• De la liberté

    John Stuart Mill

    C'est presqu'une banalité de dire que l'opinion publique gouverne à présent le monde. Le seul pouvoir qui mérite ce nom est celui des masses, ou celui des gouvernements, qui se font les organes des tendances et des instincts des masses. Ceci est aussi vrai pour les relations morales et sociales de la vie privée, que pour les transactions publiques. Ce qu'on appelle l'opinion publique n'est pas toujours l'opinion de la même sorte de public : en Amérique, le public c'est toute la population blanche ; en Angleterre, c'est simplement la classe moyenne. Mais c'est toujours une masse, c'est-à-dire une médiocrité collective. Et ce qui est encore une plus grande nouveauté, à présent la masse ne prend pas ses opinions des dignitaires de l'Église ou de l'État, ni de quelque chef ostensible, ni d'aucun livre. Son opinion est faite par des hommes à peu près à sa hauteur, qui, au moyen des journaux, s'adressent à elle ou parlent en son nom sur la question du moment. Je ne me plains pas de tout ceci. Je n'affirme pas que rien de mieux soit compatible, comme règle générale, avec l'humble état de l'esprit humain actuellement. Mais cela n'empêche pas le gouvernement de la médiocrité d'être un gouvernement médiocre.

  • Ce traité de John Stuart Mill a été publié en 1863. Il s'inspire de la morale de Bentham, fondateur de l'utilitarisme à la toute fin du XVIIIe siècle, qui partait du principe que le plaisir est l'unique but de l'existence. Mill, son disciple, a su comprendre que même une philosophie utilitaire ne saurait se passer d'une conscience et il a voulu la doter d'un sentiment du devoir et d'une obligation morale.
    Bentham avait lancé la formule : chercher le bonheur du plus grand nombre en identifiant toujours l'intérêt de l'individu à l'intérêt universel. Sans combattre ce point de vue, Mill observe qu'on trouve d'autant mieux le bonheur personnel qu'on le cherche moins, et qu'on y parvient en travaillant au bonheur des autres, à l'amélioration du sort de l'humanité.

  • Paru en 1879 sous le titre On Socialism, ce bref texte de John Stuart Mill (1806-1873), inédit en français, est issu de notes rédigées à la fin de sa vie en vue d'un futur livre sur son rapport au socialisme naissant qui l'attire tout en suscitant ses réserves.
    Attentif au sort des « classes laborieuses » depuis la révolution de 1848 et s'aidant de sa méticuleuse lecture de Louis Blanc, Mill exprime sa sympathie pour un « socialisme tempéré », non autoritaire et décentralisé - et plaide pour le développement d'une économie coopérative, autogérée mais ouverte à la libre concurrence ou à l'association égalitaire entre entrepreneurs et salariés.
    Devenu adepte d'un « libéralisme progressiste », le grand penseur libéral demeure très méfiant envers l'État et continue à placer au-dessus de tout la liberté des individus. Aussi apparaît-il dans ces pages comme le préfigurateur de ce qu'on nomme le « social-libéralisme ». D'où le double intérêt de Sur le socialisme : pour l'histoire des idées, et la compréhension des débats qui font notre actualité.

  • Premier opus de maturité de l'immense penseur et économiste anglais que fut John Stuart Mill (1806-1873), les Principles of Political Economy with some of their Applications to Social Philosophy ont été maintes fois réédités après leur parution initiale en 1848 : ils furent en effet « le traité le plus lu de la période » (Schumpeter).
    Le lecteur français n'y avait plus depuis longtemps accès, la seule traduction datant de 1864 n'ayant jamais été rééditée. Le présent volume comble cette lacune, en donnant à lire un choix raisonné des textes les plus importants du volume.
    J.S. Mill s'y montre classiquement libéral en économie, partisan de la libre concurrence et d'un « laissez-faire » qui doit demeurer la « règle générale » tout en l'assortissant de notables restrictions qui seront sa marque propre et sanctionnent sa rupture avec l'économie politique orthodoxe.
    Le lecteur y verra aussi poindre le libéral radicalement réformateur sur le plan social. Dans son chapitre sur l'« avenir des classes laborieuses », Mill prend fait et cause, exemples à l'appui, pour une distribution primaire bien plus équitable des richesses produites, par l'association du capital et du travail ou la promotion des travailleurs en auto-entrepreneurs librement associés. Idée qu'il poursuit dans son étonnant chapitre sur l'« état stationnaire », où affleurent déjà des préoccupations (malthusiennes) écologiques et la préfiguration des thèmes émancipateurs du fameux On Liberty (1859), en faveur d'une pleine liberté individuelle.

