Littérature générale

  • Je vends une vie mâle, excellente et noble, une vie libre. Qui l'achètera ? (I, 7)

  • Lucien est né vers 120 après J.-C., à Samosate, aux confins de l'Empire romain, alors à l'apogée de sa puissance. Très vite, il abandonne sa langue natale, sans doute l'araméen, pour embrasser la culture grecque. Devenu un brillant orateur, il voyage dans le Bassin méditerranéen, où son éloquence mordante lui vaut fortune et gloire. Malgré les siècles qui nous séparent de lui, son scepticisme désabusé, son refus des fanatismes, de la superstition, des faux prophètes, des cultes irrationnels, des maîtres à penser qui manipulent la jeunesse, sont d'une actualité brûlante. Le regard qu'il porte sur la société est très noir : il voit avec dégoût triompher convoitise, cruauté, servilité, vulgarité... Satiriste dans l'âme, il stigmatise l'hypocrisie sous toutes ses formes. Son humour est dévastateur, qu'il caricature coquettes, pédants, gloutons, débauchés, ou misanthropes. Le rire, cruel ou bon enfant, est toujours présent, notamment quand il revisite la mythologie traditionnelle et campe des dieux bougons, colériques, jaloux... Ses voyages fantaisistes sur la lune, au fond des Enfers ou dans le ventre d'une baleine, témoignent d'une imagination sans limite et sont d'une drôlerie irrésistible. Cette oeuvre si riche, qui joue de manière irrévérencieuse avec les modèles hérités de la Grèce classique, a inspiré les grands humanistes (Thomas More, Érasme, Rabelais, Cyrano de Bergerac, Fénelon, Fontenelle, Swift) et même certains peintres de la Renaissance. Comme Plutarque, mais à sa manière ironique, Lucien a été un des relais principaux entre l'Antiquité gréco-latine et nous. Cette traduction intégrale (à l'exception de quelques textes apocryphes, rejetés par la majorité des critiques), est la première en France depuis celle d'Émile Chambry, qui date de 1933-1934.
    Anne-Marie Ozanam est professeur de latin et de grec en première supérieure (khâgne). Elle a publié aux Belles Lettres, outre cinq recueils consacrés à Lucien, des traductions de César, Tacite et Alciphron, et aux éditions Gallimard, la traduction intégrale des Vies parallèles de Plutarque.

  • Détruire la bibliothèque est un geste qui remonte à la plus haute Antiquité. Les autodafés, apparus en même temps que les livres, se multiplient à proportion du nombre d'ouvrages. Considérée comme subversive ou au contraire comme le symbole du pouvoir absolu, la bibliothèque est au centre des crises et des conflits. Bien souvent, elle n'y survit pas.

    De l'incendie d'Alexandrie à celui de Sarajevo en 1992, en passant par Rome, Ctésiphon, Bagdad, par les méfaits de l'Inquisition, par la Révolution française ou la Commune, Lucien X. Polastron déploie une singulière érudition sur ce terrain encore peu exploré. Il mène l'enquête sur les causes du désastre, reconstitue les trésors perdus, part sur les traces des volumes rescapés.

    /> Attaque en règle contre le support papier, convoitises pharaoniques sur l'information numérisée... les dangers d'aujourd'hui sont-ils pires que les grands malheurs vécus par les bibliothèques ? Le rêve de la bibliothèque absolue vire-t-il au cauchemar - celui entrevu par Bradbury, Huxley ou Orwell ?

  • «Tu récoltes ce que tu as semé, tu commences par le rouge et le vert, premiers radis, premières laitues, gotte jaune d'or ou reine de mai, d'abord des feuilles tendres comme du papier de soie, presque transparentes puis qui bouclent comme des oreilles, d'un vert moyen qui s'approfondit encore à l'extérieur alors que le coeur de la salade enfle et blanchit, un coeur qu'on peut arracher aussitôt avec les dents et croquer naturellement dans le jardin en l'assaisonnant avec une tige de jeune échalote, tu t'accroupis devant les cosses de petits pois à disputer aux ramiers, tu passes une matinée à arracher et préparer les poireaux repiqués l'an passé en juillet qui ont poussé à travers l'hiver...» Le narrateur de ce roman s'adresse à un homme au travail dans l'espace clos de son jardin. Un accident cardiaque frappe le jardinier. Dès lors, un flot traverse sa conscience. Images, sons, odeurs, souvenirs, réminiscences littéraires et musicales, sensations, visions se succèdent et s'entremêlent tandis qu'il s'éloigne, au fil du temps et des mots, des êtres qu'il a aimés.

