• Six ou sept générations de Français ont vécu sous l'égide de la civilisation républicaine. De 1870 à nos jours, cet écosystème, régénéré à plusieurs reprises - après la Grande Guerre, à partir de la Libération et encore en 1958 -, a tissé un vivre-ensemble à nul autre pareil reposant sur la démocratie libérale, la laïcité, la langue, l'école et un sentiment prononcé d'appartenance à une large communauté.

    Dans la seconde moitié du XXe siècle, les Trente Glorieuses ont favorisé la mise en place de l'État providence et, après 1962, la fin des guerres coloniales a instauré une paix que les Français ne connaissaient plus depuis très longtemps. Prospérité, plein emploi, concorde civile... Comment résister à l'idée que ces temps-là sont comme un paradis perdu ?

    De multiples forces historiques sont venues miner et altérer cet équilibre. Perte du sens de l'intérêt général, dégradation de l'école qui avait aussi pour mission de porter les valeurs de l'État-nation, émergence de diverses formes de violence sociale... Sur fond de mondialisation, de crise climatique et de guerre larvée contre le terrorisme, le vivre-ensemble a dégénéré en vivre côte à côte voire en vivre face-à-face. Le tragique de l'Histoire est revenu.

    En dressant la fresque d'un siècle et demi d'une civilisation aujourd'hui presque disparue, Jean-François Sirinelli éclaire toutes les étapes d'un phénomène dont nous n'avons pas toujours eu pleine conscience. Ce faisant, il nous aide à distinguer le contingent de l'essentiel et, peut-être, à rebâtir un monde nouveau, plus propice à la vie collective.

  • La Ve République s'installe à un moment où deux processus complexes et à géométrie variable - la décolonisation, d'une part, et l'essor économique sans précédent, de l'autre - dessinent de nouveaux périmètres pour la vie de la Cité. Après un demi-siècle d'existence, ce régime, qui apparut à beaucoup comme la structure politique d'accompagnement de la modernisation du pays et de sa métamorphose, semble peiner à conduire la nouvelle mue de la société française au sein d'un monde globalisé.
    En historien, Jean-François Sirinelli observe le fonctionnement de l'écosystème quinto-républicain. Il en analyse les crises conjoncturelles et éclaire les mouvements structurels de la démocratie française de ces cinquante dernières années.

  • En 1914-1918 et 1939-1945, la France est au coeur des deux guerres mondiales : la première, d´une brutalité inouïe, la saigne de ses forces vives, la seconde la déchire de l´intérieur. À peine la reconstruction entamée, le pays voit son empire colonial disloqué et ses frontières réduites aux dimensions de l´Hexagone (1945-1962). Cette densité politique est redoublée par des crises économiques majeures, durant les années 1930 et à partir des chocs pétroliers des années 1970, qui font apparaître la période des Trente Glorieuses (1945-1975) comme une heureuse exception.

    Si l´on ajoute à cela la construction européenne, qui vient compliquer le jeu politique national, la globalisation économique, qui accélère la désindustrialisation, et la mutation sociologique majeure que représente la montée en puissance d´une culture de masse fondée sur la prolifération de l´image, du son et de l´information, on peut en conclure, avec l´auteur, que le XXe siècle est bien, pour la République française, celui de tous les bouleversements.

  • Marqué par deux guerres mondiales, la guerre d´Algérie, plusieurs régimes politiques successifs et les « Trente glorieuses », le XXe siècle a connu une mutation sociologique sans précédent et une uniformisation des pratiques socioculturelles.
    Ce manuel analyse la réalité historique sous tous ses aspects et s´attache à montrer une histoire en train de se faire, de 1914 jusqu´à 2012.