  • «Les hommes sont hommes avant d'être avocats, médecins, marchands, ou manufacturiers, et si vous en faites des hommes sensés et compétents, ils deviendront par cela même des avocats et des médecins compétents et sensés. [...] On peut être un homme de loi compétent sans avoir reçu une éducation générale; mais il appartient à l'éducation générale de donner à l'homme de loi l'esprit philosophique qui cherche des principes et les saisit, au lieu de charger sa mémoire de détails, et il en va ainsi de toutes les autres professions, y compris les métiers manuels. » John Stuart Mill

    John Stuart Mill a été nommé en 1865 recteur honoraire de l'Université de St-Andrews. Deux ans plus tard, il y prononce un discours fameux dans lequel il expose ses idées sur l'université et sur l'éducation qu'elle doit procurer à quiconque la fréquente.
    C'est ce texte qui est ici pour la première fois intégralement présenté aux lecteurs francophones. Ils y mesureront à la fois la distance qui nous sépare de l'université anglaise du XIXe siècle, mais aussi l'actualité des hautes exigences qu'avait le recteur Mill à l'égard de cette institution. Mill reste en effet un réformateur social utilitariste, démocrate et égalitariste, pour qui l'éducation doit former des personnes capables non seulement de développer leurs capacités et dispositions cognitives, émotionnelles et morales de manière à devenir autonomes, mais aussi de coopérer entre eux (et elles) afin de transformer le monde [...] (Normand Baillargeon, Antoine Beaugrand-Champagne et Camille Santerre Baillargeon)

  • Mill affirme l'existence d'une science de l'esprit à part entière qu'il nomme "psychologie". Influencé par les écrits de Comte, il essaiera d'intercaler entre la biologie et la sociologie une science fondamentale que Comte a eu, selon lui, le tort d'omettre et qui comprenait la psychologie et l'éthologie. La critique de Mill est de montrer que la psychologie est une science possible et de grande valeur et que l'analyse subjective peut être pratiquée.

  • Depuis quelque temps, on a beaucoup parlé en Angle. terre et sur le continent du Positivisme et de la Philosophie Positive. Ces expressions qui, pendant la vie de l'éminent penseur qui leur a donné cours, ne s'étaient fait jour dans d'autres écrits ni dans d'autres débats que ceux du très-petit nombre de ses disciples directs, ont enfin émergé des profondeurs de la philosophie du siècle pour venir se manifester à sa surface. On ne sait pas, très-généralement, ce qu'elles représentent, mais il est entendu qu'elles représentent quelque chose.

  • La libertà Nouv.

    Italien La libertà

    John Stuart Mill

    In 'La libertà', uno dei saggi di filosofia politica più influenti della storia moderna, John Stuart Mill si interroga sul concetto di libertà e le sue forme. Cos'è la libertà? Cosa deve fare lo stato per garantirla? Cosa, invece, devono fare gli individui per assicurarsela, per sé e per gli altri? Delineando i limiti di ciò che può essere definito "libertà", Mill emerge come appassionato sostenitore della diversità e antagonista dell'univocità. Per il filosofo inglese, la libertà non è il totalitarismo di un'unica opinione condivisa ma una costellazione in continua espansione di punti di vista e scelte personali.



    John Stuart Mill (1806-1873) è stato un filosofo ed economista inglese. Considerato uno dei padri nobili del liberalismo politico ed economico, le sue opere spaziano attraverso gli argomenti e i campi del sapere, dal femminismo di 'La servitù delle donne' all'intramontabile esplorazione del concetto di "libertà" in 'La libertà'.

  • A prodigiously brilliant thinker who sharply challenged the beliefs of his age, the political and social radical John Stuart Mill was the most influential English-speaking philosopher of the nineteenth century. Regarded as one of the sacred texts of liberalism, his great work On Liberty argues lucidly that any democracy risks becoming a 'tyranny of opinion' in which minority views are suppressed if they do not conform with those of the majority. Written in the same period as On Liberty, shortly after the death of Mill's beloved wife and fellow-thinker Harriet, The Subjection of Women stresses the importance of equality for the sexes. Together, the works provide a fascinating testimony to the hopes and anxieties of mid-Victorian England, and offer a compelling consideration of what it truly means to be free.

  • 'Over himself, over his own body and mind, the individual is sovereign.' To this 'one very simple principle' the whole of Mill's essay On Liberty is dedicated. While many of his immediate predecessors and contemporaries, from Adam Smith to Godwin and Thoreau, had celebrated liberty, it was Mill who organized the idea into a philosophy, and put it into the form in which it is generally known today.
    The editor of this essay, Gertrude Himmelfarb records responses to Mill's books and comments on his fear of 'the tyranny of the majority'. Dr Himmelfarb concludes that the same inconsistencies which underlie On Liberty continue to complicate the moral and political stance of liberals today.

