• Royauté, Renaissance et Réforme (1483-1559)
    " "France, mère des arts, des armes et des lois' : lorsque cette superbe envolée jaillit de la plume du poète officiel du Bellay en 1558, l'opération soigneusement conduite et préparée de l'adéquation d'un pays à son autorité supérieure est en train de se réaliser. CharlesVIII et Louis XII dans une moindre mesure, François Ier et Henry II surtout, en connivence avec les élites du royaume, en sont les maîtres d'œuvre. "
    J. G.
    Janine Garrisson
    Spécialiste d'histoire moderne, elle est l'auteur de nombreux ouvrages consacrés à l'histoire politique et religieuse du xvie siècle, de biographies et de romans. Elle a notamment publié L'Affaire Calas (Fayard, 2004), et Henri IV (Seuil, 1984 ; 2008).

  • Nouvelle histoire de la France moderne
    1. Janine Garrisson, Royauté, Renaissance et Réforme (1483-1559)
    2. Janine Garrisson, Guerre civile et Compromis (1559-1598)
    3. Yves-Marie Bercé, La Naissance dramatique de l'absolutisme (1598-1661)
    4. François Lebrun, La Puissance et la Guerre (1661-1715)
    5. André Zysberg, La Monarchie des Lumières (1715-1786)

  • France, XVIe siècle. L'émergence du protestantisme dans un corps social pétri de catholicisme fait éclater une gigantesque crise politique qui culmine avec l'arrivée sur le trône d'Henri de Navarre. La France allait-elle accepter de vivre sous un roi protestant ?
    Chacun sait comment, parfois sans panache, le Béarnais a triomphé des obstacles. Cet ouvrage s'attache à chercher, sous le personnage débonnaire et bien français que la tradition et l'historiographie ont régulièrement reproduit, l'homme au vrai, ses rêves, ses espoirs, ses violences et ses passions, et, surtout, ses volontés politiques.
    Où l'on s'aperçoit qu'Henri est aussi baroque que l'on peut l'être dans ces années qui finissent le XVIe siècle et commencent le XVIIe. Autoritaire, centralisateur, le premier Bourbon est apte à incarner cette entité qu'on appelle l'État. Un digne élève de Machiavel.
    Agrégée d'histoire et docteur ès lettres, Janine Garrisson fut professeur à l'université de Toulouse-le-Mirail et à celle de Limoges. Elle a publié de nombreux essais sur le XVIe siècle, consacrés au protestantisme, aux troubles politiques et sociaux et aux personnages importants de l'époque, ainsi que plusieurs romans historiques.

  • Celle que l'on nomme la reine Margot n'est pas tout à fait cette femme de luxe et de volupté que l'on s'est plu à imaginer.
    Fille d'une époque de fer et de sang, celle des guerres civiles, elle en endure les horreurs et la Saint-Barthélemy la marque à tout jamais. Princesse puis reine, elle croit pouvoir jouir des atouts de son rang. Comme un prince, comme un roi, elle affiche ses amours, elle déploie le luxe ostentatoire des puissants et participe aux clans politiques: vaine liberté, vains espoirs qui la renvoient sans cesse à elle-même, à cette femme qui ne peut exister ailleurs que dans le faste de la représentation.
    Car Marguerite subit jusque dans sa chair le joug de sa famille qui toujours l'utilise pour après la rejeter. Etre la fille de Catherine de Médicis, être la soeur de Henri III distordent sa vie et sa destinée au point de la rendre misérable. Contrainte d'épouser le huguenot Henry de Navarre, futur Henry IV, premier roi Bourbon, elle ne trouve dans cette alliance qu'incompréhensions et infidélités.
    Marguerite de Valois, femme de scandale et de volupté, sûrement! Mais que de courage, voire de témérité puisque, à la fin de sa vie, la dernière des Valois, sans renoncer à cette liberté qui lui a coûté si cher, appuie et favorise la nouvelle dynastie des Bourbons.
    Janine Garrisson, professeur émérite des universités, a écrit de nombreux ouvrages sur les périodes troublées du XVIe et du XVIIe siècle.

  • Deux millions de protestants à la mort de Calvin, un peu plus d'un million sous Henry IV. L'histoire des réformés dans la France du XVIe siècle est, d'une certaine façon, un échec.
    Isolée dans une France majoritairement catholique, la communauté protestante s'organise rapidement selon l'ordre politique préconisé par le réformateur. Mais il n'est pas facile d'appartenir à l'Eglise minoritaire. Face à la montée de l'intolérance, dès les premières persécutions déclenchées par François Ier et Henri II, les gentilshommes huguenots transforment le protestantisme en parti guerrier. Dès lors, les simples croyants sont entraînés dans des luttes qui les dépassent. Ce sera quarante ans de guerres de religion auxquelles l'édit de Nantes, venant après une douzaine d'éphémères traités de paix, mettra enfin un terme. Sur cet échiquier tragique, on imagine le désarroi des plus faibles et le courage de ceux qui ne renoncent pas.
    Et pourtant un million de protestants demeure. Ils ont la certitude d'appartenir à une race de pionniers ou de rénovateurs, une race qui pourfend l'impureté et le mensonge. Mais ils savent aussi qu'ils ne peuvent s'appuyer que sur eux-mêmes pour accomplir cette tâche gigantesque: changer l'être humain. Et en ce sens Calvin et ses héritiers spirituels ont été des prophètes: l'éducation protestante familiale et scolaire modela des hommes nouveaux tournant résolument le dos au Moyen Age et dont les valeurs se révèlent, aujourd'hui encore, modernes et efficaces.
    Janine Garrisson, spécialiste d'histoire moderne, est l'auteur de nombreux ouvrages consacrés à l'histoire politique et religieuse du XVIe siècle.

