils avaient eu ne fût-ce qu'une once d'intuition, ils n'auraient même pas dû nous reconnaître.
    C'est à ce moment-là, quand tout autour de nous n'était que ruines, que la ville presque entière était à reconstruire et l'avenir à repenser, que je décidai seul, absolument seul (mais avec la complicité du tilleul) de ce que je ferais de ma vie : être cigale et jamais fourmi."
    Récit, roman, journal, pages d'une autobiographie réduite à quelques mois, ce texte retrace les jours tragiques et cruciaux d'août 1944 où l'auteur fut témoin des combats qui libérèrent la ville d'Orléans. Mais par ses continuelles échappées vers le passé et le futur, ses fréquentes rêveries, réflexions, diversions, Jacques Laccarière nous entraîne bien au-delà des faits décrits, dans l'engagement d'une vie qui se confond avec l'écriture.

  • Un portrait sensible de Jacques Lacarrière, voyageur insatiable, épris de nature, curieux du monde et des hommes. Et une promenade sur les itinéraires personnels de ce merveilleux humaniste.
    " On insiste peu sur la dimension spirituelle de Jacques Lacarrière ; aussi, j'apprécie particulièrement que ce beau portrait, qui paraît dix ans après qu'il nous a quittés, en souligne l'importance : elle est capitale et sous-tend toute son oeuvre, en ce qu'elle implique une idée très forte de la littérature, de ses pouvoirs et de ce qu'elle révèle de nous-mêmes. " Michel Le Bris
    Écrivain, voyageur, poète, traducteur et arpenteur de chemins de connaissance, Jacques Lacarrière occupe une place singulière dans la littérature du XXe siècle. Esprit libre, n'appartenant à aucun courant de pensée mais les appréhendant tous avec une curiosité insatiable, il s'est lancé dans une quête, en solitaire et sans préjugés, s'interrogeant sur la place de l'homme dans l'Univers et dans son rapport à Dieu et aux dieux.
    En nous faisant découvrir ses questionnements, son parcours personnel et engagé, Florence M.-Forsythe fait revivre le grand voyageur amoureux de la Grèce, le chercheur de vérité parcourant les ruelles d'Alexandrie et les déserts, reliant les civilisations du passé à celles du présent au travers de figures mythiques telles que Marie d'Égypte, Icare ou OEdipe.
    Dans ce portrait où la vie et l'oeuvre se confondent, Florence M.-Forsythe, qui a bien connu l'écrivain, nous fait découvrir, à partir d'entretiens inédits, un être secret, attentif et généreux qui cherche à concilier l'homme, la nature et l'Univers par une approche éminemment spirituelle, joyeuse et vivante.

  • Gnostics have always sought to "know" rather than to accept dogma and doctrine, often to their peril. This inquiry into Gnosticism examines the character, history, and beliefs of a brave and vigorous spiritual quest that originated in the ancient Near East and continues into the present day. Lawrence Durrell writes, "This is a strange and original essay, more a work of literature than of scholarship, though its documentation is impeccable. It is as convincing a reconstruction of the way the Gnostics lived and thought as D.H. Lawrence's intuitive recreation of the vanished Etruscans."

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