• Avec "Nunuche" et "Les pompes néantes", c'est de la "bastringue" qu'il s'agit, de réalités théâtrales intempestives, de clowneries qui veulent octroyer au drame, cette prétention transcendentale, d'exister... et d'en savoir mourir. Jean Gillibert a souhaité que les "Enfers" ne soient plus seulement sous les planches et qu'il faille frapper fort - après les trois coups du "brigadier"- pour les faire surgir sur scène, à hauteur de public. Nunuche est une bouffonnerie poétique qui d'évade un peu vers la féérie...Toutes deux s'attachent à faire vivre un réalité fantastique, une surrection du réel vers le surnaturel.

  • L'auteur rend compte des difficultés sémiologiques, sémantiques, voire ontologiques, qu'a posées l'irruption de la notion de schizophrénie à la fin du XIXe siècle et dont nous portons encore l'héritage. Il rappelle que schize, inconscient et psychanalyse sont historiquement et existentiellement liés, même si Freud pensait que les schizophrénies étaient hors d'atteinte par la thérapeutique de la psychanalyse.

  • Si "la mort est toujours à vif", dans toute vie humaine, c'est qu'il n'y a pas de vie sans mort et sans cette transmission. C'est peut-être la seule métaphore réelle et non une seule opposition. Le langage de la poésie y devient l'âme du monde, mais peut-être, de nos jours, au terme d'une civilisation qui s'absente, par-delà la fragilité de l'existence individuelle...

  • Jean Gillibert dans son théâtre ici rassemblé ne se contente pas d'explorer passionnément les fourvoiements de l'histoire de son siècle; il cherche, plus encore peut-être, à rendre compte d'un autre phénomène, lui aussi moderne et non moins inquiétant : la démission des mots.
    Il aura été tour à tour dramaturge et poète, psychiatre et psychanalyste, acteur et metteur en scène, traducteur des classiques et modernes, influençant plusieurs générations d'acteurs et de dramaturges, cherchant à faire émerger un "autre théâtre".

  • J'ai exercé la psychanalyse pendant près de 40 ans. J'ai potassé Freud dans les traductions et le texte original. Toutes mes réflexions ont gravité autour de la psychanalyse comme thérapeutique et seulement comme thérapeutique. La psychanalyse ne peut-être une culture, même une néo-culture. Elle est une interprétation vivante de la vie et de la mort. Non, l'homme n'est pas un être de pulsions, pas plus qu'il n'est un être de production. Un ensemble de textes qui discutent psychanalyse et psychiatrie.

  • L'« étrange défaite » de 1940, admirablement colligée par Marc Bloch, est devenue une « impardonnable » défaite. La fascination hitlérienne - à droite comme à gauche - ne conduisait pas à la paix mais à la soumission. Dans cette pièce, un devenir, porté par un quatuor de « nobles cousins » (Shakespeare), de chair et de cendres, risque une réalité théâtrale : Auschwitz devenant un « paysage de villégiature ». En 1940, Jean Gillibert avait 15 ans. Il y est. Il y est encore.S

  • Des réflexions philosophiques « sur la scène », par l'un de ses grands auteurs, Jean Gillibert, qui n'a cessé de se battre avec la réalité du théâtre pour la mieux servir. En refusant la supposée vérité des dramaturgies « rationnelles », Gillibert visite Sénèque (en bon Romain), Claudel (en bon « Catho »), Shakespeare, dans sa fureur historique, Racine, la Revolution 89... L'auteur a pris la mesure, dans un ouvrage franc et ample, à cette réalité changeante et dans le style qu'on lui connaît.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Guérir en psychanalyse... Une série de recettes ? Faire ceci ; éviter cela ? Bien sûr, la psychanalyse est une technique : éthymologiquement un art. Art de l'interprétation, travail sur les résistances... Ce n'est pas, toutefois, à travers l'évocation courte des gestes « réducteurs » du traitement que la question est ici posée. Elle l'est sur le fond, dans sa vérité qu'il faut bien dire tragique. Car les moyens et les fins de la psychanalyse ne sont pas hédonistes : rencontre du négatif dans l'inconscient, possession-dépossédante du transfert, ambiguïté du soupçon et du devenir dans une cure qui a affaire au Logos et à l'Ananke dans l'au-delà du principe du plaisir, voilà qui ne saurait étayer le désir d'un « lâche soulagement » du symptôme ! Connaître/Guérir sont alors au coeur d'un paradoxe, si ce n'est d'une contradiction, qu'il faut, cependant, ex-hausser... La psychanalyse, donc, n'est pas une partie de plaisir ! Qu'est-ce à dire si, à suivre l'auteur, il faut encore récuser la vulgate, dans ses versions mythique ou « signifiante », et si la science du passé psycho-sexuel ne peut en rien se projeter en science de l'avenir, mais doit se heurter à l'asymétrie du destin du sujet et de l'aléatoire de l'inter-humain ? Travail, labeur du traitement sont réfléchis dans cet ouvrage dans le déploiement de leurs implications et selon les scansions de « l'être-autrement » et de « l'autrement-être ». Il y a ici volonté délibérée de mise en perspective métapsychologique de phénomènes donnés dans une expérience inouïe que les psychanalystes, curateurs après Freud, doivent « supporter »... Que l'auteur choisisse, à l'occasion, le style du rhapsode pour nous communiquer quelque chose de ces abîmes de l'exercice psychanalytique ne saurait donc surprendre : paraphrase prosaïque, faux semblants des rationalisations dogmatiques ne sauraient être de mise. Il s'agit de promouvoir une méditation déconstructive de toute « onto-phénoménologie » de l'inconscient. Avec la libre associativité de l'Esprit, nous découvrons alors la véritable essence et l'intimité d'un freudisme au vif de sa pratique.