  • These two essays by John Stuart Mill, England's greatest nineteenth-century philosopher, are the fruit of six hundred years of progressive thought about individual rights and the responsibilities of society. Together they provide the moral and theoretical justification for liberal democracy as we know it, and their incalculable influence on modern history testifies not only to the force of their arguments, but also to the power ideas can have over human affairs.
    From the Hardcover edition.

  • The writings of John Stuart Mill have become the cornerstone of political liberalism. Collected for the first time in this volume are Mill's three seminal and most widely read works: On Liberty, The Subjection of Women, and Utilitarianism. A brilliant defense of individual rights versus the power of the state, On Liberty is essential reading for anyone interested in political thought and theory. As Bertrand Russell reflected, "On Liberty remains a classic . . . the present world would be better than it is, if [Mill's] principles were more respected."
    This Modern Library Paperback Classics edition includes newly commissioned endnotes and commentary by Dale E. Miller, and an index.
    From the Trade Paperback edition.

  • Collected here in a single volume for the first time, On Liberty, Utilitarianism, Considerations on Representative Government, and The Subjection of Women show Mill applying his liberal utilitarian philosophy to a range of issues that remain vital today - issues of the nature of ethics, the scope and limits of individual liberty, the merits of and costs of democratic government, and the place of women in society.

    In his Introduction John Gray describes these essays as applications of Mill's doctrine of the Art of Life, as set out in A System of Logic. Using the resources of recent revisionist scholarship, he shows Mill's work to be far richer and subtler than traditional interpretations allow. - ;Collected here in a single volume for the first time, On Liberty, Utilitarianism, Considerations on Representative Government, and The Subjection of Women show Mill applying his liberal utilitarian philosophy to a range of issues that remain vital today - issues of the nature of ethics, the scope and limits of individual liberty, the merits of and costs of democratic government, and the place of women in society.

    In his Introduction John Gray describes these essays as applications of Mill's doctrine of the Art of Life, as set out in A System of Logic. Using the resources of recent revisionist scholarship, he shows Mill's work to be far richer and subtler than traditional interpretations allow. - ;On Liberty; Utilitarianism; Considerations on Representative Government; The Subjection of Women -

  • Le sujet de ce livre n'est pas le libre arbitre, mais bien la liberté sociale ou civile, c'est-à-dire la nature et les limites du pouvoir qui peut être légitimement exercé par la société sur l'individu.
    Aucune société n'est libre, quelle que puisse être la forme de son gouvernement, si ces libertés n'y sont pas à tout prendre respectées ; et aucune n'est complètement libre, si ces libertés n'y existent pas d'une façon absolue et sans réserve.
    La seule liberté qui mérite ce nom, est celle de chercher notre propre bien à notre propre façon, aussi longtemps que nous n'essayons pas de priver les autres du leur, ou d'entraver leurs efforts pour l'obtenir.
    Chacun est le gardien naturel de sa propre santé, soit physique, soit mentale et spirituelle. L'espèce humaine gagne plus à laisser chaque homme vivre comme bon lui semble, qu'à l'obliger de vivre comme bon semble au reste.

  • Mill's On Liberty

    John Stuart Mill

    John Stuart Mill's "On Liberty" was first published in 1859. In the 21st century this text confirms Socrates' claim that "it is only the life of true philosophy that scorns the life of political ambition" (Plato's Republic, 521). Mill's thinking about freedom in civic and social life examines fundamental principles shared among conservative, liberal, and radical politicians. The life of true philosophy stands outside the political battles that are rampant in society and seeks the political wisdom that is necessary for a good life in any age. "On Liberty" should be read alongside the classic documents that declare the basic nature and importance of human freedom and liberty such as the "U.S. Declaration of Independence" (1776), the French "Rights of Man" (1789), "The Declaration of Sentiments at the Seneca Falls Convention" (1848), and the "United Nations Universal Declaration of Human Rights" (1948). When the officials of any government seek to change the laws that regulate individual liberty or when rhetoricians seek to change public opinion about what individuals should or should not be allowed to say or do, Mill's "On Liberty" serves as an antidote to the poisons of excessive intrusion into the lives of individuals.

  • This carefully crafted ebook: "The Subjection of Women (a feminist literature classic)" is formatted for your eReader with a functional and detailed table of contents.
    The Subjection of Women (1869) offers both detailed argumentation and passionate eloquence in opposition to the social and legal inequalities commonly imposed upon women by a patriarchal culture. Just as in On Liberty, Mill defends the emancipation of women on utilitarian grounds.
    John Stuart Mill, (20 May 1806 - 8 May 1873) was an English philosopher, political economist and civil servant. He was an influential contributor to social theory, political theory and political economy. He has been called "the most influential English-speaking philosopher of the nineteenth century".

