• Écrire une histoire de l'identité nécessite de mobiliser une documentation très variée comme une historiographie ouverte. Car l'identité emprunte des voies multiples et les marques de reconnaissance vont du plus fruste au plus élaboré. Comment s'impose la mise en registre des sujets, comment naît l'état civil en 1792, comment la biométrie complète aujourd'hui une identité déclarative et administrative par une identité scientifiquement établie... Autant de moments essentiels d'une histoire souterraine dont le fil rouge est clair cependant : le recul de l'oralité, la multiplication des déplacements imposent peu à peu d'avoir des « papiers » et c'est en somme un chapitre particulier de l'histoire de la croissance de l'État qu'il s'agit d'écrire là.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Notre temps qui a volontiers la nostalgie de la vie villageoise de jadis, la connaît mal. Si historiens et géographes ont longuement décrit les structures agraires et les groupes sociaux, la sociabilité villageoise, les solidarités, les voisinages, les tensions qui s'y manifestent ont été peu étudiés. Cet essai voudrait contribuer à combler cette lacune, tout en précisant comment les familles s'intégraient autrefois dans le cadre villageois. Mais l'essentiel du propos de ce livre est consacré à démêler les différents pouvoirs qui exercent leur autorité et rythment la vie quotidienne du village. En ces domaines, le rôle de la communauté d'habitants : assemblée, syndic, collecteurs d'impôts est primordial. Mais trois autres pouvoirs : seigneurie, paroisse, organisation de la jeunesse, concurrencent la communauté d'habitants. Et ne faut-il pas également souligner l'influence de la ville, proche ou lointaine, qui structure l'espace rural et en domine l'évolution ?

  • Notre temps qui a volontiers la nostalgie de la vie villageoise de jadis, la connaît mal. Si historiens et géographes ont longuement décrit les structures agraires et les groupes sociaux, la sociabilité villageoise, les solidarités, les voisinages, les tensions qui s'y manifestent ont été peu étudiés. Cet essai voudrait contribuer à combler cette lacune, tout en précisant comment les familles s'intégraient autrefois dans le cadre villageois. Mais l'essentiel du propos de ce livre est consacré à démêler les différents pouvoirs qui exercent leur autorité et rythment la vie quotidienne du village. En ces domaines, le rôle de la communauté d'habitants : assemblée, syndic, collecteurs d'impôts est primordial. Mais trois autres pouvoirs : seigneurie, paroisse, organisation de la jeunesse, concurrencent la communauté d'habitants. Et ne faut-il pas également souligner l'influence de la ville, proche ou lointaine, qui structure l'espace rural et en domine l'évolution ?

  • OEuvre monumentale, parue de 1932 à 1995, voici donc Le Dictionnaire de Spiritualité enfin publié intégralement de A jusqu'à Z, avec un index particulièrement utile. A beaucoup de points de vue, c'était un défi. Le pari a été tenu. On peut même dire que les fruits dépassent le projet primitif, car très vite les perspectives du début ont été amplifiées et précisées. Dans les années 30, lancer l'idée et assurer la réalisation d'un tel dictionnaire pouvait paraître, face au bloc solide du dogme catholique, une entreprise marginale concernant les techniques de prière, les états mystiques et les divers phénomènes qui parfois les accompagnent... A cette époque, la réflexion chrétienne, encadrée et limitée par une théologie dogmatique, en grande partie déductive et obligatoire, avait besoin d'un nouveau souffle. Voici que la spiritualité, fondée en même temps sur l'expérience et sur la liberté qui président à l'invention des divers chemins conduisant à Dieu, renouvelait toutes les questions... Cette révolution tranquille s'est faite lentement, sans bruit, sans excès. A sa place, avec d'autres éléments similaires, elle a préparé l'éclosion irrésistible de Vatican II ; et aujourd'hui, patiemment, elle aide à bien comprendre l'originalité et le dynamisme de ce concile... Des milliers de collaborateurs, provenant du monde entier et de tous les horizons, ont contribué à faire de ce Dictionnaire ce qu'il est : particulièrement utile à tous ceux qui veulent mieux connaître les auteurs spirituels de divers pays, suivre l'évolution des mentalités, des institutions, des grandes notions fondamentales... et plein d'intérêt pour tous les curieux. Ainsi s'est-il répandu à travers le monde entier et dans tous les milieux.

