• Je vends une vie mâle, excellente et noble, une vie libre. Qui l'achètera ? (I, 7)

  • Lucien est né vers 120 après J.-C., à Samosate, aux confins de l'Empire romain, alors à l'apogée de sa puissance. Très vite, il abandonne sa langue natale, sans doute l'araméen, pour embrasser la culture grecque. Devenu un brillant orateur, il voyage dans le Bassin méditerranéen, où son éloquence mordante lui vaut fortune et gloire. Malgré les siècles qui nous séparent de lui, son scepticisme désabusé, son refus des fanatismes, de la superstition, des faux prophètes, des cultes irrationnels, des maîtres à penser qui manipulent la jeunesse, sont d'une actualité brûlante. Le regard qu'il porte sur la société est très noir : il voit avec dégoût triompher convoitise, cruauté, servilité, vulgarité... Satiriste dans l'âme, il stigmatise l'hypocrisie sous toutes ses formes. Son humour est dévastateur, qu'il caricature coquettes, pédants, gloutons, débauchés, ou misanthropes. Le rire, cruel ou bon enfant, est toujours présent, notamment quand il revisite la mythologie traditionnelle et campe des dieux bougons, colériques, jaloux... Ses voyages fantaisistes sur la lune, au fond des Enfers ou dans le ventre d'une baleine, témoignent d'une imagination sans limite et sont d'une drôlerie irrésistible. Cette oeuvre si riche, qui joue de manière irrévérencieuse avec les modèles hérités de la Grèce classique, a inspiré les grands humanistes (Thomas More, Érasme, Rabelais, Cyrano de Bergerac, Fénelon, Fontenelle, Swift) et même certains peintres de la Renaissance. Comme Plutarque, mais à sa manière ironique, Lucien a été un des relais principaux entre l'Antiquité gréco-latine et nous. Cette traduction intégrale (à l'exception de quelques textes apocryphes, rejetés par la majorité des critiques), est la première en France depuis celle d'Émile Chambry, qui date de 1933-1934.
    Anne-Marie Ozanam est professeur de latin et de grec en première supérieure (khâgne). Elle a publié aux Belles Lettres, outre cinq recueils consacrés à Lucien, des traductions de César, Tacite et Alciphron, et aux éditions Gallimard, la traduction intégrale des Vies parallèles de Plutarque.

  • Treffender kon het niet verwoord worden en ook nog eens door een patiënt: ''Kijk niet alleen naar mij, maar ZIE mij; luister niet alleen, maar HOOR mij.'' met die woorden sloot Rene Tabak zijn TEDxRadboudUtalk in een muisstil en tot de nok toe gevuld auditorium in Nijmegen af. De patiënt staat niet alleen centraal, hij is lid van het totale behandelteam, met een actieve rol. Mooie woorden, maar wat zegt dit nu eigenlijk? En vooral, wat betekent dit nieuwe leitmotiv voor de dagelijkse praktijk? Tot nog toe werd gesproken over participatory health(care). De omschrijving de patiënt als partner zegt alles, en is nu juist het motto van het UMC St Radboud. 'Dit uitgangspunt zal de komende jaren zijn neerslag krijgen in onze drie kerntaken: patiëntenzorg, opleiding en onderzoek. Het raakt namelijk alle processen in ons huis. Waarbij wij de komende jaren dat 'huis' steeds minder letterlijk zullen gaan nemen als een fysiek iets. We gaan van een zorginstelling naar een zorgnetwerk dat start bij de patiënt in zijn of haar eigen omgeving'aldus Lucien Engelen. Lucien Engelen neemt u als lezer graag mee, samen met collega's Jan Kremer en Bas Bloem op reis naar de patiënt als partner. Het boek is een weerslag van de gesprekken met de smaakmakers van het UMC St Radboud over hun ervaringen en visie over de patiënt als partner. Het is een dialoog met mensen die twijfelen, overhellen naar de ene of de andere kant, naar voor of tegen, maar dan in de zin van: wat is het en hoe doe ik dat dan? Een weergave van het proces zoals dat in Nijmegen plaatsvond, met kansen en uitdagingen, puur en oprecht. U treft een bloemlezing van interviews met mensen van het UMC St Radboud, geflankeerd met weblogs van TEDxMaastricht, onze inspiratieconferentie. Quotes: 'Meer aandacht, meer samenwerken met de patiënt kost meer geld?' 'Iedereen met de juiste postcode kwam vanzelf toch wel jouw kant op. Maar die tijd is voorbij!' 'Geduld mensen, geduld. Maar over tien jaar is participatory healthcare realiteit. Ziekenhuisbreed. Sterker nog, dan hebben we zestien miljoen ziekenhuizen in dit land.'.

