Sciences humaines & sociales

  • Ce recueil essentiel publié chez Armand Colin en 1952 propose trente-trois articles écrits entre 1906 et 1952 par le co-fondateur avec Marc Bloch des Annales. Lucien Febvre y développe sa vision d'ensemble du champ de l'Histoire et propose de précieux  conseils de méthode et y affirme sa dimension pluridisciplinaires  (géographie, sociologie, linguistique, philosophie...)  en proposant 11 portraits de grandes figures de ces différentes disciplines.  Le grand historien y définit  l'Histoire "comme un besoin de l'humanité, le besoin qu'éprouve chaque groupe humain, à chaque moment de son évolution, de chercher et de mettre en valeur dans le passé les faits, les événements, les tendances qui préparent le temps présent, qui permettent de le comprendre et qui aident à le vivre. [Il faut pour cela] recomposer la mentalité des hommes d'autrefois ; se mettre dans leur tête, dans leur peau, dans leur cervelle pour comprendre ce qu'ils furent, ce qu'ils voulurent, ce qu'ils accomplirent".

  • L'absolue simplicité

    Lucien Jerphagnon

    • Bouquins
    • 10 Octobre 2019

    Ce volume donne à lire de nombreuses transcriptions inédites de cours, conférences et émissions de radio de Lucien Jerphagnon, permettant de mieux appréhender l'étendue de son oeuvre. On perçoit ainsi la sensibilité particulière d'un homme aux multiples visages. Homme d'enseignement tout d'abord, dont le sens de la pédagogie s'impose dès ses premiers cours au Grand Séminaire de Meaux, publiés ici pour la première fois. L'essentiel s'y trouve déjà : la vivacité d'un style " démocratique ", selon Paul Veyne, qui d'emblée emporte le lecteur et le guide dans les raisonnements les plus complexes ; le ton, parfois badin, jamais guindé, toujours tenu ; surtout, le déploiement d'une pensée libre, profondément anticonformiste et d'une érudition inépuisable. Homme de fidélité ensuite, notamment à ses compagnons de toujours, les Anciens. Des présocratiques à Augustin et d'Homère à Julien l'Apostat, il n'a cessé de leur rendre hommage dans ses conférences et interventions publiques. Juste retour des choses, c'est son " plus cher disciple ", Michel Onfray, qui, rappelant dans sa préface ce qu'il doit à son " vieux maître ", prolonge cette chaîne de transmission et de savoir. Homme de son temps enfin, comme en témoignent ses chroniques politiques des années 1990, Lucien Jerphagnon fut un virtuose du dialogue et de la conversation. Ses échanges avec Francesca Piolot, en conclusion de ce volume, sont à l'image d'une pensée en perpétuel mouvement où ne cesse d'affleurer la question qui traverse toute son oeuvre : pourquoi diable y a-t-il quelque chose plutôt que rien

  • La philosophie ? Le mot, déjà, inquiète, et la chose, pour autant qu'on en ait l'expérience, ne rassure pas. À considérer l'histoire des vingtcinq siècles de philosophie qui sont derrière nous, la philosophie apparaît comme un foisonnement, un buissonnement touffu dont les rameaux s'emmêlent, poussant chacun vers un peu plus de lumière. Il ne s'agit pas d'une progression de la pensée, siècle après siècle, vers la Vérité absolue. Les philosophes ne s'entendent pas très bien entre eux... Mais leurs désaccords ne sont pas plus surprenants qu'ils ne sont nouveaux : ils tiennent en effet à l'essence même de la démarche philosophique. Un philosophe est quelqu'un qui veut comprendre tout ce qui, au départ, lui posait problème : le monde, la nature, l'homme, les dieux... Et chacun, partant de son expérience personnelle, arrive par un raisonnement d'une logique incontestable à une solution différente des autres. Partant de ce constat, Lucien Jerphagnon s'attache, non pas à définir la philosophie, mais à nous guider à travers les différentes écoles de pensée. « Tout ce que je puis faire, juge-t-il, c'est d'exposer sous les yeux du lecteur les vingt premiers siècles d'une aventure à laquelle il lui revient, si le coeur lui en dit, de découvrir un sens. » Du temps d'Homère à celui de Jeanne d'Arc, tour à tour féroce et chaleureux, hilare et navré, il embrasse avec son habituelle érudition l'immense aventure de l'esprit : les origines de la philosophie, les premiers physiciens, Socrate ou la conscience dans la cité, Platon ou la politique sous l'angle de l'éternel, Aristote ou le Macédonien surdoué, les cyniques et les cyrénaïques, les épicuriens, les stoïciens, philosophes pour un monde nouveau, Plotin ou l'absolu entrevu, Augustin ou les cieux nouveaux, la scolastique ou le retour d'Aristote...

