• L'identité française est-elle menacée ? Une immigration africaine massive est-elle à nos portes ? L'islam est-il contraire aux lois de la République et est-il en train de s'insinuer sournoisement un peu partout avec ses voiles, sa nourriture hallal et ses terroristes ? Les descendants des immigrés sont-ils responsables des violences qui accablent depuis des décennies les banlieues ? C'est ce qu'affirment les nationalistes racistes depuis toujours, et ce n'est pas surprenant de leur part. Ce qui l'est davantage, c'est l'audience croissante dont jouissent ces idées dans le débat public.
    Démontrant l'inanité de ces discours, ce livre parcourt l'histoire de France depuis la Révolution de 1789. Il montre que nous sommes un pays d'immigration qui ne s'assume pas, que l'ampleur et les vraies raisons de ces migrations sont largement méconnues, que la peur de la violence ou de la subversion que porterait en elle cette immigration relève du fantasme, que notre roman national doit être sérieusement révisé, et qu'il est urgent de nous déprendre des deux types de nationalismes empêchant de penser la France telle qu'elle est pour affronter ensemble les défi s économiques, sociaux et environnementaux de demain.
     
    Laurent Mucchielli est directeur de recherche au CNRS (Laboratoire Méditerranéen de Sociologie) et enseignant à l'Université d'Aix-Marseille.

  • Ce livre, réctualisé dans cette réédiition, explore les trois aspects fondamentaux de la délinquance.
    D'abord, la production des normes, qui ne cesse de redéfinir les contours d'une notion propre à une société donnée, à un moment donné de son histoire. Ensuite, les mécanismes de transgression, qui sont à la fois complexes et variés. Loin de se limiter aux phénomènes les plus visibles, tels que les délinquances juvéniles ou les violences physiques et sexuelles, la sociologie nous entraîne aussi dans les méandres de la délinquance des élites économiques et politiques, ainsi que dans les multiples formes de violence politiques et de crime organisé. Enfin, les réactions sociales qui vont de l'indifférence aux poursuites policières et judiciaires, au terme de profondes inégalités sociales.

  • La vidéosurveillance a connu un succès fulgurant en France à partir des élections présidentielles de 2007, sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy et François Fillon. Cette technologie a été présentée comme une contribution majeure à la fois à la prévention et à la répression de la délinquance et du terrorisme. Mais cette promesse sécuritaire, activement entretenue par les industriels de la sécurité, relève-t-elle du mythe ou de la réalité  ? À quoi sert vraiment la vidéosurveillance  ?
    Après avoir enquêté dans trois villes françaises emblématiques, Laurent Mucchielli dresse un constat sans appel  : la vidéosurveillance n'est pas et ne sera jamais un outil important de lutte contre la délinquance et encore moins contre le terrorisme.
    Dissiper les écrans de fumée, percer à jour le «  bluff technologique  » des industries de sécurité, le gaspillage de l'argent public et la démagogie politique  : tels sont les résultats de cet essai sans concession et profondément citoyen.

  • La délinquance s'est-elle transformée au cours des quinze dernières années ? Les évolutions les plus profondes ne tiennent en fait pas à la nature de la délinquance ni au profil des délinquants, mais aux modes de peuplement des territoires, aux modes de vie, aux relations entre les habitants et avec les gendarmes, au droit pénal et aux politiques de sécurité. Dès lors, la recherche se penche sur : l'adaptation de l'institution aux territoires, ses relations avec la population, son besoin de partenariats non limités au champ de la sécurité et l'évolution du métier de gendarme.

  • La question de la lutte contre la violence et l'insécurité occupe depuis quelques années une place importante dans le débat politique français. Par ailleurs, les faits divers de délinquance des jeunes occupent une place croissante dans l'actualité médiatique et sont présentés comme les manifestations d'une sorte de " nouvelle barbarie ". Amalgamant les délinquances les plus bénignes et les plus graves, de prétendus " experts " réactivent la vieille peur du complot de l'" ennemi intérieur ". Laurent Mucchielli s'efforce d'abord d'expliciter les enjeux de ce débat, de décortiquer les discours et d'en montrer tous les artifices. S'appuyant sur les recherches menées depuis une trentaine d'années, il explique comment on doit lire les statistiques de l'insécurité et de la violence (atteintes aux biens, agressions, violences à l'école). Il retrace l'histoire de la délinquance juvénile depuis les années cinquante, resituant ainsi ce problème de société dans une perspective économique, sociale et politique. Loin de la crispation actuelle sur de simples recettes policières, mais sans nier l'existence des problèmes, il propose alors quelques réformes de fond pour réduire la délinquance juvénile.