  • En une ode résolument optimiste, une histoire du livre de sa naissance jusqu'à l'aube de sa dématérialisation. Du limon à l'ivoire, de la peau de mouton au papier, le livre opère sa mue au gré d'inventions parfois sidérantes de complexité contées avec gourmandise, érudition et impertinence.

  • Depuis des siècles, le roman occupe une place prépondérante dans la création littéraire. Or, qu'y a-t-il de commun entre Don Quichotte, Le Rouge et le Noir, Les Conquérants et le nouveau roman ? En quoi consiste la forme romanesque ? Comment s'explique sa persistance ?

    Abordant ces problèmes dans une perspective structuraliste, Lucien Goldmann montre, à travers l'analyse des romans de Malraux et de Robbe-Grillet, qu'une méthode sociologique peut apporter une contribution essentielle à leur solution, et pose ainsi, après ses travaux sur la sociologie de la tragédie, les fondements d'une sociologie du roman.

  • Renan voyait en Lucien de Samosate " la première apparition de cette forme du génie humain dont Voltaire a été la complète incarnation ". Provocateur et démystificateur, cet avocat et intellectuel grec vécut au IIe siècle dans un Empire au sommet de sa puissance dont il sut mieux qu'un autre dépeindre et railler les vices et les vertus. Ses textes empruntent à la comédie et à la satire leur ton enjoué et leur saveur toute particulière. Lucien sait parler de tout et de rien, un peu à la manière de Montaigne. D'une réflexion sur l'art, il passe à un essai sur la manière d'écrire l'histoire, sur la vie en société, les affaires politiques ou l'éducation sportive, au gré d'une inspiration primesautière, fantaisiste et toujours inattendue. Ses écrits offrent le large éventail d'une comédie humaine vive, incisive, parfois grinçante, où l'on côtoie les figures et caractères les plus divers : atrabilaires et misanthropes (Timon), charlatans et faux devins (Pérégrinos, Alexandre), parvenus incultes (Le Bibliomane ignorant), dames de petite vertu (Dialogues des courtisanes) et la riche galerie des maîtres de philosophie dont les actions comme les moeurs démentent la doctrine en croyant faire fi de la nature et de la vérité... En dépit d'une certaine gravité, le rire affleure toujours chez Lucien, qui manifeste un goût immodéré pour le bon sens et la raison face aux folies des hommes et à leurs illusions. Son oeuvre, publiée ici dans son intégralité, nous entraîne dans un extraordinaire périple au coeur de la culture grecque, qui a traversé les siècles sans rien perdre de sa grâce, de sa légèreté, ni de son inépuisable vitalité.

  • En 1958 était publié, sous la signature conjointe de Lucien Febvre et Henri-Jean Martin, L'apparition du livre. Ecrit par Henri-Jean Martin sous l'inspiration de Lucien Febvre, cet ouvrage va devenir très vite un classique et provoquer une véritable révolution. Pour la première fois, la naissance et la diffusion du livre étaient analysées dans toutes leurs dimensions : intellectuelle, culturelle, économique, sociale, esthétique. Les hommes, les ateliers typographiques, l'invention des caractères, l'édition des textes, la mise en pages, tous ces points se voyaient éclairés à travers une grande histoire sociale. Ce fut l'acte de naissance d'un nouveau regard historique sur le livre qui n'a cessé depuis de se renouveler.
    Frédéric Barbier, directeur d'études à l'E.P.H.E., assure la postface de cette réédition qui vise à comprendre le travail commun de Lucien Febvre et Henri-Jean Martin et à montrer l'extraordinaire fécondité de leur ouvrage.

