• Nuit sur la neige

    Laurence Cossé

    "Les instants de joie folle, j'ai eu conscience en les vivant qu'ils étaient fulgurants et qu'ils allaient s'éteindre aussi brutalement qu'ils m'avaient ébloui."
    Fin 1935. La tension politique en France ne cesse de s'aggraver, et la menace monte à l'extérieur. Mais, à dix-huit ans, qui n'est pas travaillé par ses tourments intimes plus que par l'actualité politique ? En la personne d'un de ses camarades de classe préparatoire, Robin découvre que l'amitié est un des noms de l'amour, autrement dit de l'inquiétude. Conrad est la séduction même et l'énigme incarnée.
    En avril 1936, tandis que l'Histoire se précipite, tous les deux vont skier dans un vieux et pauvre village du nom de Val-d'Isère. Une jeune fille curieusement seule les attire l'un et l'autre. Ils vont être marqués à vie par cette rencontre.

  • La grande arche

    Laurence Cossé

    Selon une légende presque universelle, on ne peut pas construire un monument si un être humain n'est pas sacrifié. Sinon, le bâtiment s'écroule aussi longtemps qu'on essaye de le remonter. L'histoire de la Grande Arche de la Défense est la version la plus récente de cette légende. Voici l'épopée de cette Arche superbe, enjeu de luttes politiques au couteau sous le règne de François Mitterrand. C'est aussi le portrait de son créateur, Johan Otto von Spreckelsen, architecte secret, professeur aux Beaux-Arts de Copenhague. Lauréat inattendu d'un grand concours international en 1983, ce Danois découvrit avec stupéfaction la désinvolture et les revirements à la française. Laurence Cossé évoque un destin d'architecte parmi les plus beaux, les plus tragiques et les plus absolus du XXe siècle.

  • Le mobilier national

    Laurence Cossé

    "Une légende veut que les cathédrales soient à toute épreuve, disait l'expert. Rien de plus faux. Les bâtisseurs du Moyen Âge étaient des bricoleurs. Aujourd'hui, les cathédrales passent leur temps à s'effondrer, à s'enfoncer, à s'effeuiller. Elles coûtent des fortunes en restauration. Et le comble, c'est qu'elles sont moches, mis à part les trente plus célèbres. Mais ça ne fait rien, on retape, on remonte, on colle. On ne compte pas, pour les cathédrales. Seulement, prévenait l'expert, on ne pourra pas le faire indéfiniment. Le coût des restaurations ne fait qu'augmenter. On sera bientôt à la limite des capacités des pouvoirs publics. Il va falloir trouver autre chose, je ne sais pas, vendre un certain nombre de nos cathédrales à qui en voudra, aux Japonais, au sultan de Brunei. Privatiser, quoi. Créer des fondations. Sinon, il n'y aura qu'à laisser tomber. Laisser crouler les cathédrales sans intérêt. Les cent pompes à milliards que personne ne va jamais voir." À Jean-Léger Tuffeau, l'homme que les cathédrales empêchent de dormir depuis des mois, car il est le responsable du Patrimoine au ministère de la Culture, l'idée fait l'effet d'un éblouissement. Évidemment. Il n'y a qu'à supprimer les cathédrales en surnombre. Ce n'est pas que l'opération soit simple, en pratique. Mais personne n'en pâtira. La collectivité y gagnera. Et lui, Tuffeau, qui est si fatigué, retrouvera le sommeil. Comme on se trompe...

  • Découvrant que Fadila ne sait ni lire ni écrire, Édith entrevoit ´r quel point la vie est compliquée pour un analphabcte et combien c'est humiliant. Elle lui propose de lui apprendre ´r lire le français.
    Fadila n'est pas jeune. Édith n'est pas entraînée. L'apprentissage s'avcre difficile. Ce qui semblait acquis un jour est oublié la semaine suivante.
    Si Fadila a tant de mal ´r progresser, c'est que sa vie enticre est difficile. Ce n'est pas une marginale. Elle a une famille, un toit, du travail. Mais la violence a marqué son rapport aux autres, depuis l'adolescence. Elle a de la rancur contre son Maroc natal et, en France, elle ne se fait pas ´r la solitude. Elle vit dans une perpétuelle inquiétude.
    Édith, de son côté, se sent de plus en plus démunie dans cette aventure dont elle a pris la responsabilité et qui va l'entraîner beaucoup plus loin qu'elle n'aurait cru.
    Une amitié singulicre, rugueuse et douce, amcre, cocasse.

  • Le coin du voile

    Laurence Cossé

    "Dix heures vingt-cinq. Enfin. Il ne restait plus que la lettre brune. Beaulieu l'ouvrit, exaspéré d'avance. Mon Dieu, le nombre de cinglés que Vous mettez au monde. L'écriture était effrayante, une espèce de broderie ne laissant pas la moindre marge à droite ni à gauche, pas plus qu'en haut ni en bas. Il n'y avait que six feuillets, ce soir, moins que les autres fois. Beaulieu prit un carré de chocolat dans le tiroir de son bureau et commença à lire. Six pages plus loin, il tremblait. Cette fois la preuve n'était ni arithmétique, ni physique, ni esthétique, ni astronomique, elle était irréfutable. La preuve de l'existence de Dieu était faite." Prix Roland-de-Jouvenel de l'Académie française 1997 Prix du jury Jean-Giono 1996