  • Un livre qui s'efforce de déboulonner des mythes tenaces de l'histoire des sciences sociales.
    Du statut de " fondateur " de la sociologie française attribué à Émile Durkheim à la façon dont on s'empare régulièrement du personnage de Gabriel Tarde à des fins moins historiques que polémiques, l'histoire des sciences sociales en France est traversée par un certain nombre de mythes fondateurs qui ne résistent pas à l'analyse historique rigoureuse, et que l'on enseigne pourtant aux générations d'étudiants depuis parfois plusieurs décennies. Ce sont ces mythes que Laurent Mucchielli entreprend de déconstruire dans cet ouvrage ambitieux. La première partie interroge la façon d'écrire l'histoire et met en question des idées pourtant classiques en sociologie : ainsi de l'opposition entre sociologie allemande et sociologie française, entre tradition durkheimienne et tradition wébérienne, de la coupure radicale qu'aurait introduite l'École des Annales en 1929 dans l'histoire de l'historiographie française, ou encore du mythe selon lequel la psychologie sociale n'existerait que depuis les années 1960 en France parce que la sociologie durkheimienne l'aurait " tuée dans l'oeuf " à la fin du XIXe siècle. À chaque fois, Laurent Mucchielli montre comment ces versions du passé procèdent de jugements anachroniques et intéressés qui ne sont pas fondées historiquement. Dans une seconde partie, à travers l'étude du conflit entre la sociologie durkheimienne et la raciologie des anthropologues au moment de l'affaire Dreyfus, du conflit entre Halbwachs et Blondel sur la psychologie collective, de la naissance de la psychologie universitaire autour de Ribot, ou encore de la stratégie d'écriture des Règles de la méthode sociologique par Durkheim, l'auteur illustre la nécessité d'analyser les contextes, les réseaux, les conflits, tels qu'ils se déroulèrent, réellement à l'époque.




  • Table des matières
    Introduction
    La politisation des voitures brûlées
    « Chiffres de la délinquance en 2010 » : la Com’ rituelle du ministre de l’Intérieur
    Le monde judiciaire est au bord de la crise de nerfs
    La « criminologie » en France et ses arrières-plans idéologiques
    Le Conseil Constitutionnel met un coup d’arrêt à une certaine dérive sécuritaire
    Comprendre (enfin) ce qu’est la police de proximité
    L’image des jeunes : le poids des médias
    Rosny-sous-Bois : le fait divers et l’incendie médiatique
    Les gendarmes n’ont vraiment pas le moral
    Les mineurs délinquants menacent-ils la société française ?
    La police n’aime pas être contrôlée
    Insécurité et sentiment d’insécurité
    Délinquance routière : les faux arguments du lobby répressif
    Le viol, aspects sociologiques d’un crime
    Marseille cherche policiers désespérément
    La « vidéoprotection », une gabegie
    La justice des mineurs expliquée par une juge des enfants
    La posture autoritaire et populiste de Manuel Valls
    Délinquance des mineurs : le septième rapport en sept ans
    Lutter contre la corruption : un enjeu pour la présidentielle ?
    Vers une remunicipalisation de la sécurité ?
    Au-delà des faits divers, on se tue de moins en moins en France
    Rapport de la Cour des Comptes sur la politique de sécurité : où est le problème ?
    « Victimes du devoir » : les policiers morts en service
    À quand un vrai débat sur la réglementation des drogues ?
    « Délinquance roumaine » : une statistique pour fêter l’anniversaire du discours de Grenoble ?
    La prévention de la délinquance selon Claude Guéant et Nicolas Sarkozy
    L’expulsion des clandestins, « objectif prioritaire » de la police en 2011 ?
    Jean-Jacques Urvoas promet une mini-révolution au ministère de l’Intérieur
    Après les Roumains, les Comoriens : quand Claude Guéant sombre dans la xénophobie
    Vidéosurveillance : que voient les opérateurs derrière les caméras ?
    Encadrement militaire des mineurs délinquants : une loi de circonstance
    L’avenir de la gendarmerie en question (à l’occasion de la retraite d’un général)
    Politiques de sécurité : le bilan pro-gouvernemental de l’ONDRP
    Les homicides conjugaux en France : bilan de l’année 2010
    Mort d’Agnès : combien de cas similaires chaque année ?
    Faut-il supprimer les BAC (brigades anti-criminalité) ?
    Que fait la justice pénale ? Le bilan statistique de l’année
    Étrangers et délinquance : fausses évidences statistiques, vraies manipulations politiques
    2002-2012 : le bilan de la politique de Nicolas Sarkozy