  • L'orage et la loutre

    Lucien Ganiayre

    • L'ogre
    • 23 Janvier 2017

    Dans un village du Périgord, après un étrange orage, un instituteur découvre que le monde qui l'entoure, ainsi que tous les êtres vivants, sont figés, immobiles comme si le temps s'était définitivement arrêté. Il suffit de les toucher pour qu'ils se réchauffent, reviennent à la vie, et, au bout d'une fraction de seconde, meurent et pourrissent. Livré à lui-même et évoluant en permanence sur une scène de théâtre dont les acteurs et le décor seraient aussi froids et fragiles que du verre, l'instituteur essaye dans un premier temps de mener une vie normale dans son village, et, tant bien que mal, de survivre à la folie qui le guette. Il décide finalement de rejoindre Paris à pieds pour tenter d'y retrouver son seul ami d'enfance. C'est en chemin qu'il rencontrera un autre être mouvant, une loutre, qu'il tentera d'apprivoiser...

    Roman fantastique, mais également récit exaltant et cruel du voyage d'un homme laissé seul avec son esprit et ses souvenirs, L'Orage et la Loutre, écrit au sortir de la guerre, fut à sa publication qualifié de « dernier roman réaliste », en ce sens où est conféré une dignité aux activités les plus banales de la vie quotidienne (certes bouleversée par un événement surnaturel). Si on peut à bon droit y voir une allégorie de la guerre (il suffit de penser auxreprésentations cinématographiques - inédites à l'époque - de la solitude du soldat, évoluant au ralenti, sur un champ de bataille), L'Orage et la Loutre est avant tout une méditation profonde sur l'impossibilité de l'amour et du contact humain.

  • «J'ai écrit beaucoup de pages, mais je n'arrive pas à suivre. Je sais trop de choses. Je ferme comme un robinet devant mes yeux. Trop de choses effroyables. J'ai fait du mal. Je dois raccorder mes nerfs. La Lys me suit après Haverskerque Armentières à travers Comines pour aller dans la mer. L'eau revient dans les nuages. Mon petit Émile tombe dans la pluie. Ici c'est ma peine. Je l'accomplis.» Mauricette Beaussart, soixante-quinze ans, a disparu de l'hôpital où l'on soigne sa santé mentale. Son ami Christophe Moreel entreprend de la retrouver. Au fil de sa quête, le passé et le présent de Mauricette s'entrecroisent, tissant peu à peu le portrait d'une femme riche de ses grandes souffrances et de ses petits bonheurs.

  • Qu'est-ce qu'un sanctuaire ? Le narrateur de ce journal intime cherche à répondre à cette question au fil des jours. Séparé de sa compagne, il séjourne avec son jeune fils à Skyros, l'île la plus méridionale de l'archipel des Sporades, au nord de la mer Égée. Trois légendes s'entrecroisent à Skyros. C'est là que Thésée, en exil, fut assassiné et que les Athéniens vinrent récupérer ses ossements pour pouvoir instituer le culte de ce héros fondateur à Athènes. C'est à Skyros qu'Achille se cache, déguisé en jeune fille, afin d'échapper à la guerre de Troie, jusqu'à ce qu'Ulysse le démasque pour l'emmener combattre à ses côtés. Et c'est là qu'un mythe moderne a vu le jour il y a un siècle : le 23 avril 1915, le poète Rupert Brooke, icône de l'Englishness et kouros de l'éternelle beauté poétique, y a succombé à une infection alors qu'il partait se battre contre les Ottomans à Gallipoli. Pendant son séjour à Skyros, avant de regagner Athènes, le narrateur rencontre quelques insulaires et s'interroge sur l'influence de l'hellénisme, source archaïque et intarissable de l'imaginaire occidental, et sur le contexte où cette civilisation est devenue un modèle d'inspiration intemporel. Articulé autour d'une « part manquante », ce livre est aussi un hommage à la Grèce, antique et contemporaine.

  • Préface de Jean Giono.