  • Publié pour la première fois en 1913,
    Philémon, Vieux de la Vieille est un livre aussi insolite que précieux. Et résolument hybride, conformément à la volonté de son auteur, Lucien Descaves. Se parant d'atours romanesques, Philémon se révèle en effet un authentique livre d'histoire, dans l'acception la plus exigeante du terme. Durant une décennie, Descaves a minutieusement compulsé les documents de toutes natures (archives, manuscrits, correspondances, journaux) mais, surtout, interrogé patiemment les survivants de la Commune, préférant à la froideur du papier la chaleur du témoignage oral.
    Sensible et loyal, Descaves a tenu à rendre hommage à ces hommes et femmes qui ont vu et fait la dernière des révolutions françaises et dans l'intimité desquels il a vécu. Il en résulte une oeuvre vivante sur leurs années d'exil et leur difficile retour, où percent la tendresse et l'affection de l'auteur, où affleure en maints endroits une émotion à la fois sobre et juste. Nul mieux que lui n'a su restituer plus fidèlement ce que fut un communard, figure éminemment attachante et bien différente de la caricature anachronique peuplant notre imaginaire collectif.
    Rares sont les ouvrages qui allient l'exactitude historique à l'agrément que procure la lecture d'un bon roman. Assurément,
    Philémon est de ceux-là.

  • Louis XIV était un homme secret. Dès sa jeunesse, ses proches remarquent cette capacité à dissimuler ses sentiments comme ses opinions.
    Derrière la gloire flamboyante, ce livre nous révèle la face noire du Roi-Soleil, revenant sur les épisodes les moins glorieux du règne : de l'acharnement contre Fouquet à la révocation de l'édit de Nantes, en passant par nombre d'affaires d'espionnage, d'enlèvements ou d'accords secrets. La liste des affaires ténébreuses et des manipulations est longue. En voici pour la première fois la terrible chronique.

  • Lucien Jerphagnon a publié tout au long de sa carrière nombre de textes enlevés : des articles grand public ou savants, légers et polémiques, drôles et inattendus. Ce livre se veut un choix des meilleurs inédits du Maître sur l'Antiquité, relus et retravaillés par ses soins. Lucien Jerphagnon nous entraîne de page en page à voir avec leurs yeux ce que voyaient les Anciens. Quoi qu'il traite, il nous entretient avec bonheur de la sagesse et de la mystique chez les Grecs et les premiers chrétiens. Car, pour Lucien Jerphagnon, il en va toujours de la recherche du Bien suprême - un Bien suprême qui n'exclut ni le rire ni l'humour.
    « Connais-toi toi-même » - phrase reprise de la devise qui ornait le fronton du temple de Delphes, et dont Socrate a fait son leitmotiv - est le vade-mecum parfait de ceux pour lesquels l'esprit n'a pas d'âge et appartient à tous les siècles - à aujourd'hui comme à demain.

  • Les lettres au mystérieux Lucilius de Lutèce qui ouvrent ce livre donnent le ton : intime, allègre et érudit. S'il évoque toujours ce qui lui tient à coeur, l'histoire et la philosophie chez les Grecs, les Romains et les Premiers chrétiens, ou les contre-vérités qui ont fait long feu, Lucien Jerphagnon nous parle aussi avec brio et profondeur de sujets plus personnels ses amis, ses affections, et ses conversations avec les dieux. Le Maître nous rappelle alors, avec son accent inimitable, que le présent doit se conjuguer avec la plus divine des obligations, dont les dieux d'Homère ont donné l'exemple : « rire ».

  • Quelles sont les caractéristiques de la France d'Ancien Régime ?
    Comment les guerres de religion ont-elles bouleversé la société française ?
    Quel type de relations la France entretient-elle avec les puissances étrangères ?
    Comment passe-t-on d'un ordre politique fondé sur la monarchie absolue de droit divin à la Révolution française ?
    De 1498 à 1789, le territoire français s'est agrandi, l'État s'est structuré, la société a évolué. À travers l'histoire de la monarchie, le lecteur est invité à suivre les évolutions majeures de la France moderne : interventions de l'État en matière religieuse, affrontements entre le pouvoir royal et les sujets, construction d'une administration royale, exercice de la justice et place des magistrats dans la société, organisation des finances publiques, initiatives monarchiques dans le domaine économique, défense et aménagement du territoire, encouragements à l'art ou à la recherche scientifique.