  • Dans ce volume sont rassemblés trente-sept articles qui rendent compte d'une oeuvre et d'une personnalité. Le lecteur qui connaît J.-P. Gutton retrouvera ici l'élégance du personnage à travers l'élégance de l'oeuvre. Ses préoccupations intellectuelles l'ont conduit à travailler sur cette humanité souffrante de l'ancien régime et ses thèmes de recherche conservent une grande unité, rarement aussi évidente dans un recueil d'articles. L'histoire de la société et de la culture irrigue le volume et les quatre parties ne recouvrent pas des curiosités successives, mais des chantiers constants et parallèles. Certes J.-P. Gutton a d'abord été l'historien des pauvres et des hôpitaux. C'était prendre pour objet d'étude une part considérable de la société de jadis ! Entendre la voix des pauvres n'est pas chose aisée et on admire la capacité à faire parler les « petits » à partir des archives hospitalières, judiciaires ou ecclésiastiques. J.-P. Gutton n'est pas un historien du religieux, pourtant l'Eglise et les dévots dont il parle si bien sont forcément rencontrés à toutes les pages. Il est plutôt un historien des régulations sociales. Mais ce ne sont pas tant la face répressive, « le dressage corporel » , le « disciplinamento » qui l'intéressent, que la manière dont les structures politiques et judiciaires ou l'action des notables dévots ont permis à la société des xvie-xviiie siècles de durer malgré ses hésitations entre ordre et désordre. La majorité de ces articles prennent Lyon et sa région pour illustration. Mais en aucun cas il ne s'agit d'histoire régionaliste : c'est un ancrage régional pour une problématique toujours nationale ou européenne. J.-P. Gutton est un laboureur d'archives et ces articles rendront service aux collègues toujours friands de textes pour leur enseignement. Il est aussi un adepte de la polyvalence, au bon sens du terme qui impose de ne jamais s'enfermer dans une spécialité trop étroite : étudier les pauvres, c'est étudier la législation, la fiscalité, les aléas de l'économie, l'évolution de l'Église, des mentalités, le rôle des « officiers moyens », etc... Ces études révèlent tout ce qui a peu à peu construit la modernité dans l'ancienne société.

  • Les archives des hôpitaux de l'ancienne France ont été redécouvertes il y a une trentaine d'années pour écrire l'histoire des déshérités, des pauvres autant ou plus que des malades, que ces établissements accueillaient. Du même coup on a souvent traité des idées qui ont présidé à la mise en oeuvre de l'assistance. Mais on a encore très peu étudié les hommes qui dirigeaient les hôpitaux. Membres de droit ou membres cooptés des bureaux d'administration, ils donnaient leur temps bénévolement, mais aussi assez souvent leur argent puisqu'ils faisaient des avances à l'hôpital. Ces avances rarement remboursées tenaient lieu de dons à l'occasion de la sortie de charge de ces administrateurs encore nommés recteurs. Il est vrai que le rectorat des hôpitaux constituait un beau terrain de promotion, particulièrement pour une carrière municipale. C'était, en tout cas, l'occasion d'accéder à la notabilité locale et de faire partie de ces élites qui ont marqué la société d'ancien régime. Les 12 décembre 1997 et 20 mars 1998, à l'université Lumière-Lyon 2, deux tables rondes se sont réunies, sous l'égide de l'Institut universitaire de France. Y furent présentées à la fois des analyses régionales et des analyses thématiques qui, publiées ici, constituent une première approche dans la connaissance de ce milieu original. L'enquête sera ultérieurement poursuivie hors de France.

  • Le passage par le rectorat des hôpitaux a constitué, dans la France de l'Ancien Régime, un des principaux moyens d'accès à la notabilité. Des journées d'étude, tenues en 1997 et 1998, avaient éclairé cette histoire. Les actes en ont été publics dans Les administrateurs d'hôpitaux dans la France de l'Ancien Régime, PUL, 1999. Le groupe de travail alors constitué s'est étoffé et a voulu élargir ses interrogations. Une troisième table ronde, dont ce volume rend compte, s'est déroulée le 7 décembre 2000. Elle a permis d'établir des comparaisons entre le cas français et celui de divers pays européens, mettant en valeur le rôle des Églises ou celui du prince. Elle a aussi analysé la part que les administrateurs d'hôpitaux ont prise dans la création de règles juridiques ou administratives qui définissent un statut de l'assisté ainsi qu'un statut du personnel hospitalier.

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