  • Un outil de travail complet et efficace, conforme au programme du nouvel enseignement de spécialité Anglais LLCE (Langue, littérature et civilisation étrangère), en Tle générale. De nombreuses ressources  - le cours, les méthodes clés, exercices et sujets -, pour vous accompagner tout au long de votre Terminale.
     
    Sur chaque thème du programme
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  • Ce recueil essentiel publié chez Armand Colin en 1952 propose trente-trois articles écrits entre 1906 et 1952 par le co-fondateur avec Marc Bloch des Annales. Lucien Febvre y développe sa vision d'ensemble du champ de l'Histoire et propose de précieux  conseils de méthode et y affirme sa dimension pluridisciplinaires  (géographie, sociologie, linguistique, philosophie...)  en proposant 11 portraits de grandes figures de ces différentes disciplines.  Le grand historien y définit  l'Histoire "comme un besoin de l'humanité, le besoin qu'éprouve chaque groupe humain, à chaque moment de son évolution, de chercher et de mettre en valeur dans le passé les faits, les événements, les tendances qui préparent le temps présent, qui permettent de le comprendre et qui aident à le vivre. [Il faut pour cela] recomposer la mentalité des hommes d'autrefois ; se mettre dans leur tête, dans leur peau, dans leur cervelle pour comprendre ce qu'ils furent, ce qu'ils voulurent, ce qu'ils accomplirent".

  • L'absolue simplicité

    Lucien Jerphagnon

    • Bouquins
    • 10 Octobre 2019

    Ce volume donne à lire de nombreuses transcriptions inédites de cours, conférences et émissions de radio de Lucien Jerphagnon, permettant de mieux appréhender l'étendue de son oeuvre. On perçoit ainsi la sensibilité particulière d'un homme aux multiples visages. Homme d'enseignement tout d'abord, dont le sens de la pédagogie s'impose dès ses premiers cours au Grand Séminaire de Meaux, publiés ici pour la première fois. L'essentiel s'y trouve déjà : la vivacité d'un style " démocratique ", selon Paul Veyne, qui d'emblée emporte le lecteur et le guide dans les raisonnements les plus complexes ; le ton, parfois badin, jamais guindé, toujours tenu ; surtout, le déploiement d'une pensée libre, profondément anticonformiste et d'une érudition inépuisable. Homme de fidélité ensuite, notamment à ses compagnons de toujours, les Anciens. Des présocratiques à Augustin et d'Homère à Julien l'Apostat, il n'a cessé de leur rendre hommage dans ses conférences et interventions publiques. Juste retour des choses, c'est son " plus cher disciple ", Michel Onfray, qui, rappelant dans sa préface ce qu'il doit à son " vieux maître ", prolonge cette chaîne de transmission et de savoir. Homme de son temps enfin, comme en témoignent ses chroniques politiques des années 1990, Lucien Jerphagnon fut un virtuose du dialogue et de la conversation. Ses échanges avec Francesca Piolot, en conclusion de ce volume, sont à l'image d'une pensée en perpétuel mouvement où ne cesse d'affleurer la question qui traverse toute son oeuvre : pourquoi diable y a-t-il quelque chose plutôt que rien