  • Les divins cesars

    Lucien Jerphagnon

    « Le prince est là, dites-vous, pour commander et les sujets pour obéir. Très bien, mais si le prince est taré, ou si de bon qu'il était, il est devenu mauvais ? - Pas du tout ! Car les dieux - ou Dieu, quand viendra son tour - vous garantissent qu'avec Tartemolius César, de pareils accidents ne peuvent se produire. - Pourquoi ? - Mais parce que ce sont eux - c'est Lui - qui ont choisi Tartemolius César. A ce mythe du pouvoir venu d'En Haut, tout le monde gagne : le prince, qui rencontre sous lui moins de résistance ; les sujets, qui trouvent au-dessus d'eux moins d'arrogance. Des deux côtés, on accomplit son devoir et on se sent promu »... Dans ce récit qui va d'Auguste à Justinien, de 27 av. J.-C. à 529 de notre ère, Lucien Jerphagnon démonte, avec son génie et son humour habituel, les rouages de l'idéologie et du pouvoir dans la Rome impériale. A travers la naissance, l'évolution et les déboires de cette formidable machine à faire des dieux, il dresse, sur plus de cinq siècles, une grande fresque, histoire des hommes comme de la pensée, dialogue sans cesse renouvelé entre le divin, le philosophique et le politique.

  • " Ces ouvrages n'ont jamais été réédités depuis plus de cinquante ans. Leur parution constitue un événement pour tous ceux qui apprécient ce grand historien et philosophe, souligne dans sa préface le cardinal Poupard, longtemps confident de Lucien Jerphagnon. Ce sera pour beaucoup une révélation importante et inattendue sur l'engagement spirituel de l'auteur, comme sur l'histoire contrastée de la première partie de sa vie où s'enracine son parcours d'historien de la philosophie antique. "L'Au-delà de tout regroupe les ouvrages que Lucien Jerphagnon écrivit entre 1955 et 1962, dont le tout premier, Le Mal et l'Existence. Ils reflètent ses interrogations métaphysiques sur ces grands thèmes philosophiques qui ne cesseront de nourrir ses travaux et ses réflexions: la liberté, la foi, la question du mal, l'immanence et la transcendance, l'émerveillement d'être au monde, le bonheur, le sens du divin. Ordonné prêtre en juin 1950, Lucien Jerphagnon enseigne alors au grand séminaire de Meaux, et c'est tout naturellement qu'il s'intéresse à Pascal auquel il consacre trois livres, dont Pascal et la souffrance et Le Caractère de Pascal. Contre la suprématie de la philosophie thomiste qui s'exerce encore au sein de l'Église, il démontre, à la lumière de la pensée de Pascal, que tout ne se résume pas au dogme scolastique ni à la raison, et témoigne déjà de sa liberté d'esprit. Ses innombrables lecteurs et admirateurs retrouveront ici la sensibilité, l'humanité profonde, l'originalité de style de l'une des grandes figures intellectuelles de l'époque contemporaine, qui fut aussi l'une des plus attachantes. Ils découvriront dans le même temps un pan méconnu de son cheminement personnel, essentiel à la compréhension de l'ensemble de son oeuvre et de ce qui fait son unité.

  • Préface de Charlotte Herfray La lecture des Séminaires de Lucien Israël nous invite à nous laisser porter par les associations signifiantes qui rendent la pensée vivante, aboutissant à la constatation que fait notre auteur à propos de la fonction de l'analyse (« La parole crée le sujet ») dont il nous dit qu'elle est « de renouveler non pas les voeux, mais les désirs, c'est-à-dire renouveler l'expérience de la perte ». Et, mine de rien, du lieu le plus secret du creuset de sa propre expérience, il ajoute qu'« en renonçant à tout signifié, c'est cela qu'en dernier lieu, on appellera la castration ». Et pour couronner le tout, il nous livrera que « le problème n'est pas de donner un sens à la vie. Il est de donner un sens à la mort ».

