Histoire

  • Louis XIV, le fantôme et le maréchal-ferrand Nouv.

    L'apparition d'un fantôme à un maréchal-ferrant de Salon-de-Provence conduit celui-ci à gagner la cour de Versailles pour porter au roi un message qui demeurera secret : ce mystère historique sert à l'auteur d'observatoire pour étudier les hommes, modestes ou puissants, du temps de Louis XIV, le dialogue entre la raison et l'imagination, le jeu du pouvoir et de la religion. Dans une première partie, cet ouvrage montre comment l'événement a passionné l'opinion publique en France et en Europe. La deuxième partie est consacrée à la réaction officielle, replacée dans le sillage du prophétisme mais aussi dans le contexte de ce temps de crises, où la fiscalité et les querelles religieuses pèsent lourd. Une troisième partie permet de suivre toutes les lectures de cette étrange historiette au fil du temps jusqu'à nos jours. Ainsi, la visite d'un modeste artisan à la cour de Versailles offre une vue panoramique des croyances et des convictions, des réalités politiques et des réactions sociales en cette fin du XVIIe siècle, et invite à voyager à travers le temps pour voir comment chaque génération a pu ensuite réinterpréter ce singulier épisode.

  • Ce recueil essentiel publié chez Armand Colin en 1952 propose trente-trois articles écrits entre 1906 et 1952 par le co-fondateur avec Marc Bloch des Annales. Lucien Febvre y développe sa vision d'ensemble du champ de l'Histoire et propose de précieux  conseils de méthode et y affirme sa dimension pluridisciplinaires  (géographie, sociologie, linguistique, philosophie...)  en proposant 11 portraits de grandes figures de ces différentes disciplines.  Le grand historien y définit  l'Histoire "comme un besoin de l'humanité, le besoin qu'éprouve chaque groupe humain, à chaque moment de son évolution, de chercher et de mettre en valeur dans le passé les faits, les événements, les tendances qui préparent le temps présent, qui permettent de le comprendre et qui aident à le vivre. [Il faut pour cela] recomposer la mentalité des hommes d'autrefois ; se mettre dans leur tête, dans leur peau, dans leur cervelle pour comprendre ce qu'ils furent, ce qu'ils voulurent, ce qu'ils accomplirent".

  • La philosophie ? Le mot, déjà, inquiète, et la chose, pour autant qu'on en ait l'expérience, ne rassure pas. À considérer l'histoire des vingtcinq siècles de philosophie qui sont derrière nous, la philosophie apparaît comme un foisonnement, un buissonnement touffu dont les rameaux s'emmêlent, poussant chacun vers un peu plus de lumière. Il ne s'agit pas d'une progression de la pensée, siècle après siècle, vers la Vérité absolue. Les philosophes ne s'entendent pas très bien entre eux... Mais leurs désaccords ne sont pas plus surprenants qu'ils ne sont nouveaux : ils tiennent en effet à l'essence même de la démarche philosophique. Un philosophe est quelqu'un qui veut comprendre tout ce qui, au départ, lui posait problème : le monde, la nature, l'homme, les dieux... Et chacun, partant de son expérience personnelle, arrive par un raisonnement d'une logique incontestable à une solution différente des autres. Partant de ce constat, Lucien Jerphagnon s'attache, non pas à définir la philosophie, mais à nous guider à travers les différentes écoles de pensée. « Tout ce que je puis faire, juge-t-il, c'est d'exposer sous les yeux du lecteur les vingt premiers siècles d'une aventure à laquelle il lui revient, si le coeur lui en dit, de découvrir un sens. » Du temps d'Homère à celui de Jeanne d'Arc, tour à tour féroce et chaleureux, hilare et navré, il embrasse avec son habituelle érudition l'immense aventure de l'esprit : les origines de la philosophie, les premiers physiciens, Socrate ou la conscience dans la cité, Platon ou la politique sous l'angle de l'éternel, Aristote ou le Macédonien surdoué, les cyniques et les cyrénaïques, les épicuriens, les stoïciens, philosophes pour un monde nouveau, Plotin ou l'absolu entrevu, Augustin ou les cieux nouveaux, la scolastique ou le retour d'Aristote...

  • Louis XIV était un homme secret. Dès sa jeunesse, ses proches remarquent cette capacité à dissimuler ses sentiments comme ses opinions.
    Derrière la gloire flamboyante, ce livre nous révèle la face noire du Roi-Soleil, revenant sur les épisodes les moins glorieux du règne : de l'acharnement contre Fouquet à la révocation de l'édit de Nantes, en passant par nombre d'affaires d'espionnage, d'enlèvements ou d'accords secrets. La liste des affaires ténébreuses et des manipulations est longue. En voici pour la première fois la terrible chronique.