  • La France a changé, et rien désormais ne sera plus comme avant. En deux générations à peine, les Français ont radicalement modifié leurs façons de vivre, de penser et de voter, au point qu'on a pu parler de « Seconde Révolution » pour désigner les bouleversements intervenus au cours des années 1960. Ce sont ces Révolutions françaises que retrace pour nous Jean-François Sirinelli. Elles ne sont pas toutes politiques ; nombre d'entre elles concernent la vie intime des Français, ce qui les enthousiasme, les fédère ou les heurte, des Parapluies de Cherbourg au Cabu de Charlie Hebdo, de la fin de la guerre d'Algérie à la révolution introuvable de Mai 68, du règne de De Gaulle à l'ascension de Macron. Une interrogation parcourt ce livre : née sous le signe de la paix et de la prospérité, la Ve République est-elle parvenue au terme d'un cycle ? Faut-il redéfinir le modèle républicain français ? Jean-François Sirinelli est professeur émérite d'histoire contemporaine à Sciences Po. Spécialiste de la Ve République et des mutations socioculturelles de la France contemporaine, il a publié de nombreux ouvrages qui ont fait date.

  • À l'heure du succès de la world history, du dialogue tous azimuts entre les sciences sociales et du désenclavement de l'histoire politique, la compréhension du XXe siècle français exige de nouveaux outils d'analyse, un regard neuf, une critique féconde. Réflexion salutaire à laquelle se livre Jean-François Sirinelli dans cet essai qui bouscule avec bonheur nos traditionnelles grilles de lecture.
    Revisiter le siècle des deux guerres mondiales, interpréter ce temps long marqué par l'avènement de la culture de masse et l'affirmation insolente des baby-boomers, c'est d'abord faire le choix de nouvelles périodisations. Pour Jean-François Sirinelli, la césure du XXe siècle n'a pas eu lieu en 1945, mais au mitan des années 1960. C'est l'époque des adieux à l'Empire : après plus d'un siècle de domination coloniale, le pays se rétracte aux dimensions de l'Hexagone. C'est aussi l'époque de l'adieu aux armes : la guerre disparait de l'horizon national. Jean-François Sirinelli scrute cette accélération du temps qui signe les « Vingt Décisives » (1965-1985).
    Plaidoyer pour une histoire politique revivifiée, ouverte au grand large de la « culture-monde », attentive à la circulation des idées, cet essai pose aussi les jalons des grands défis qui attendent les historiens du XXIe siècle.

  • La Ve République a 60 ans. C'est toujours un moment complexe, pour un régime politique, que de passer ainsi un cap au-delà duquel la communauté nationale qui le sous-tend n'a plus de rapport historique direct avec les circonstances de son apparition ni avec la mémoire des origines qui en découla. Ainsi, qu'on se déclare favorable à son maintien ou qu'on en critique au contraire les défauts supposés, le verdict ou le diagnostic sont toujours formulés par rapport à aujourd'hui. Or c'est bien dans la durée de ses six décennies d'existence que l'on peut analyser la situation actuelle de cette République. D'autant que celle-ci est née au coeur des Trente Glorieuses et qu'elle apparut à l'époque comme la forme institutionnelle modernisée d'un écosystème républicain qui avait déjà connu, avant elle, une longue histoire. Dans un monde qui a radicalement changé en soixante ans, et qui se trouve de nos jours placé sous le double signe de la globalisation et d'une crise apparente des démocraties libérales, qu'en est-il de l'État-nation France et de la survie éventuelle de la République cinquième du nom ? Ce livre, par des allers-retours entre l'histoire des proches décennies et la situation de la France contemporaine, tente de répondre à de telles interrogations. Jean-François Sirinelli est professeur émérite d'histoire contemporaine à Sciences Po. Spécialiste de la Ve République et des mutations socioculturelles de la France contemporaine, il a publié de nombreux ouvrages qui ont fait date, dont récemment Les Révolutions françaises. 1962-2017. 