  • 'Je ne dis pas que les hommes ont tort de porter leur regard au-delà de leur femme, de leur maison et de leur terre. Il y a de la grandeur à s'intéresser à la gloire de son pays, au bien de son peuple, plus encore aux horizons inconnus ou à l'avenir de l'humanité.
    Je ne dis pas non plus que les femmes ont tort quand elles vouent leur vie à un être entre tous, faisant de lui leur monde, leur océan, leur futur, et se refusant à le comparer à qui que ce soit. Aimer, c'est peut-être tout simplement cesser de comparer. Et il y a quelque chose de divin dans cette sacralisation d'un être qui ne le méritait pas plus qu'un autre, ni moins, si l'on croit que tout homme est sacré.
    Mais il se mêle à ce goût des hommes pour les horizons vastes et pour les ciels nouveaux tant d'insatisfaction de son lot, de sa propre personne et de son vis-à-vis, quel qu'il soit, tant de refus de ses limites et de volonté de puissance, tant de haine de la réalité, tant d'enfantillage, en un mot...
    Et il y a dans le penchant des femmes pour la fidélité un souci de sécurité, un refus de s'aventurer et un désir de posséder - ses clés, son jardin, son époux - qui s'apparente à un refus non moins enfantin de perdre, de manquer, en un mot de la mort.'

  • Il y a aujourd'hui, en France, ou ailleurs, quelqu'un qui se trouvait au volant d'une Fiat Uno blanche sous le tunnel de l'Alma, peu après minuit, le 31 août 1997, quand la Mercedes de la princesse Diana l'a dépassé en trombe, a raclé sa voiture et s'est écrasée sur un pilier, sous ses yeux. Ce quelqu'un ne s'est pas arrêté en voyant l'accident, mais a dépassé à son tour la Mercedes emboutie, a accéléré et filé. Les semaines suivantes, alors que toutes les polices recherchaient la petite Fiat dont on avait retrouvé des débris de feu arrière sous le tunnel, et un peu de peinture blanche sur la carrosserie de la Mercedes, ce témoin numéro un ne s'est pas signalé. Et il a dissimulé sa voiture de façon qu'on ne la retrouve pas. Il est peu probable que cet inconnu ait pu agir ainsi à l'insu de tous dans son entourage. Il y a donc sans doute quelques personnes aujourd'hui, en France, ou depuis longtemps loin de France, qui savent exactement ce qui s'est passé sous le tunnel de l'Alma, et qui s'étonnent chaque matin qu'on ne les ait pas encore retrouvées, ni elles ni la Fiat. À moins qu'elles ne soient mortes, ces personnes, l'affaire ayant brutalement infléchi le cours de leur vie.

  • Quand on feuillette les catalogues des grandes maisons d'édition, où figurent les noms de tous les auteurs qu'elles ont publiés, on a un peu froid dans le dos. Quatre-vingt-quinze pour cent de ces noms sont oubliés. Une autre chose est frappante. Beaucoup de ces auteurs ont disparu après avoir publié un livre ou deux, pas plus. Comment ont-ils vécu ensuite ? Qu'ont-ils fait, que sont-ils devenus alors que plus personne ne se souvenait qu'ils avaient écrit ? Écrire n'a jamais transformé la vie, ni arraché qui que ce soit à l'humaine et infirme condition. Le constat serait amer s'il n'y avait l'humour de Laurence Cossé et son attrait pour la face cachée des êtres et des destins, si touchante, souvent, si incongrue qu'on se dit : cela ne s'invente pas. Prix de la Nouvelle de l'Académie française 2007

  • Une jeune fille échoue sur une île, après une tempête. Elle éprouve une à une les forces qui lui restent. Elle se relève. Elle essaie de comprendre ce qui lui est arrivé. Elle était partie en Inde, en quête d'éloignement, d'absolu. Elle y croise un garçon de hasard. Elle le quitte, elle le retrouve, et elle est prise, elle ne comprend pas. Elle ne veut pas, elle lutte. Elle est emportée. Le monde s'illumine. Et puis tout s'éteint. La certitude, la joie, les pouvoirs apportés par l'amour, y compris le plus extraordinaire, le pouvoir de créer, tout vole en éclats. À croire que tout n'a été qu'effet de l'imagination. Dix-huit ans. Elle croyait savoir. Il lui aura fallu le refus, la peur, et puis l'éblouissement, et puis errer, le désarroi, le manque, sous le coup de l'expérience de cette illusion qu'est aimer, pour entrevoir seulement, et pas la réponse, non, entrevoir après le mirage, après le miracle - car c'est quand même aimer, cette illusion - la question : Quelle est la réalité de l'amour?

  • Anglais AN Accident in August

    Laurence Cosse

    • Europa
    • 30 Août 2011

    In An Accident in August, Laurence Cossé takes one of the most famous news events of recent world history as the starting point for a novel as intelligent as it is gripping. On the now infamous night of August 31, 1997, a young woman's life is thrown into turmoil when fortune places her at the scene of the fatal car crash in which Lady Diana Frances Spencer, then Princess of Wales, lost her life. Scared and alone, she flees the scene of the accident. While there are no immediate repercussions resulting from her flight, as news of the tragic event spreads and TV stations, papers and radio talk of nothing else for days, she is assailed by a growing sense of guilt. Terrified of being found out, questioned, arrested, and thrown headfirst into a media whirlwind, she finds herself paralyzed by fear, paranoia, and a growing sense of remorse. Wonderfully paced, suspenseful and dramatic, An Accident in August is the story of an ordinary person radically changed by her chance involvement in an extraordinary event. She unwittingly becomes a part of history. Yet history itself, not to mention the police and the media, ultimately fails to identify her, and she remains a figure cloaked in mystery.

  • « Est-ce que la nature vous a déjà fait peur ?, demanda Bertrand ex abrupto. Je veux dire : avez-vous déjà été effrayés par un phénomène naturel incompréhensible ? » Laurence Cossé

empty