• Natif de Gascogne et bourgeois de Genève, médecin et chimiste, calviniste et paracelsien, conseiller d'Henri IV et ami de Du Bartas, Joseph Du Chesne, seigneur de La Violette (1544-1609) était aussi poète. Les cent «octonaires» sur la vanité du monde de La Morocosmie, suivis des stances des deux Chants Doriques, constituent un ­ensemble remarquable, représentatif de la poésie protestante, hélas jusqu'ici méconnu. La ­première édition critique du recueil de 1583, que donne Lucile Gibert, révèle un lyrisme raffiné, un ton polémique énergique et parfois animé par un souffle mystique. Elle contribue par ailleurs à la connaissance du paracelsisme, ce mouvement dont les ­principes ont durablement marqué l'inspiration de Du Chesne. Grâce à l'introduction et aux notes que lui consacre Lucile Gibert, La Morocosmie recouvre son ­contexte, notamment le milieu intellectuel genevois de la fin du XVIe siècle ; sa genèse, les influences qui la nourrissent et son originalité sont examinées ; enfin une place dans l'histoire des genres littéraires, et dans celle de la spiritualité réformée, lui est faite.

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