• Un soir d'août, le gérant d'une boutique de prêt sur gages de Montréal est abattu d'une balle dans la tête. André Surprenant, sergent-détective aux crimes majeurs du SPVM, est appelé sur les lieux bien qu'il soit en vacances.
    Pourquoi? La victime est née aux Îles-de-la-Madeleine et Surprenant s'apprête justement à s'y rendre avec sa famille pour jouir de quelques semaines de repos dans l'archipel où sa carrière d'enquêteur a pris son envol. Au grand dam de sa blonde Geneviève, il y est plongé dans une affaire complexe, où les cadavres s'accumulent.
    Havre-Aubert, les buttes des Demoiselles, la Grave avec ses cafés, ses touristes et sa marina, deviennent bientôt le centre d'une toile d'influences qui s'étend jusqu'à New York, Niagara, Montréal et Puerto Plata. À moins qu'il ne s'agisse d'une histoire de famille? Surprenant, en short, chemise hawaïenne et sous son célèbre galurin, prend l'air salin et fait parler les gens.

  • Un mercredi de printemps, à Prague, Patrick Robillard, étudiant en littérature, assiste à un concert de musique de chambre. À la clarinette, Eva, dont il devient sans remède, totalement, amoureux. Pour la conquérir, il se coiffera d'un tricorne écarlate, découvrira Mozart, fera mine de se défenestrer, prolongera son séjour à l'étranger et s'improvisera écrivain.Onze ans, deux enfants et un roman plus tard, Eva et lui ne ressemblent plus à l'indestructible bête bicéphale et quadrupède qu'ils étaient devenus en arpentant les rues de Prague... Peut-on traverser les décennies sans rencontrer de brume? Leur mariage est-il en meilleur état que leur lave-vaisselle ? Patrick remonte le fil de leur histoire pour trouver l'origine de la faille qui les sépare. Est-ce la faute du deuxième trompette qui courtise Eva ? De Mozart, la Musique incarnée? A-t-il lui-même changé, perdu quelque chose?Patrick est déterminé à élucider la question et à reconquérir sa belle. Il remet son tricorne : c'est la guerre.

  • Un an après avoir quitté les Îles-de-la-Madeleine pour s'installer à Québec, le sergent André Surprenant doit enquêter sur un délit de fuite troublant. Le cadavre d'un garçon de 12 ans, happé alors qu'il roulait à bicyclette, est retrouvé trois jours plus tard dans une rivière. Faute de témoins et d'indices, le dossier est rapidement fermé. Deux ans après l'accident, un fait nouveau éveille les soupçons de Surprenant et, contre l'avis de ses supérieurs et de ses proches, il reprend la traque du chauffard. Ses intuitions sont-elles fondées ? Se laisse-t-il entraîner par ses propres démons ?

  • Qui n´a pas un jour rêvé de partir à la recherche d´un trésor caché sur une île déserte ? Venez jouer les aventuriers en compagnie d´un trio d´adolescents bien décidés à élucider les secrets d´un célèbre corsaire !
    Guillaume Cormier, dix-sept ans, a la maladie des épaves. Habitant les îles de la Madeleine, ce fou de plongée retourne inlassablement les fonds marins à la recherche d´un indice qui pourrait le mener vers un fabuleux trésor. Disons que ça l´occupe tandis qu´il attend le retour d´Aude, son amoureuse de Québec qu´il n´a pas revue depuis plusieurs mois... Son ami Jean-Denis se moquait gentiment de ses efforts, jusqu´au jour où Guillaume a mis la main sur une petite croix argentée, au dos de laquelle sont gravées de mystérieuses inscriptions. Cela pourrait-il avoir un lien avec le trésor d´Henry Ratcliffe, le pirate de Boston ? Et si les trois amis n´étaient pas les seuls à mener cette chasse au trésor ?

  • Lorsque, une nuit d'octobre, une jeune femme est assassinée de façon mystérieuse aux Îles-de-la-Madeleine, le sergent André Surprenant refuse de croire au scénario trop lisse vers lequel pointent les indices. Il cherchera plutôt à percer les secrets des insulaires de cet univers clos et venteux, et ses méthodes peu orthodoxes l'emmèneront à tirer des conclusions imprévues.