  • Quelles sont les caractéristiques de la France d'Ancien Régime ?
    Comment les guerres de religion ont-elles bouleversé la société française ?
    Quel type de relations la France entretient-elle avec les puissances étrangères ?
    Comment passe-t-on d'un ordre politique fondé sur la monarchie absolue de droit divin à la Révolution française ?
    De 1498 à 1789, le territoire français s'est agrandi, l'État s'est structuré, la société a évolué. À travers l'histoire de la monarchie, le lecteur est invité à suivre les évolutions majeures de la France moderne : interventions de l'État en matière religieuse, affrontements entre le pouvoir royal et les sujets, construction d'une administration royale, exercice de la justice et place des magistrats dans la société, organisation des finances publiques, initiatives monarchiques dans le domaine économique, défense et aménagement du territoire, encouragements à l'art ou à la recherche scientifique.

  • Lucien Febvre fut un des initiateurs de la nouvelle école d'historiens français. Dans ce volume il étudie le XVIe siècle, l'aurore des temps modernes. Il cherche à le comprendre de l'intérieur car, dit-il, il est difficile d'imaginer 'à quel point la psychologie d'un Français du XVIe siècle ne saurait être celle d'un Français du XXe'. Il évoque brillamment toute une civilisation, grâce à une méthode qui permet de comprendre cet homme du XVIe siècle qui ''(doit être intelligible non par rapport à nous, mais par rapport à ses contemporains', auquel il ne faut pas prêter nos idées et nos connaissances, mais qu'il convient de replacer dans son époque, pour pouvoir saisir ses problèmes et sa façon d'être.

  • Lucien Rebatet est l'auteur d'un livre " maudit " qui fut le best-seller de l'Occupation, Les Décombres : six cents pages de violence et de colère, où il s'en prend à tous ceux qu'il tient pour responsables de la décomposition du pays. Rebatet fut un antisémite et un anticommuniste parmi les plus virulents. Mais il fut aussi antiparlementaire, antibourgeois, anticatholique. Bref, un intellectuel fasciste typique, qui partagea les rages et les phobies de toute une génération d'écrivains, sur laquelle ce Dossier fournit un document historique édifiant. Le texte des Décombres est ici livré au public dans son intégralité pour la première fois depuis 1942, accompagné d'un important appareil critique qui permet de le lire " en connaissance de cause ". L'autre intérêt de cette édition est un inédit de Rebatet qui constitue la suite des Décombres. Écrit en prison, à Clairvaux, ce récit des illusions perdues et des haines intactes nous plonge dans l'univers halluciné des partisans les plus acharnés de la collaboration. Peu courageux devant la justice qui le condamna à mort avant qu'on ne le graciât, sous la pression, entre autres, de Camus ou encore de Mauriac - qu'il avait injurié -, Rebatet n'est jamais sorti de son statut de paria. Il échoua à se faire reconnaître comme le grand écrivain qu'il aspirait à devenir. Mais l'ensemble de son oeuvre - dont Une histoire de la musique, qui figure déjà au catalogue " Bouquins " -, jusqu'à ses écrits les plus ignobles, témoigne d'une qualité d'écriture qui fut saluée, y compris par certains de ses adversaires les plus résolus. Fallait-il s'interdire de republier ses textes les plus sulfureux ? On peut croire que les rééditer ou les révéler, avec les éclaircissements indispensables, contribuera à les démythifier, tout en rappelant que le talent n'est pas incompatible avec la faute morale, voire le crime pénal. Pascal Ory

  • Un recueil inédit des textes de critique publiés par le célèbre historien Lucien Jerphagnon, disparu en 2011. Un panorama aussi enrichissant que savoureux de la recherche historique des cinquante dernières années.
    Lucien Jerphagnon, le " barbouze de l'Antiquité ", comme il se définissait lui-même, publia entre 1962 et 2011 de nombreux articles dans les plus grandes revues d'histoire et de philosophie françaises et internationales. Enfin réunis en un seul volume, ces textes critiques, nourrissants et savoureux, offrent le plus spirituel des panoramas sur la recherche historique de ces cinquante dernières années.Lucien Jerphagnon (1921-2011), professeur émérite des Universités, spécialiste de saint Augustin dont il a édité trois volumes d'oeuvres dans " la Pléiade ", a écrit sur Athènes, la Rome impériale ou Vladimir Jankélévitch, son maître. Parmi ses derniers ouvrages, De l'amour, de la mort, de Dieu et autres bagatelles (livre d'entretiens avec Christiane Rancé), L'homme qui riait avec les dieux, Les Armes et les Mots et Portraits de l'Antiquité (Perrin). Préface de Christiane Rancé

