• 22 janvier 1915 : dans l'église de la petite commune de Neuvy-sur-Loire, en Bourgogne, on baptise un bébé de sexe féminin âgé de huit jours. Elle s'appelle Violette. Ses parents, Germaine et Baptiste Nozière, sont comblés par l'arrivée de cette enfant. Elle restera leur fille unique, qu'ils chériront jusqu'à la fin. Mais on assiste, au fil des pages, à la lente dégradation de la moralité et de l'état d'esprit d'une enfant, puis d'une adolescente, qui ne supporte plus le décalage entre son milieu familial modeste, et la vie insouciante de la jeunesse dorée qu'elle retrouve au Quartier latin. Voleuse, menteuse, mythomane, libertine, calculatrice, Violette va mener ses parents par le bout du nez jusqu'à la mort, le 21 août 1933. Suivent son arrestation, le procès, la condamnation à mort, la grâce du président de la République, la réduction de sa peine aux travaux forcés à perpétuité, la reconstruction de sa vie, sa réhabilitation et ses dernières années, pendant lesquelles elle devra lutter contre la maladie.

  • Fin 1933, la France est en ébullition. Elle connaît les premiers signes de la crise économique et sociale qui touche le monde depuis 1929. L'inquiétude gagne le pays. La presse se déchaîne : on stigmatise les relations entre les milieux politiques et financiers. Les années folles ont donné le tournis aux ambitieux qui espèrent faire fortune rapidement en se jouant de la loi. Alexandre Stavisky est l'un d'eux. À quarante-six ans, il imagine la « grande arnaque ». Il émet des faux bons de caisse au nom d'une petite banque, le Crédit municipal de Bayonne. En décembre, le scandale éclate, les porteurs de bons de caisse sont floués. Cette escroquerie devient une affaire nationale quand la police retrouve le corps inanimé de Stavisky dans un chalet de Chamonix le 9 janvier 1934. Un mois plus tard, Paris est au bord du gouffre : l'émeute du 6 février 1934 manque de renverser le gouvernement. Jamais une affaire d'escroquerie n'avait eu un prolongement politique de cette nature.

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