  • Par un matin d'automne menaçant, François Robidoux prend le traversier pour effectuer sa visite mensuelle à l'Île d'Entrée, aux Îles-de-la-Madeleine. Mais le mauvais temps se met de la partie et le jeune médecin doit passer la nuit sur place. Il découvrira alors les dessous du passé des insulaires. Et lorsqu'on repêchera un cadavre au pied du Cap d'Enfer, il comprendra que c'est par la mise à jour de ce passé qu'il échappera à son destin.

  • Jacques, alias Le Fou, travaille à son mémoire de maîtrise quand il décide de changer le cours de sa trop tranquille existence. Tout vendre et partir. D'abord en Thaïlande, un pays résolument différent. Volontairement se confronter, remettre en question ses certitudes. Se laisser entraîner par une passion amoureuse. Les déplacements de Jacques seront nombreux, et son voyage intérieur sera tout aussi sinueux. N'était-ce pas ce qu'il souhaitait ? Il n'aura jamais si bien porté son surnom, car, aux échecs, le fou a une marche particulière : la diagonale. Il ne peut avancer ou reculer sans faire un pas de côté. Et dans tout apprentissage, il faut bien des détours pour arriver au but.

  • Vision de cauchemar, Francine marche dans le sentier qui longe les joncs, souriante,
    fraîche sous une chemise blanche et une jupe accordéon. Elle se dirige vers le chalet, tête haute, avec la simplicité triomphante des victimes d'injustice.
    Je reste planté sur le gazon, muet. L'apparition de Francine ne fait pas partie du scénario. J'aurais dû la prévoir. C'est une amie de la famille. Ce n'est pas parce que j'ai eu l'indélicatesse de rompre avec elle une semaine avant le mariage qu'elle se priverait du plaisir de venir saluer mes parents et m'observer en compagnie de la Reine du Massachusetts.
    Francine aborde ma mère, l'embrasse. Elle partage avec son ex-belle-mère son émotion
    de maman qui marie sa fille. Malgré ses quinze ans, elle connaît les sentiments des adultes. Elle est comme ça depuis toujours. Au père et à la mère, elle était toujours la mère. Moi, je ne faisais pas un bon père. J'étais le docteur, le bébé, le curé, n'importe qui sauf le père. J'ai même été le chien.

  • Un soir d'automne, un restaurateur de la Petite-Italie est abattu alors qu'il quitte sa pizzeria. Détail troublant: son cadavre a été amputé de la main droite. S'agit-il de l'oeuvre d'un psychopathe ou d'un règlement de comptes lié à la mafia sicilienne ? André Surprenant, nouvellement arrivé au sein de l'escouade des crimes majeurs du SPVM, tentera de démêler l'écheveau de cette enquête, dont les ramifications semblent s'étendre à sa propre histoire familiale. Qui était vraiment son oncle Roger, grâce auquel il a obtenu un poste à Montréal ? Pourquoi son père, dont la présence est de nouveau signalée à Los Angeles, a-t-il disparu en octobre 1970 ? Tandis que Surprenant essaie de faire la lumière sur son passé mais aussi sur l'identité de celui que la presse a baptisé « l'amputeur des ruelles », les victimes s'accumulent. Et, chaque fois, non loin des cadavres, on trouve une mystérieuse branche d'amélanchier.

  • Romain Leblanc est trouvé mort dans sa maison, aux Iles-de-la-Madeleine. Une carabine posée sur ses jambes, les portes verrouillées, tout laisse croire que l'homme s'est suicidé. Cependant, le sergent-détective André Surprenant est sceptique. Pourquoi Romain Leblanc, musicien au sommet de sa gloire, coureur de jupons notoire, et venant de faire un gros héritage, se serait-il enlevé la vie? Au fil de son enquête, André Surprenant découvre peu à peu que, dans cet archipel sauvage et coloré, chaque secret en cache un autre. Une intrigue policière riche en rebondissements et teintée d'humour, mettant en scène une galerie de personnages hauts en couleur. Un roman passionnant qui se dévore jusqu'à la dernière page.

