• Biens communs, ressources partagées, les langues vivantes appartiennent à tous ceux et celles qui s'expriment à travers elles. Il est donc normal que chacun se fasse une opinion sur ce qu'est sa propre langue, quand ce n'est pas sur ce qu'elle devrait être.

    Idéalisé par les uns, dénigré par les autres, le français ne fait pas exception. Même si on en parle beaucoup, il demeure encore trop souvent mal connu d'une large part de ses usagers. Que sait-on vraiment de son fonctionnement réel, de ses possibilités d'adaptation ? Où le parle-t-on et à quel titre ? Pourquoi les Québécois le parlent-ils différemment des Français et des autres francophones ? Peut-on dire qu'ils le parlent mieux ou moins bien ? Quel est son avenir au Canada et au Québec ?

    C'est à ces questions et à bien d'autres encore que des universitaires répondent, en termes clairs et accessibles, afin de permettre aux francophones du Québec de mieux apprivoiser cette grande langue qui leur appartient et qu'ils partagent avec des millions d'autres à travers le monde.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • La Société du parler français au Canada occupe une place prépondérante dans l'histoire des lettres québécoises et plus largement dans celle des lettres canadiennes-françaises. Sa création en 1902 faisait écho aux préoccupations linguistiques d'alors, héritées pour l'essentiel du XIXe siècle. Très vite elle s'est imposée comme l'autorité linguistique et littéraire dominante au Canada français, et elle le demeurera pendant toute la première moitié du XXe. Curieusement, l'ensemble de son oeuvre, l'ampleur et la diversité de ses actions n'avaient fait l'objet d'aucune étude détaillée ; elles méritaient qu'à l'occasion du centenaire de sa fondation un spécialiste vienne en rappeler l'importance.

    Vouée à l'étude et au perfectionnement de la langue canadienne, la Société est à l'origine de vastes travaux et de nombreuses publications. Mais c'est bien avec son Glossaire (1930) qu'elle a le plus contribué à la mise en valeur du patrimoine québécois.

    La monographie de Louis Mercier est capitale pour connaître et comprendre les ressources que le Glossaire est en mesure d'apporter à l'histoire et à la recherche. En reconstituant l'histoire complète de l'entreprise, il ne laisse dans l'ombre aucun aspect de la genèse du répertoire. Nous lui sommes redevables d'une analyse méticuleuse et passionnante qui aurait pu être austère mais qui est en fait vivante et chaleureuse. Il a su nous rendre cette aventure presque familière et nous faire partager son admiration pour tous les protagonistes.

  • Publié en 1771, L'An 2440. Rêve s'il en fut jamais nous entraîne dans un voyage inédit : Louis-Sébastien Mercier, l'auteur du célèbre Tableau de Paris, s'endort un soir à minuit et se réveille quelque sept cents ans plus tard, dans un Paris totalement nouveau. Sorte de Persan dans la capitale, il s'étonne de tout, est lui-même objet de curiosité et tire de sa vision de profondes réflexions tant politiques que sociales et économiques. Le Paris de 2440, " auguste et respectable année ", apparaît comme un songe merveilleux, tout en faisant la description d'une société idéale ; l'auteur, nourri des Lumières, croit en effet en la mission prophétique des philosophes et écrivains. À la fois premier roman d'anticipation, lançant une mode qui s'étendit rapidement à toute l'Europe, et peinture réaliste d'un univers quotidien, ce récit étonnant mêle une critique acerbe du XVIIIe siècle et une description du " Monde comme il va ", selon l'expression de Voltaire. Le Paris futur décrit par Mercier peut nous sembler déjà dépassé. Mais il est un témoignage politique, littéraire et moral essentiel sur les rêves d'une génération qui a voulu et fait la Révolution française, et espéré construire un monde meilleur.

  • À la manière d'un roman, La Chevauchée anonyme évoque les destinées aventureuses de ceux que l'on a quelquefois nommés les « révolutionnaires du troisième camp ». La plupart n'avaient pas attendu la déclaration de guerre, en 1939, pour s'opposer au fascisme dans leur pays d'origine, qu'ils fussent antifascistes italiens, allemands ou espagnols, vérifiant au péril de leur vie cette évidence soulignée par Howard Zinn : « Les Alliés ne sont pas entrés en guerre par pure compassion pour les victimes du fascisme. Ils ne déclarèrent pas la guerre au Japon quand celui-ci massacra les Chinois de Nankin, ni à Franco quand il s'en prit à la démocratie espagnole, ni à Hitler lorsqu'il expédia les Juifs et les opposants dans les camps de concentration. Ils ne tentèrent même pas de sauver les Juifs d'une mort certaine pendant la guerre. Ils n'entrèrent en guerre que quand leur propre domination fut menacée. »
    Cette réédition sera l'occasion de rappeler que ce que l'on présente toujours comme une « guerre juste » se caractérise en fait par un degré de barbarie jamais atteint. Et qu'aucune des parties n'est exempte de responsabilités. Aux réalistes de tout poil, toujours prompts à rallier le camp des vainqueurs et à justifier l'injustifiable, on nous permettra de préférer les personnages de ce livre qui, envers et contre tout, tentèrent de maintenir vivante l'espérance d'un monde meilleur dans les circonstances les plus difficiles qui soient.

  • Nombreux sont les essais recensés dans cette édition qui interpelleront le lecteur et imposeront une prise de conscience. L'importance de préserver l'indépendance des médias (Ici était Radio-Canada, d'Alain Saulnier ; Vortex, La vérité dans le tourbillon de l'information de Michel Lemay), de penser l'éducation (Réflexions sur l'université : le devoir de vigilance d'Ethel Groffier ; Une histoire philosophique de la pédagogie de Normand Baillargeon) et de revoir l'engagement citoyen (Publics rebelles. Le pouvoir sans précédent du citoyen du monde de Daniel Drache ; L'âge citoyen de Jean Carette) correspondent à des thèmes particulièrement d'actualité. Aussi dans ce numéro, l'ouvrage de Brigitte Haentjens Un regard qui te fracasse. Propos sur le théâtre et la mise en scène, l'essai autobiographique Ma vie rouge Kubrick de Simon Roy et des extraits inédits de la biographie de Richard Foisy consacrée au poète Jean Narrache, à paraître en mai 2015.

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