• Un portrait complet de la reine Victoria, incarnation de l'apogée de l'Empire britannique, mais personnalité paradoxale.Devenue reine à dix-huit ans en 1837, Victoria se montre tout de suite indépendante de sa mère et de l'amant de celle-ci. Elle règne seule, aimant les hommages et les fêtes avant d'épouser par amour un prince allemand, Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, avec qui elle aura neuf enfants. Leurs mariages avec des têtes couronnées valurent à la reine le surnom de " grand-mère de l'Europe ".
    Energique et autoritaire, respectant le régime parlementaire tout en ne manquant pas de manifester ses opinions et ses préférences, adorée de son peuple - du moins après son veuvage en 1861 -, dissimulant sous un masque austère des caprices, des élans, des passions, Victoria a fortement contribué à l'aura de la monarchie qui subsiste aujourd'hui. Elle meurt en 1901. Son règne, l'un des plus longs de l'histoire, marqua l'apogée de l'Empire britannique, alors première puissance mondiale. Le portrait vivant d'une femme passionnée et d'une souveraine exemplaire.

  • Horatio Nelson, célèbre par sa mort légendaire à Trafalgar, et par la colonne qui porte son nom, fut l'égal de Napoléon dans le duel homérique qui opposa la France à l'Angleterre à la fin du XVIIIe siècle. Mais quel est l'homme qui se cache derrière ces images de gloire ? En novembre 1770, un jeune garçon de douze ans, fils d'un modeste pasteur, embarque sur le Raisonnable, en qualité de midshipman. Tout frêle qu'il est, la dure vie à bord des navires de guerre de Sa Majesté britannique, le séduit. Très vite, ses prodigieuses qualités de marin sont remarquées : c'est le début d'une carrière, qui s'achève en apothéose lorsque, en octobre 1805, l'amiral Nelson monte sur le Victory et prend le commandement de la flotte anglaise. Mais Nelson n'est pas seulement un marin génial. C'est aussi un grand politique, étroitement mêlé aux destinées de l'effarant royaume de Naples, ballotté dans la tornade qui bouleverse l'Europe napoléonienne. Et c'est aussi - et peut-être surtout - un grand amoureux, que la rencontre avec la stupéfiante Emma Hamilton, va conduire au paroxysme de la passion, au scandale des aristocrates mais pour la joie du peuple d'Angleterre, qui a fait de son héros l'égal du roi. La mer, le pouvoir, l'amour : toute la vie de Nelson est là, aux prises avec ces forces bouillonnantes.

  • Quel rapport peut donc lier le procès d'un écrivain, accusé de moeurs corrompues, à celui d'un capitaine de l'armée française soupçonné de trahison ? Aucun, sera-t-on tenté de dire. Sauf si, comme le fait Jacques de Langlade, on s'intéresse à la formidable campagne de presse qui a souligné, amplifié, exalté dans les deux pays, les deux affaires dès lors exemplaires. L'Angleterre victorienne refuse de se voir dans le miroir d'immoralité, que lui propose Oscar Wilde. La France républicaine ne se reconnaît pas dans l'officier d'artillerie Alfred Dreyfus. Dès 1895, la France, rivale coloniale de l'Angleterre, condamne l'hypocrisie anglaise qui fait de Wilde le bouc émissaire de ses propres égarements. De son côté, l'Angleterre jette le discrédit sur la France revancharde qui ranime le patriotisme gaulois, sanctifie l'armée et son état-major, en clouant Alfred Dreyfus au pilori. Aussi féroces l'une que l'autre, les deux campagnes de presse ont servi de projectiles, au moment où les deux pays se disputaient la suprématie sur les territoires africains. Coupable la France de l'Affaire Dreyfus. Coupable l'Angleterre du procès Wilde. Ainsi vont les campagnes de presse en cette fin du XIXe siècle.

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