  • Quinze minutes plus tard, les quatre sergents-détectives se retrouvaient dans ce qui était devenu au fil des mois leur quartier général : le « bureau » de Surprenant. Le terme ne désignait pas une pièce fermée mais plutôt, dans une salle commune, un espace de travail séparé de ses pareils par des demi-cloisons amovibles. Le lieu présentait trois attraits : il y régnait un ordre relatif, Surprenant l'avait muni d'une machine à espresso et d'un grand babillard sur roulettes, « emprunté » à l'escouade antigang. Pour l'heure, Guzman, qui chantonnait Ça plane pour moi depuis cinq minutes, y épinglait des photos de la scène de crime pendant que Brazeau, Sasseville et Surprenant dégustaient des cappuccinos.
    - Qu'est-ce qui se passe en haut ? demanda Sasseville en faisant allusion à la passe d'armes entre Guité et Lajeunesse.
    - Ce qui est sûr, c'est que ça dépasse le service, dit Surprenant. C'est au-dessus, l'hôtel de ville ou Québec. En attendant, faut avancer.
    - Allez, on se magne le cul ! lâcha Brazeau, qui aimait les vieux films français.
    Guzman épingla sa dernière photo, un gros plan de la tête scalpée de Andrew André Pereira. Surprenant ajouta trois fiches cartonnées, l'une marquée « Américain - draft dodger ? », l'autre « Maxime Trottier-Lefebvre », la dernière « FLQ-Bloc québécois ». Sasseville y alla d'une contribution, « Dominique Bernier », écrite en cursives sages et rondes.
    Guzman apporta son grain de sel :
    - Les Indiens ? Le gars a été scalpé, non ?
    - Ça plane pour moi, hou hou hou hou, chanta Brazeau pour le narguer.
    - Vous ne me prenez pas au sérieux ? Il est où, le scalp ? C'est quand même pas banal.
    - Ce qui est important, c'est le vol, dit Surprenant. Le reste, c'est de la poudre aux yeux.

  • J'ai soixante-trois ans, bientôt soixante-quatre. J'écris ces pages dans la chambre de garde de l'hôpital psychiatrique où je travaille depuis vingt-trois ans. Dans six mois, je quitterai l'établissement pour prendre, sinon une retraite définitive, du moins un long congé après lequel j'évaluerai si j'ai envie de pratiquer quelques heures par semaine la médecine. J'arrive, pour paraphraser Miron, au bout d'un long voyage abracadabrant.

    Qu'est-ce qui pousse un jeune sain d'esprit à devenir médecin? Que ressent-on quand on pénètre dans un laboratoire d'anatomie peuplé de 41 cadavres? Quand on entreprend sa première garde d'interne? Quand on doit annoncer à des parents que leur fils est en état de mort cérébrale, à un patient de 44 ans en pleine forme que son échographie révèle une masse au pancréas? Que vit un médecin au quotidien?

    Dans un récit intime et émouvant, Jean Lemieux revient sur son parcours d'omnipraticien, de ses débuts aux Îles-de-la-Madeleine jusqu'à ses années de pratique en milieu psychiatrique. Il nous emmène avec lui pendant ses gardes de nuit et dans son combat de chef de service aux prises avec la réforme du système de santé. Ce faisant, il nous livre une réflexion personnelle sur le passage du temps, la vie et la mort.

  • Le courte échelle est heureuse de rééditer dans sa toute nouvelle grille graphique l'excellent roman Le fil de la vie, de Jean Lemieux. Ce texte touchant fait partie de la série FX Bellavance, mettant en scène un garçon de huit ans curieux et observateur, qui se pose toujours de grandes questions.
    Dans cet épisode, François-Xavier se trouve confronté à une dure réalité : la mort soudaine de sa tante France. L'auteur aborde le thème du deuil avec finesse, sensibilité et un brin de fantaisie qui rend la lecture à la fois émouvante et amusante.
    « C'est le 26 décembre, à huit heures quarante-sept minutes, que le malheur, comme un éclair malfaisant, a pénétré dans notre maison. Ce matin-là, papa nous a réunis dans la cuisine pour nous annoncer que tante France avait eu un grave accident de voiture.
    J'ai senti un énorme trou se creuser dans mon ventre. Des larmes coulaient sur mes joues. Maman m'a pris dans ses bras et m'a dit : "Tu sais, FX, la vie ne tient qu'à un fil." J'ai demandé à maman à quel fil la vie tenait. Et là j'ai compris que j'avais encore posé une drôle de question. »