  • "Pour la première fois, l'éditeur des savoirs, les Presses Universitaires de France, et la maison de disques culturels de référence Frémeaux & Associés, s'associent pour proposer des cours particuliers sur l'histoire de France, racontée, expliquée et analysée par les plus grands universitaires.
    En près de cinq heures, cet enregistrement retrace l'histoire de France au XXe siècle, incarnée par Jean-François Sirinelli, spécialiste d'histoire politique et culturelle."
    Claude COLOMBINI FREMEAUX

  • "Pour la première fois, l'éditeur des savoirs, les Presses Universitaires de France, et la maison de disques culturels de référence Frémeaux & Associés, s'associent pour proposer des cours particuliers sur l'histoire de France, racontée, expliquée et analysée par les plus grands universitaires.
    En près de cinq heures, cet enregistrement retrace l'histoire de France au XXe siècle, incarnée par Jean François Sirinelli, spécialiste d'histoire politique et culturelle." Claude COLOMBINI FREMEAUX

  • Tout au long du XXe siècle, la ligne d´horizon de la société française a été dessinée par la croyance dans le progrès, que la République prenait en charge et incarnait tout à la fois. Mais une telle ligne d´horizon est bientôt devenue une sorte de mirage, tant le progrès est devenu une notion qui se montre et se dérobe dans le même temps. Bien plus, la règle et le consentement, qui fondent la représentation politique, loin d´être fortifiés par les prémices de la " démocratie d´opinion ", se retrouvent au contraire entre chien et loup, menacés par un extrémisme politique croissant aussi bien que par la perte de sens dans le débat politique. Si la République en tant que régime politique avait donc paru connaître une sorte d´aggiornamento au cours des années 1960, en tant qu´écosystème socioculturel elle ne connut pas alors une telle reviviscence, la grande mutation française déstabilisant la civilisation républicaine beaucoup plus qu´elle ne la réactiva.

    Un tel constat débouche sur une question essentielle : la phase de moindre rayonnement de cette civilisation, que l´on constate au terme de ces Vingt Décisives, était-elle seulement une éclipse de République, qui nimbe la vie de la Cité en ajoutant momentanément au trouble des consciences, ou bien cette République commençait-elle alors une sorte de fatale redescente depuis le firmament des valeurs d´établissement qui fondent et perpétuent la communauté nationale ?

  • Retracer la chronologie de Mai 68 ne pose plus guère de difficultés : de nombreux acteurs ont livré leurs témoignages, les archives sonores et visuelles ne manquent pas. En revanche, comprendre sans parti pris le mythe de fondation de la génération aujourd'hui aux commandes, voilà qui est plus délicat et rarement tenté. Il faut tout le souffle et toute la connaissance du XXe siècle de Jean-françois Sirinelli pour inscrire ces six ou huit folles semaines dans le temps long de notre histoire : sa science à la fois des réseaux du pouvoir et des courants qui parcourent la jeunesse lui fournit des éclairages inédits. La tâche est assurément complexe, car Mai 68 a été un véritable événement Janus, multiforme dans ses modalités comme dans sa signification.
    Incontestablement, ce livre constitue un pas décisif dans la rélfexion sur une grande crise de l'histoire nationale, dont les effets ont été majeurs sur notre société. D'autant qu'il s'interroge aussi sur ce point essentiel : comment résoudre une crise aiguë en régime démocartique et à l'âge médiatique?
    Eminent spécialiste de l'histoire de la france du XXe siècle (spécialement des questions politiques et socioculturelles), Jean-François Sirinelli enseigne à Sciences Po, où il dirigie aussi le Centre Histoire. Il a signé des ouvrages qui sont devenus de véritables classiques (Histoire des droites en France, Deux intellectuels dans le siècle : Sartre et Aron, les Baby-boomers, Les Vingt Décisives : 1965-1985, etc.), régulièrement réimprimés.

  • Les deux philosophes, nés l'un et l'autre en 1905, furent d'abord d'inséparable " petits camarades " à l'École normale supérieure entre 1924 et 1928. Le jeune Sartre, futur grand théoricien du devoir d'engagement, était alors totalement apolitique. Raymond Aron, déjà attentif à la vie politique, penchait pour sa part vers le socialisme et le pacifisme.

