Sciences humaines & sociales

  • Crise climatique et démographique, crise fiduciaire et économique, crise morale et religieuse : au IIIe et IVe siècle de notre ère, Rome chavire. Mais a-t-elle chuté ?
    Si l'Empire des Césars s'est peu à peu délité, que dire de l'Empire d'Orient, qui a vécu jusqu'en 1453 ? Du Saint-Empire romain germanique, jusqu'en 1806 ? Ne lit-on pas encore aujourd'hui le fameux « SPQR » sur toutes les bouches d'égout de Rome ? Survivance ou cache-misère ?
    Certes, « Rome n'est plus dans Rome ». Une chose est sûre : la romanité et le latin ont pris le relais de l'Empire, sous l'impulsion d'un nouvel acteur aux prétentions non moins universelles : l'Église chrétienne. La pourpre cardinalice s'est substituée à la pourpre des sénateurs romains. Le pape, souverain pontife comme Auguste pontifex maximus, donne toujours sa bénédiction Urbi et Orbi...
    Comme le phénix renaît de ses cendres, Rome n'est pas morte. La Ville éternelle peut-elle jamais mourir ?

  • "Bienheureux es-tu, Achille, d'avoir eu de ton vivant un ami fidèle, et, après ta mort, un grand héraut de ta gloire !" Quoique le concernant bien des mystères demeurent - son tombeau n'a jamais été retrouvé, ses écrits ont été perdus -, Alexandre III de Macédoine dit le Grand (356-323 av. J.-C.) reste un des plus fascinants héros de tous les temps. Roi de Macédoine à vingt ans, qui se lancera deux ans plus tard à la conquête d'un empire allant de la Grèce jusqu'à l'Inde, guerrier, certes, mais aussi administrateur et visionnaire, Alexandre le Grand était un homme au caractère contrasté qui, en élève du philosophe Aristote, pouvait se montrer d'une extrême clémence envers les vaincus, comme donner libre cours à sa colère et à sa cruauté. Rêvant d'une fusion entre l'Occident et l'Orient, d'un métissage entre les peuples, d'un brassage des cultures, des arts et des religions, on peut se demander quelle aurait été sa destinée s'il n'était mort, à trente-trois ans, à Babylone, vaincu par la malaria.

  • "Que chacun cherche à être utile à lui-même et aux autres." De sa naissance à la veille de sa mort, Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832) n'a cessé d'écrire. L'édition complète de ses oeuvres compte cent-cinquante volumes. Comme d'aucuns l'affirment, po

  • « La vertu produit le bonheur comme le soleil la lumière. » Une image d'Épinal nous fait de Maximilien Marie Isidore de Robespierre (1758-1794) le portrait suivant : fils d'un avocat d'Arras, il fut élu député aux États généraux, se rendit populaire aux Jacobins par la rigueur de ses principes, et s'opposa à la guerre contre l'Autriche. Joël Schmidt propose un autre regard. Robespierre, jeune juge hésitant à signer un décret de peine de mort, est transformé par la Révolution qui lui donne une pensée brillante mais déshumanisée. Admirateur enthousiaste des héros de l'ancienne Rome, il se veut tantôt Cicéron abattant les Catilina de la Révolution française, tantôt Brutus, envoyant Louis XVI à l'échafaud. Tel Caton d'Utique, il pousse son idéal jusqu'au crime et finit par approuver la Terreur. Le soir du 10 thermidor, la Révolution à laquelle il s'est tant donné le dévore à son tour : il est guillotiné avec vingt-deux de ses partisans.

  • Dans l´Antiquité, Rome est gouvernée d´une manière très particulière et fort libérale dans les moeurs, surtout dans la seconde moitié de son histoire. Au contraire des Grecques, les femmes romaines ont non seulement droit de cité mais de décision, depuis la royauté jusqu´à la fin de l´empire, en passant par la République. Mille ans d´histoire au cours desquelles les grandes aristocrates, mais parfois d´humbles femmes, mères, épouses, (deux notions très respectées dans la Rome antique), concubines et favorites des hommes politiques de premier plan, des consuls, des conquérants, des commandants en chef, des empereurs, ont manipulé avec acharnement leurs maris, leurs enfants, leurs compagnons par leurs conseils, leurs pressions, leurs menaces, leurs ruses et leurs crimes. Elles ont en maintes occasions pris la totalité du pouvoir à Rome, tout en restant astucieusement en retrait. Certaines de ces femmes, avides de puissance, sont entrées vivantes dans la légende, transformant empereurs régnants ou empereurs possibles en jouets et en pions : les impératrices Messaline et Agrippine leur ont dérobé leurs attributions, sans hésiter à faire verser le sang, à susciter des procès iniques, à exiler et à laisser mourir de faim ceux qui s´opposaient à leurs projets de domination. Certaines d´entre elles, comme les impératrices syriennes, ont introduit un Orient ravageur dans les moeurs et la religion romaine, avant que l´impératrice Hélène, par le truchement de son fils l´empereur Constantin, permette au christianisme de se diffuser dans l´empire pour le meilleur et pour le pire. C´est leur histoire, leur vie et mieux leurs véritables épopées que raconte cet ouvrage qui témoigne que la Rome antique, malgré quelques oppositions, est féministe, et, quelles que soient les époques, est très souvent entre les mains de femmes intelligentes, ambitieuses et autoritaires, hantées jusqu´à l´obsession par l´exercice du pouvoir.