  • Lucien Rebatet est l'auteur d'un livre " maudit " qui fut le best-seller de l'Occupation, Les Décombres : six cents pages de violence et de colère, où il s'en prend à tous ceux qu'il tient pour responsables de la décomposition du pays. Rebatet fut un antisémite et un anticommuniste parmi les plus virulents. Mais il fut aussi antiparlementaire, antibourgeois, anticatholique. Bref, un intellectuel fasciste typique, qui partagea les rages et les phobies de toute une génération d'écrivains, sur laquelle ce Dossier fournit un document historique édifiant. Le texte des Décombres est ici livré au public dans son intégralité pour la première fois depuis 1942, accompagné d'un important appareil critique qui permet de le lire " en connaissance de cause ". L'autre intérêt de cette édition est un inédit de Rebatet qui constitue la suite des Décombres. Écrit en prison, à Clairvaux, ce récit des illusions perdues et des haines intactes nous plonge dans l'univers halluciné des partisans les plus acharnés de la collaboration. Peu courageux devant la justice qui le condamna à mort avant qu'on ne le graciât, sous la pression, entre autres, de Camus ou encore de Mauriac - qu'il avait injurié -, Rebatet n'est jamais sorti de son statut de paria. Il échoua à se faire reconnaître comme le grand écrivain qu'il aspirait à devenir. Mais l'ensemble de son oeuvre - dont Une histoire de la musique, qui figure déjà au catalogue " Bouquins " -, jusqu'à ses écrits les plus ignobles, témoigne d'une qualité d'écriture qui fut saluée, y compris par certains de ses adversaires les plus résolus. Fallait-il s'interdire de republier ses textes les plus sulfureux ? On peut croire que les rééditer ou les révéler, avec les éclaircissements indispensables, contribuera à les démythifier, tout en rappelant que le talent n'est pas incompatible avec la faute morale, voire le crime pénal. Pascal Ory

  • Lucien Febvre fut un des initiateurs de la nouvelle école d'historiens français. Dans ce volume il étudie le XVIe siècle, l'aurore des temps modernes. Il cherche à le comprendre de l'intérieur car, dit-il, il est difficile d'imaginer 'à quel point la psychologie d'un Français du XVIe siècle ne saurait être celle d'un Français du XXe'. Il évoque brillamment toute une civilisation, grâce à une méthode qui permet de comprendre cet homme du XVIe siècle qui ''(doit être intelligible non par rapport à nous, mais par rapport à ses contemporains', auquel il ne faut pas prêter nos idées et nos connaissances, mais qu'il convient de replacer dans son époque, pour pouvoir saisir ses problèmes et sa façon d'être.

  • « Des souvenirsd'une force exceptionnelle. »Max GalloCe livre retrace la guerre d'un soldat du rang. Dans un stylesobre, Lucien Richard, caporal appelé au 121e régimentd'infanterie, y rend compte au jour le jour des épisodesde sa campagne contre l'Allemagne, du 9 mai au 17 juin1940.Parti comme ses camarades confiant et déterminé au secoursde la Hollande, il se rend à l'évidence : les avions et leschars donnent aux Allemands une supériorité écrasante.Lucien Richard participe aux combats de retraite à travers laBelgique. Malade, il perd son régiment, embarque à grandpeineà Dunkerque pour l'Angleterre, d'où il reviendra deuxjours plus tard pour se battre encore.En témoignant des heures tragiques de 1940, Lucien Richardn'a pas voulu se donner un rôle. Il confie simplement sessensations et ses réflexions de combattant. Son récit estémaillé de descriptions et d'analyses d'un grand intérêtdocumentaire, qui font justice de bien des idées reçues surle comportement au feu des soldats français d'alors.L'un des livres les plus honnêtes et précieux sur le désastrede 1940.

  • Cet ouvrage témoigne d'une tresse, celle de la naissance d'un clinicien de génie, ivre de culture, toujours en quête de l'hystérisation du discours.  Cet ouvrage comporte des textes majeurs de Lucien Israël, inédits (ou épuisés). Dans ces écrits cliniques très actuels et riches d'enseignement(s), il se révèle en tant qu'homme et en tant que praticien de la psychanalyse. Toute personne ayant quelque lien avec la psychanalyse y trouvera matière à émerveillement et questionnement.

