• Une toute jeune femme - qui n'est autre que l'auteur - lui-même atteint du mal de Pott - est envoyée à Berck, cité des grands malades osseux au bord de la mer du Nord, pour y faire une cure en sanatorium. La terrible maladie qui l'oblige à porter une gaine de plâtre, à s'astreindre aux régimes les plus durs, ne l'empêchera pas de vivre résolument, profondément, avec une extraordinaire lucidité, les étapes de ses souffrances, dont elle finira d'ailleurs par triompher. Pourquoi ? parce qu'elle croit en la force de la vie, en ses souvenirs heureux du pays de soleil où elle est née. Mais cette même lucidité, et cette même foi, l'amènent à pénétrer les drames de tous les « allongés » qui sont ses compagnons : des enfants innocents, qui s'interrogent sur l'injustice de leur sort ; des garçons et des filles, qui rêvent à l'amour, à la danse, à la souplesse de leur corps enfin délivré ; de cette Fanny Mazurier, qui trouve dans sa foi de quoi transfigurer son mal ; d'Alain Gilbert, dont l'extraordinaire passion obtiendra son exaucement ; de toutes ces vies mutilées, qui restent pourtant si vivantes, plus vivantes que les ordinaires existences, comme enrichies par leur épreuve.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • En 1969, venant de lire La Surprise de vivre, Marguerite Yourcenar écrivait à l'auteur : « Vous m'aviez annoncé surtout une chronique du Montpellier d'autrefois. Comment deviner que le gros manuscrit [...] contenait tant de journées d'été, de nuits tièdes au bord d'une rivière, de siestes brûlantes. Je ne m'attendais pas [...] à une si fiévreuse idylle... L'amour des deux femmes est décrit sans un mot de trop ni de trop peu. » Cette « fiévreuse idylle », en effet, insérée dans la vie d'une famille huguenote conventionnelle, se développe avec une exquise lenteur si bien que la chute de la belle Éva dans les bras de Hilda Steenes nous soulage d'une tension extrême mais parfaitement délicieuse. Comme Yourcenar, nous pouvons chercher derrière les traits de l'institutrice Miss Steenes ceux de Natalie Barney. Pourquoi pas ? Galzy ne fréquenta-t-elle pas aussi le célèbre salon ? Reste que ce roman est celui d'un choix. Prise entre son devoir de femme protestante, riche héritière terrienne et son désir flamboyant pour cette femme qui peu à peu s'installe dans sa vie, Éva va lentement choisir la rébellion face à un destin tout tracé. La Surprise de vivre est un grand roman à l'ancienne écrit par une vieille dame indigne qui nous invite à vivre, tout simplement.

  • Troisième volume de la tétralogie La surprise de la vie, ce récit se déroule entre Paris et la Camargue et relate la vie d'Amédée au début du XIXe siècle, issue d'une famille protestante, passionnée par l'élevage des chevaux et aimant les femmes.