  • L'enfant adopté au coeur des préoccupations, mais le parent au coeur des solutions.
    Vous songez à adopter, vous êtes sur le point d´accueillir un enfant par adoption ou vous êtes déjà parent adoptant?
    Ce livre vous apportera des réponses et surtout des solutions concrètes pour exercer ce rôle de parent, à la fois semblable et différent de la parentalité biologique. Fondée sur des connaissances scientifiques solides, une longue expérience professionnelle et sur le vécu de milliers de familles adoptives, l´auteure vous offre l´essentiel de son approche éducative et psychosociale : l´adopteparentalité.
    L´Adopteparentalité est désormais une collection où l´enfant adopté est au coeur des préoccupations et le parent au coeur des solutions. Dans ce premier ouvrage, vous recevrez les 12 clés essentielles pour vous aider, vous et l´enfant, à connaître, à comprendre et à célébrer sa normalité adoptive.

  • Depuis l'avènement des technologies informatiques, une nouvelle sorte d'image existe : l'image numérique. Créée à l'aide de l'ordinateur, cette image de synthèse fera la rencontre du 7e art ; elle transformera le cinéma. L'esthétique de l'image, les méthodes de production, les possibilités expressives du média et même la mise sur le marché des films en seront profondément bouleversés.

  • L'enfant adopté et sa famille vous intéressent?? Vous songez à l'adoption?? Vous voulez faire un choix éclairé en fonction des défis et des joies de l'adoption d'un bébé tout petit, d'un enfant plus grand, d'une fratrie ou de celui qui présente des besoins spéciaux?? Vous voulez en savoir plus sur l'adoption nationale ou internationale?? Vous êtes déjà parent par adoption ou sur le point de le devenir?? Vous désirez parfaire vos connaissances pour mieux accompagner votre enfant?? Ce deuxième tome de la collection Adopteparentalité vous propose tout l'équipement nécessaire pour réussir ou mieux poursuivre votre expédition d'adoption. Du choix du type d'adoption à l'acceptation de la proposition, en passant par tous les facteurs de protection à mettre en place les années suivantes pour faciliter l'apprivoisement, l'adaptation et l'attachement, vous y trouverez de nouveaux outils concrets, inspirants et accessibles.

  • Émeutes de Villiers-le-Bel, affaire Kerviel, péripéties de l´Arche de Zoé, fiasco de la France à l´Euro de football, élection de Barack Obama, crise financière : des sujets qui se bousculent à la une des journaux télévisés, la sociologie a-t-elle quelque

  • As-tu dit non?

    T'es-tu débattue?

    Peux-tu décrire chacun de vos déplacements avant d'atterrir dans le lit?

    Comment étais-tu habillée?

    Est-ce que c'est lui qui a enlevé ta culotte?

    Dirais-tu que c'était violent?

    Qu'a-t-il dit avant de partir?

    Qu'as-tu fait après?

    Autrice, chroniqueuse et militante, Marie-Christine Lemieux-Couture livre une fiction fabriquée avec la matière qui reste après les coups, les abandons, les agressions. Collage de scènes en surimpression, mêlant poèmes, enquête policière et scénario de film, Tourner sur soi en technicolor est l'histoire bouleversante d'une femme qui se demande comment aimer quand on a été construite par le dégoût de soi et la peur de l'autre.