  • Un recueil inédit des textes de critique publiés par le célèbre historien Lucien Jerphagnon, disparu en 2011. Un panorama aussi enrichissant que savoureux de la recherche historique des cinquante dernières années.
    Lucien Jerphagnon, le " barbouze de l'Antiquité ", comme il se définissait lui-même, publia entre 1962 et 2011 de nombreux articles dans les plus grandes revues d'histoire et de philosophie françaises et internationales. Enfin réunis en un seul volume, ces textes critiques, nourrissants et savoureux, offrent le plus spirituel des panoramas sur la recherche historique de ces cinquante dernières années.Lucien Jerphagnon (1921-2011), professeur émérite des Universités, spécialiste de saint Augustin dont il a édité trois volumes d'oeuvres dans " la Pléiade ", a écrit sur Athènes, la Rome impériale ou Vladimir Jankélévitch, son maître. Parmi ses derniers ouvrages, De l'amour, de la mort, de Dieu et autres bagatelles (livre d'entretiens avec Christiane Rancé), L'homme qui riait avec les dieux, Les Armes et les Mots et Portraits de l'Antiquité (Perrin). Préface de Christiane Rancé

  • Les trois volumes de La Guerre d'Indochine, pour la première fois réunis en un seul volume. Lucien Bodard balaie en près de mille deux cents pages quinze années tragiques où se mêlent l'espoir et les larmes. Parce qu'il a croisé les acteurs de cette guerre, il les fait revivre avec force : Giap, de Lattre, Bao Dai et les autres. C'est le récit d'un auteur qui a vécu son sujet, qui sait les dangers de la jungle, la fraîcheur des hauts plateaux. Et il y a ces lieux, oubliés parfois, Dien Bien Phu, bien sûr, mais aussi Vinh Yen, Lang Son, Cao Bang, la R.C.4... Lieux amers et drôles. Qui se souvient du Saïgon des bandits, des piastres et des jeux, cité de jouissance célèbre dans tout l'Orient ? De l'aventure à l'humiliation, des jours tendres aux pluies cruelles, voici l'histoire d'une guerre, l'histoire de deux pays, passion désordonnée et proche où notre innocence s'est perdue.

  • « La guerre engendre beaucoup de maux, entre lesquels sont le grand nombre d'historiens » écrit Jean Racine, en marge d'un exemplaire du « Comment écrire l'histoire » de Lucien. Remarque acerbe méritée ? « Que s'est-il vraiment passé ? » et « comment le dire ? », sont deux questions auxquelles on est confronté lorsqu'il s'agit de « rapporter des faits ». Au deuxième siècle de notre ère, Lucien de Samosate se pose avant tout la deuxième question. Marqué par sa formation rhétorique, il porte en lui l'habituelle distinction entre deux aspects constitutifs du discours : ce qui concerne la matière (pragmatikos topos) et ce qui touche l'expression (lektikos topos). Le « Voltaire de l'antiquité » (dixit Mme de Staël) se concentre avec un esprit satirique sur l'examen du « comment dire ». Un texte vif, qui fait sourire, et souvent réfléchir.

  • L'enseignement de Lucien Israël permet de suivre le cheminement qui l'a mené de la neurologie à la psychanalyse et à sa transmission. En s'adressant aux médecins, il poursuit l'objectif, nettement exprimé, de subvertir l'Ordre Médical en y restituant la place légitime du « désir ». Ce livre présente chronologiquement un choix de textes, publiés dans des revues spécialisées aujourd'hui introuvables, qui mènent de la médecine à la psychanalyse en passant par la psychosomatique, encadré d'un travail éditorial rigoureux de présentation et de commentaires.Les différents articles restituent, autant que faire se peut, la vie même de son discours, en train de se déployer, une parole vivante d'un psychanalyste loin du jargon, si souvent rébarbatif pour celui qui n'est pas du sérail. Lucien Israël était médecin, psychanalyste à Strasbourg.

  • L'accession de la Chine au rang de deuxième puissance économique mondiale confère une meilleure image à la révolution chinoise qu'à la russe. Elles ont pourtant presque tout en commun : la révolution chinoise a d'abord été une copie conforme de l'autre, Mao Tsé-toung ne connaissant guère le marxisme qu'à travers la vulgate de Staline. Puis il a pris conscience moins des vices de son modèle que de son inadaptation à un pays surpeuplé du tiers-monde.

    Mais au lieu de corriger le modèle, il a prétendu aller plus loin et plus vite dans le même sens. À la différence de la réplique d'un séisme, d'ordinaire moins catastrophique, le Grand Bond en avant est une réplique aggravée du premier plan quinquennal soviétique (1929-1933), conçu en fonction d'une fin rêvée sans tenir compte des possibilités. Et c'est en tournant le dos à la révolution que la Chine se développe à vive allure.

    Finalement, le panorama que fait ressortir Lucien Bianco de son étude est assez similaire : système politique, surexploitation de la paysannerie, entraînant les deux plus grandes famines du siècle, mise au pas des intellectuels, répression, camps. La comparaison entre Staline et Mao qui couronne le tableau le conduit à remonter jusqu'à Lénine et à faire sien le constat d'un historien chinois : "Autant que possible, le mieux est d'éviter de recourir aux révolutions."