  • Les trois volumes de La Guerre d'Indochine, pour la première fois réunis en un seul volume. Lucien Bodard balaie en près de mille deux cents pages quinze années tragiques où se mêlent l'espoir et les larmes. Parce qu'il a croisé les acteurs de cette guerre, il les fait revivre avec force : Giap, de Lattre, Bao Dai et les autres. C'est le récit d'un auteur qui a vécu son sujet, qui sait les dangers de la jungle, la fraîcheur des hauts plateaux. Et il y a ces lieux, oubliés parfois, Dien Bien Phu, bien sûr, mais aussi Vinh Yen, Lang Son, Cao Bang, la R.C.4... Lieux amers et drôles. Qui se souvient du Saïgon des bandits, des piastres et des jeux, cité de jouissance célèbre dans tout l'Orient ? De l'aventure à l'humiliation, des jours tendres aux pluies cruelles, voici l'histoire d'une guerre, l'histoire de deux pays, passion désordonnée et proche où notre innocence s'est perdue.

  • « Des souvenirsd'une force exceptionnelle. »Max GalloCe livre retrace la guerre d'un soldat du rang. Dans un stylesobre, Lucien Richard, caporal appelé au 121e régimentd'infanterie, y rend compte au jour le jour des épisodesde sa campagne contre l'Allemagne, du 9 mai au 17 juin1940.Parti comme ses camarades confiant et déterminé au secoursde la Hollande, il se rend à l'évidence : les avions et leschars donnent aux Allemands une supériorité écrasante.Lucien Richard participe aux combats de retraite à travers laBelgique. Malade, il perd son régiment, embarque à grandpeineà Dunkerque pour l'Angleterre, d'où il reviendra deuxjours plus tard pour se battre encore.En témoignant des heures tragiques de 1940, Lucien Richardn'a pas voulu se donner un rôle. Il confie simplement sessensations et ses réflexions de combattant. Son récit estémaillé de descriptions et d'analyses d'un grand intérêtdocumentaire, qui font justice de bien des idées reçues surle comportement au feu des soldats français d'alors.L'un des livres les plus honnêtes et précieux sur le désastrede 1940.

  • Julien dit l'apostat

    Lucien Jerphagnon

    On avait exterminé sa famille entière. On l'avait relégué dans un lointain palais truffé de mouchards. On méditait même d'en faire un prêtre. Bref, le très chrétien Constance glorieusement régnant n'avait rien négligé pour évincer Julien de la pourpre de ses ancêtres. Et voilà qu'il était devenu empereur de Rome ! Et qu'entre-temps il s'était converti en secret aux dieux qu'on croyait morts. Et alors...
    La noire saga d'une dynastie, hantée de monstres froids, de prélats doubles, de barbouzes et de philosophes arrivistes est racontée ici jour après jour, au plus près des textes.
    Extraordinairement informé, Lucien Jerphagnon joint à l'érudition un rare talent d'évocation. En entreprenant cette réhabilitation de l'empereur Julien, il réussit avec ce livre un modèle de biographie.

  • « La guerre engendre beaucoup de maux, entre lesquels sont le grand nombre d'historiens » écrit Jean Racine, en marge d'un exemplaire du « Comment écrire l'histoire » de Lucien. Remarque acerbe méritée ? « Que s'est-il vraiment passé ? » et « comment le dire ? », sont deux questions auxquelles on est confronté lorsqu'il s'agit de « rapporter des faits ». Au deuxième siècle de notre ère, Lucien de Samosate se pose avant tout la deuxième question. Marqué par sa formation rhétorique, il porte en lui l'habituelle distinction entre deux aspects constitutifs du discours : ce qui concerne la matière (pragmatikos topos) et ce qui touche l'expression (lektikos topos). Le « Voltaire de l'antiquité » (dixit Mme de Staël) se concentre avec un esprit satirique sur l'examen du « comment dire ». Un texte vif, qui fait sourire, et souvent réfléchir.

