• Extrait de la préface
    Ouvrir un livre est toujours le privilège de l'homme curieux. Ouvrir ce livre qui est entre vos mains sera le privilège de ceux qui se laisseront guider par la mémoire de Janvier Lovreglio.
    Homme curieux et atypique que Janvier Lovreglio. Né d'une famille de « baladins », son nom est associé aujourd'hui à la littérature italienne et au roman. Prédestiné à être musicien professionnel, c'est dans l'enseignement universitaire qu'il fera de nombreux émules. Né par hasard à Nice, bercé de culture italienne dès son plus jeune âge, il a servi la langue française avec application. Enfant français et immigré à la fois, il dénoncera de toutes ses forces racisme, xénophobie et antisémitisme. Auteur de romans et d'essais il nous livre ici sa vie, sans fioriture, avec recul et pudeur. Sa mémoire s'inscrit dans les pas de son « clan ». La précarité de ses jeunes années, pour ne pas dire la misère, l'ont forgé. Son chemin, difficile, ne l'a jamais amené à renoncer. Nous saluerons son perpétuel combat, dans la dignité, contre les aléas d'une vie, y compris lorsque celle-ci s'achève.

  • Myriam, parisienne de naissance mais juive d'origine polonaise croit en la bonté naturelle du genre humain. Elle a confiance en l'humanité. « Pas si méchants que ça » disait-elle des Allemands, « puisqu'ils m'ont ramenée de l'hôpital en voiture jusqu'à Paris... Pourquoi me voudraient-ils du mal... Parce que je suis juive ? Allons donc... et puis toute ma famille est française, mon père a servi dans l'autre guerre sous le drapeau français. Non, non il n'y a rien à craindre. La France et son gouvernement nous protégerons toujours ! »

  • « La tentation de Vénus » ne veut pas être un récit de science-fiction ; c'est un conte philosophique. Affirmation imprudente, pensera-t-on. Il y aurait, en effet, au niveau de la diffusion des livres, des catégories que l'on prétend tabous. Eh bien ! osons le répéter : « La tentation de Vénus » est un conte philosophique... comme les « Voyages de Gulliver » de Swift, comme « Candide » ou « Micromégas » de Voltaire, comme « Robinson Crusoë » de Daniel Defoe, et même le « Don Quichotte » de Cervantes. Car ce n'est pas un des moindres paradoxes de notre temps : les mêmes qui dédaignent volontiers le conte philosophique, persistent à voir des chefs-d'oeuvre de la littérature universelle dans des titres qui appartiennent indubitablement au genre décrié. Or l'extraordinaire récit de Janvier Lovreglio a bien toutes les qualités que l'on recherche dans ces ouvrages : le don et le goût de l'invention, l'esprit, une lucidité à la fois généreuse et satirique, et sous la finesse de l'analyse une discrète mais constante émotion. Et c'est à Swift ou à Voltaire que l'on songerait plutôt : Gennaro, le héros de « La tentation de Vénus », offrant un mélange original de Candide et de Gulliver. Ajoutons que ces sortes de livres ne se montrent convaincants que lorsque l'écriture y est à la hauteur- du sujet audacieusement traité. C'est le cas de « La tentation de Vénus »... Rien de tel pour comprendre les maux et les insuffisances de notre univers que de s'embarquer avec l'auteur pour la planète Vénus, ironique et poignante antithèse de notre Terre. Péripéties dramatiques et sentimentales tiendront alors le lecteur en haleine jusqu'à une fin imprévue qui laissera dans son esprit la trace d'une interrogation aujourd'hui essentielle. Jean Huguet

empty