  • La philosophie ? Le mot, déjà, inquiète, et la chose, pour autant qu'on en ait l'expérience, ne rassure pas. À considérer l'histoire des vingtcinq siècles de philosophie qui sont derrière nous, la philosophie apparaît comme un foisonnement, un buissonnement touffu dont les rameaux s'emmêlent, poussant chacun vers un peu plus de lumière. Il ne s'agit pas d'une progression de la pensée, siècle après siècle, vers la Vérité absolue. Les philosophes ne s'entendent pas très bien entre eux... Mais leurs désaccords ne sont pas plus surprenants qu'ils ne sont nouveaux : ils tiennent en effet à l'essence même de la démarche philosophique. Un philosophe est quelqu'un qui veut comprendre tout ce qui, au départ, lui posait problème : le monde, la nature, l'homme, les dieux... Et chacun, partant de son expérience personnelle, arrive par un raisonnement d'une logique incontestable à une solution différente des autres. Partant de ce constat, Lucien Jerphagnon s'attache, non pas à définir la philosophie, mais à nous guider à travers les différentes écoles de pensée. « Tout ce que je puis faire, juge-t-il, c'est d'exposer sous les yeux du lecteur les vingt premiers siècles d'une aventure à laquelle il lui revient, si le coeur lui en dit, de découvrir un sens. » Du temps d'Homère à celui de Jeanne d'Arc, tour à tour féroce et chaleureux, hilare et navré, il embrasse avec son habituelle érudition l'immense aventure de l'esprit : les origines de la philosophie, les premiers physiciens, Socrate ou la conscience dans la cité, Platon ou la politique sous l'angle de l'éternel, Aristote ou le Macédonien surdoué, les cyniques et les cyrénaïques, les épicuriens, les stoïciens, philosophes pour un monde nouveau, Plotin ou l'absolu entrevu, Augustin ou les cieux nouveaux, la scolastique ou le retour d'Aristote...

  • Capitale songe

    Lucien Raphmaj

    Imaginez un monde dans lequel le sommeil a disparu, dans lequel les rêves sont devenu une ressource à exploiter. Sur l'île de Capitale S., alors que l'enquête portant sur cette disparition du sommeil nous entraine dans les bas-fonds d'un monde dystopique, l'insomnie a franchi un nouveau stade, la révolte gronde, et une nouvelle drogue menace de faire disparaître tous les êtres vivants.Avec Capitale Songe, Lucien Raphmaj nous offre un premier roman très ambitieux mêlant des scènes d'action percutantes à une réflexion philosophique riche et acérée sur notre rapport au sommeil et au travail. Servi par une plume somptueuse et hallucinée, son univers puissant et créatif l'inscrit d'emblée dans le sillage d'Antoine Volodine et d'Alain Damasio.

    Lucien Raphmaj est né en 1985, il vit à Paris et travaille dans le monde du livre. Il est l'auteur d'une oeuvre multidisciplinaire comprenant notamment un essai littéraire consacré à Blanchot et Volodine et collabore à de nombreux projets culturels tels que des films, expositions. Il participe, en tant que critique, à la revue culturelle en ligne Diacritik et tient un blog consacré à la littérature contemporaine (https://lucienraphmaj.wordpress.com/). Capitale Songe est son premier roman.

  • Il aurait voulu suivre le vent derrière une grande voile blanche, tourner le dos à une plage déserte où personne n'aurait agité de mouchoir. Tout effacer, remettre les compteurs à zéro, laisser le passé à ses friches. Au lieu de ça, il s'arrêta devant un bar-tabac, au bout d'une rue qu'il avait descendue sans s'en rendre compte. Il avait faim, malgré tout.
    Une fois servi, il regarda par-dessus son épaule. Tout derrière lui respirait la détresse banale, morne, des lieux où le temps semble peu à peu figer les gens et les choses dans une même gelée trouble.
     
    Fin de  mois d'août torride dans le Midi. Le commissaire Émile Bordarier s'inquiète pour sa fille. En plus d'avoir un problème d'alcool et une attirance inexplicable pour les punks à chiens, elle ne donne plus de nouvelles depuis des semaines. Alors qu'il se décide enfin à partir à sa recherche, le cadavre à demi carbonisé d'une jeune femme est découvert dans la garrigue nîmoise.  Épaulé par ses collègues Chgyam Namgyel, moine bouddhiste reconverti dans la PJ, et la mystérieuse Vera Cordelle, nouvelle venue dans son équipe, le commissaire mène l'enquête jusqu'au huis clos explosif d'un village cévenol où s'affrontent yourteurs et notables et où se multiplient les disparitions inquiétantes. Sa fausse nonchalance, son sens aigu de l'observation et sa grande patience devant la bizarrerie humaine seront ses armes principales pour percer les secrets d'une brochette de criminels truculents, dont le moindre défaut est un manque flagrant de sens commun.
     