  • En 1950, le grand historien Lucien Febvre, aidé par un jeune assistant en Sorbonne, François Crouzet, se lance un défi : écrire, en réponse à une sollicitation de l'Unesco, un manuel « modèle » d'histoire de la civilisation française. Oublié jusqu'à aujourd'hui dans un grenier poussiéreux, ce livre veut prouver qu'il n'y a pas d'identité française providentiellement surgie de la nuit des temps, mais que la France s'est progressivement créée grâce à un constant métissage ethnique et culturel qui est le cœur battant de sa civilisation. Véritable défense et illustration du caractère « international » et «interdépendant » de toute nation, Nous sommes des sang-mêlés dénonce les tentations de refus de l'autre qui ont conduit aux atrocités des conflits mondiaux du XXe siècle. Selon Febvre et Crouzet, l'historien a pour mission, scientifique et éthique, d'éliminer les ferments de haine xénophobe entretenus par l'enseignement d'une histoire trop nationaliste, et d'ouvrir les esprits à l'idée d'une « fraternité » universelle qui serait l'essence même du passé et donc du présent. Livre singulier d'histoire engagée, promotion d'un projet de paix qui serait l'avenir de l'humanité, Nous sommes des sang-mêlés conserve toute sa pertinence aujourd'hui.

  • L'accession de la Chine au rang de deuxième puissance économique mondiale confère une meilleure image à la révolution chinoise qu'à la russe. Elles ont pourtant presque tout en commun : la révolution chinoise a d'abord été une copie conforme de l'autre, Mao Tsé-toung ne connaissant guère le marxisme qu'à travers la vulgate de Staline. Puis il a pris conscience moins des vices de son modèle que de son inadaptation à un pays surpeuplé du tiers-monde.

    Mais au lieu de corriger le modèle, il a prétendu aller plus loin et plus vite dans le même sens. À la différence de la réplique d'un séisme, d'ordinaire moins catastrophique, le Grand Bond en avant est une réplique aggravée du premier plan quinquennal soviétique (1929-1933), conçu en fonction d'une fin rêvée sans tenir compte des possibilités. Et c'est en tournant le dos à la révolution que la Chine se développe à vive allure.

    Finalement, le panorama que fait ressortir Lucien Bianco de son étude est assez similaire : système politique, surexploitation de la paysannerie, entraînant les deux plus grandes famines du siècle, mise au pas des intellectuels, répression, camps. La comparaison entre Staline et Mao qui couronne le tableau le conduit à remonter jusqu'à Lénine et à faire sien le constat d'un historien chinois : "Autant que possible, le mieux est d'éviter de recourir aux révolutions."

  • Dictionnaire Louis XIV

    Lucien Bély

    La destinée de Louis XIV, devenu roi de France à l'âge de cinq ans, se confond avec l'histoire de ses soixante-douze années de règne. Lieutenant de Dieu, premier des gentilshommes, père de ses sujets, ce monarque à la longévité sans équivalent a incarné, à la fois en tant qu'homme et en tant que figure symbolique, l'État et le royaume dont il fut le maître absolu. Tout gravitait autour de cette personnalité complexe, lumineuse pour certains, tyrannique pour d'autres, dont la connaissance offre autant de clés pour comprendre l'organisation politique et le fonctionnement de la société de son temps. Soucieux d'éviter tout parti pris et de sortir des approches traditionnelles consistant à juger ou à célébrer l'homme d'État, le maître d'oeuvre de ce premier dictionnaire consacré à Louis XIV, Lucien Bély, et l'équipe de chercheurs renommés rassemblée autour de lui ont adopté une démarche rigoureuse, fondée sur les découvertes les plus récentes. Ils nous font entrer dans l'intimité du souverain, mieux connaître sa pratique du pouvoir, ses réalisations les plus marquantes, mais aussi ses échecs et les excès dont il fut responsable dans une période de durcissement du système monarchique. Sans cesse observée de son vivant par ses proches ou ses serviteurs, la personne du roi est ici examinée et racontée à travers sa vie quotidienne, ses moeurs et ses habitudes, comme ses amours, ses amitiés, sa famille et ce petit monde singulier qu'était la cour de France. L'ouvrage offre aussi un tableau riche et original de la société très diverse du Grand Siècle, non seulement celle des princes et des privilèges, mais aussi celle des hommes et des femmes les plus modestes et anonymes qui ont joué un rôle dans les coulisses de ce règne. Trois cents ans après la naissance de Louis XIV, il fallait une entreprise de cette ampleur et un travail aussi magistral pour resituer pleinement ce souverain d'exception dans sa seule vérité historique.