    C'est insensé. Ça ne ressemble plus à rien. Il faut gueuler pour s'entendre. Je m'entends scander la marche folle, brancard aux épaules, avec ces mots : Tu veux vivre... tu veux vivre... tu veux vivre... À chaque éclatement je me demande où et comment je vais être touché. Je ne veux pas traîner comme Georges, pas être aveugle surtout, pas au ventre et puis soudain les limites de l'angoisse dépassées, je me sens devenu indifférent à tout. Je ne pense plus à rien qu'à être digne devant la mort. Ça ne dure pas longtemps. Une rafale toute proche volatilise mon courage et je recommence... pas mourir... pas mourir... Vivre... Vivre... À chaque ébranlement, tout est à refaire. La vue de Damien qui marche à ma hauteur me réconforte soudain. Je l'aperçois à la lueur d'une fusée, derrière les pieds du blessé que nous portons. Son regard durci fouille la nuit. À sa bouche, je vois qu'il siffle. Et je me mets à chanter à tue-tête...

    De juillet 1914 à août 1915, Lucien Jacques a tenu son journal, témoignage de l'enfer quotidien de la guerre. Dans cet enfer, quels sentiments existent encore, et les mots ont-ils encore un sens?

  • Réédition du roman paru chez Gallimard en 1954, biographie imaginaire d'un génie de la musique en herbe, avec une importante étude de Nicolas d'Estienne d'Orves. « On peut lire Les Épis mûrs comme une justification métaphorique, où le romancier tente d'excuser son passé tumultueux en dessinant le portrait d'un artiste "désaxé" qui s'est perdu dans l'Histoire, et a détruit son talent au lieu de respecter sa mission artistique, qui était celle de la tolérance et de la pure création. » (NEO)

  • Maria

    Lucien Gachon

    Lucien Gachon a labouré la terre. Il la porte en lui, en connaît les parlers et les rites : il en sait l'âme.
     Maria nous mène au coeur de la vie de nos campagnes, au lendemain de la guerre de 1914-1918. Le paysan vit encore en symbiose avec les lois contraignantes de la nature, qu'il accepte avec une sagesse teintée de lassitude. Son pessimisme foncier, un brin fataliste, s'allie à l'ardeur de la tâche. Il se livre peu : la besogne quotidienne le révèle plus que les petites joies et les grandes peines. Son univers se limite aux frontières du village, ce solide rempart contre une civilisation qui veut le bousculer. Isolé des bruits du monde, son terroir est son royaume. Maria peint avec fidélité cette vie de paysan. L'héroïne a entr'aperçu les fièvres citadines et l'amour romancé. Mais, très vite, dès son arrivée dans sa belle-famille, s'engage une lutte sans merci pour la maîtrise de la terre. L'histoire, affrontement impitoyable des jeunes et des vieux, peut sembler bien sombre. Pourtant, habités par des forces souterraines, ces êtres taillés dans le roc emportent notre sympathie : une vitalité touchante se cache au tréfonds de leur campagne rugueuse.
    Loin du roman rural qui se contente de chanter la douceur des collines, le rythme des saisons et les caprices du ciel, Maria est un joyau ciselé par l'âpreté du labeur et des jours. 
    EXTRAIT
    Maria était une grande et belle fille de vingt-deux ans, sortie, on le voyait, d'un bon moule, et moulée, elle aussi, pour fabriquer des grenadiers ; toute blonde et rose sur les joues avec un peu la peau brûlée, malgré le grand chapeau de paille qu'elle avait posé sur un genêt. Un corsage clair et un tablier grand comme un mouchoir collaient sur le corset qui lui faisait la taille fine, les hanches larges, tandis que sa jupe tailleur, tendue par ses jambes écartées, se creusait entre ses cuisses sous la tête sommeillante de Médor.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
     Un « maître-livre ». - Alexandre Vialatte
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Avant d'être romancier, Lucien Gachon (1894-1984) est géographe. Issu d'une famille paysanne modeste installée dans le Puy-de-Dôme, il est d'abord instituteur pendant dix-sept années (1915-1931), puis, professeur à la Faculté des lettres de Besançon (1937-1952), et il termine sa carrière à l'université de Clermont-Ferrand en tant que professeur de géographie (1952-1964). Ses débuts littéraires seront patronnés par Henri Pourrat, son maître et ami. Lucien Gachon s'impose comme l'un des meilleurs romanciers auvergnats ayant pour sujet l'univers paysan. Maria a frôlé le prix Goncourt en 1925, attribué à Maurice Genevoix pour Raboliot.