    Du séjour qu'ils firent l'un et l'autre en Allemagne, ils tirèrent des enseignements différents, mais c'est la guerre qui les conduira vers des évolutions radicalement divergentes. Aron passe à Londres, où il écrit dans la revue La France libre. S'il ne fait pas la Résistance brillante présentée par certains de ses zélateurs, Sartre subit le choc de la captivité et de la défaite, et a l'expérience de l'engagement à travers quelques actions de résistance intellectuelle. C'est lui qui formulera en 1945, dans le premier numéro de sa revue Les Temps modernes (auxquels Aron collabore quelque temps), la théorie du devoir d'engagement de l'intellectuel. L'influence de ses idées sera alors énorme. La presse de l'époque fera vite l'amalgame entre l' " existentialisme " et l'effervescence qui règne à Saint-Germain-des-Prés; les tirages de ses livres sont élevés, ses pièces ont un succès considérable.

    Très vite, la guerre froide partage le monde en deux et l'intelligentsia française en ressent les retombées. Sartre, d'abord violemment attaqué par le Parti communiste, s'en rapproche jusqu'à devenir, entre 1952 et 1956, un " compagnon de route ". Or ce sont précisément les intellectuels communistes et les " compagnons " que Raymond Aron dénonce à la même époque dans l'un de ses essais les plus célèbres, L'Opium des intellectuels, et au fil de sa réflexion sur le phénomène totalitaire.

    Sartre et Aron resteront frères ennemis tout au long des années 1960, symboles et porte-parole des deux versants antagoniques du milieu intellectuel, aussi bien sur les guerres coloniales finissantes et le conflit vietnamien qu'au moment de la crise de mai 1968: le premier soutient le mouvement, tandis que le second devient, aux yeux de l'extrême gauche, le symbole de l'Université " bourgeoise " et du libéralisme politique honni.

    Mais c'est précisément ce statut de penseur libéral qui, sur le tard, conférera à Raymond Aron notoriété et influence. A partir de la seconde partie des années 1970, le milieu intellectuel français connaît en effet une profonde crise idéologique: les modèles et les maîtres à penser de l'extrême gauche se trouvent dévalués, et le marxisme voit ses positions s'éroder rapidement.
    Sartre, mort en 1980, sera au cours des années suivantes souvent attaqué à titre posthume: lui qui incarna la position longtemps dominante de la gauche intellectuelle deviendra, d'une certaine façon, le responsable et le symbole des erreurs et des errances présumées de cette gauche. Dans le même temps, Raymond Aron, jusqu'à sa mort en 1983 et même après, se verra largement reconnu par ses concitoyens et porté par la vague du libéralisme.

    Professeur à l'université de Lille-III, Jean-François Sirinelli a publié chez Fayard Génération intellectuelle, Khâgneux et normaliens dans l'entre-deux- guerres (1988), Intellectuels et passions françaises (1990). Il a dirigé l'Histoire des droites en France (Gallimard, 1992) et le Dictionnaire historique de la vie politique française au XXe siècle (PUF, 1995).

  • Claude Lévi-Strauss, Georges Canguilhem, René Maheu, Paul Nizan, Georges Friedmann, Raymond Aron, Georges Lefranc, Jean-Paul Sartre : vivants ou morts, tous ont marqué la vie intellectuelle depuis 1945, à des degrés divers et selon des voies divergentes. Une trop abondante littérature a ressassé l'exposé de leurs idées, la variété de leurs opinions, la diversité de leurs engagements.
    Jean-François Sirinelli, en une démarche originale qui déjà fait date dans l'historiographie contemporaine, a, le premier, rattaché les fils de ces destins individuels à la trame collective de leur génération. Les classes d'âge nées vers 1905, adolescentes à l'ombre du premier conflit mondial, s'éveillèrent à la politique dans les années 1920, réagirent de différentes manières à la montée des périls, s'enrôlèrent - ou s'abstinrent -durant la Seconde Guerre mondiale, et certains de leurs représentants qui n'étaient morts ni au champ d'honneur de la Résistance ni devant les pelotons d'exécution de l'Épuration, arguèrent, passé 1945, que l'engagement était consubstantiel à la qualité d'intellectuel.
    Ce trajet collectif, des dizaines d'itinéraires l'ont tissé à travers des réseaux ou des institutions de sociabilité : cette génération fera ses grands choix - tels le pacifisme ou l'antifascisme - notamment parce que, étudiants en khâgne (classe préparatoire littéraire), à l'École normale supérieure ou à l'Université, certains se seraient proclamés les élèves d'Alain, le maître éveilleur de conscience, d'autres auraient milité en faveur du "Bloc des Gauches" du lycée Louis le Grand, créant ainsi des solidarités qui perdureront jusqu'à l'Occupation, puis au-delà.
    L'étude pionnière de la constitution des groupes composites qui définirent cette génération intellectuelle et de leurs mécanismes internes permet de comprendre enfin la page d'histoire qu'écrivirent, il n'y a. guère, tant les théoriciens de l'engagement permanent que les praticiens de l'intervention raisonnée par temps de crises.