  • Durant ce XVIIe siècle, les structures et les principes politiques monarchiques ne se transforment pas, mais évoluent vers une pratique autoritaire du gouvernement (l'absolutisme), qui s'appuie sur un contrôle renforcé de la société, grâce aux élites sociales et au clergé. Un tel encadrement (religieux, moral et policier) des populations marque tous les aspects de la condition humaine. Les institutions garantissent cet ordre social que la monarchie a pour mission de maintenir. L'État ne change pas de nature, il se transforme par une montée en puissance de l'administration. Mais cette présence accrue de l'État et de l'administration, avec l'augmentation des charges financières, suppose l'adhésion de la société. Pour contrer de nombreuses résistances (Fronde, révoltes antifiscales...), la monarchie a besoin de se faire craindre, d'où une "exaltation" de la figure royale contribuant à la sacralisation de l'État qui utilise, pour asseoir sa puissance, des méthodes brutales et violentes : enlèvements, procès politiques, emprisonnements arbitraires sous couvert de raison d'État. La réussite sociale passe donc par le service du roi, à la guerre, à la Cour, dans l'Église et dans l'administration. Mais la monarchie française n'est pas pour autant une monarchie totalitaire car le monarque reste redevable de son pouvoir à Dieu, et doit se plier aux lois divines définies par l'Église : il doit assurer le bonheur de ses sujets. Ce siècle est donc un siècle difficile, marqué par des guerres et des tentatives d'expansion coloniale. En 1700, tout peut encore arriver !

  • Lucien Murat est incorporé dans le 98e régiment d'infanterie et rejoint les lignes à Ressons-sur-Matz le 8 janvier 1916. À partir de là, chaque jour jusqu'au 12 avril 1917 où il fut porté disparu au combat à l'âge de 21 ans, il note sur de petits carnets son quotidien, son vécu et celui de ses camarades, croquant avec habilité quelques instants de vie. Ce sont ces carnets, ainsi qu'une riche correspondance, qui sont ici présentés.

  • Lucien Leyssieux s'engage dans l'armée à l'aube de ses 18 ans pour défendre les couleurs de son pays. Après avoir subi les frasques de la campagne de France en 1940, le petit sauvageon des montagnes refuse la capitulation de la France de Pétain. Il s'embarque alors pour Alger... Il nous livre son témoignage sur la dure campagne de Tunisie, la médecine de l'époque ainsi que la rude vie des montagnes de l'entre-deux-guerres.

  • Rome, maîtresse du monde. Les douze siècles de l'histoire romaine ont longtemps constitué le passage obligé d'une éducation humaniste. Ils pâtissent aujourd'hui des clichés et des anachronismes répandus par le cinéma et le roman. Aristocrates républicains idéalisés en défenseurs des libertés modernes ; empereurs rabaissés au rang de tyrans maniaques ; premiers chrétiens confinés dans l'obscurité des catacombes. Un Constantin le Grand, naguère converti miraculeux, devient un cynique calculateur (« Rome vaut bien une messe ») ; un Julien, naguère scandaleux apostat, se voit paré de toutes les vertus du paganisme. Autant de généralités hâtives que Lucien Jerphagnon s'emploie à combattre, avec un bonheur d'écriture, une densité de réflexion et un humour souvent corrosif qui sont un véritable régal. Le lecteur trouvera ici un véritable tour de force, à la fois synthèse d'histoire politique, militaire, sociale et intellectuelle, nourrie des derniers acquis de la recherche, et vaste fresque où se côtoient grands seigneurs, soldats, administrateurs, mécènes, poètes et philosophes. Tous ont contribué à bâtir cette civilisation fascinante, dont l'héritage imprègne, aujourd'hui encore, notre pensée et notre langage.