  • Durant ce XVIIe siècle, les structures et les principes politiques monarchiques ne se transforment pas, mais évoluent vers une pratique autoritaire du gouvernement (l'absolutisme), qui s'appuie sur un contrôle renforcé de la société, grâce aux élites sociales et au clergé. Un tel encadrement (religieux, moral et policier) des populations marque tous les aspects de la condition humaine. Les institutions garantissent cet ordre social que la monarchie a pour mission de maintenir. L'État ne change pas de nature, il se transforme par une montée en puissance de l'administration. Mais cette présence accrue de l'État et de l'administration, avec l'augmentation des charges financières, suppose l'adhésion de la société. Pour contrer de nombreuses résistances (Fronde, révoltes antifiscales...), la monarchie a besoin de se faire craindre, d'où une "exaltation" de la figure royale contribuant à la sacralisation de l'État qui utilise, pour asseoir sa puissance, des méthodes brutales et violentes : enlèvements, procès politiques, emprisonnements arbitraires sous couvert de raison d'État. La réussite sociale passe donc par le service du roi, à la guerre, à la Cour, dans l'Église et dans l'administration. Mais la monarchie française n'est pas pour autant une monarchie totalitaire car le monarque reste redevable de son pouvoir à Dieu, et doit se plier aux lois divines définies par l'Église : il doit assurer le bonheur de ses sujets. Ce siècle est donc un siècle difficile, marqué par des guerres et des tentatives d'expansion coloniale. En 1700, tout peut encore arriver !

  • Mieux comprendre les troubles psychologiques liés aux comportements excessifs.
    L'impulsivité, définie globalement comme la tendance à exprimer des comportements excessifs et non planifiés, est un concept intégré dans les principaux modèles de la personnalité. L'impulsivité représente également une dimension psychologique importante pour la compréhension et le diagnostic d'un grand nombre de troubles psychopathologiques et neurologiques. 
    Les recherches récentes s'accordent sur la nécessité de considérer l'impulsivité comme un concept multidimensionnel et d'identifier les mécanismes psychologiques (cognitifs, affectifs, motivationnels) susceptibles de sous-tendre les diverses manifestations impulsives.
    Ce livre fait le point sur les recherches et les modèles théoriques actuels concernant l'impulsivité. Il vise aussi à décrire une large gamme d'outils validés permettant d'évaluer les différentes facettes de l'impulsivité et les mécanismes psychologiques qui y sont associés. Les outils présentés (avec leurs données normatives) dans cet ouvrage sont en utilisation libre de droits. Ce livre a également pour objectif de faire l'état des connaissances sur le rôle de l'impulsivité dans les troubles psychopathologiques et neurologiques, ainsi que sur les techniques d'intervention psychologique visant les conduites impulsives.
    Cet ouvrage de référence permet d'évaluer les mécanismes psychologiques liés à l'impulsivité et propose des modèles thérapeutiques afin d'y remédier.
    À PROPOS DES AUTEURS
    Joël Billieux est docteur en psychologie et professeur de psychologie clinique et psychopathologie à l'Université catholique de Louvain (UCL).
    Lucien Rochat est docteur en psychologie, maître-assistant et chargé de cours à l'Université de Genève au sein de l'unité de psychopathologie et neuropsychologie cognitive.
    Martial Van der Linden est docteur en psychologie et professeur aux Universités de Genève et de Liège. Il possède une longue expérience clinique, puisqu'il a examiné pendant plus de quinze ans des patients cérébro-lésés dans le service de Neuropsychologie de l'Hôpital de Bavière à Liège. Il dirige également l'unité de psychopathologie et neuropsychologie cognitive de l'Université de Genève ainsi que le secteur de psychopathologie cognitive de l'Université de Liège.

  • Cet ouvrage, paru en 1989 chez Denoël, est considéré comme un «classique» de l'enseignement de la psychanalyse. L'auteur y propose une mise en perspective clinique qui l'amène à réinterroger les liens actuels de la psychiatrie et de la psychanalyse, le devenir de l'hystérie, les aléas du transfert, le sort de nos amours et l'avenir de nos théories dans leur confrontation avec la pratique quotidienne. A chaque fois, selon son style inimitable, Lucien Israël privilégie la parole qui nous éveille à nous-même. Lucien Israël (1925-1996) était professeur de psychiatrie, chef de service au centre hospitalier universitaire de Strabourg et psychanalyste.    

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