• Il n'y a que les poissons rouges, les perruches et les hommes pour s'obstiner à vivre en couple. Aventure indispensable et impossible à en juger par les statistiques car, si 85 % d'entre nous rêvent de la vie à deux, plus de la moitié des mariages se terminent par un divorce. Pourtant, chaque jour, des milliers d'inconscients continuent de relever le défi, persuadés que leur amour les protégera de tout. Sans préparation, ils n'iront pas loin. En passant en revue point par point, du premier regard à la dernière insulte, toutes les étapes de la vie à deux, Thierry Lassalle, l'auteur de Ma femme pèse une tonne, tente d'en repérer les pièges pour vous éviter d'y plonger : les petites manies qui agacent et les détails qui tuent, les faux amis du couple (beaux-parents et importuns en tout genre), l'arrivée du premier enfant, les caps critiques (la fameuse crise de sept ans et les autres), les parenthèses et la double vie, la rupture ou les arrangements... Un manuel vital pour réussir à vivre en couple aussi agréablement qu'en célibataire. Mais moins seul.

  • « 1,70 mètre, 56 kilos : ma femme est mince, vraiment - le sort le plus atroce pour une "régimaniaque". Onze ans de vie commune avec une femme qui ne cuisine - si j'ose dire - que Zen, dissocié ou hypocalorique, ça vous traumatise un homme. Du régime ananas aux sévices Mayo, de l'acupuncture aux confessions des Weight-Watchers, en passant par l'hystérie aérobic ou les subtilités macrobiotiques, elle a tout tenté. Sans succès, bien entendu. Ma femme pèse une tonne, mais dans sa tête seulement ! » Thierry Lassalle raconte avec verve et humour le combat contre les kilos superflus, et imaginaires, de la créature de rêve qui partage sa vie. Un portrait savoureux, drôle et tendre dans lequel bien des acharnées du régime inutile se reconnaîtront.

  • La Brésilienne soupira. Cinq années en Amazonie, dans la touffeur moite de la jungle, à tracer cette maudite route qui se refermait sur eux sitôt arrachée à la forêt. Cinq années entre la violence et la mort, parmi ces hommes qui la méprisaient ouvertement, mais la violaient en silence derrière les bulldozers, pour gagner cruzeiro après cruzeiro l'argent de l'opération. Regarde, cria-t-elle, je suis une femme ! Une vraie femme ! Frédéric glissa la main sous la minijupe de skaï noir.

  • Paris sur Halles. Les flics connaissent le topo. Un petit Chicano qui sort des chiottes avec le bras replié, l'air un peu flou mais content, ou en reniflant comme un malade, sûr qu'il n'était pas venu se planquer là pour finir tranquillement son album de Mickey.

  • L'Afrique constitue certainement l'armoire aux clichés les plus tenaces. De l'humanitaire à l'ethnologie, l'exotisme l'emporte toujours. La Tanzanie n'échappe pas à cette règle. Ayant choisi la voie socialiste dans les années 70, le pays est passé au multipartisme politique depuis 1993 et connaît la libéralisation de l'économie, le désengagement de l'État, avec en toile de fond des phénomènes de déculturation et d'assistanat pour les paysans. Pourtant, le monde rural tanzanien, attaché aux valeurs de solidarité, est un monde en effervescence tranquille, qui bouge et discute. Au pied des monts Uluguru, Morogoro abrite l'université d'agriculture Sokoine. Deux cents enseignants et chercheurs et un millier d'étudiants, toutes spécialités confondues, s'imbibent de « sciences agricoles ». Depuis dix ans, la faculté d'agriculture a fait un pari silencieux. Régulièrement chercheurs, enseignants et étudiants vont respirer l'air des montagnes. En retour, des paysans viennent dans les salles de conférence du campus. Chacun parle et écoute l'autre. Les photos de Frédérik Noy et les textes de Thierry Lassalle et Amon Mattee retracent dix années de rencontres entre paysans et chercheurs pour qu'advienne le futur.

  • Tourné de trois quarts par rapport aux fauves, il allait saisir son fusil quand le grand loup gris bondit. Malgré l'épaisseur de son pantalon de cuir, Clark sentit les crocs se refermer autour de sa cuisse ; l'animal ne cherchait pas réellement à le blesser, plus subtilement il tentait de le déséquilibrer. Un homme à terre était une proie facile pour la harde que, debout, il impressionnait encore.

  • Une petite poussée se révéla suffisante : l'homme bascula en arrière. Il eut le bon goût de ne pas crier durant sa chute, évitant ainsi de réveiller les clients de l'hôtel. En revanche, il ne fut pas assez veinard pour achever son plongeon de six étages dans le bassin de la piscine. Avec un bruit mou assez harmonieux, son corps s'écrasa entre deux chaises longues sur le dallage du solarium.

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