  • Dans les royaumes des Temps modernes, la vie d'un prince était affaire d'Etat, et l'on suivait avec passion les étapes, de sa petite enfance à ses funérailles. Son destin était inséparable de celui des autres monarques, souvent ses parents. Les souverains constituaient aussi une société fermée au sein de la chrétienté et entretenaient des relations cruciales : François Ier et Henri VIII rivalisèrent de faste au Camp du drap d'or ; Louis XIV rencontra Joseph II voyagea incognito pour conseiller Marie-Antoinette et Louis XVI. Dans ce cercle des têtes couronnées, les rapports personnels définissaient les relations internationales, car ils signifiaient la guerre lorsque les monarques profitaient des crises de succession pour renforcer leur puissance, mais ils étaient également synonymes de apis lorsque les mariages princiers favorisaient les réconciliations.
    Rassemblant de multiples témoignages sur les grandes dynasties, ce livre offre un tableau coloré de cette société européenne des souverains, dans laquelle l'émulation, les rivalités et les conflits n'excluaient pas des liens solides et où les femmes tenaient un rôle essentiel, puisqu'elles assuraient la continuité d'une maison et l'avenir de la monarchie. Il dévoile en particulier les règles et les lois secrètes de ce monde à part. Au fil du temps, l'humilité du prince chrétien laisse la place à une savante mise en scène de la majesté royale, puis les princes des Lumières cherchèrent à s'affranchir du carcan du cérémonial et à se rapprocher de leurs sujets.
    Ancien élève de l'Ecole normale supérieure, Lucien Bély est professeur d'histoire moderne à la Sorbonne. Il est l'auteur de nombreux livres, dont Espions et ambassadeurs au temps de Louis XIV (1990), Les Relations internationales en Europe, XVIIe-XVIIIe siècle (1992), La France moderne (1994). Il a également dirigé le Dictionnaire de l'Ancien Régime (1996) et codirigé L'Invention de la diplomatie (1998).

  • Lorsque des écrivains flatteurs parlaient de Louis XIV comme du plus grand roi du monde, le monarque lui-même, ses sujets et nombre de ses contemporains n'étaient pas loin de penser de même. La France étant alors un pays peuplé aux armées puissantes, son souverain s'impose comme le premier dans la hiérarchie des rois, derrière un empereur regardé avec condescendance, dans une Europe chrétienne, qui pense être supérieure au reste de l'univers.Ce livre s'interroge donc sur les raisons et les méthodes qui ont conduit ainsi à l'exaltation d'un prince. Il se penche sur l'émergence d'un souverain qui, pendant sa longue vie, assume la fonction royale avec sérieux, constance et orgueil, mobilisant l'Etat et les Français pour des entreprises grandioses, dont Versailles est le symbole même, mais faisant aussi courir de grands risques à son pays. Le portrait de Louis XIV esquissé ici permet de découvrir également ce que furent les espérances, les rêves et les joies, ainsi que les malheurs et les désillusions d'un moment étonnant de l'histoire de France. Lucien Bély est Professeur d'histoire moderne à la Sorbonne (Paris IV). Plusieurs de ses livres traitent du temps de Louis XIV dont il est spécialiste, en particulier Espions et ambassadeurs au temps de Louis XIV (1990), Les Relations internationales en Europe, XVIIe-XVIIIe siècles (1992), La France moderne (1994) et La Société des princes (1999). Il a aussi dirigé le Dictionnaire de l'Ancien Régime (1996), L`Invention de la diplomatie (1998) et La Présence des Bourbons en Europe, XVIe-XXIe siècle (2003).

  • « Nous tenons là, écrit dans la préface le philosophe Alain, qui fut son camarade dans les tranchées, les Mémoires d'un authentique prolétaire. J'entends le récit d'une existence réelle. »
    Quelle vie en effet que celle de Lucien Cancouët ! Né en Normandie à la fin du XIXe siècle, élevé à la ferme, bientôt placé comme garçon-boucher à Paris, il apprend dès l'adolescence à ne compter que sur lui-même pour assurer sa subsistance. Tour à tour ouvrier, domestique, infirmier, cheminot, il est mobilisé, en août 1914, comme artilleur. Ses souvenirs du front sont poignants et d'une terrible véracité. Ils expliquent largement son engagement ultérieur, dans le syndicalisme cheminot, où il luttera jusqu'à devenir un dirigeant de la CGT. Ils expliquent aussi ses prises de position pacifistes, au seuil du second conflit mondial, qui l'amenèrent à privilégier l'internationalisme des travailleurs plutôt que la lutte contre l'occupation allemande.

    Ce témoignage inédit est tout à la fois une traversée du siècle et le tableau émouvant d'un monde aujourd'hui disparu.

  • Dans cet ouvrage, l'auteur tente de démonter, à partir d'exemples comme la mort de Napoléon, l'homosexualité de Proust, le cas de Mozart ou les maladies plus récentes, ce qu'il nomme les mythologies médicales. Il propose de dévoiler les mécanismes qui, s'appuyant sur la crédulité, le conformisme et le dogmatisme, propagent le mensonge.

empty