  • Voici un essai sur les dangers des centrales nucléaires qui donnera à réfléchir à tous les citoyens en général et aux moins de 30 ans en particulier, eux qui ne connaissent pas l´histoire de Tchernobyl, la pire catastrophe technologique du XXe siècle. Tchernobyl, c´est loin, direz-vous, mais, les effets nocifs sur la santé et l´environnement ne connaissent pas les distances et encore moins les frontières, sans parler de leurs durées inimaginables. De plus, la province voisine du Québec, l´Ontario, est truffée de centrales nucléaires...
    On y apprend, entre autres, que l´histoire post-Tchernobyl est truffée de magouilles et, contrairement à ce qu´on entend parfois, ce n´est pas uniquement parce que ça s´est passé en URSS. Même l´Organisation mondiale de la santé a été muselée dans cette affaire à cause d´une entente secrète méconnue qui la lie à l´Agence internationale de l´énergie atomique.
    En effet, l´industrie nucléaire civile est un monde tricoté serré où les experts discutent à huis clos. Leur compréhension du danger pour la santé du nucléaire et leur déni des risques d´accident sont aberrants. Cette industrie génère des polluants toxiques partout dans le monde?: au Royaume-Uni, en France, aux États-Unis, au Japon, au Canada...
    Il y a des projets de relance de cette industrie dans l´air en ce moment, une industrie qui coûte une fortune et qui est loin d´être propre. C´est le temps de soulever ces questions publiquement. L´actuelle crise des isotopes médicaux de Chalk River révèle des pratiques douteuses chez Énergie atomique du Canada limitée. Hydro-Québec a annoncé, en août 2008, son intention de rénover Gentilly-2 après avoir refusé toute consultation publique. L´Ontario devrait bientôt aller de l´avant pour construire de nouvelles centrales nucléaires.
    Ce livre explique en quoi l´énergie nucléaire diffère des autres types d´énergie et ce qui la rend si dangereuse. On y trouve aussi des témoignages post-Tchernobyl effrayants. La souffrance vécue par les gens qui ont limité les dégâts est inimaginable. La dégradation de la santé des populations vivant en territoire contaminé aussi.
    Quand on apprend en plus que la contamination radio-active est présente dans cette région du monde pour des milliers d´années, cela donne carrément froid dans le dos.

  • Depuis la fin du XXe siècle, le domaine culturel a connu une série de mutations auxquelles doivent s'adapter ses usagers et ses artisans : change­ments technologiques, industrialisation, mondialisation. Sommes-nous si différents, sur le plan culturel, de ceux qui nous précèdent et de ceux qui nous suivront ? Si oui, en quoi et pourquoi ?

    C'est à ces questions que tente de répondre le présent ouvrage. Il vise à mieux cerner et comprendre la relation entre la culture, les prati­ques culturelles et les générations. Pour ce faire, il réunit des textes de chercheurs québécois et français qui présentent les résultats de recherches portant sur différents objets culturels en lien avec divers groupes d'âge.

    Cet ouvrage s'adresse aux chercheurs et aux étudiants, aux ges­tionnaires et professionnels des secteurs public et parapublic, aux acteurs du milieu culturel ainsi qu'à toute personne intéressée par la question de l'évolution des générations et des pratiques culturelles.

  • Relater l'histoire de Félix d'Hérelle n'est pas une mince affaire : sous quel angle doit-on présenter ce scientifique autodidacte qui a notamment été fabricant de whisky à Beauceville, chocolatier à Longueuil, chasseur de sauterelles en Argentine, chercheur à l'Institut Pasteur de Paris, bactériologiste en Égypte et en Inde, professeur à l'Université Yale, et fondateur d'une des plus importantes institutions de recherche en Union Soviétique dans les années 1930?

    C'est lors de la Grande Guerre que ce Franco-Québécois fait une découverte déconcertante : de très petits microbes - les bactériophages - s'attaquent aux bactéries les plus redoutables de la dysenterie, du choléra et de la peste. D'Hérelle élabore alors une médecine originale, la phagothérapie, avec laquelle il obtient des succès cliniques qui le propulsent à l'avant-scène de la science et qui lui valent d'être nominé à vingt-huit reprises pour le prix Nobel (sans jamais le remporter).

    Nul doute que, cent ans après ses premières expériences, il existe de bonnes raisons d'applaudir la persévérance de ce chercheur obstiné et de sortir de l'oubli son invraisemblable épopée. Car si les bactériophages ont vite été détrônés par l'arrivée des antibiotiques, ils font aujourd'hui un retour en force à la fois dans la bataille médicale contre les bactéries multirésistantes et dans les laboratoires de recherche pour la mise au point de l'outil génétique CRISPR.

