Arts et spectacles

  • « Brassens ? C'est un anarchiste pour rire ! » : Paul Fort, déjà, bouleversait l'image réductrice et consacrée d'un Brassens athée et rebelle. Ce faux sauvage, fruste et intellectuel à la fois, antimilitariste et patriote, anticlérical et respectueux de la religion, dissimulait en effet un « croyant malgré lui ». C'est ce que nous révèle cette biographie qui, pour la première fois, explore la face cachée de ce « poète par vocation, chanteur par occasion » dont l'oeuvre s'inscrit dans une longue lignée qui va de François Villon à Francis Jammes. Comme eux, il partage des valeurs profondément humanistes à connotations chrétiennes, au nom d'une foi qui dépasse la dimension religieuse et le rend plus chrétien que les vrais chrétiens : Brassens est un homme libre qui sait pardonner.
    De ses engagements à ses amitiés indéfectibles, Jean-Claude Lamy nous présente à travers les témoignages de l'abbé Barrès, du père Doumairon, de Mgr Poupard, de Georges Moustaki, François Cavanna, Bernard Clavel, Raymond Devos et tant d'autres, un Brassens pudique et généreux, extrêmement cultivé et tourmenté jusqu'à ses derniers jours par une angoisse métaphysique. Un« mécréant de Dieu » d'une noblesse d'esprit et d'une exigence rares.

  • « Je pense, comme Gilles Jacob, Président du festival de Cannes, que Lars von Trier est l'un des quatre ou cinq plus grands metteurs en scène vivants. C'était une première raison de m'intéresser à lui. La seconde est plus personnelle : j'étais curieux de connaître la vérité de ce « provocateur timide » chez lequel se combinent étrangement sincérité et calcul, puritanisme et érotisme, goût de la métaphysique et sens du marketing, génie et névrose.»
    Pendant deux ans, Jean-Claude Lamy a donc dépouillé tout ce qui s'est écrit sur Lars von Trier. Au Danemark, il a discuté des dizaines d'heures avec le cinéaste, interrogé ses proches, ses collaborateurs, ses amis d'enfance, jusqu'à d'anciennes maîtresses, quelques ennemis aussi, et bon nombre des acteurs et des techniciens qui ont tourné avec lui.
    Jean-Claude Lamy nous livre un portrait décapant de cet artiste prodigieux : réalisateur et scénariste de plus d'une quinzaine de films, plusieurs fois primé à Cannes (Europa, prix du Jury en 1991, Breaking the waves, césar du meilleur film étranger en 1997, et Dancer in the Dark, palme d'or en 2000), héritier manifeste de Dreyer et Bergman, mais aussi très influencé par Tarkovsky ou Welles, inventeur du « Dogme » et d'un cinéma expérimental comme on n'en avait plus vu depuis la Nouvelle Vague.
    Jamais le travail de Lars von Trier n'avait ainsi été détaillé de l'intérieur. Artiste réputé aussi phobique que manipulateur (il confesse : « presque tout me faisait peur dans la vie, sauf réaliser un film »...), il a dirigé Bjrk, Nicole Kidman, Lauren Bacall, ou Emily Watson, donnant tour à tour de la femme une image sainte et diabolique... Plus qu'une biographie, Lamy mène une enquête, et livre les mystères d'un homme marqué par une éducation singulière et la découverte tardive d'un lourd secret familial.

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