    Jean-François Sirinelli, né en 1949, est professeur d'Histoire contemporaine à l'université de Lille-III. Ses recherches portent sur l'histoire politique et socioculturelle de la France au x,r siècle ainsi qu'en témoignent, entre autres, la contribution qu'il a donnée à Notre Siècle de René Rémond (Fayard, 1988) et son ouvrage Les Intellectuels en France de l'Affaire Dreyfus à nos jours (1986, en collaboration).

  • Le parcours d'un historien a son métabolisme propre, qu'il n'est négligeable ni pour l'intéressé ni pour la discipline concernée de reconstituer quand le déroulement d'une trajectoire est déjà suffisamment large pour se prêter à une mise en perspective historiographique dont la comparaison avec d'autres peut être utile et que, parallèlement, le temps qui reste s'est progressivement substitué au temps qui passe et incite à de tels regards personnels dans le rétroviseur, regards dictés non par la possible mélancolie mais par la nécessité de faire le point pour maintenir ou infléchir le cap. Un itinéraire intellectuel n'est non seulement jamais un cap fixé dès le départ, mais, de surcroît, son tracé obéit à des logiques complexes où le hasard le dispute parfois à la nécessité et où les bifur-cations, bien souvent, ne sont pas programmées.

    C'est l'un des objets de ce livre que d'examiner comment un historien souhaitant, au fil du dernier quart du XXe siècle, réfléchir sur ce siècle tout entier, loin de se contenter de suivre le sillon initial, a dû procéder tout à la fois par élargissement et par glissement. Elargissement chronologique depuis les premiers travaux consacrés à l'entre-deux-guerres et glissement épistémologique, avec le constat, bientôt pleinement assumé, que le croisement des approches culturelle et politique était une piste essentielle pour comprendre et penser le xxe siècle français.

    J.-F. S.

  • Surgie d'une explosion démographique sans précédent dans l'Histoire, la génération née entre 1945 et 1955, celle du baby-boom, grandit dans un contexte non moins exceptionnel à l'ombre de « 4 P » - progrès, prospérité, plein emploi, paix -, un cocktail qui ne se dissout que vers 1975. Ces quelque 9 ou 10 millions de Français sont tous acteurs et témoins d'une mutation anthropologique, sociale et culturelle tout à fait inédite. L'industrialisation et l'urbanisation massive scellent la fin des paysans et d'une société reposant sur l'autorité et la tradition. L'achèvement de la guerre d'Algérie assure aux jeunes adultes une paix que leurs pères et leurs aïeux n'ont jamais connue. C'est une fraction de cette jeunesse qui « fait » Mai 68 et instille, en dépit d'un brutal et profond retournement économique, le parfum libertaire qui nourrit l'effervescence des années 1970. Cette même décennie est aussi celle des avancées décisives de la condition féminine. Avec l'alternance politique de 1981, les valeurs des baby-boomers irriguent, sur fond de crise, l'action des nouvelles élites aux commandes, jusqu'à ce que la chute du mur de Berlin et la survenue de la mondialisation ne fracassent les espérances et les utopies.Au long du second XXe siècle et du XXIe commençant, cette classe d'âge aura vécu trois vies à travers trois grandes séquences : la France d'avant, les Trente Glorieuses, le grand basculement des années 1990 et 2000. Fascinant destin historique ! Même si le pouvoir politique commence à présent à leur échapper, les baby-boomers, qui profitent de l'accroissement spectaculaire de la longévité, ne quittent la scène que progressivement, et ils continuent à porter une large part des idées et des moeurs dominantes. Leurs cadets et leurs enfants voire petits-enfants, eux, ne bénéficient pas d'un alignement de planètes aussi faste...