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  • L'esprit souffle où il veut, la passion aussi. Amédée, la cavalière de Camargue, qui a connu l'ivresse de la course, a découvert la passion qu'une chanteuse de revues lui a presque imposée. La guerre les a séparées. Amédée a souffert la douleur de l'absence et a trompé comme elle l'a pu sa faim d'amour. Mais voici Elina Kranz devenue grande cantatrice pendant leurs années de séparation. Sa renommée est telle qu'elle permet à Amédée Deshandrès de se jeter à sa poursuite. Elle la rejoint à Venise où une stupeur la terrifie : Elina Kranz est devenue aveugle. Se souvient-elle même de leur rencontre d'autrefois ? Dans sa vie désordonnée ne la confond-elle pas avec d'autres ? Le doute torture Amédée : Elina se prête à elle ; mais est-ce vraiment à elle ? Et ce qu'elle lui redit de leur passé éveille-t-il en elle un véritable écho ? N'appartiennent-elles pas désormais à deux mondes différents qui n'ont même pas un passé commun ? Amédée tente de retrouver leur union, peut-être impossible, dans ce Paris d'après guerre où Fauré, Ravel, Debussy ont renouvelé l'art du chant. C'est dans ce monde avide de revivre, avec ses salons réouverts, qu'Amédée dévorée de passion, et Elina, déjà prise par d'autres appels (que lui transmet son accompagnatrice, à l'instigation d'un jeune prêtre) - cherchent en vain une impossible entente. Et Amédée vit sa passion avec d'autant plus de violence qu'elle la sent menacée. Pendant ce temps, là-bas, en Camargue, le vieux Parazol, auquel la vieillesse impose ses limites, fait une rencontre inespérée : Fabienne, l'amie de Daniel Deshandrès, lui apporte l'amour absolu qu'il n'a jamais connu et qui éblouit sa vieillesse. Cependant les autres Deshandrès poursuivent leurs vies : le peintre Arnold avec ses aventures parisiennes, Emmanuelle dans la paix de son union avec Busser, Suzanne, demeurée à Fontfrège, auprès de sa mère Jémina et de sa tante Noémi. C'est là, dans cette vieille demeure, qui paraît à l'écart de tout, que Jémina va voir surgir, de la façon la plus troublante, un jeune prêtre qui va en vain tenter de la convertir, qui lui révélera qu'il est l'enfant qu'a abandonné son fils David, et dont l'extraordinaire ressemblance avec Philippe lui donnera l'illusion de revoir ce mari qu'elle a tant aimé. Ainsi se poursuit la grande chronique des Deshandrès où le temps métamorphose les personnages, en leur offrant de nouveaux destins, et où les passions grandissent d'être incomplètement satisfaites, comme s'amplifie le chant du rossignol qu'une coutume barbare a privé de la vue.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Aucun travail d'ensemble, ressuscitant la personnalité complexe d'Agrippa d'Aubigné, n'a été tenté depuis la parution de la thèse d'Armand Garnier, il y a quelque trente ans. En ce moment où, sous prétexte d'oecuménisme, on essaie par des concessions, que d'Aubigné eût sévèrement jugées, de concilier des positions adverses, il est intéressant de rappeler les luttes du XVIe siècle pour la liberté de conscience. Il convient surtout, dans notre époque où les hautes valeurs humaines furent si peu respectées, de méditer sur la vie de lutte, de courage et la rare noblesse qui fut celle de d'Aubigné, qui sut dédaigner de tirer profit de son long compagnonnage avec Henri IV et préféra l'exil aux restrictions apportées à sa liberté. Dans cette étude Jeanne Galzy a tenté de replacer l'oeuvre énorme et multiple d'Agrippa d'Aubigné (elle s'étend du pamphlet et de la farce à la plus haute poésie) dans le contexte d'une vie mouvementée qu'elle nous présente comme un passionnant roman d'aventures. Inégal, violent et illuminé, d'Aubigné a pu être à la fois l'auteur jovial de La Confession de Sancy et des Aventures du Baron de Faeneste, le poète amoureux et ronsardisant - mais parfois douloureusement sincère - du printemps, l'historien déjà européen de l'Histoire universelle. Mais ce qui le rend grand parmi les plus grands et unique dans notre littérature, ce sont Les Tragiques, cette épopée où il passe du réalisme aux visions dantesques, et nous donne, bien avant Hugo, Baudelaire et Valéry, les images les plus saisissantes, le style le plus brûlé de passion et les vers les plus neufs, les plus inspirés et les plus beaux. Jeanne Galzy, qui a déjà écrit dans cette collection une Catherine de Médicis et une romanesque Margot, reine sans royaume, a choisi d'Aubigné pour compléter cette sorte de fresque d'un siècle foisonnant d'idées et de passions. On y trouve, à travers d'Aubigné, les problèmes qui, à peine transposés, sont les nôtres ; et une oeuvre qui, par ses hardiesses d'expression et d'images, peut nous être toujours matière d'admiration et d'enseignement.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Il y a une énigme Sand, comme il y a une énigme Récamier. Pas de même nature. Sand a prouvé surabondamment qu'elle était constituée fort normalement. Mais il est certain qu'entre l'homme viril et la femme pleinement féminine, il y a une infinité de types où les caractéristiques s'atténuent ou se mêlent... Elle a, dès qu'elle fut consciente, apporté dans l'amour la soudaineté du désir, la hardiesse, la décision viriles. Et tous ses amants, (à l'exception de Michel de Bourges, d'ailleurs frêle et maladif) sont plus jeunes qu'elle. Elle les domine. Elle les protège. A tous elle écrit, dans les moments de passion moins en femme qu'en amant... Gourmont classait les femmes en trois groupes : celles qui se prêtent, celles qui se donnent, celles qui prennent. Sand fut de celles-là. Et de l'amazone était en elle.

