Biographie / Témoignage littéraire

  • « Me voilà dans le sillage d'un homme à la destinée exceptionnelle. Le dossard de "Poupou" en point de mire. Notre échappée belle. Il est désormais mon Poulidor. »
    Éternel second ? Raymond Poulidor est bien davantage. Rien ne prédestinait ce fils de paysans, qui ne pouvait se payer ni ses études ni un vélo, à devenir un grand champion. S'il n'a jamais gagné le Tour de France (mais a battu Eddy Merckx), Raymond Poulidor appartient à notre patrimoine. Supporter de toujours, le biographe Jean-Claude Lamy nous entraîne, à la manière des grands journalistes sportifs, dans l'intimité d'une icône. De Michel Audiard à René Fallet, d'Antoine Blondin à Georges Brassens, il nous raconte les amitiés, les passions, les rencontres et les coups d'éclat du cycliste, dont un duel avec Anquetil. Entre abnégation, rêves et déceptions, le parcours de « Poupou » est celui d'un passionné qui aura gravi tous les échelons pour entrer dans la légende du cyclisme mondial.

  • Le 12 janvier 1997, Jean-Edern Hallier tombe de son vélo, à Deauville, foudroyé par une crise cardiaque. L'écrivain et polémiste disparaît un an après François Mitterrand qui l'avait tant admiré puis haï au point de confier à Roland Dumas : « Ce sont des individus qui ne méritent qu'une balle dans la tête. »
    Hallier, le borgne rebelle devenu presque aveugle, fondateur du brulot L'Idiot international, n'était pas seulement l'aventurier de la vie politique jouant les Don Quichotte. De la race des grands écrivains de la seconde moitié du XXe siècle, il laisse derrière lui une oeuvre importante, publiée essentiellement aux éditions Albin Michel.
    À partir d'archives, de témoignages inédits et de souvenirs personnels, Jean-Claude Lamy évoque la vie de ce personnage dont les excès médiatiques ont souvent masqué la flamboyante inspiration jusqu'à faire de lui un histrion (« je fais ma pub et je vous emmerde », lançait-il à ses adversaires). Et il révèle le créateur qui a secoué le monde littéraire avec des livres majeurs et une liberté de ton inimaginable aujourd'hui.

  • Céleste Albaret, la gouvernante de Marcel Proust, est morte le 25 avril 1984 à l'âge de quatre-vingt-treize ans. Françoise Sagan, le 24 septembre 2004 à soixante-neuf ans. Puisée aux sources de la réalité, leur rencontre relève de la fiction. Un tête-à-tête hors du temps étayé par des éléments véridiques. Pour l'amour de Proust, leur maître absolu, les voilà enfin réunies. C'est peut-être un roman...

  • Figure de la vie montmartroise au début du XXe siècle, familier du « Lapin Agile » et du « Bateau Lavoir », proche de Max Jacob et d'Apollinaire, Pierre Mac Orlan (1882-1970) est entré dans la légende avec Le Quai des brumes, son roman le plus célèbre, adapté au cinéma par Marcel Carné. Également journaliste, poète, parolier, cet homme à l'incomparable allure a toujours cultivé le mystère de son personnage, tissant une toile de secrets sur l'histoire de sa famille et de sa jeunesse. Jean-Claude Lamy s'est penché sur l'énigme de ce bourlingueur sensible et rude, qui siégea durant vingt ans à l'Académie Goncourt aux côtés de ses amis, Colette, Dorgelès et Carco. De Montmartre aux ports de l'Océan peuplés de filles faciles et de marins de passage, l'auteur de La Bandera apparaît sous son vrai jour : un génie du roman d'aventures, à l'image de Stevenson et Kipling qu'il admirait, un rêveur toujours en partance vers un ailleurs réel ou imaginaire.

  • Journaliste au Figaro, j'ai souvent rencontré Jeanne Calment, notamment à l'occasion de ses anniversaires : le 120ème, le 121ème, le 122ème... Chaque fois j'étais sidéré par sa mémoire phénoménale, sa vivacité d'esprit, son humour surprenant... et sa prodigieuse santé de fer. Née le 21 février 1875 sous Mac-Mahon, disparue le 4 août 1997 sous Jacques Chirac, Jeanne Calment était tout à fait consciente de son statut de star planétaire. Du monde entier, des journalistes lui consacraient articles et reportages, des scientifiques s'interrogeaient sur son exceptionnelle longévité, des milliers d'admirateurs lui écrivaient. Passablement sourde, presque aveugle, mais toujours parfaitement apprêtée, parfumée, la reine Jeanne trônait dans son fauteuil et recevait sa cour dans sa chambre d'une maison de retraite d'Arles, la ville où elle était née et où elle avait toujours vécu. Etait-ce de se sentir au centre de tant d'attentions qui lui permit de vivre aussi longtemps ? Tel est mon sentiment. Jeanne Calment était la preuve que la vitalité n'est pas qu'une affaire d'ADN, mais aussi de désir, d'optimisme, de gaîté et de sociabilité. A tel point que, même à son âge, sa mort devint pour moi une énigme. J.C. L.Jean-Claude Lamy a notamment été récompensé par le Prix Goncourt de la biographie pour Prévert, les frères amis (Robert Laffont, 1997) et par le Prix Cazes-Brasserie Lipp pour Mac Orlan, l'aventurier immobile (Albin Michel, 2002). Curieux de tout, au cours de son enquête sur le « cas » Jeanne Calment, il se livre à de brillantes incursions dans les domaines de la peinture, de la littérature, des découvertes scientifiques. Ce sont 122 ans d'histoire qu'il revisite en compagnie de celle qui détient encore le record absolu de longévité.

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