  • Les journalistes disposent-ils de marges de manoeuvre face à leur hiérarchie, aux contraintes économiques qui encadrent leur activité, aux stratégies de communication que développent leurs sources ? Sociologues, politistes et historiens apportent ici une réponse inattendue. À partir d'enquêtes qu'ils ont menées dans différents médias (quotidiens nationaux, régionaux, presse en ligne, agences de presse, télévision.), ils proposent, sous forme de leçons, une façon nouvelle de penser le rôle de l'inventivité personnelle et du libre arbitre dans le travail des journalistes. Cette réflexion sur la subjectivité journalistique ne contribue pas seulement à une plus fine connaissance des mondes du journalisme et de leurs évolutions actuelles. Elle soulève aussi un enjeu démocratique crucial : est-il légitime de fonder la critique des médias d'information sur la reconnaissance d'une responsabilité personnelle des journalistes ? Question dont dépend peut-être aujourd'hui, plus que jamais, l'avenir du journalisme lui-même. Cyril Lemieux est sociologue, maître de conférences à l'EHESS et membre de l'Institut Marcel Mauss.

  • Peut-on penser autrement que de façon binaire les phénomènes - construits sociaux ou réalités naturelles ? Anthropologues, sociologues, historiens et philosophes invitent à surmonter l'opposition entre constructivisme et naturalisme, proposent des voies possibles. L'enjeu est pour les sciences sociales de relever le défi que leur posent aujourd'hui le néo-darwinisme et l'évolutionnisme des sciences de la vie. L'ambition ici est d'accompagner le mouvement à travers lequel un nombre croissant de chercheurs essaient aujourd'hui, par des voies différentes, de dépasser l'opposition entre constructivisme et naturalisme et d'intégrer dans l'un ce qu'il ignore de l'autre. Pour n'en citer que quelques-unes : la voie socio-empiriste, la sociologie dite pragmatique, le naturalisme culturel, la démarche de P. Descola. Publiées en français pour la première fois, et discutées, les analyses d'Anne W. Rawls renouvellent le regard porté sur Durkheim, et notamment sur son dernier ouvrage. Elle montre que Durkheim est conduit à affirmer la priorité des pratiques sur les croyances. La relecture des Formes élémentaires de la vie religieuse peut offrir un modèle aux sciences sociales pour dépasser l'opposition entre constructivisme et naturalisme. Elle permet ainsi de faire un rapprochement inattendu avec le courant ethnométhodologique. Il en existe d'autres que des anthropologues, des sociologues, des historiens et des philosophes défendent dans cet ouvrage, à partir de leurs objets propres.

  • Que n'a-t-on dit de l'emprise qu'exerce sur les médias français l'actuel Président de la République ? Ce serait grâce à des réseaux tissés de longue date parmi les patrons de presse et à de subtils jeux d'intimidation/séduction avec les journalistes que le candidat UMP, lors de la campagne présidentielle de 2007, serait parvenu à capter à son profit le jeu médiatique et, par ce biais, à persuader une majorité d'électeurs de le porter à la tête de l'État. La sociologie peut-elle nous aider à démêler ce que ces thèses comportent de vrai ? Elle en est capable assurément, si l'on considère la quantité impressionnante de connaissances qu'elle a accumulées, depuis une soixantaine d'années, au sujet des relations entre médias et pouvoir politique. Qu'il s'agisse des processus d'inscription de certains thèmes sur l'agenda médiatique, des effets qu'ont sur le vote la publication de sondages et les mises en scène médiatiques de l'actualité, ou encore, du rôle que Internet joue désormais dans les débats publics, de telles connaissances peuvent permettre aux citoyens de résister aux effets d'imposition propres aux discours médiatiques aussi bien qu'aux amalgames trompeurs que véhicule la critique des médias souvent caricaturale. Ce livre applique et explique ce que les sciences sociales nous apprennent de ces questions en reprenant le contenu d'un blog invité du monde.fr (www.lemonde.fr) dans lequel l'auteur analysa à chaud, d'un point de vue inspiré par la sociologie, le traitement médiatique de la campagne présidentielle.

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