  • La communication

    Lucien Sfez

    La communication envahit tous les domaines : communication d'entreprise, marketing politique, pages « communication » de nos journaux, technocommunication, psychothérapies de groupe pour apprendre à « communiquer », etc. En soi, communiquer ne veut rien dire. Il y a en revanche des théories, des pratiques et des techniques de la communication que Lucien Sfez expose et discute. Représentative, expressive ou confondante : les formes de la communication y sont décrites ainsi que les idéologies qui les portent afin de permettre à chacun de décrypter ce phénomène fondamental de nos sociétés contemporaines.

  • Publié pour la première fois en 1913,
    Philémon, Vieux de la Vieille est un livre aussi insolite que précieux. Et résolument hybride, conformément à la volonté de son auteur, Lucien Descaves. Se parant d'atours romanesques, Philémon se révèle en effet un authentique livre d'histoire, dans l'acception la plus exigeante du terme. Durant une décennie, Descaves a minutieusement compulsé les documents de toutes natures (archives, manuscrits, correspondances, journaux) mais, surtout, interrogé patiemment les survivants de la Commune, préférant à la froideur du papier la chaleur du témoignage oral.
    Sensible et loyal, Descaves a tenu à rendre hommage à ces hommes et femmes qui ont vu et fait la dernière des révolutions françaises et dans l'intimité desquels il a vécu. Il en résulte une oeuvre vivante sur leurs années d'exil et leur difficile retour, où percent la tendresse et l'affection de l'auteur, où affleure en maints endroits une émotion à la fois sobre et juste. Nul mieux que lui n'a su restituer plus fidèlement ce que fut un communard, figure éminemment attachante et bien différente de la caricature anachronique peuplant notre imaginaire collectif.
    Rares sont les ouvrages qui allient l'exactitude historique à l'agrément que procure la lecture d'un bon roman. Assurément,
    Philémon est de ceux-là.

  • Louis XIV était un homme secret. Dès sa jeunesse, ses proches remarquent cette capacité à dissimuler ses sentiments comme ses opinions.
    Derrière la gloire flamboyante, ce livre nous révèle la face noire du Roi-Soleil, revenant sur les épisodes les moins glorieux du règne : de l'acharnement contre Fouquet à la révocation de l'édit de Nantes, en passant par nombre d'affaires d'espionnage, d'enlèvements ou d'accords secrets. La liste des affaires ténébreuses et des manipulations est longue. En voici pour la première fois la terrible chronique.

  • Lucien Jerphagnon a publié tout au long de sa carrière nombre de textes enlevés : des articles grand public ou savants, légers et polémiques, drôles et inattendus. Ce livre se veut un choix des meilleurs inédits du Maître sur l’Antiquité, relus et retravaillés par ses soins. Lucien Jerphagnon nous entraîne de page en page à voir avec leurs yeux ce que voyaient les Anciens. Quoi qu’il traite, il nous entretient avec bonheur de la sagesse et de la mystique chez les Grecs et les premiers chrétiens. Car, pour Lucien Jerphagnon, il en va toujours de la recherche du Bien suprême - un Bien suprême qui n’exclut ni le rire ni l’humour. « Connais-toi toi-même » - phrase reprise de la devise qui ornait le fronton du temple de Delphes, et dont Socrate a fait son leitmotiv - est le vade-mecum parfait de ceux pour lesquels l’esprit n’a pas d’âge et appartient à tous les siècles - à aujourd’hui comme à demain.

  • Les lettres au mystérieux Lucilius de Lutèce qui ouvrent ce livre donnent le ton : intime, allègre et érudit. S´il évoque toujours ce qui lui tient à coeur, l´histoire et la philosophie chez les Grecs, les Romains et les Premiers chrétiens, ou les contre-vérités qui ont fait long feu, Lucien Jerphagnon nous parle aussi avec brio et profondeur de sujets plus personnels - ses amis, ses affections, et ses conversations avec les dieux. Le Maître nous rappelle alors, avec son accent inimitable, que le présent doit se conjuguer avec la plus divine des obligations, dont les dieux d´Homère ont donné l´exemple : « rire ».