  • Ces Jean jusqu'à Jean Nouveau, dans la suite de Jean Sans Terre - leur déploiement dans une époque dite d'après-guerre, d'après 40 surtout. Cette époque est mise en alarme à travers des personnages, des rencontres. Jean ne parle donc pas toujours de lui - car lui, c'est les autres. Jean Gillibert nous offre, avec "Exils", une suite somptueuse, tendre, grave, ironique. Poète, homme de théâtre reconnu et traducteur estimé, il est, avec ce texte, un grand prosateur.

  • Pour étudier la réalité psychique inconsciente et sexuelle, la psychanalyse a tendance à mettre en suspens, hors de son corps doctrinal, les grandes questions que sont les rapports à Dieu, au monde, et à l'homme. De ce fait, elle est devenue péremptoire, dogmatique et incapable de mettre en cause les fondements mêmes qui l'avaient déterminée. La psychanalyse causa sui, engendrée d'elle-même et n'engendrant qu'elle-même, tel est le nouveau monstre né, dit-on, d'une révolution, d'une rupture épistémologique. Je suis de ceux qui pensent que la rupture épistémologique est insuffisante et à l'établissement et à la vie - donc à la durée - d'une pensée, d'une doctrine, d'une discipline. Il faut, par récurrence, par régression, revenir aux sources de l'invention pour la faire innover...à nouveau.

  • Le Brand Design est une méthode d'innovation et de management de la marque inspirée du Design Thinking. Elle place l'humain au centre des réflexions et intègre une dimension de responsabilité sociale et environnementale. A partir des outils de conception du designer, le Brand Design procède par itérations et inclut des étapes de tests.Cet ouvrage propose d'appliquer la méthode du Design Thinking à la marque, dont le concept et l'identité doivent sans cesse s'adapter aux évolutions. Pour cela, il analyse les changements récents avant de proposer des solutions innovantes de management de la marque. Illustrés de nombreux exemples de marques et de cas pratiques, il relate des expériences concrètes de marques qui ont su intégrer une nouvelle façon de se penser et de penser leur relation au monde.   

  • A l'aéroport de Londres, Jérôme (cassé à la suite d'un grave accident d'hélicoptère) rencontre Valérie, grand reporter... L'auteur a eu le même accident que son héros. Il anime l'émission Vive la vie sur Europe 1.

  • Rescapé de deux années d'hospitalisation, c'est jeune Parisien célibataire que tu décrétais le 20 septembre, jour de l'accident, date de ton anniversaire. Ce sont les plus belles fêtes qui aient été organisées. C'était gai! Je me souviens d'un énorme gâteau avec un hélicoptère en plastique au sommet. J'avais entre cinq et dix ans, mais j'aimais ce jour plus que Noël encore. C'était celui de notre victoire. J'aimais voir tous ces gens, toutes ces belles robes, toutes ces flûtes de champagne. J'aimais que l'on me dise que ma robe était belle, mes longs cheveux noirs si brillants, que j'avais tellement grandi depuis la dernière fois. J'étais fière, pour toi. De son accident d'hélicoptère, une nuit de septembre 1979, Michel Gillibert sortait vivant mais tétraplégique. Dix jours seulement après le drame naissait sa fille Violaine. Qui n'a connu son père qu'immobilisé dans un fauteuil. Malgré le handicap, Michel Gillibert n'a jamais renoncé à vivre, bien au contraire. Dans ce texte intime et pudique, Violaine raconte comment elle a traversé toutes ces années, du père singulier à l'homme politique blessé, tout en rendant un hommage émouvant à cet homme au destin exceptionnel.

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