  • L'affaire Calas aurait pu, pourrait se dérouler aujourd'hui, sous nos yeux ou ailleurs. Elle aurait pu n'être qu'un simple fait divers si, comme Zola l'a fait pour Dreyfus, Voltaire n'avait pris la défense des victimes.
    Cette médiatisation met au grand jour des Lumières l'intolérance d'une ville, le mal-être d'une minorité d'anciens protestants dits « nouveaux convertis », le parti pris initial d'une instruction menée à charge sous la pression populaire. L'affaire Calas devient aux yeux des élites du temps l'archétype d'un verdict extrême rendu par intolérance.
    Jean Calas est exécuté à Toulouse en 1762 pour le meurtre de son fils qui, selon l'opinion de la ville et de ses juges, allait embrasser officiellement la confession catholique.
    Calas sera, grâce aux efforts de Voltaire, réhabilité en 1765, mais les échos de l'affaire n'en finissent pas de se faire entendre. Jusqu'à nos jours.

  • Venant après sept édits de pacification, tous éphémères, l'Edit de Nantes suscita peu d'étonnement lors de sa promulgation, comme si rien ne pouvait être acquis dans le domaine de la tolérance. Dans une France où " ceux de la Religion " étaient soumis à mille vexations dans l'exercice du culte et dans leur vie quotidienne, qui aurait pu imaginer que cette paix serait " perdurable " et qu'elle serait, ainsi que le proclamait le texte de l'édit, " le principal fondement du rétablissement de l'Etat en sa première grandeur "?
    C'est la gestation de cette paix, depuis longtemps revendiquée par une minorité, que relate ce livre. On y voit comment dans un pays déchiré par des troubles autant civils que religieux, Henri IV et une poignée de ses sujets ont su apaiser les passions et gagner les Français à l'idée de tolérance. Faire coexister deux religions dans un royaume: l'idée était encore nouvelle en Europe et, pour la réaliser, il faudra toute l'intelligence politique du roi mais aussi la pression des assemblées protestantes.
    Après des mois de discussions au cours desquelles les députés huguenots et les conseillers royaux font l'apprentissage de l'art de la négociation, le traité est enfin signé. C'est en fait un compromis entre les exigences des uns et des autres, puisque les réformés obtiennent la liberté de conscience et l'égalité des droits mais non l'entière liberté de culte. Au bout du compte, l'Edit de Nantes restitue à l'Eglise romaine sa suprématie tout en assurant aux protestants une place dans le renouveau de la civilisation française.
    Janine Garrisson, professeur émérite des universités, est l'auteur de nombreux livres sur l'histoire politique et religieuse du XVIe siècle. On lui doit en particulier Les Protestants au XVIe siècle (Fayard, 1988 et 1997) et Marguerite de Valois (Fayard, 1994). Elle a également présenté une édition annotée de l'Edit de Nantes (Atlantica, 1997).

  • Qui était donc ce Ravaillac dont le nom demeure dans notre mémoire collective comme celui du régicide ? Quelles forces obscures l'ont conduit à perpétrer l'acte sacrilège ? Enfant des guerres de Religion, François Ravaillac apparait comme un être solitaire, tourmenté, malheureux. Rejeté par l'Église alors qu'il est obsédé par le désir de lui consacrer sa vie en entrant dans les ordres, il éprouve la certitude que le Seigneur l'a chargé d'une mission essentielle, celle d'éliminer le tyran hérétique, ce roi Bourbon protecteur d'une religion réformée qui menace l'avenir du royaume et l'autorité du pape. Tout au long du chemin qui d'Angoulême à Paris le conduit vers l'acte fatal, chaque rencontre, chaque évènement est perçu par lui comme autant de signes, de messages qui le confirment dans ses certitudes.

  • En 1598 est promulgué l'édit de Nantes. En 1685, l'édit de Fontainebleau révoque l'édit de précedent. Entre ces deux dates, le protestantisme français a vécu une période de compromis avec l'Etat absolu. Mais la logique de celui-ci est contraire au maintien du pluralisme religieux.
    Jaine Garrisson retrace dans ce livre ce qui fut la condition variable des protestants français sous les Bourbons. Elle décrit leur existence, leur foi, leurs inquiétudes. Puis elle analyse le mouvement d'éradication du protestantisme de la terre de France, dont l'édit de Fontainebleau est l'aboutissement. Paradoxalement, la révocation de l'édit de Nantes n'a réussi qu'à renforcer les Etats protestants, trop heureux d'accueillir cette grande richesse humaine que furent les huguenots français dont l'exil allait sensiblement appauvrir la France.
    Janine Garrisson
    Professeur émérite des universités. Elle a notamment publié au Seuil Henri IV (1984).

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