  • Cet ouvrage, conçu par un travail d'équipe, est à un double titre un guide : de la recherche en histoire et du métier d'historien. Avec ses 355 entrées et ses 201 auteurs, il entend montrer que l'histoire est une discipline vivante, sans cesse remise sur le métier par ceux qui l'écrivent.

  • C'est à une nouvelle histoire des historiens que nous convie cet ouvrage, à la lumière d'une notion dynamique et féconde, celle de génération. Les 58 auteurs réunis dans ce volume explorent pour la première fois l'évolution de leur discipline à l'aune des " générations historiennes " qui l'ont façonnée. De Jules Michelet à nos jours...

    Trois grandes parties forment la trame de cet ouvrage choral. La première fait revivre deux siècles d'historiographie française en dressant le portrait de 14 générations qui se sont succédé depuis le début du XIXe siècle.

    La deuxième partie donne la parole à une trentaine d'historiennes et historiens nés entre 1942 et 1983, invités à retracer leur propre itinéraire. Ont-ils eu le sentiment d'appartenir ou non à une génération et de s'inscrire en rupture par rapport aux précédentes ?

    Enfin, à partir d'une quinzaine d'études de cas (la Révolution française, l'histoire coloniale, l'histoire des femmes...), la troisième partie revisite, sous l'angle générationnel, les grands débats qui agitent le champ foisonnant du travail historique.

  • L'histoire des intellectuels s'inscrit toujours à la croisée des histoires politique et socioculturelle. Le bilan dressé dans cet ouvrage prend en considération des études et analyses françaises mais aussi étrangères en tenant compte des apports de disciplines voisines qui donnent forme et sens à la vie intellectuelle.

  • Issues d'un colloque, ces contributions d'historiens témoignent de l'itinéraire, de la formation, du parcours intellectuel et de l'influence de R. Rémond, qui contribua au renouveau de l'histoire politique et religieuse française.

  • La présidence de Valéry Giscard d'Estaing a été une étape décisive dans la construction européenne. Des initiatives fondatrices sont à porter à son crédit, qu'il s'agisse de la rencontre régulière des chefs d'État et de gouvernement, de l'élection au suffrage universel des députés au Parlement européen ou de la création du système monétaire européen. Ce chantier considérable de l'histoire de l'Europe a une autre particularité, celle de reposer sur l'entente franco-allemande et sur cette singulière complicité entre le chancelier Helmut Schmidt et le président Valéry Giscard d'Estaing, dont on trouvera un fort écho dans cet ouvrage.
    Le colloque organisé par le Centre d'Histoire de Sciences Po et l'Institut pour la démocratie en Europe constitue la deuxième étape d'une étude du septennat associant les historiens et les acteurs de l'époque. Les uns ont travaillé sur des archives de première main et les autres ont pu compléter par leurs témoignages l'analyse des faits. Durant cette journée, Valéry Giscard d'Estaing a apporté son témoignage à chacune des séquences, ce qui confère à cette manifestation une place exceptionnelle dans la connaissance de l'histoire française contemporaine.
    Sous la direction de Serge Berstein, professeur émérite à l'Institut d'études politiques de Paris et Jean-François Sirinelli, professeur à l'Institut d'études politiques de Paris, directeur du Centre d'histoire de Sciences Po (Fondation nationale des sciences politiques).

  • Quinze ans après le grand panorama historiographique dressé par François Bédarida, le Comité français des sciences historiques a proposé de remettre à l'ordre du jour de son congrès un bilan d'étape. Cela ne semble pas inutile, compte tenu de la vitalité de la recherche historique française. Le renouvellement des thèmes, les pistes novatrices suggérées en particulier grâce à l'importante coopération internationale entre universitaires et chercheurs, tout cela concourt à dresser un paysage inédit de la discipline historique.
    Les textes réunis ici proposent une synthèse des principaux axes de recherche depuis 1995 en rappelant les moments historiographiques importants : une publication, un colloque ou un débat. L'objectif de ce point d'étape n'est pas d'être exhaustif, ce qui n'aurait guère de sens, mais de manifester la vigueur de la recherche française en gardant comme perspective la promotion de la science historique à l'étranger. Il ne s'agit donc pas d'une publication à usage « interne », mais bien de poser les jalons d'une réflexion d'ensemble dans le long terme sur le travail d'historien en France à l'aune de la recherche internationale.

