• "Une si dévorante soif de voir, de connaître, d'apprendre."
    Les soeurs Brontë... Ce pluriel, depuis un siècle et demi, fascine. Quand Emily écrit Les Hauts de Hurlevent, Anne publie La Recluse de Wildfell Hall, et Charlotte Jane Eyre. La première meurt à trente ans, en 1848 ; la deuxième à vingt-neuf, un an plus tard ; la troisième à trente-neuf, en 1855. Sans oublier Branwell, le frère écrivain maudit, qui disparaît lui aussi prématurément, miné par l'alcool et la tuberculose. Tous quatre étaient orphelins de mère. Quelle probabilité y avait-il pour que tous ces talents si originaux poussent ainsi à l'ombre du presbytère de Haworth ? Faute de pouvoir éclaircir totalement ce mystère, Jean-Pierre Ohl tente d'en dessiner les contours, et de comprendre ce qui, aujourd'hui encore, rend si proches de nous les enfants du pasteur Patrick Brontë.

  • Redrum

    Jean-Pierre Ohl

    Sur une île au large de l'Écosse, Stephen Gray, spécialiste de l'oeuvre de Stanley Kubrick, retrouve d'autres cinéphiles passionnés comme lui par les vieilles bandes de la Fox ou de la Warner. Il y rencontre le maître des lieux, Onésimos Némos, inventeur de la Sauvegarde - ce troublant procédé informatique qui permet de 'stocker' la personnalité des morts pour les ressusciter à la demande...
    Tout en explorant l'oeuvre de Kubrick, Stephen s'enfonce peu à peu dans un labyrinthe dont la trame semble faite de ses propres hantises. Quel secret le lie à Némos? Et quelle expérience indicible ce dernier prépare-t-il ?

    Subtil roman d'anticipation, rêverie sur le désir et suspense retors, Redrum se referme sur le lecteur comme un piège... dont il n'a pas envie de s'échapper.

  • "Toute ma nature fut tellement pénétrée par le chagrin et l'humiliation [...] qu'aujourd'hui encore, célèbre, choyé et heureux, j'oublie souvent dans mes rêves que j'ai une femme et des enfants bien-aimés, j'oublie même que je suis un homme, et je retourne vagabonder dans la désolation de cette période de ma vie."

    À douze ans, il colle des étiquettes sur des boîtes de cirage dans un entrepôt sordide au bord de la Tamise. À vingt-quatre, il publie Pickwick et devient le romancier le plus célèbre de son temps. Malgré cette ascension extraordinaire, Charles Dickens (1812-1870) n'oublia jamais "les temps difficiles" de sa jeunesse et lutta toute sa vie contre l'injustice. Il fut la figure de proue de l'Angleterre victorienne, mais aussi son imprécateur : un homme complexe, fort et fragile, humble et orgueilleux, un révolutionnaire horrifié par la violence, un romancier populaire aux audaces inouïes. Travailleur infatigable, il laisse une oeuvre immense où s'entremêlent grotesque et tragédie, dérision et engagement, onirisme et recherche formelle. Il est le romancier par excellence, transmuant le réel, comme l'écrit Chesterton, en une "substance fluide et composée appelée : Dickens".

  • Printemps 1824 : à Darlington, dans le nord de l'Angleterre, l'ingénieur George Stephenson construit la première ligne de chemin de fer. En drainant un étang, ses ouvriers découvrent un squelette qui pourrait être celui de lady Beresford, disparue vingt ans plus tôt dans des circonstances mystérieuses. Nommé bien malgré lui juge de paix, le notaire Edward Bailey, disciple de Byron et grand amateur de madère, tente de démêler un imbroglio mêlant rumeurs, légendes et polémiques autour du projet de ligne ferroviaire. Pendant ce temps, à Londres, un étrange livre retrouvé dans la prison pour dettes de la Marshalsea arrive entre les mains de l'avocat Leonard Vholes. Sa page de garde porte le sceau des Beresford. Il n'en faut pas plus pour que Vholes dévide le fil de ses souvenirs, apportant au mystère un nouvel éclairage...

    À Londres comme à Darlington, les temps sont difficiles pour les laissés-pour-compte de la révolution industrielle : le progrès ne profite pas à tout le monde, l'argent coule à flots, mais invariablement vers les mêmes poches, et le massacre de Peterloo, où la troupe a sabré des manifestants pacifiques, reste dans toutes les mémoires...

    Peuplé de personnages pittoresques - l'imperturbable clerc Snegg, le fantasque Caporal, vétéran des guerres napoléoniennes, ou le tout jeune Charles Dickens en personne -, Le chemin du diable est à la fois un malicieux hommage au roman gothique, et la chronique haute en couleur d'une période complexe dans laquelle notre propre monde plonge ses racines.

  • Qui sont vraiment les maîtres du manoir de Glenmarkie, cette bâtisse écossaise menaçant ruine, tout droit échappée d'un roman de Stevenson? Et où est donc passé le trésor de leur ancêtre Thomas Lockhart, un écrivain extravagant mort de rire en 1660? Fascinée par le génie de Lockhart, intriguée par l'obscur manège de ses descendants, la jeune Mary Guthrie explore les entrailles du manoir et tâche d'ouvrir les trente-deux tiroirs d'un prodigieux meuble à secrets.
    Ebenezer Krook est lui aussi lié aux Lockhart. À Édimbourg, dans la librairie d'un vieil excentrique, il poursuit à l'intérieur de chaque livre l'image de son père disparu.
    Les tiroirs cèdent un à un sous les doigts de Mary. Les pages tournent inlassablement entre ceux d'Ebenezer. Mais où est la vérité ? Dans la crypte des Lockhart? Au fond de Corryvreckan, ce tourbillon gigantesque où Krook faillit périr un jour? Ou bien dans les livres ?
    Peuplé de silhouettes fantasques, de personnages assoiffés de littérature qui rôdent au bord de la folie, Les maîtres de Glenmarkie brasse les époques, les lieux, et s'enroule autour du lecteur comme un tourbillon de papier. Hommage facétieux aux grands romans d'aventures, il pose et résout une singulière équation : un livre + un livre = un homme.

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