  • C'est en entamant ses propres recherches d'historien sur la Résistance en France, que Lucien Lazare commence à tirer les fils de sa propre histoire. Cette Résistance, il fut un des juifs alsaciens à y avoir activement participé, mais elle n'est qu'un moment du long parcours d'engagements de celui qui, avec Simone Veil, est à l'origine de l'entrée des Justes au Panthéon en 2007. Car résister est peut-être le mot qui définit le mieux la vie exemplaire de Lucien Lazare, du clandestin qu'il fut dans les maquis français jusqu'à la figure de tolérance et de militant de la paix qu'il est devenu en Israël, où il vit maintenant depuis plus de quarante ans, avec Janine son épouse et leurs quatre enfants.
    /> Ses Mémoires racontent donc, outre ses travaux de chercheur et ses mille activités au sein du judaïsme, les multiples luttes qui furent les siennes : son combat pour la légitimation des différentes identités juives, tout comme pour la valorisation de la culture juive en France et de la culture française à Jérusalem, où il dirigea le lycée René-Cassin. Attaché au judaïsme, il défend aujourd'hui comme hier la laïcité, la solidarité, la résistance non-violente et la paix.
    Aujourd'hui âgé de 90 ans, Lucien Lazare a notamment dirigé la publication du Dictionnaire des Justes de France (Fayard, 2003).

  • "L'antre de mon âme", bien qu'étant un recueil de poèmes, est écrit de manière à être lu comme un roman qui parle à l'âme, à l'être fait de chair et d'esprit. L'auteur, à travers une plume dépouillée et incisive, invite à partager un bilan positif dans le cheminement d'une âme dont la principale préoccupation est le progrès de la conscience qui repose sur la croyance que l'homme est un destin voire une Destinée ; et sa propre vie engage l'humanité entière.

  • Par Claude-Rose et Lucien-Guy Touati
    Désireuse de quitter le bouillonnement de la ville, la famille Bosco s'installe sur le plateau du Larzac afin d'offrir un cadre de vie plus agréable à leur fille Françoise. Mélanie s'y est vu confier la responsabilité d'une agence immobilière et Raphaël, son mari, bricoleur hors pair, se découvre une passion pour l'artisanat local.
    Pourtant, à l'heure de fêter la nouvelle année, les réjouissances vont tourner court : des tensions familiales réapparaissent et Anne-Marie, la jeune fermière qui vient de perdre son fiancé dans une attaque en Algérie, disparaît subitement. Mais c'est un passé plus lourd encore qui resurgit au sein de la petite communauté.

  • Les quatorze contes de cet ouvrage ont été recueillis dans une Afrique où la tradition orale est encore vive et particulièrement riche. Douze proviennent du pays Gourma, à l'est du Burkina Faso, pays des savanes, domaine privilégié de la faune sauvage où le lion est roi. Deux contes du pays Dagara, aux confins du Ghana, sur la Volta Noire, closent le recueil. Toutes ces histoires ont une portée moralisatrice et l'enfant burkinabé s'éveille à l'univers qui l'entoure au récit des légendes et des contes, où le merveilleux illumine le quotidien.

  • L'attitude résistante de générations successives d'artistes et d'écrivains cubains est portée par l'obsession de la quête d'une essence : la cubanité. Elle cristallise des aspirations jamais satisfaites, tendues vers la réalisation d'une utopie nationale, puissant moteur de rébellion. Les trois écrivains étudiés dans cet ouvrage, nés avec la Révolution de 1959, préoccupés par la mise en péril de la cubanité, s'inscrivent dans cette tradition, malgré leurs stratégies très différentes. La convergence procède du consensus d'une génération fondé sur la vision critique d'un dévoiement de l'utopie révolutionnaire.