  • Dans une bande de jeunes désoeuvrés, fils des rois de l'industrie marseillaise, qui hantent les bars et les plages de la Côte, Maïté Servoz reste à l'écart. Elle est préservée par l'amour étroit des siens : sa tendresse pour sa mère, immobilisée à la suite d une polyomyélite, et son admiration pour son père, Oreste Servoz, doué de tous les prestiges. Oreste et Maria, comme elle les appelle, constituent sa vie. Un incident jettera en elle le trouble. Pour renseigner sur les moeurs de la jeunesse actuelle un académicien romancier en quête de sujet scabreux, garçons et filles de « la petite bande » se vantent d'échanges amoureux, d'incursions dans les paradis artificiels, d amours interdites et même d'incestes. Maïté Servoz, pour démentir l'accusation faite en son absence, ira voir Lunois qui profite habilement de son désarroi. Puis elle fuit avec un de ces princes familiers de la Côte, et reviendra de l'Iran, ne pouvant endurer l'éloignement et espérant, après l'absence, retrouver le bonheur d'autrefois, au temps où, dans l'innocence, tout était permis. Mais si Maria l'accueille, Oreste est trop déchiré. Il a trop souffert, comme d'une trahison, de son départ. Entre eux tout est faussé, et le drame se joue sans parole dans une irrespirable atmosphère. Maïté prend en vain un jeune amant, Oreste une jeune maîtresse, comme si le rassasiement des corps pouvait étouffer la passion ! Maria, impuissante, ignore tout, peut-être, tandis que père et fille s'avouent leurs liaisons, par défi. A Paris, Maïté retrouve Lunois qui est de la génération de son père. Elle cherche en lui le reflet d'Oreste et ce qu'Oreste peut donner à une fille qui pourrait être sa fille. Mais que retirera-t-elle de cette substitution ? Quel secours lui est même son jeune amant Yvan ? L'inconcevable passion dure, qu'exprime à peine un regard, mais qui ose tout dans la pénombre des songes. Un soir, la vérité éclate. Maïté rentre avec Lunois qu'elle veut quitter. Mais Oreste les voit. Il n'a pas d'arme pour tuer, sa main frappe. Maïté sent saigner sa joue tandis qu'elle s'enfuit dans la nuit. Il se jette sous un camion. Y a-t-il eu accident ou suicide ? Quel mystère cache cette mort ? Quelle réponse désespérée ? Les deux femmes ne vivent plus que de l'évocation d'Oreste où Maïté essaie de trouver l'amant ignoré. Mais pourront-elles le pleurer toujours ensemble ? Ne suffira-t-il pas d'un regard pour les transformer en rivales si Maria a tout compris ? Ce roman, pour lequel Jeanne Galzy a élu délibérément la technique la plus éprouvée, ne s'est embarrassé d'aucun freudisme. Il est direct, actuel, haletant. Il dit tout en suggérant tout, même le pire. Il pénètre dans un domaine inexploré et qui pourtant existe. Quel amour n'est-il pas charnel ?

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