  • " Ces ouvrages n'ont jamais été réédités depuis plus de cinquante ans. Leur parution constitue un événement pour tous ceux qui apprécient ce grand historien et philosophe, souligne dans sa préface le cardinal Poupard, longtemps confident de Lucien Jerphagnon. Ce sera pour beaucoup une révélation importante et inattendue sur l'engagement spirituel de l'auteur, comme sur l'histoire contrastée de la première partie de sa vie où s'enracine son parcours d'historien de la philosophie antique. " L'Au-delà de tout regroupe les ouvrages que Lucien Jerphagnon écrivit entre 1955 et 1962, dont le tout premier, Le Mal et l'Existence. Ils reflètent ses interrogations métaphysiques sur ces grands thèmes philosophiques qui ne cesseront de nourrir ses travaux et ses réflexions: la liberté, la foi, la question du mal, l'immanence et la transcendance, l'émerveillement d'être au monde, le bonheur, le sens du divin. Ordonné prêtre en juin 1950, Lucien Jerphagnon enseigne alors au grand séminaire de Meaux, et c'est tout naturellement qu'il s'intéresse à Pascal auquel il consacre trois livres, dont Pascal et la souffrance et Le Caractère de Pascal. Contre la suprématie de la philosophie thomiste qui s'exerce encore au sein de l'Église, il démontre, à la lumière de la pensée de Pascal, que tout ne se résume pas au dogme scolastique ni à la raison, et témoigne déjà de sa liberté d'esprit. Ses innombrables lecteurs et admirateurs retrouveront ici la sensibilité, l'humanité profonde, l'originalité de style de l'une des grandes figures intellectuelles de l'époque contemporaine, qui fut aussi l'une des plus attachantes. Ils découvriront dans le même temps un pan méconnu de son cheminement personnel, essentiel à la compréhension de l'ensemble de son oeuvre et de ce qui fait son unité.

  • Détruire la bibliothèque est un geste qui remonte à la plus haute Antiquité. Les autodafés, apparus en même temps que les livres, se multiplient à proportion du nombre d'ouvrages. Considérée comme subversive ou au contraire comme le symbole du pouvoir absolu, la bibliothèque est au centre des crises et des conflits. Bien souvent, elle n'y survit pas. De l'incendie d'Alexandrie à celui de Sarajevo en 1992, en passant par Rome, Ctésiphon, Bagdad, par les méfaits de l'Inquisition, par la Révolution française ou la Commune, Lucien X. Polastron déploie une singulière érudition sur ce terrain encore peu exploré. Il mène l'enquête sur les causes du désastre, reconstitue les trésors perdus, part sur les traces des volumes rescapés. Attaque en règle contre le support papier, convoitises pharaoniques sur l'information numérisée... les dangers d'aujourd'hui sont-ils pires que les grands malheurs vécus par les bibliothèques ? Le rêve de la bibliothèque absolue vire-t-il au cauchemar - celui entrevu par Bradbury, Huxley ou Orwell ?

  • Javais pensé, logiquement, dédier ces pages à la mémoire de mes parents de mon père, surtout, lauteur de la plupart des photos, qui sont la base et la raison dêtre de ce livre.Curieusement, je nen ai pas envie. Leur dédier ce livre me semble une coquetterie inutile et fausse. Je nai jamais déposé une fleur sur leur tombe, ni même remis les pieds dans le cimetière où ils sont enterrés. Sans doute parce que obscurément je leur en veux davoir disparu si jeunes, si beaux, sans lexcuse de la maladie, sans même lavoir voulu, quasiment par inadvertance. Cest impardonnable.Mon père fit ces photos. Je les trouve belles. Il avait, je crois, beaucoup de talent. Javais depuis des années lenvie de les montrer. Parallèlement, montait en moi la sourde envie décrire, sans avoir recours au masque de la fiction, sur mon enfance coupée en deux. Ces deux envies se sont tout naturellement rejointes et justifiées lune lautre.Ces photos sont beaucoup plus pour moi que de belles images, elles me tiennent lieu de mémoire. Jai le sentiment que ma vie a commencé le jour de leur mort il ne me reste rien davant, deux, que ces images en noir et blanc.A.D.

