• Beaucoup de gens connaissent 1984 pour avoir lu le roman ou vu le film qui en a été fait. Peu savent que son inspiration première est la participation d'Orwell à la guerre civile espagnole et la terreur stalinienne qu'il y a découverte.

  • En réaction à la crise financière, les gouvernements ont mis en oeuvre des programmes de relance économique et des mesures de sauvetage d'établissements financiers et de grandes entreprises industrielles. Cela a gonflé leurs dépenses, alors que leurs recettes étaient diminuées par leurs politiques de réduction des impôts des plus riches et des entreprises. Un fort accroissement de l'endettement public en a résulté, ce qui a acculé des pays à une crise de la dette souveraine et menacé les banques créancières.
    A peine sauvés de la faillite par les Etats, de grands établissements financiers ont spéculé contre certains d'entre eux, aggravant le poids du financement de leur dette et les menaçant de défaut de paiement. Des plans d'austérité draconiens ont été adoptés par de nombreux gouvernements pour « rassurer les marchés ». Les services publics de santé et d'éducation sont sous attaque. Les pensions de retraite sont dévalorisées. Le chômage atteint des sommets, le pouvoir d'achat est en baisse. La vaste majorité de la population se voit contrainte de payer la note d'une gestion financière spéculative profitant à une infime minorité. L'enjeu : quelle riposte envisager?
    Ce livre propose une analyse accessible et éclairante des rouages de l'économie financière.

  • Quels sont les liens entre l'indépendance de l'art, la politique et la révolution? Louis Gill les explore à partir des différents manifestes qui ont fait leur marque et influencé leur époque, dont Refus global (1948), écrit politique fondateur du Québec moderne, rédigé par Paul-Emile Borduas, et Prisme d'yeux (1948), signé par un groupe d'artistes animés par Alfred Pellan.

    Les manifestes québécois pour un art indépendant ne tombaient pas du ciel pour seule cause de Grande Noirceur. Ils ont été précédés par ceux du dadaïsme (1916-1922) et du surréalisme (1924 et 1930), par Pour un art révolutionnaire indépendant (1938) et par Rupture inaugurale (1947), qui a influencé la facture définitive de Refus global. A travers ces manifestes, Louis Gill montre comment la recherche de la libération de l'esprit comme fin en soi a fait place à la conviction de la nécessité d'une révolution de la société, comme condition de la liberté de la création artistique et de l'activité intellectuelle en général. Des activités qui ne sauraient être soumises au pouvoir étatique, comme en témoignent ces négations de l'art qu'ont été le « réalisme socialiste » stalinien et l'« art héroïque » hitlérien. L'art engagé n'est un art authentique que s'il est indépendant et libre de toute tutelle.

    « L'indépendance de l'art pour la révolution. La révolution pour la libération définitive de l'art?! » (Pour un art révolutionnaire indé-pendant), n'est-ce pas là une idée-force toujours d'actualité?

  • Cet ouvrage veut présenter l'analyse marxiste dans sa spécificité, inconciliable qu'elle est avec la science économique officielle, et en démontrer la pertinence et la validité comme moyen de comprendre la société contemporaine

  • Autopsie d'un mythe

    Louis Gill

    Membre fondateur de la revue politique et culturelle Parti pris (1963- 1968), qui se réclamait de l'indépendance du Québec, du socialisme et de la laïcité, Jean-Marc Piotte a, dans les années 1970, émis nombre d'opinions sur le syndicalisme (s'appropriant même la paternité du « syndicalisme de combat »), le socialisme et le marxisme (essais sur Gramsci et Lénine). Depuis cette époque, il est auréolé d'une image de « pape de la gauche », voire de « père du marxisme au Québec ».
    Parce que cette image est un mythe, Louis Gill entreprend d'en faire l'autopsie. Il procède à une analyse minutieuse de l'évolution de la pensée politique de Piotte à partir de ses principaux écrits sur le syndicalisme, le partenariat social, le socialisme, l'indépendance du Québec, la laïcité et l'identité. Il signale qu'au fil des ans, Piotte a successivement tourné le dos au socialisme et à l'indépendance du Québec et que, désormais, il se satisfait d'un utopique capitalisme civilisé ou à visage humain dans le cadre de l'antidémocratique fédéralisme canadien.
    L'auteur porte également un jugement sévère sur l'adhésion au marxisme dont Piotte a continué à se réclamer au cours des décennies, alors qu'un fossé sans cesse croissant, soutient-il, s'est creusé entre ce qu'il professe et le marxisme. Comment Piotte peut-il lui-même continuer à se présenter comme marxiste, même en qualifiant ce « marxisme » de révisionniste, comme il prend désormais la précaution de le faire ? « Sans doute mesure-t- il lui-même l'ampleur du choc qui serait porté à son image par l'effondrement de ce mythe », conclut Louis Gill.

  • Dans le numéro printemps-été de Voix et Images, Micheline Cambron et Mylène Bédard proposent un dossier consacré à un corpus peu étudié dans une perspective littéraire : les genres médiatiques de 1860 à 1900. Guillaume Pinson s'y intéresse à la mondialisation de la presse francophone à travers l'étude du reportage, alors que Vincent Lambert étudie la visée et les postures de quatre chroniqueurs phares. Mylène Bédard, quant à elle, interroge la frontière entre roman-feuilleton et fait divers à travers la figure du féminin dans Le Pionnier de Sherbrooke, puis Louis-Serge Gill étudie le caractère multiforme de la critique littéraire par le biais de la réception du Pèlerin de Sainte-Anne de Pamphile Le May, et Lucie Robert discute des enjeux commerciaux et poétiques soulevés par la critique théâtrale. Enfin, Charlotte Biron, prenant appui sur le récit du tour de monde qu'ont effectué Lorenzo Prince et Auguste Marion en 1901, tisse des liens entre reportage, récit d'aventures et développement des transports.

  • L'édition estivale des Cahiers de lecture recense de nombreux ouvrages de référence dont La modernité au Québec, tome 2, d'Yvan Lamonde, Quinze classiques de la littérature québécoise, de Sylvain Campeau et Patrick Moreau et Curieuses histoires de plantes du Canada, tome 2 d'Alain Asselin, Jacques Cayouette et Jacques Mathieu. Le professeur Jacques Cardinal, auteur de plusieurs études sur des écrivains québécois, est interviewé ici à l'occasion de la publication de son essai sur le Saint-Élias de Jacques Ferron. Ce numéro fait aussi une place à des livres traitant de l'influence des baby-boomers sur la société, dont notamment Les boomers sont-ils coupables? de Gaétan Bélanger, de parcours migratoires comme le récit d'Akos Verboczy, Rhapsodie québécoise. Itinéraire d'un enfant de la Loi 101 et des questions d'islamisme comme le cri du coeur de Djemila Benhabib, Après Charlie. Laïques de tous les pays, mobilisez-vous!

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