  • L'histoire commence dans un village africain, au coeur de la maison de Kiminou, enceinte de neuf mois. Ce texte nous plonge dans la vie d'un petit village africain, avec son chef, ses coutumes, son grand marché du samedi. Il décrit notamment le rôle des femmes et leurs filles très actives dans le foyer et le village. Il déplore les conditions de soins difficiles et la corruption dans les grandes villes qui détériorent les relations sociales.

  • Suivre les chemins, suivre les sources à travers collines et montagnes, tel est le cadre des promenades poétiques que l'auteur nous propose de partager dans ce recueil. Au coeur de cette belle et rude nature, l'homme est présent, avec ses joies, ses souffrances, ses questionnements. La vie, la mort, l'espérance et l'amour se côtoient dans un monde humble et fort. Cette poésie de l'instant - présent ou de mémoire - et de l'émotion offre au lecteur un autre regard sur les choses et les êtres à travers ce qui se noue en eux, dans une langue simple et sensible.

  • L'astre mort

    Lucien Jerphagnon

    Inédit pendant plus d'un demi-siècle, ce récit autobiographique révèle le secret intime de Lucien Jerphagnon, la mutation mystique et philosophique qui fut à la source de son oeuvre, et dévoile tout un pan de sa vie marqué par un engagement religieux qui a beaucoup compté pour lui.
    Ce roman relate le parcours initiatique d'un autre lui-même qui rapporte de ses errances autant d'expériences humaines immédiates et sensibles. Lucien Jerphagnon y livre, avec humour et mélancolie, ses pensées, ses humeurs, ses observations dans un cheminement sans but apparent, mais qui accompagne en réalité une métamorphose personnelle.
    Hanté par le souvenir de sa mère, " l'astre mort ", disparue alors qu'il était encore enfant, le héros solitaire de ce périple intérieur est un anxieux, à l'image de Pascal. Ce qu'il recherche, lui que la grâce chrétienne héritée de son enfance et de son éducation semble avoir déserté, c'est une autre forme d'apaisement mystique. Il accédera peu à peu à une révélation qu'il compare à un rêve éveillé, au coeur de la vie même.

  • À travers montagnes, landes et marais, les poèmes de ce recueil vagabondent au fil des ruisseaux et des rivières, déroulant d'autres thèmes sur leurs rives : l'enfance, l'amour, la nostalgie... Toutes les eaux sont traversières, pénétrantes, façonnant les paysages, siècle après siècle. Ainsi, avec le temps, des relations particulières se créent entre elles et nous. Ayant porté la vie première, elles se confrontent inévitablement à notre être par des échanges le plus souvent inconscients. Poésie d'émotion sincère, de douleur ou de joie, son langage se veut simple, clair, au plus près de la transparence des sources
    vives.

  • Célébré pour son « rire sérieux » et satirique, créateur de formes nouvelles, Lucien de Samosate est aussi l'auteur (l'inventeur ?) des « tableaux » d'Apelle ou de Zeuxis qui ont inspiré les artistes de la Renaissance en l'absence des originaux perdus. À côté de ces ekphraseis, qui sont autant de mises en scène de l'art du sophiste, Lucien soumet toutes sortes de réalisations antiques - picturales, sculpturales, architecturales - à l'évaluation du regard et du discours d'un homme de culture : il définit ainsi le rapport exemplaire que « l'honnête homme » se doit d'entretenir avec l'art.
    Expression d'un goût proprement grec dans un monde romain plus sensible au chatoiement des marbres, ce recueil associe des descriptions d'oeuvres illustres (la Calomnie d'Apelle, la Famille de centaures de Zeuxis, les Noces d'Alexandre et de Roxane d'Aétion, l'Héraclès gaulois, l'Aphrodite de Cnide) à des textes décisifs pour l'histoire sociale et culturelle de l'art et du regard (Le Songe, La Salle, Les Menteurs d'inclination, Zeus tragique, Les Portraits...).
    Édition de Sandrine Dubel d'après la traduction d'Eugène Talbot
    Postface de Jackie Pigeaud

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