  • « La peinture doit lutter pour repousser ce monde qui ne peut qu'assassiner l'invisible. » (Charles Juliet, 2020)
    Le coaching aussi...
    L'impérialisme de la gestion étend son emprise sur le monde. La vérité, même celle de la calculabilité généralisée, ne fait plus sens, elle s'invente autant que de besoin : c'est l'ère des vérités alternatives.
    Lorsque tous les repères se brouillent, lorsque seuls, le profit, la croissance, le pouvoir font sens, comment ne pas s'interroger sur les finalités du coaching dans les entreprises ? Le grand déni de l'accompagnement réside dans l'occultation du fond sur lequel il se déroule : fond idéologique, fond social historique, fond psychologique.
    Ce fond « oublié » s'appelle « le collectif ». C'est lui qu'il s'agit de penser comme une dynamique permanente des désirs et des engagements au sein d'une organisation elle-même prise dans son propre fond.
    Comment sortir du coaching « performatif » dont l'objectif est d'amener un collaborateur à réaliser, de fait, le désir de sa direction, pour accéder à un coaching « éthique », au sens d'Aristote, celui d'aider la personne à dévoiler cette part de liberté qui l'ouvre à l'im-possible, au radicalement autre, au plaisir de l'inattendu.
    Dans ce livre je n'ai d'autre ambition que d'ouvrir le lecteur à des pistes de réflexion en interrogeant ce que « avoir à être humain », ce que rencontrer, ce que travailler veulent dire : comprendre n'est pas un acte intellectuel mais une conversion du regard qui libère la véritable efficience.

  • Quelles sont les caractéristiques de la France d'Ancien Régime ?
    Comment les guerres de religion ont-elles bouleversé la société française ?
    Quel type de relations la France entretient-elle avec les puissances étrangères ?
    Comment passe-t-on d'un ordre politique fondé sur la monarchie absolue de droit divin à la Révolution française ?
    De 1498 à 1789, le territoire français s'est agrandi, l'État s'est structuré, la société a évolué. À travers l'histoire de la monarchie, le lecteur est invité à suivre les évolutions majeures de la France moderne : interventions de l'État en matière religieuse, affrontements entre le pouvoir royal et les sujets, construction d'une administration royale, exercice de la justice et place des magistrats dans la société, organisation des finances publiques, initiatives monarchiques dans le domaine économique, défense et aménagement du territoire, encouragements à l'art ou à la recherche scientifique.

  • Les divins cesars

    Lucien Jerphagnon

    « Le prince est là, dites-vous, pour commander et les sujets pour obéir. Très bien, mais si le prince est taré, ou si de bon qu'il était, il est devenu mauvais ? - Pas du tout ! Car les dieux - ou Dieu, quand viendra son tour - vous garantissent qu'avec Tartemolius César, de pareils accidents ne peuvent se produire. - Pourquoi ? - Mais parce que ce sont eux - c'est Lui - qui ont choisi Tartemolius César. A ce mythe du pouvoir venu d'En Haut, tout le monde gagne : le prince, qui rencontre sous lui moins de résistance ; les sujets, qui trouvent au-dessus d'eux moins d'arrogance. Des deux côtés, on accomplit son devoir et on se sent promu »... Dans ce récit qui va d'Auguste à Justinien, de 27 av. J.-C. à 529 de notre ère, Lucien Jerphagnon démonte, avec son génie et son humour habituel, les rouages de l'idéologie et du pouvoir dans la Rome impériale. A travers la naissance, l'évolution et les déboires de cette formidable machine à faire des dieux, il dresse, sur plus de cinq siècles, une grande fresque, histoire des hommes comme de la pensée, dialogue sans cesse renouvelé entre le divin, le philosophique et le politique.

  • « Au gré des rangements à perte de vue de ma bibliothèque, j'ai fini par mettre ensemble Héraclite, Zhuangzi, Goethe, Nietzsche, Thoreau, Bachelard et Rimbaud. Leur point commun, c'est la compréhension (« prendre avec ») de la nature, qui leur donne l'image la plus sensée de l'existence : pour mesurer notre place dans l'univers, il faut d'abord entendre la place de l'univers en nous. Or cette imbrication semble oubliée voire gommée par la plupart des systèmes philosophiques. Faut-il voir là quelque rapport avec la destruction accélérée de la planète ou, parallèlement, avec le manque d'enthousiasme général qui nous gagne ? La nature, il en reste encore assez pour s'en mêler. Alors, découvrons le secret des vieilles cosmogonies et sollicitons nos auteurs un par un, les littérateurs et les visionnaires, la poignée de philosophes intéressés, puis les érudits de l'écologie si pleins de verdeur - afin de moissonner les recettes d'une attitude plus confortable. Elles risquent de surprendre. Car, à force de cerner l'intelligence du monde, on va voir que c'est un mystère à double tranchant. »
    Lucien X. Polastron est journaliste et écrivain. Son histoire générale du papier et divers ouvrages sur le livre exprimaient déjà sa curiosité pour les étreintes de l'esprit et de la matière. Il rend compte aujourd'hui de l'enrichissement qu'il a retiré de cette quête, où les lecteurs de Livres en feu ne manqueront pas de retrouver aussi son ironie ravageuse.