  • En avance sur son temps, Stuart Mill signe une oeuvre essentielle dans laquelle il défend le droit des femmes. Au-delà de l'engagement féministe, ''l'assuejtissement des femme'' soulève une réflexion qui reste, pres de 150 ans aprés sa premiére publication, d'une actualité brulante.

  • Á tíma þar sem konur hfðu ekki kosningarétt, tilheyrðu eiginmanni sínum gagnvart lagabókstafnum og allar eignir þeirra og fé var í umsjá hans, gefur John Stuart Mill út hið nauðsynlega tímamótaverk Kúgun kvenna.

    Mill færir rk fyrir lagalegu og félagslegu jafnrétti milli karla og kvenna. Og að hinn lagalegi mismunur kynjanna; þeim misrétti sem kvennfólk stendur frammi fyrir, sé hin mesta hindrun fyrir framfrum mannkynsins.

    Á þeim tíma er bókin kom út, árið 1869, graði hún hinum hefðbundnu félagslegu viðmiðum og hlutverkum kynjanna svo um munaði og hrykti í þeim stoðum svo eftir varð tekið um gjrvalla Evrópu.

  • Lécrivain britannique John Stuart Mill était lun des premiers écrivains masculins à se positionner pour légalité des sexes et à défendre la libération des femmes. Il se pencha sur la liberté économique des femmes et était de lavis que le rôle dune femme dans le mariage devait évoluer. Le livre ´De l`assujettissement des femmes` est un classique de la littérature féministe.



    Le philosophe et politicien britannique John Stuart Mill (1806+1873) est un des penseurs libéraux les plus importants du 19e siècle. Il est particulièrement connu pour ses théories dutilitarisme. Il sest occupé de divers sujets politiques et philosophiques, dont les concepts de liberté et dégalité des sexes.

  • Ne "La servitù delle donne", Mill indaga le motivazioni della subordinazione femminile, da lui in larga parte attribuita all'educazione: le donne, infatti, imparano fin dalla prima infanzia la sottomissione, prima ai padri, poi ai mariti, arrivando a interiorizzarla al punto, da ritenerla l'unico comportamento a loro adeguato.
    Questo saggio è una brillante difesadei pieni diritti morali, civili e politici delle donne.

  • BnF collection ebooks - "Dans toutes les branches des affaires humaines, la pratique a devancé la science. [...] L'Économie politique considérée comme science est toute moderne, mais l'objet dont elle s'occupe a de tout temps constitué l'un des principaux intérêts de l'humanité, et souvent même a pris dans les institutions des peuples une place à laquelle il n'avait pas droit."

  • Je dois, au début même de cet essai de biographie, faire connaître les raisons qui m'ont déterminé à laisser après moi un souvenir d'une vie aussi dépourvue d'événements que l'a été la mienne. Je ne m'arrête pas un seul instant à la pensée que ce que je vais raconter puisse exciter l'intérêt du public, soit par le charme du récit, soit parce que ma personne en fait le sujet. Mais j'ai cru qu'à une époque où l'éducation et les moyens qui tendent à l'améliorer sont l'objet d'une étude plus constante, sinon plus approfondie, qu'ils ne le furent jamais en aucun temps en Angleterre, il y aurait quelque utilité à faire le tableau d'une éducation conduite en dehors des voies habituelles, et d'une façon remarquable.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • 'Over himself, over his own body and mind, the individual is sovereign.' To this 'one very simple principle' the whole of Mill's essay On Liberty is dedicated. While many of his immediate predecessors and contemporaries, from Adam Smith to Godwin and Thoreau, had celebrated liberty, it was Mill who organized the idea into a philosophy, and put it into the form in which it is generally known today.
    The editor of this essay, Gertrude Himmelfarb records responses to Mill's books and comments on his fear of 'the tyranny of the majority'. Dr Himmelfarb concludes that the same inconsistencies which underlie On Liberty continue to complicate the moral and political stance of liberals today.

  • One of the most important nineteenth-century schools of thought, Utilitarianism propounds the view that the value or rightness of an action rests in how well it promotes the welfare of those affected by it, aiming for 'the greatest happiness of the greatest number'. Jeremy Bentham (1748-1832) was the movement's founder, as much a social reformer as a philosopher. His greatest interpreter, John Stuart Mill (1806-73), set out to humanize Bentham's pragmatic Utilitarianism by balancing the claims of reason and the imagination, individuality and social well-being in essays such as 'Bentham', 'Coleridge' and, above all, Utilitarianism. The works by Bentham and Mill collected in this volume show the creation and development of a system of ethics that has had an enduring influence on moral philosophy and legislative policy.

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