  • Le socialisme septentrional s'est implanté il y a un siècle avec la triple élection à la Chambre des députés de Guesde, Basly et Lamendin lors du renouvellement de 1893. Ces succès faisaient suite à la retentissante élection de Paul Lafargue, gendre de Karl Marx, quelques semaines après le drame de Fourmies et aux premières conquêtes municipales de 1892. Sans céder automatiquement à la mode de la célébration des centenaires, des universitaires lillois ont jugé opportun d'engager à cette occasion une réflexion sur une idéologie et une force politique qui ont durablement marqué le passé régional Le poids des fédérations septentrionales sur l'ensemble du parti socialiste français a par ailleurs été considérable. Peut-on dans ces conditions définir une spécificité du socialisme du Nord de la France, dans quelle mesure constitue-t-il un pôle de référence constant ou a-t-il évolué au cours du siècle ?Ces interrogations ont été au coeur du colloque qui s'est tenu à l'Université Charles de Gaulle - Lille III à l'initiative du Centre d'Histoire de la Région du Nord et de l'Europe du Nord-Ouest les 3 et 4 décembre 1993 et dont nous publions les Actes dans ce volume.

  • Avant l'ouverture du colloque on pouvait légitimement s'interroger sur la pertinence du sujet ; je me suis moi-même posé la question. Cela avait-il un sens de faire de la pensée de Charles de Gaulle sur la société et son organisation l'objet d'une analyse distincte des autres aspects de sa réflexion ? Trouverait-on seulement dans ses écrits assez de textes pour nourrir une étude, dans son oeuvre assez d'initiatives pour justifier un colloque qui leur soit entièrement dédié ? La réponse apparaît, au terme de la rencontre et en conclusion de tous les rapports et des interventions, à la fois positive et nuancée : elle se module selon les questions subsidiaires entre lesquelles se décompose l'interrogation majeure.Première de ces questions : y a-t-il bien une pensée sociale du général de Gaulle ? Pour l'énoncer de façon plus concrète, quelle place a tenu dans ses préoccupations et sa réflexion ce qu'on appelait encore au temps de son adolescence la question sociale ? S'est-il à son propos composé un corps de doctrine et sous quelles influences ? A quel système a-t-il emprunté soit des principes d'analyse, soit des éléments de solution et d'organisation ? C'est à ce faisceau de questions que le colloque a consacré la meilleure part de ses travaux : c'est à les élucider qu'il a contribué le plus substantiellement. Résumons-en brièvement les apports principaux.

  • Ce livre vient clore une série déjà riche de plusieurs ouvrages et reposant sur un dialogue entre un homme politique ayant notamment exercé la magistrature suprême et des historiens dont la période de spécificité englobe les années 1970. Il s´agit, en effet, sur un sujet d´histoire proche, de faire progresser la connaissance historique en organisant la confrontation entre les analyses des chercheurs, nourries des sources déjà disponibles, et le témoignage des acteurs, en l´occurrence le président et son entourage. Jamais, jusque-là, le grand témoin présent à un colloque d´historiens n´avait occupé d´aussi hautes fonctions politiques.  Ce type de rencontre, dans le respect du statut de chacun, témoins et historiens, fournit indéniablement une valeur ajoutée en connaissance historique, à condition, bien sûr, que soient respectées les règles de recueil d´un tel matériau et qu´il soit admis que le témoignage ainsi recueilli est une source parmi d´autres, à recouper comme telle. Le lecteur, de la sorte, trouvera dans ce livre un exemple concret des méthodes des historiens du temps présent.

    Sous la direction de Serge Berstein et Jean-François Sirinelli et avec la participation de Valéry Giscard d'Estaing.

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