  • Une manière originale d'aborder l'histoire de l'Empire romain. Il est d'usage de prétendre que l'approche de la mort reflète toute une vie. Les empereurs romains, dont les derniers jours sont racontés dans cet ouvrage, n'échappent pas à cette constatation. Ils sont soixante-dix depuis César en 44 av. J.-C. - il n'en a pas la dignité, mais il laisse son nom et sa renommée à tous ses successeurs - jusqu'à Romulus Augustule en 476 ap. J.-C. Assassinats, maladies, lentes agonies, suicides, ou parfois même fins glorieuses face à l'ennemi, rythment les derniers souffles de ceux qui régnèrent pendant un demi-millénaire sur l'ensemble du monde connu. Pour chacun de ces empereurs, c'est le bilan de leurs vies et de leurs règnes, qu'au milieu de leurs fièvres, de leurs cauchemars et de leurs rêves, de leurs souffrances, de leurs peurs, de leurs remords et de leurs colères, ils tentent d'évaluer. L'auteur, au plus près de la documentation, leur a souvent donné la parole tout en cherchant à comprendre ce qu'ont pu être leurs ultimes pensées. Leurs morts éclairent leurs vies. Elles humanisent en quelque sorte l'Empire romain, dont ils ont été les maîtres absolus. Soudain dépouillés de tout, ils peuvent être enfin vus dans leur vérité la plus nue.

  • Hadrien

    Joël Schmidt

    Fils adoptif de Trajan, Hadrien, né en 76, est légat en Syrie lorsque, à la demande de l'armée, il succède à ce dernier en 117. Il rompt avec l'impérialisme de son prédécesseur en adoptant une politique défensive sur toutes les frontières de l'empire : il abandonne les conquêtes de Trajan au-delà de l'Euphrate pour ne conserver que l'Arabie et la Dacie, il renforce le limes germanique et fait construire en Grande-Bretagne le mur d'Hadrien. A l'intérieur, son oeuvre est essentielle et durable : il réorganise l'administration en profondeur, partage le pays en quatre districts confiés à quatre consulaires, ce qui est un moyen de marginaliser le Sénat, codifie le droit en édit perpétuel. Grand voyageur, Hadrien inspecta toutes les provinces de l'empire (de 121 à 125 puis de 128 à 134). Cet empereur pacifique et organisateur a laissé le souvenir d'un homme épris de littérature, de science, d'art et de philosophie. Les ruines de la villa portant son nom, à Tivoli, constituent l'un des témoignages le plus émouvant de l'art romain. A sa mort en 138, Hadrien, troisième empereur de la dynastie des Antonins, laisse un empire prospère et en paix. Il aura porté au plus haut l'un des principes de cette dynastie : ne pas régner par l'hérédité mais par la loi du meilleur.
    Hadrien est connu du grand public en France grâce aux Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar, roman historique magistral, mais prenant évidemment des libertés avec l'histoire. Rien n'étant paru de sérieux sur cet empereur depuis soixante ans, il importait d'apporter les vérités historiques, géographiques et chronologiques absentes de ce roman. Utilisant toutes les données de l'épigraphie, retraçant précisément les voyages d'Hadrien, Joël Schmidt s'emploie avec bonheur à restituer le vrai visage de ce souverain essentiel de l'Antiquité romaine.

  • Et si la France était devenue protestante ? Cette hypothèse, qui semble a priori absurde au pays de la Saint-Barthélémy, de la révocation dramatique de l´édit de Nantes et des dragonnades de Louis XIV, a cependant bien failli être une réalité.
    En septembre 1561, un colloque réunit à Poissy protestants et catholiques, sur convocation de Catherine de Médicis. L´intention de celle-ci, alors régente du royaume pendant la minorité de Charles IX, était bien de se rapprocher de la Réforme à laquelle étaient déjà acquises les plus grandes familles de la noblesse française. Les catholiques, irréductibles bien que minoritaires, parviendront finalement à faire échouer d´extrême justesse le projet royal.
    Mais que se serait-il passé dans le cas contraire ? La face de la France en aurait été changée, tout comme celle de l´Europe.
    Cette autre histoire, Joël Schmidt nous la conte ici avec verve et érudition. D´Henri IV à la IIIe République, en passant par la Révolution, le Premier et le Second Empire, il nous révèle tout ce que le protestantisme aurait pu apporter à la France. Un passionnant essai d´histoire alternative.

  • En délaissant l'apprentissage des langues mortes, on a perdu les fondements de notre histoire. Il suffit en effet de se plonger dans l'Antiquité romaine pour comprendre combien une république est fragile. César puis Auguste furent les fossoyeurs d'une organisation politique visant la démocratie. De même, en France, les républiques furent ébranlées, mal menées. Qu'en est-il de notre actuel régime ? Joël Schmidt revisite ici les naissances et les morts de nos républiques ; il en montre la fragilité. Il dresse le panorama de régimes qui ne se ressemblent pas et qui ont façonné la vie politique. Surtout, il puise dans l'Antiquité les schémas qui semblent dessiner une histoire qui se répète.

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