  • Lucien Rebatet est l'auteur d'un livre " maudit " qui fut le best-seller de l'Occupation, Les Décombres : six cents pages de violence et de colère, où il s'en prend à tous ceux qu'il tient pour responsables de la décomposition du pays. Rebatet fut un antisémite et un anticommuniste parmi les plus virulents. Mais il fut aussi antiparlementaire, antibourgeois, anticatholique. Bref, un intellectuel fasciste typique, qui partagea les rages et les phobies de toute une génération d'écrivains, sur laquelle ce Dossier fournit un document historique édifiant. Le texte des Décombres est ici livré au public dans son intégralité pour la première fois depuis 1942, accompagné d'un important appareil critique qui permet de le lire " en connaissance de cause ". L'autre intérêt de cette édition est un inédit de Rebatet qui constitue la suite des Décombres. Écrit en prison, à Clairvaux, ce récit des illusions perdues et des haines intactes nous plonge dans l'univers halluciné des partisans les plus acharnés de la collaboration. Peu courageux devant la justice qui le condamna à mort avant qu'on ne le graciât, sous la pression, entre autres, de Camus ou encore de Mauriac - qu'il avait injurié -, Rebatet n'est jamais sorti de son statut de paria. Il échoua à se faire reconnaître comme le grand écrivain qu'il aspirait à devenir. Mais l'ensemble de son oeuvre - dont Une histoire de la musique, qui figure déjà au catalogue " Bouquins " -, jusqu'à ses écrits les plus ignobles, témoigne d'une qualité d'écriture qui fut saluée, y compris par certains de ses adversaires les plus résolus. Fallait-il s'interdire de republier ses textes les plus sulfureux ? On peut croire que les rééditer ou les révéler, avec les éclaircissements indispensables, contribuera à les démythifier, tout en rappelant que le talent n'est pas incompatible avec la faute morale, voire le crime pénal. Pascal Ory

  • « Des souvenirsd'une force exceptionnelle. »Max GalloCe livre retrace la guerre d'un soldat du rang. Dans un stylesobre, Lucien Richard, caporal appelé au 121e régimentd'infanterie, y rend compte au jour le jour des épisodesde sa campagne contre l'Allemagne, du 9 mai au 17 juin1940.Parti comme ses camarades confiant et déterminé au secoursde la Hollande, il se rend à l'évidence : les avions et leschars donnent aux Allemands une supériorité écrasante.Lucien Richard participe aux combats de retraite à travers laBelgique. Malade, il perd son régiment, embarque à grandpeineà Dunkerque pour l'Angleterre, d'où il reviendra deuxjours plus tard pour se battre encore.En témoignant des heures tragiques de 1940, Lucien Richardn'a pas voulu se donner un rôle. Il confie simplement sessensations et ses réflexions de combattant. Son récit estémaillé de descriptions et d'analyses d'un grand intérêtdocumentaire, qui font justice de bien des idées reçues surle comportement au feu des soldats français d'alors.L'un des livres les plus honnêtes et précieux sur le désastrede 1940.

  • Préface de Charlotte Herfray La lecture des Séminaires de Lucien Israël nous invite à nous laisser porter par les associations signifiantes qui rendent la pensée vivante, aboutissant à la constatation que fait notre auteur à propos de la fonction de l'analyse (« La parole crée le sujet ») dont il nous dit qu'elle est « de renouveler non pas les voeux, mais les désirs, c'est-à-dire renouveler l'expérience de la perte ». Et, mine de rien, du lieu le plus secret du creuset de sa propre expérience, il ajoute qu'« en renonçant à tout signifié, c'est cela qu'en dernier lieu, on appellera la castration ». Et pour couronner le tout, il nous livrera que « le problème n'est pas de donner un sens à la vie. Il est de donner un sens à la mort ».

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