Perrin

  • Dans l´Antiquité, Rome est gouvernée d´une manière très particulière et fort libérale dans les moeurs, surtout dans la seconde moitié de son histoire. Au contraire des Grecques, les femmes romaines ont non seulement droit de cité mais de décision, depuis la royauté jusqu´à la fin de l´empire, en passant par la République. Mille ans d´histoire au cours desquelles les grandes aristocrates, mais parfois d´humbles femmes, mères, épouses, (deux notions très respectées dans la Rome antique), concubines et favorites des hommes politiques de premier plan, des consuls, des conquérants, des commandants en chef, des empereurs, ont manipulé avec acharnement leurs maris, leurs enfants, leurs compagnons par leurs conseils, leurs pressions, leurs menaces, leurs ruses et leurs crimes. Elles ont en maintes occasions pris la totalité du pouvoir à Rome, tout en restant astucieusement en retrait. Certaines de ces femmes, avides de puissance, sont entrées vivantes dans la légende, transformant empereurs régnants ou empereurs possibles en jouets et en pions : les impératrices Messaline et Agrippine leur ont dérobé leurs attributions, sans hésiter à faire verser le sang, à susciter des procès iniques, à exiler et à laisser mourir de faim ceux qui s´opposaient à leurs projets de domination. Certaines d´entre elles, comme les impératrices syriennes, ont introduit un Orient ravageur dans les moeurs et la religion romaine, avant que l´impératrice Hélène, par le truchement de son fils l´empereur Constantin, permette au christianisme de se diffuser dans l´empire pour le meilleur et pour le pire. C´est leur histoire, leur vie et mieux leurs véritables épopées que raconte cet ouvrage qui témoigne que la Rome antique, malgré quelques oppositions, est féministe, et, quelles que soient les époques, est très souvent entre les mains de femmes intelligentes, ambitieuses et autoritaires, hantées jusqu´à l´obsession par l´exercice du pouvoir.

  • Une manière originale d'aborder l'histoire de l'Empire romain. Il est d'usage de prétendre que l'approche de la mort reflète toute une vie. Les empereurs romains, dont les derniers jours sont racontés dans cet ouvrage, n'échappent pas à cette constatation. Ils sont soixante-dix depuis César en 44 av. J.-C. - il n'en a pas la dignité, mais il laisse son nom et sa renommée à tous ses successeurs - jusqu'à Romulus Augustule en 476 ap. J.-C. Assassinats, maladies, lentes agonies, suicides, ou parfois même fins glorieuses face à l'ennemi, rythment les derniers souffles de ceux qui régnèrent pendant un demi-millénaire sur l'ensemble du monde connu. Pour chacun de ces empereurs, c'est le bilan de leurs vies et de leurs règnes, qu'au milieu de leurs fièvres, de leurs cauchemars et de leurs rêves, de leurs souffrances, de leurs peurs, de leurs remords et de leurs colères, ils tentent d'évaluer. L'auteur, au plus près de la documentation, leur a souvent donné la parole tout en cherchant à comprendre ce qu'ont pu être leurs ultimes pensées. Leurs morts éclairent leurs vies. Elles humanisent en quelque sorte l'Empire romain, dont ils ont été les maîtres absolus. Soudain dépouillés de tout, ils peuvent être enfin vus dans leur vérité la plus nue.

  • Hadrien

    Joël Schmidt

    Fils adoptif de Trajan, Hadrien, né en 76, est légat en Syrie lorsque, à la demande de l'armée, il succède à ce dernier en 117. Il rompt avec l'impérialisme de son prédécesseur en adoptant une politique défensive sur toutes les frontières de l'empire : il abandonne les conquêtes de Trajan au-delà de l'Euphrate pour ne conserver que l'Arabie et la Dacie, il renforce le limes germanique et fait construire en Grande-Bretagne le mur d'Hadrien. A l'intérieur, son oeuvre est essentielle et durable : il réorganise l'administration en profondeur, partage le pays en quatre districts confiés à quatre consulaires, ce qui est un moyen de marginaliser le Sénat, codifie le droit en édit perpétuel. Grand voyageur, Hadrien inspecta toutes les provinces de l'empire (de 121 à 125 puis de 128 à 134). Cet empereur pacifique et organisateur a laissé le souvenir d'un homme épris de littérature, de science, d'art et de philosophie. Les ruines de la villa portant son nom, à Tivoli, constituent l'un des témoignages le plus émouvant de l'art romain. A sa mort en 138, Hadrien, troisième empereur de la dynastie des Antonins, laisse un empire prospère et en paix. Il aura porté au plus haut l'un des principes de cette dynastie : ne pas régner par l'hérédité mais par la loi du meilleur.
    Hadrien est connu du grand public en France grâce aux Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar, roman historique magistral, mais prenant évidemment des libertés avec l'histoire. Rien n'étant paru de sérieux sur cet empereur depuis soixante ans, il importait d'apporter les vérités historiques, géographiques et chronologiques absentes de ce roman. Utilisant toutes les données de l'épigraphie, retraçant précisément les voyages d'Hadrien, Joël Schmidt s'emploie avec bonheur à restituer le vrai visage de ce souverain essentiel de l'Antiquité romaine.

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