  • Les années 1997-2002 furent celles du " tournant sécuritaire ", marqué par l'évolution du Parti socialiste puis par la surenchère électorale sur le thème de " l'insécurité ". Mais, depuis 2002, la France est engagée dans une véritable frénésie sécuritaire, que l'élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République n'a fait qu'aggraver.
    Répression accrue des étrangers, enfants placés en zone de rétention administrative et répression accrue des mineurs, libertés sacrifiées sur l'autel de la lutte antiterroriste et contrôle croissant du pouvoir politique sur la justice, disparition définitive de la police de proximité et explosion de la population carcérale, recours croissant au fichage, à la vidéosurveillance et à la biométrie, montée en puissance des technologies et des doctrines sécuritaires d'origine militaires (drones), etc.
    Les auteurs de ce livre, spécialistes reconnus dans leurs domaines, analysent dans le détail toutes les facettes de cet activisme policier et de ses nouveaux boucs émissaires. À partir de leur travaux et recherches, ils montrent que cette frénésie ne répond en rien aux besoins réels de la population dans ce domaine, et ils dressent le portrait à venir d'une nouvelle société sécuritaire.
    Avec des contributions de : Danièle Lochak, Christian Mouhanna, Mathieu Rigouste, Pierre Piazza, Eric Heilmann, Christine Lazerges, Denis Salas, Pierre Tournier.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2008)

  • Entre 2001 et 2003, un thème a brutalement envahi les médias : les viols collectifs, rebaptisés « tournantes ». À l´instar d´autres manifestations de l´« insécurité» qui dominait alors tous les débats, ces comportements ont été présentés aux citoyens français comme un phénomène nouveau, en pleine expansion et imputable aux « jeunes issus de l´immigration » habitant les « quartiers sensibles ». La dénonciation des « nouveaux barbares » des banlieues a fait alors l´objet d´un consensus médiatico-politique d´autant plus fort que le lien a rapidement été fait avec le thème de l´oppression des femmes et l´Islam. Au terme d´une contre-enquête mobilisant toutes les données empiriques disponibles et s´appuyant en outre sur une études de dossiers judiciaires, Laurent Mucchielli fait la lumière sur ces comportements juvéniles. Il en conteste la nouveauté autant que leur aggravation et réfute, preuve à l´appui, la liaison fondamentale faite entre viols collectifs, origine maghrébine, religion musulmane. Il révèle ensuite que l´apparition soudaine de ce thème dans le débat public peut être reliée à d´autres débats qui lui ont succédé, sur le « voile islamique » et sur le « nouvel antisémitisme ». L´auteur montre que la mise en scène médiatique du thème des tournantes participe en réalité d´une peur et d´un rejet croissants des jeunes hommes français issus de l´immigration maghrébine et d´une banalisation contestable de l´interprétation des problèmes économiques et sociaux en termes « culturels », voire « ethniques ». Ce livre se veut donc autant une contribution à la sociologie de la délinquance juvénile qu´un essai politique sur les habits neufs de la vieille « question de l´immigration » et sur les formes contemporaines de la xénophobie.

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